Plogoff

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Plogoff
Un jour de tempête à Pors-Loubous.
Un jour de tempête à Pors-Loubous.
Blason de Plogoff
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Quimper
Canton Pont-Croix
Intercommunalité Communauté de communes du Cap-Sizun
Maire
Mandat
Maurice Lemaître
2014-2020
Code postal 29770
Code commune 29168
Démographie
Gentilé Plogoffistes
Population
municipale
1 264 hab. (2012)
Densité 108 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 02′ 15″ N 4° 39′ 53″ O / 48.0375, -4.66472248° 02′ 15″ Nord 4° 39′ 53″ Ouest / 48.0375, -4.664722  
Superficie 11,73 km2
Localisation

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Site web Site de la commune

Plogoff [plogɔf] est une commune du département du Finistère, à l'extrémité du Cap Sizun (canton de Pont-Croix) dans la région Bretagne, en France. Plogoff est limitrophe de Primelin et de Cléden-Cap-Sizun.

Géographie[modifier | modifier le code]

La localisation de la commune dans le Finistère.
Carte de la commune de Plogoff et des communes avoisinantes

Plogoff se situe à l'extrémité sud-ouest du Cap Sizun. Son finage, étiré en longueur dans le sens est-ouest, est délimité au sud par l'Océan Atlantique, le littoral, formé principalement de falaises, allant de l'Anse du Loc'h à l'est (partagée avec la commune voisine de Primelin) à la Baie des Trépassés à l'ouest en passant par la Pointe du Mouton, la Pointe de Plogoff, la Pointe de Feunteun Aod et la célèbre Pointe du Raz. La limite nord de la commune, dont la voisine est Cléden-Cap-Sizun, suit le tracé d'une dépression drainée par un petit fleuve côtier qui alimente l'étang de Laoual (sous les eaux duquel la croyance populaire place parfois la légendaire ville d'Ys) et se jette dans la Baie des Trépassés par sa partie occidentale, et d'un autre petit fleuve côtier qui se jette dans l'Anse du Loc'h pour sa partie orientale. Le sous-sol est presque entièrement granitique, même si de petits dépôts houillers dans la Baie des Trépassés et à Kergogne ont été signalés[1], leur exploitation fut vainement tentée dans les premières décennies du XIXe siècle.

Article détaillé : Pointe du Raz.
Article détaillé : Baie des Trépassés (Cap Sizun).
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  • La Pointe du Raz (site national) se trouve à l'extrémité ouest de la commune et se prolonge par le raz de Sein, au milieu duquel est construit le phare de la Vieille. Un sémaphore se trouve sur la pointe.
  • La commune dispose de trois petits ports, difficiles d'accès, même par voie terrestre, uniquement accessibles aux petites, voire très petites, unités : Pors-Loubous, Feunten-Aod, Bestrée.
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Les falaises escarpées qui bordent la quasi-totalité du littoral et la rudesse du climat expliquent l'absence quasi-totale d'habitat en bordure de mer, si l'on excepte Keringard (en position d'abri par rapport aux vents dominants, côté nord-ouest de l'Anse du Loc'h, faisant face au sud-est. Le bourg de Plogoff, ainsi que les principaux hameaux traditionnels (Landrer, Pennéac'h, Le Dreff, Kerguidy, Kerhuret, Pendreff, Kerherneau, Lescoff, etc.., sont tous sur le plateau (haut de 50 à 76 mètres selon les endroits), éloignés de plusieurs centaines de mètres, voire plus d'un kilomètre pour certains, du littoral. Un habitat résidentiel récent s'est toutefois développé au Loc'h, en bordure de l'Anse du Loc'h.

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L'"Enfer de Plogoff" est une galerie creusée par la mer sous le cap de la Pointe du Raz ; le lieu est réputé être le lieu où sont ramenés les noyés dont on entend les gémissements. Le lieu est ainsi décrit dans une revue touristique en 1891 : « L'"Enfer de Plogoff", gouffre en forme d'entonnoir, où la mer s'engage et gronde avec de sourdes détonations jusqu'à la paroi abrupte où l'on voit, en se penchant, le jour et la mer de l'autre côté d'une fissure qui perce comme un tunnel la masse du cap »[2]. Ce gouffre, d'un accès dangereux, a connu des drames, par exemple la mort d'un touriste belge qui s'y fracassa le crâne en 1925[3].

