Missions étrangères de Paris

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Société des Missions Étrangères de Paris
(les Missions étrangères)
Image illustrative de l'article Missions étrangères de Paris
Type Prêtres séculiers
Création 1663
Fondateur(s) Pierre Lambert de La Motte
Spiritualité missionnaire
Liste des ordres religieux

Les Missions étrangères de Paris (MEP) sont une société de vie apostolique catholique basée à Paris ayant pour but le travail d'évangélisation dans les pays non chrétiens. À ce titre, elle ne constitue, au sens canonique du terme, ni une congrégation ni un ordre, pas plus que ses membres ne sont considérés comme des religieux. Elle compte en 2010, 240 prêtres, 27 séminaristes [1].

L’objectif de cette société est l’évangélisation des peuples, par la fondation d’églises et le développement d'un clergé local sous la juridiction d’évêques. Afin de recruter et de former des missionnaires volontaires, une maison fut fondée en 1663 rue du Bac à Paris, où elle est toujours située actuellement. Connue sous le nom de « Séminaire des Missions étrangères », elle reçut l'approbation du pape Alexandre VII et la reconnaissance légale du gouvernement français.

Organisation[modifier | modifier le code]

Vue du séminaire des Missions étrangères de Paris, rue du Bac.

Cette société n'est pas un ordre mais une association de prêtres diocésains, incardinés dans leur diocèse d'origine et mis à la disposition de la Propagande, aujourd'hui Congrégation pour l'évangélisation des peuples, pour aller travailler en mission sous l'autorité des vicaires apostoliques.

Les vicaires apostoliques dirigent alors la Société de façon collégiale. Chacun d'entre eux a un procureur à Paris. Ces procureurs ont pour charge de pourvoir les vicariats en missionnaires et de trouver les fonds utiles à la bonne marche des missions.

Un changement important intervient en 1840. Jusqu’alors les candidats missionnaires étaient tous prêtres. Désormais on accepte des séminaristes, qui seront incardinés dans la Société. Après la promulgation et l’entrée en vigueur du nouveau droit canonique, en 1917, la Société des Missions étrangères perd son caractère d’association de prêtres diocésains, mis à la disposition de la Propagande, et devient pratiquement une sorte de congrégation composée de prêtres séculiers. À la suite de cette réforme, les membres de la Société vont élire un supérieur général et voter leurs constitutions.

L'âge maximum pour entrer au séminaire est de trente-cinq ans, et l'incardination dans la Société ne peut se faire qu'après avoir passé au moins trois ans dans une mission.

Les missionnaires[modifier | modifier le code]

Départ de missionnaires des MEP en 1856.

Aux XIXe et XXe siècles, la grande majorité des aspirants missionnaires sont issus du milieu rural, de ces campagnes reculées où souvent des prêtres réfractaires ont entretenu l'esprit de résistance et la pratique de la clandestinité. Quand le séminaire des Missions Étrangères est rouvert en 1815, les jeunes qui se présentent appartiennent presque tous à cette tradition. Quelques années plus tard, l'Œuvre de la Propagation de la Foi va assurer la diffusion de la publicité missionnaire jusque dans les plus petites paroisses. Au fur et à mesure que les effectifs du clergé diocésain se reconstituent, les plus aventureux de ses membres se tournent vers les missions qui deviennent le grand exutoire des désillusions comme de l'enthousiasme de l'Église de France.

Issus de familles généralement très pieuses mais peu fortunées, qui ont souvent eu du mal à financer leurs études, beaucoup de candidats missionnaires se heurtent à l'opposition de leurs proches dès qu'ils annoncent leur projet. La rupture familiale, radicale et définitive, est une épreuve douloureuse pour tous, et dramatique pour certains qui doivent s'enfuir en secret, sans faire leurs adieux, si le refus de leurs proches est trop inflexible.

