Four à chaux

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 Pour l'ouvrage de la ligne Maginot du même nom situé à Lembach (67), voir : Ouvrage du Four-à-Chaux
Le four à chaux de la sucrerie de Crèvecœur-le-Grand au début du XXe siècle.

Le four à chaux ou chaufour est un four destiné à transformer le calcaire en chaux et où l’on cuit la céramique sous l'action du feu. C'est généralement un ouvrage vertical fixe et ouvert par le haut, mais on trouve également des fours horizontaux et rotatifs.

Les ouvriers qui y travaillaient étaient appelés « chaufourniers ».

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Les fours à chaux étaient d'imposants fours, de forme cylindrique et avaient une large paroi intérieure le plus souvent revêtue de briques. Grâce à la pierre calcaire qui était réduite en petits morceaux, on pouvait réaliser de la chaux. Le four était alimenté par son ouverture située en haut (appelée le gueulard) dont une rampe permettait le plus souvent l'accès. Les chaufourniers alternaient les lits de pierre et de charbon pour le remplir au maximum, et du bois était apporté au pied du bâtiment pour assurer la mise à feu. Le chaufournier devait alors toujours maintenir une température entre 800 et 1 000 °C tout en gardant le four rempli au maximum en le réapprovisionnant en pierre calcaire et devait également entretenir le feu. Une fois la cuisson faite, la chaux était récupérée grâce à une ouverture basse du four appelée l'ébraisoir. La chaux vive était alors éteinte dans une fosse adjacente à l'aide d'une grande quantité d'eau, le plus souvent à l'aide de canalisations provenant d'une rivière voisine. La chaux éteinte était par la suite placée dans des barils avant d'être utilisée en maçonnerie.

Historique[modifier | modifier le code]

Grâce aux fouilles archéologiques, la datation et les conditions de fonctionnement des fours à chaux gallo-romains[1], mérovingiens[2] sont mieux connues.

Dans le nord de la France, le sol était si riche et productif que pour ne pas en priver l'agriculture, pour extraire la craie, dont celle qui alimentait les fours à chaux, au lieu de faire des carrières à ciel ouvert, des milliers de petites carrières dites « catiches » ou boves ont été creusés sous le sol.

Fours à chaux en Belgique[modifier | modifier le code]

Fours à chaux du XIXe siècle à Antoing, Belgique

En Région wallonne, on trouve de nombreux endroits où il est encore possible de voir différents types d'anciens fours à chaux. C'est notamment le cas dans les régions d'Antoing, de Chercq, d'Haccourt, de Jemelle, de Namêche, de Namur et de Tournai ainsi qu'à Theux en Province de Liège.

Fours à chaux en France[modifier | modifier le code]

L'emplacement des anciens chaufours a été conservé dans des dizaines de toponymes à travers la France : Chaufour-lès-Bonnières, Chaufour-Notre-Dame, etc.

Fours à chaux au Québec[modifier | modifier le code]

Maison de chaufournier à Saulges (Mayenne)

Jadis, le Québec était parsemé de four à chaux, aujourd'hui il en reste très peu ; et ils sont majoritairement sur des terrains privés. Les régions détenant le plus de fours à chaux sont : Capital-National, Chaudière-Appalaches, Mauricie, Bas-Saint-Laurent, Côte-Nord, Lanaudière, etc. Bien que d'autres régions en aient.

Four à chaux modernes[modifier | modifier le code]

Un four à chaux destiné à l'alimentation de l'aciérie de Scunthorpe, en Angleterre.

Les fours à chaux n'ont pas disparu, mais ont suivi, comme toute industrie lourde, une course à la taille qui les a raréfié. On en retrouve encore, destinés à l'alimentation de procédés industriels, dont notamment la sidérurgie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Franck Suméra, 1997, « Les fours à chaux gallo-romains de "Brétinoust", commune de Sivry-Courtry (Seine-et-Marne) », Revue archéologique du Centre de la France, 36, p. 99-130.
  2. Madeleine Châtelet, « Un deuxième four à chaux mérovingien découvert en Alsace : le four de Sessenheim "Hecklen" (Bas-Rhin) », Revue archéologique de l'Est, tome 54, 2005.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe Gerber, Fours à chaux, four à fer et charbonnières dans le Jura bernois, Berne (homonymie), Haupt,‎ 2002, relié (ISBN 978-3-258-06459-8)
  • Les Fours à chaux en Europe, Maffle, Musée de la pierre,‎ 1996
  • Bernard Crenn, Les Fours à chaux des marges armoricaines (1775-fin des années 1930),‎ 1999
  • Froschard Rémi, L'exploitation du Calcaire, Vie et Culture - Chroniques d'Histoire Locale, revue locale lorraine,‎ novembre 2008
  • Pierre Forissier, Délégué Les maisons paysannes de France Rhône, Fours à chaux du Rhône, Édité par le Conseil général du Rhône
    Pré-inventaire du Rhône, 8 chemin de Montauban, 69005 Lyon

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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