Toponymie et origines[modifier | modifier le code]

Plogoff (Plougoñ en breton moderne, le -ff étant un ancien digraphe notant la nasalisation de la voyelle précédente remplacé par ñ) est un éponyme (composé du breton plou (« paroisse ») et d'un nom de saint). Le nom de la paroisse s'est écrit Ploegomff (vers 1330), Ploegoff (en 1368, 1379 et 1394).

Plogoff est une ancienne paroisse de l'Armorique primitive qui englobait les paroisses médiévales de Plogoff, Cléden-Cap-Sizun, Goulien, Primelin et sa trève Saint-Tugen (aujourd'hui en Primelin), Esquibien et sa trève Audierne, Beuzec et sa trève Pont-Croix[4]. Par la suite Plogoff appartint au doyenné de Pont-Croix et à l'évêché de Cornouaille.

Plogoff aurait été fondé par saint Collédoc (connu aussi sous le nom de Saint Ké ou saint Quay), évêque d'origine cornique devenu ermite, devenu le saint patron de Plogoff sous le nom de "saint Collodan". La chapelle Saint-Michel de Plogoff était antérieurement consacrée à saint Cléden, autre nom de saint Collodan[5].

Joseph Loth a étudié l'origine des noms propres (de personnes, de lieux-dits, etc..) de Plogoff[6]

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Le mobilier de la chambre funéraire de Voguer-Men (photo de Paul du Chatellier, 1890)

Une stèle tronconique datant de l'âge du fer, d'une hauteur de 1,20 mètre, plane à son sommet et arrondie à sa base, portant des gravures à peine discernables a été découverte à Laoual en Plogoff, à l'emplacement supposé de l'ancienne chapelle Saint-Guénolé, si l'on en croit un notice datant de 1889 écrite par Hyacinthe Le Carguet[Note 1] : « Sous le village de Laoual en Plogoff, la tradition place l'ancienne chapelle Saint-Guénolé (...), des substructions, deux fontaines et un lec'h indiquent l'emplacement de cette chapelle »[7]. Cette stèle a été décrite en détail en 1989 par Michel Le Goffic[8].

En 1890, Paul du Chatellier évoque les nombreux monuments préhistoriques situés sur le plateau à proximité de la chapelle Notre-Dame-du-Bon-Voyage, malheureusement ravagés « par les carriers qui ont trouvé dans ces grands mégalithes qui se dressaient de tous côtés de beaux matériaux d'une exploitation facile », évoquant l'ancien tumulus disparu qui se trouvait à Ar-Voguer-Men (la "muraille de pierre") où il trouva néanmoins plusieurs chambres contenant encore du mobilier funéraire (vases, poteries, haches, lame en silex, etc..) ; il signale aussi l'existence plus à l'ouest, à 150 m à l'est de la chapelle Notre-Dame-du-Bon-Voyage, d'un autre vaste monument mégalithique connu dans le pays sous le nom d' Ar-Carn (le "cimetière"), littéralement mis à sac par les carriers ; il évoque aussi l'ancien tumulus disparu de Pennaech, « qui recouvrait une allée couverte de 15 m de long , sur 1,60 m de large » et dont il ne restait déjà à cette époque que de rares vestiges. Il ajoute : « En s'avançant jusqu'à la Pointe du Raz, on trouve encore le grand tumulus fouillé de Bec-an-Ty-Dévet et le dolmen du Dreff, le tumulus ravagé avec dolmen intérieur sur lequel est construit le corps de garde de Lescoff, le menhir de Lescoff ; enfin le camp retranché de la Pointe du Raz »[9].

La pointe du Raz a été occupée au Néolithique et à l'âge du bronze, et a conservée les vestiges d'un éperon barré datant de l'âge du fer[10]. Sur la pointe de Diameur on a retrouvé les restes d'un retranchement de l'âge du fer[10]. Le chanoine Moreau, dans Histoire de la Ligue en Basse-Bretagne, écrit en 1586, parle « d'une ville appelée Roc'h-Guen (...) défendue du côté de la terre par une triple enceinte de murailles, et du côté de la mer par un précipice le long duquel on avait pratiqué un escalier étroit qui descendait jusqu'au rivage ». Il évoque aussi « une autre place très forte [qui] se trouvait près de Cléden et Plogoff : une grande muraille carrée, faite de cailloux noyés dans le ciment, qui devait être une dépendance de l'ancienne (et peut-être fabuleuse) ville d'Is, et près de laquelle on trouvait des auges de pierre ou cercueils qui, d'après la description, devaient appartenir au IVe siècle ».