Néanmoins, quand la séparation est acceptée, ou quand, avec le temps, le sacrifice est consommé, des liens très forts subsistent entre les missionnaires isolés à l'autre bout du monde et leurs communautés d'origine : échanges de lettres qui transitent par le séminaire de Paris et les procures d'Asie, union de prières et surtout, de la part des missionnaires, pressants appels aux vocations auprès de leurs confrères restés au pays.

Dans ce domaine, les martyrs sont les meilleurs recruteurs. La mort de chacun d'entre eux est généralement à l'origine de plusieurs départs en mission. Ainsi certains diocèses deviennent de véritables pépinières de missionnaires et de martyrs comme Besançon (saints Isidore Gagelin, Joseph Marchand, François Néron et Étienne Cuenot), Poitiers (saints Jean-Charles Cornay et Théophane Vénard) ou Bayeux (Emmanuel Verroles, Léon Thomine Desmazures). Inversement, dans des diocèses à faible recrutement missionnaire comme Digne, la mort d'un seul martyr, saint Jacques Chastan en 1839, suscite une vague exceptionnelle de dix départs dans les années qui suivent.

Les récentes canonisations (1984 et 1988) de vingt-trois missionnaires martyrisés en Corée et au Viêt Nam ont renforcé les liens spirituels entre leurs diocèses d'origine et leurs pays de mission, liens concrétisés par des pèlerinages de plus en plus nombreux.

Champ d'action[modifier | modifier le code]

Prêtres et séminaristes au Japon en 1881.

Le champ de travail de la Société des Missions étrangères s’est peu à peu agrandi au cours des siècles. Après le Siam, le Tonkin, la Cochinchine, le Cambodge et quelques provinces de Chine, le Saint-Siège demande aux prêtres des Missions étrangères, en 1776, de remplacer les missionnaires jésuites dans l'Inde du Sud. En 1831, le pape Grégoire XVI confie à la Société la Corée et le Japon ; en 1838, la Mandchourie ; en 1841, la Malaisie ; en 1846, le Tibet et l'Assam. En 1849, les Missions étrangères reçoivent du pape Pie IX trois autres Provinces de Chine et, en 1855, la Birmanie. Mgr de Guébriant, supérieur général de 1921 à 1935, marque l'histoire des Missions étrangères, surtout en Chine. Enfin, en 1952, le pape Pie XII demande à la Société de prendre en charge le nouveau diocèse de Hualien, à Taïwan.

Pendant la période contemporaine, les missionnaires étrangers ont été expulsés de plusieurs pays, successivement de Chine et du Tibet, de Birmanie, du Viêt Nam, du Laos et du Cambodge, où ils sont revenus en 1991, l'actuel administrateur aposolique de Phnom Penh est membre des Missions étrangères de Paris. La Société des Missions étrangères a été contrainte de redistribuer son personnel. Certains missionnaires ont dû rester en France à cause de leur âge ou pour des raisons de santé. Les autres sont repartis vers de nouveaux territoires, venus s’ajouter aux champs d’apostolat traditionnels : à Madagascar, à l’Île Maurice, en Indonésie, en Nouvelle-Calédonie.

Histoire[modifier | modifier le code]

La fondation[modifier | modifier le code]

Alexandre de Rhodes, missionnaire jésuite d'Extrême-Orient où il a effectué plusieurs séjours entre 1624 et 1645, convainc le pape Alexandre VII d'envoyer trois évêques français volontaires, avec le rang de vicaire apostolique, en Asie en vue de créer un clergé autochtone bien formé et de s'adapter aux mœurs et coutumes du pays, sans ingérence dans les affaires politiques. Il s'agit de :

Chaque évêque est accompagné de prêtres et de laïcs. Ils sont dix-sept en tout à quitter la France pour l'Asie. Le voyage dure deux ans ; 8 d'entre eux meurent en cours de route, dont Ignace Cotolendi.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Pendant la première période de l'institution entre 1658 et 1700, on peut noter la fondation du séminaire général de Juthia au Siam, l'évangélisation du Tonkin, de la Cochinchine, du Cambodge et du Siam, où plus de 40 000 chrétiens furent baptisés, la création d'un ordre religieux féminin au Annam ainsi que l'ordination de trente-trois prêtres indigènes.

Cette action religieuse n'était pas dénuée d'un certain patriotisme, et les initiatives de la Société permirent l'établissement d'un courant commercial entre la France, l'Indochine et les Indes, l'envoi d'ambassades, la signature de traités. Une expédition française prit possession à la fin du XVIIe siècle de Bangkok, Mergui et Jonselang, et la France fut sur le point de s'emparer de l'empire indochinois quand des maladresses ruinèrent ces efforts.

Cependant, le travail le plus important des vicaires apostoliques et de la Société fut de fonder l'organisation des églises locales sur un clergé de prêtres et d'évêques locaux.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la Société fut chargée des missions que les jésuites dirigeaient en Inde avant leur suppression (1773). Comme plusieurs jésuites demeurèrent en place (comme prêtres séculiers), les missions connurent un nouveau développement, en particulier dans le Sichuan avec de remarquables évêques comme Mgr Pottier et Mgr Dufresse, et en Cochinchine avec Mgr Pigneau de Behaine.

La Révolution française mit un terme à la croissance rapide de la Société. On pouvait, en effet, compter dans ses rangs à la fin du XVIIIe siècle six évêques et plus de cent trente cinq prêtres indigènes. Elle entretenait neuf séminaires où étudiaient deux cent cinquante étudiants, et comptait 300 000 fidèles, et entre 3 000 et 3 500 baptêmes par an.

Au XIXe siècle et au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Missions étrangères de Paris. Petit séminaire Théophane Vénard. Beaupréau. (Cie des arts photomécaniques. Strasbourg - Schiltigheim).

La société reprit rapidement ses activités au XIXe siècle, et l'essor de ses missions fut rapide et considérable, en raison de l'appui financier reçu de l'Œuvre de la Propagation de la Foi, fondée par Pauline Jaricot, et de l'écho que les persécutions de chrétiens d'outremer suscitaient en France.

Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, quinze missionnaires périrent en prison ou furent décapités, mais c'est surtout au XIXe siècle que le nombre des martyrs de la Société augmenta par la suite. Ils ont été béatifiés ou canonisés au XXe siècle. Le plus connu est Mgr Dufresse, vicaire apostolique du Sichuan, décapité en 1815 ; mais il y eut aussi Gagelin, Joseph Marchand, François Jaccard, Jean-Charles Cornay, et Pierre Borie de 1833 à 1838 ; et de 1850 à 1862 Augustin Schoeffler, le fameux Théophane Vénard, Bonnard, Néron, Auguste Chapdelaine, Néel, Étienne-Théodore Cuenot, vicaire apostolique de la Cochinchine orientale, sans compter les prêtres, catéchistes et religieuses indigènes. En Corée, ce furent Mgr Laurent Imbert, vicaire apostolique et les pères Pierre Maubant et Jacques Chastan qui furent torturés et décapités en 1839, puis, en mars 1866 lors de grandes persécutions, neuf autres prélats dont Mgr Siméon-François Berneux, les pères Antoine Daveluy et Henri Dorie, tous parmi les 103 martyrs de Corée.

Ces persécutions, largement décrites en Europe au travers de livres, journaux et annales provoquèrent pitié et colère, et inspirèrent chez beaucoup l'aspiration au martyre et à l'évangélisation. Elles poussèrent les nations européennes, en particulier la France et l'Angleterre à intervenir en Cochinchine, et en Chine. Pendant la révolte des Boxers, neuf missionnaires furent assassinés, dont Laurent Guillou, en juillet 1900, vicaire apostolique de Mandchourie. En Corée, une expédition navale limitée spécialement montée se déroula de septembre à novembre 1866

La découverte de la navigation à vapeur et l'ouverture du canal de Suez fut également une des raisons de l'expansion des missions à la fin du XIXe siècle.

Répartition[modifier | modifier le code]

Comme exemple de répartition des envois en mission, l'année 1885 (promotion de Jean-Baptiste de Guébriant) comprend 49 missionnaires envoyés (après s'être embarqués à Marseille) en avril, octobre, novembre et décembre 1885[2] :

Nom Diocèse Date Destination Commentaire
François-Xavier Roux (1861-1917) Clermont 8 avril 1885 Tonkin méridional Il sert dans le district de Binh-Chinh, qu'il fallait relever après les destructions, puis dans celui de Van-Hanh.
Yves-François-Marie Le Gall (1861-1938) Saint-Brieuc 8 avril 1885 Tonkin méridional Il réinstalle à Dong-trang les chrétiens réfugiés à Nghe-yen, puis développe Ke-dong et Ke-mui. Il retourne malade en France en 1892 devient aumônier des soldats annamites à Fréjus pendant la Première Guerre mondiale, puis se retire à la maison de retraite des MEP à Montbeton.
Louis-François-Joseph Nempon (1862-1889) Cambrai 8 avril 1885 Tonkin occidental Il sert dans le district de Nam-xang, mais il meurt de maladie à 27 ans au sanatorium des MEP à Hong Kong.
Jean-Baptiste-François Beaumont (1860-1888) Bayeux 8 avril 1885 Tonkin occidental Il sert à Ke-beo (où saint Théophane Vénard a été arrêté) auprès de 1 500 catholiques tonkinois dans 18 villages dispersés et à Du-bo. Il se porte volontaire pour Phu-lé au Laos où il meurt de fièvres à 28 ans.
Claude-Marie-Justin Journoud (1857-1905) Lyon 8 avril 1885 Pondichéry Il est professeur au petit séminaire de Pondichéry, puis devient vicaire à Karikal, à Acharapakam. Il enseigne ensuite au collège colonial de Pondichéry, puis à Vicravandhy. Il dirige ensuite la plantation de café de la mission à Balmadès, puis les missions de Salem et d'Erayour. Il meurt à Bangalore.
Auguste-Alexandre Chaiget (1860-1927) Saint-Claude 8 avril 1885 Cochinchine
septentrionale
Il travaille dans les environs de Hué et à Kim-Long et Thanh-Tân, Son-Công et Son-Qua où il s'occupe entre autres d'orphelinats.
Joseph-Lucien-Guillaume Migeon (né en 1862) Metz 8 avril 1885 Cambodge Il quitte les MEP quelques mois après son arrivée.
Jules Guillou (1862-1937) Nantes 8 avril 1885 Siam Il est curé de différentes missions du Siam et ouvre ou développe des postes (Nakhonchaisi, Thachin, Bandon, Mot Daeng). Il administre Huaphai où il acquiert de vastes rizières pour la mission. Il termine comme curé de la paroisse du Calvaire à Bangkok et provicaire.
Octave-Aimé Leroy (1859-1926) Bayeux 7 octobre 1885 Setchouan
oriental
Il dirige des postes et devient curé de plusieurs missions de cet immense territoire du vicariat de Tchongking, où il doit subir les troubles anti-chrétiens de 1898. Il développe particulièrement les écoles. Il se fait soigner à plusieurs reprises à la maison de Béthanie d'Hong Kong. Il meurt à Tchongking en 1926.
Louis-François Neutre-Thibault (1860-1910) Versailles 7 octobre 1885 Setchouan
oriental
Il travaille à Yuin-tchouan, puis dirige l'école française de Tchongking, où il forme des des interprètes. Il travaille plus tard dans le district de Yun-tchang. Il meurt en 1910 à l'âge de 39 ans à Gen-tao-ky, préfecture de Yeou-yang.
Pierre-Marie Boutmy (1853-1922) Saint-Brieuc 7 octobre 1885 Yunnan Il quitte les MEP en 1893
pour devenir trappiste et abbé de ND de Timadeuc
Marie-Félix-Charles de Gorostarzu (1860-1933) Aire et Dax 7 octobre 1885 Yunnan Futur vicaire apostolique
de Yunnan-Fou
Jean-André Soulié (1858-1905) Rodez 7 octobre 1885 Tibet
aujourd'hui diocèse de Kangding
Fameux comme botaniste
fusillé par les Tibétains révoltés
Annet Genestier (1858-1937) Clermont 7 octobre 1885 Tibet Il administre les chrétientés
de Khionetong, Batang, Loutze-kiang et Tchong-teu
Ferdinand Morlet (1861-1896) Reims 7 octobre 1885 Setchouan
méridional
Il meurt d'épuisement à Sé-mong
après les émeutes de 1895 à l'âge de 35 ans.
René-Dominique Usureau (1860-1894) Angers 7 octobre 1885 Setchouan
méridional
Meurt de typhoïde à 34 ans
en soignant le P. de Guébriant
Jean-Baptiste-Marie de Guébriant (1860-1935) Paris 7 octobre 1885 Setchouan
méridional
Futur supérieur général des Missions étrangères
Maximilien-François-Victor Grisette Metz 7 octobre 1885 Setchouan
occidental
Joseph-Marie Briand (1862-1921) Nantes 7 octobre 1885 Setchouan
occidental
Il administre Sin-tsin
et construit un hospice à Moupin
Paul-Marie-Nicolas-Auguste Poinsot (1862-1909) Langres 7 octobre 1885 Kouy-Tchéou Il construit des écoles dans divers postes
et termine à la procure de Kouy-yang
Louis Palissier (1860-1928) Angers 7 octobre 1885 Kouy-Tchéou Il administre le district de Su-Yang où il construit résidence, église et écoles
et termine curé de Tsin-chen.
Édouard-Jean-Baptiste Durand (1856-1918) Reims 4 novembre 1885 Japon méridional Il sert à Amakusa, puis aux îles Gôto et aux îles devant Nagasaki.
Il meurt de maladie au sanatorium de Béthanie (Hong Kong)
Jean-Louis Relave (1857-1941) Lyon 4 novembre 1885 Japon méridional Il administre Miyazu, construit une église à Okayama et à Maizuru.
De retour à Miyazu - fleuron de la mission- il fonde un lycée de jeunes filles.
Charles Mutz (1859-1898) Metz 4 novembre 1885 Japon méridional Il sert à Fukuyama et dans le district d'Okayama.
Il prend la tête du district de Kasaoka et fonde la chrétienté de Fukudashinden, puis dirige le district de Yamaguchi. Il meurt à 39 ans.
Louis-Frédéric Garnier (1860-1941) Le Puy 4 novembre 1885 Japon méridional Il sert dans le diocèse de Fukuoka et construit l'église d'Oyé.
Léon-Paul-François-Xavier Caron (1862-1902) Nantes 4 novembre 1885 Japon
septentrional
Il sert à Hakodaté.
Jean-Casimir Enjalbal (1860-1888) Rodez 4 novembre 1885 Japon
septentrional
Il sert à Morioka et meurt de phtisie à 28 ans.
Jacques-François Murcier-Durier (1858-1902) Lyon 4 novembre 1885 Kouang-Tong Il sert à à Tchang-ning, à Ho-yun et à Vou-nay, où il tient tête à une attaque pendant six jours. Il sert ensuite à Tong-koun, construit des chapelles dans les environs. Il rentre en France dans sa famille pour raisons de santé où il meurt.
Camille-Émile-Xavier Sandrin (1862-1938) Besançon 4 novembre 1885 Mandchourie Il administre le poste isolé de Leao-tien-tse, puis Sekiatse, qu'il quitte pour se réfugier dans l'Extrême-Orient russe pendant la révolte des Boxers. Il y retourne, puis sert à Harbin, Payensou, et Chouang-tch'en au sud de Harbin.
Pierre-Marie Perrichon (1861-1920) Lyon 18 novembre 1885 Presqu'île
de Malacca
Il sert à Serangong, Seremban, Ipoh et Pulo Tikus (Penang).
François-Émile Terrien (1861-1914) Angers 18 novembre 1885 Presqu'île
de Malacca
Il sert à Bukit-Mertajam, Machang-Buboh et Matong-Tinghy, puis à Kajang et auprès des Chinois de Kuala Lumpur et des lépreux.
Toussaint-Marie Le Bonzec (1856-1926) Vannes 18 novembre 1885 Coïmbatour Il sert à Saveriarpalayam, Ootacamund et Valipalayam.
Jacques-Alphonse-Henri Marcon (1860-1921) Le Puy 18 novembre 1885 Maïssour Il sert à Vayitri, rejoint son frère Clodomir (également des MEP), il est éducateur de garçons difficiles. Il sert aussi à Chikmagalur et à Siluvaipura et meurt de typhoïde.
André-Marie-Bonaventure Durier (1862-1934) Lyon 18 novembre 1885 Pondichéry Il est enseignant au collège et dessert la paroisse d'Ariankupam, puis Yerkaud, Pannikankuppam, Cuddalore old Town et Karikal. Il est envoyé à Chandernagor.
Alain-Marie Petibon (né en 1861) Saint-Brieuc 18 novembre 1885 Pondichéry Il quitte les MEP en 1889
Louis Prodhomme (1861-1929) Laval 18 novembre 1885 Cambodge Il sert à Phnom-Penh, fonde des postes et termine sa carrière dans le district de Sadec.
Aimé-Marie Sallio (1860-1890) Saint-Brieuc 18 novembre 1885 Siam Il sert à Keng-sadok, sur les rives du Nam-kong, à cinq journées au-dessus de La-khon, et meurt de fièvres à 30 ans.
Joseph-Marie Cuaz (1862-1950) Lyon 18 novembre 1885 Siam Futur vicaire apostolique du Laos
Octave Huysman (1862-1935) Bruges
(Belgique)
18 novembre 1885 Birmanie
septentrionale
Il dessert des postes dans la brousse, puis devient directeur d'école dans le Travancore et en 1912 travaille à Pilavadanday, puis dans le district d’Ayyampet et à Uttamenur. Malade, il termine sa carrière comme aumônier des Frères de Saint-Gabriel à Yercaud.
Joseph Casanave (1860-1938) Bayonne 18 novembre 1885 Collège général
de Penang
Il est professeur de latin au collège général de Penang, mais fin mars 1887 il doit partir se reposer au sanatorium de Béthanie à Hong Kong. Un nouvel essai à Penang pendant l'année scolaire 1888 se solde par des problèmes de santé et le P. Casanave rentre en France se soigner. Il se retire chez lui pendant presque un demi siècle où il prie pour ses confrères. Il meurt dans son diocèse natal.
Albert Schlicklin (1857-1932) Strasbourg 2 décembre 1885 Tonkin occidental Il est accueilli par Mgr Puginier à Hanoï du temps de la construction de la cathédrale et travaille dans les faubourgs. Puis Mgr Gendreau le nomme procureur et secrétaire de la mission en 1892 et provicaire en 1900. Il est nommé supérieur du grand séminaire en 1905. Il écrit des traités de dogmatique et de théologie et des manuels pour les séminaristes, ainsi que de nombreuses traductions en vietnamien. Il termine sa carrière comme accompagnateur spirituel du carmel d'Hanoï.
Clément-Casimir Batte Metz 2 décembre 1885 Tonkin occidental
Alfred-Léger Bonnet (1859-1927) Clermont 2 décembre 1885 Tonkin méridional Il est nommé dans la province de Vinh à la fin de l'insurrection anti-chrétienne, puis à Xadoai, auprès des réfugiés, et à Dong Thanh, puis dans le district de Ngan Sau et de Nghia Yen à partir de 1904 avec son centre de la Sainte-Enfance. Il meurt à l'hôpital de Hanoï en 1919.
Jean-François Gagnaire (1861-1931) Lyon 2 décembre 1885 Cochinchine
orientale
Il travaille à Quinhon éprouvé par les persécutions, puis à Khanh-Hoa et à Ninh-Hoa, Cu-Va. Il demeure de 1893 à 1897 en France pour raisons de santé. Il travaille ensuite à Dai-An et devient professeur du petit séminaire de Long-Song pendant trente ans et provicaire.
Félix Frison (1862-1947) Metz 2 décembre 1885 Cochinchine
occidentale
Il passe toute sa vie dans la chrétienté de Mac-bac qui compte 4 500 fidèles en 1935. En 1945, il se retire à Thu-dau-mot.
Casimir-Siméon Vacher (1861-1888) Viviers 2 décembre 1885 Cochinchine
occidentale
Il travaille au séminaire de Saïgon, mais il meurt terrassé par la typhoïde à 27 ans.
Yves-Marie Le Goff (1860-1893) Saint-Brieuc 2 décembre 1885 Cochinchine
occidentale
Il sert au poste de Bo-mua, puis à Tan-trieu, mais malade, il meurt à Saïgon à 33 ans.
Louis-Marie-Matthias Gerber (né en 1861) Paris 2 décembre 1885 Cochinchine
occidentale
Il quitte les MEP en 1911
Joseph-Émile Guillot (1861-1894) Tarentaise 2 décembre 1885 Cambodge Il fonde différents postes du Cambodge et administre Prek-treng, mais il tombe malade et meurt à 33 ans. Il est enterré à la chapelle du séminaire de Cu-lao Gieng.

On remarque une surreprésentation des jeunes missionnaires originaires de Bretagne (11 départs) et de l'Ouest (Angers, Laval), un nombre conséquent de jeunes missionnaires de Lyon (8 départs) et d'Auvergne. En tout ce sont 24 diocèses (y compris celui de Bruges) qui fournissent l'ensemble des départs de 1885. La destination de ces jeunes gens est d'abord l'Indochine avec 16 départs, suivie de la Chine avec 13 départs (plus 2 départs pour le Tibet), puis le Japon avec 6 départs et les Indes avec 5 départs. le Siam représente 3 départs.

Sur 44 cas étudiés, 11 meurent entre 27 ans et 40 ans (la plupart avant 35 ans) d'épuisement ou de maladie (phtisie, typhoïde, fièvres tropicales), soit un quart de l'effectif. Un missionnaire meurt assassiné.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Salle des Martyrs aux Missions étrangères de Paris. Ce qui ressemble à une échelle au milieu est la cangue qu'a portée Pierre Dumoulin-Borie en captivité.
Le séminaire des Missions étrangères de Paris à l'angle des rues du Bac et de Babylone (Paris VIIe).

Depuis le XVIIe siècle, la Société des Missions étrangères de Paris a envoyé en Asie près de 4 500 prêtres. Elle n’en compte plus maintenant que 240, mais tâche, malgré des effectifs réduits, de continuer de servir les Églises qu’elle a contribué à fonder[3]. Des coopérants laïcs partent de plus en plus nombreux en mission en Asie, en lien avec les Missions étrangères de Paris, pour un été (étudiants) ou pour une année entière de coopération. De base de départ pour les nouveaux missionnaires, le séminaire de la rue du Bac est ainsi devenu récemment un centre d’accueil pour les prêtres-étudiants asiatiques. La société des missions étrangères fête en 2008 ses 350 ans. Vingt-et-un séminaristes sont actuellement (2010) en formation pour les Missions étrangères de Paris. Les missionnaires âgés à la retraite résident à la maison de Montbeton (Tarn-et-Garonne) qui a accueilli des centaines de missionnaires dans le passé, comme maison de repos.

Le supérieur général des MEP est, depuis le 9 juillet 2010, le P. Georges Colomb qui a succédé au P. Jean-Baptiste Etcharren (1998-2010).

Évolution d'association en congrégation[modifier | modifier le code]

Ce n'est qu'en 1710, soit quarante ans après le premier départ, qu'est rédigé un premier règlement pour organiser cette association de prêtres incardinés dans leur diocèse d'origine et mis à disposition de la Congrégation pour la Propagande qui avait été créée à Rome en 1622.

En 1840, changement important, on accepte également les séminaristes, lesquels sont désormais incardinés directement dans la Société des Missions étrangères de Paris.

En 1917, après une réforme canonique, la Société des M.E.P. cesse d'être une association de prêtres diocésains et devient une congrégation à part entière : désormais ils éliront leur supérieur et voteront leurs constitutions.

Architecture[modifier | modifier le code]

Détail de la carte de Paris par Turgot en 1739 : détail sur la rue du Bac.

La chapelle de la rue du Bac[modifier | modifier le code]

La construction de la chapelle de la société des Missions étrangères débute en 1683 sous la direction de l’architecte Lambert. Auparavant, elle occupe l’une des salles du rez-de-chaussée du bâtiment principal, béni le 27 octobre 1663 en présence de l’évêque de Babylone mais aussi de Bossuet qui prononce un sermon de circonstance.

Lors de la cérémonie de la pose de la première pierre le 24 avril 1683, une médaille à l’effigie de Louis XIV est placée dans les fondations marquant officiellement la bienveillance du roi envers le séminaire. Le 7 août 1683, la crypte est bénie et, sous le nom de Chapelle de l’Épiphanie (première manifestation de Jésus aux Gentils), devient chapelle provisoire.

La construction s’achève en 1697.

Histoire de la chapelle de la rue du Bac[modifier | modifier le code]

Séminaire des Missions étrangères de Paris, 128 rue du Bac, Paris.

Tout au long du XVIIIe siècle, elle voit partir des missionnaires.

Caserne de la garde nationale pendant la Révolution, elle est déclarée en 1798 bien national (comme le séminaire) ; mise en vente, elle est discrètement rachetée.

En 1802, elle ouvre à nouveau ses portes sous le nom d’église Saint-François-Xavier, église succursale de la paroisse Saint-Thomas-d’Aquin, et voit augmenter le nombre et l’importance des départs en mission.

Le 8 juillet 1848, elle accueille les obsèques de l’un de ses paroissiens : François-René de Chateaubriand, en présence de Victor Hugo, Sainte-Beuve, Honoré de Balzac et presque tout l’Institut.

En 1851, Charles Gounod, organiste attitré, compose la musique du Chant pour le départ des missionnaires, puis celle du Chant pour l’anniversaire des Martyrs. En 1874, la construction d’une nouvelle église paroissiale place du Président-Mithouard, l’église Saint-François-Xavier-des-Missions-étrangères, s’achève.

La chapelle de la rue du Bac revient alors à sa première destination et reprend son nom d’origine.

En l'an 2000, la crypte et les sous-sols de la chapelle sont aménagés pour présenter aux visiteurs les reliques et les souvenirs des Martyrs d'Asie[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Franscisque Marnas, La "religion de Jésus" ressuscitée au Japon dans la seconde moitié du XIX e siècle, Paris, Delhomme et Briguet, 1896.
  • Edmond Marbot, Nos Évêques. Vie de Mgr Forcade, archevêque d’Aix, Arles et Embrun, Aix en Prevence, A. Makaire, 1889.
  • Gilles van Grasdorff, La Belle Histoire des Missions étrangères, Paris, Librairie Académique Perrin, 2007, (ISBN 9782262025663), 492 p.
  • Gilles van Grasdorff, À la découverte de l'Asie avec les Missions étrangères, Paris, Omnibus, 2008.
  • Collectif (dirigé par Marcel Launay et Gérard Moussay), Les Missions étrangères : trois siècles et demi d'histoire et d'aventure en Asie, Paris, Librairie Académique Perrin, 2008, (ISBN 9782262025717), 424 p.

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