Une voie romaine venant de Vorgium aboutissait à la Pointe du Raz en passant par Plogoff[11].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le seigneur de Lezoualc'h, en Goulien, disposait d'un « droit de sennage consistant en le septième des merlus, dorades et autres poissons pêchés sur les côtes de Cléden, Plogoff, Goulien et aux environs de l'Île de Sein ». Il jouissait également « au port et rade du Loc'h [en Plogoff et Primelin], de la faculté de prendre une fois l'an, un merlu sur tout "compagnon de bateau" qui déchargeait au dit port »[12].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

« Peu éclairés au point de vue religieux, les habitants [de Plogoff] travaillaient le dimanche comme les autres jours. Ils étaient, au surplus, victimes des superstitions les plus grossières. Des danses nocturnes avaient lieu dans les chapelles de la côte [13]. Le célèbre prédicateur Julien Maunoir qui prêcha des Missions à Plogoff en 1643, 1648, 1655 et 1659[14], parvint à les convertir. lors de la Mission de 1659, il convertit aussi Nicolas de Tremaria[15], seigneur de Kerazan (en Cléden-Cap-Sizun), lequel menait jusque-là une vie tumultueuse[16].

Un texte breton du XVIIe siècle, traduit par Joseph Loth, évoque la construction de la chapelle Notre-Dame-du-Bon-Voyage : la chapelle fut construite par Jean de Tréana[17], seigneur de Kerazan ; sur le point de mourir, il fit alors le vœu de construire une chapelle s'il survivait sur la montagne de Kernen en Plogoff, située sur la lande dépendant de son domaine de Kerstrat[18] ; il ne savait pas quel nom lui donner, mais inspiré par Dieu, lui donna le nom de Notre-Dame-de-Bon-Voyage ou de Bon-Port. « Les marchands qui risquent leurs biens sur la mer viennent y recommander leurs barques et vaisseaux (...) ; tous ceux qui invoquent Notre-Dame de Bon Voyage (...) obtiennent touts leur demande (...) ; Notre-Dame de Bon Voyage les protège contre les pirates et touts les dangers de la mer »[19].

En 1741, une épidémie de dysenterie sévit : « Dans chacune des paroisses de Goulien, Plogoff, Esquibien, Plouinec, Plozévet, Mahelon, Poulan, Beuzet-Cap-Sizun, Pouldergat, Douarnenez, on compte le chiffre énorme de dix à douze morts par jour (...) En 1768, ce sont les paroisses de Plumelin, Cléden, Goulien, Esquibien et Plogoff qui sont envahies »[20].

Dans son "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne" publié en 1778, Jean-Baptiste Ogée indique que Plogoff compte alors « 900 communiants » et que son territoire est « fertile en toutes sortes de grains »[21].

Révolution française[modifier | modifier le code]

Le décret du 11 septembre 1791 réduit à quatorze les paroisses du district de Pont-Croix ; parmi elles « Cléden, qui aura pour succursales les paroisses de Goulien et Plogoff »[22].

Guillaume Goardon, ancien élève du séminaire de Quimper, ouvrit une école à Plogoff en vertu de la loi du 5 nivôse an II (25 décembre 1793) qui rendait l'école primaire obligatoire et gratuite[23].

Les paroissiens de Plogoff soutinrent pendant la Terreur les prêtres non assermentés et en cachant plusieurs originaires de la paroisse comme Henri Mével, vicaire à Plonéour-Lanvern, et Clet Kerloc'h, vicaire de Trégunc et refusant les prêtres assermentés. La levée en masse provoqua de nombreuses désertions à Plogoff ; le 1er novembre 1793, 300 soldats, accompagnés d'un canon, arrivèrent à Plogoff et capturèrent 21 déserteurs. Le 30 octobre 1796, 50 soldats sont à nouveau à Plogoff pour y faire la chasse aux déserteurs et procéder à des réquisitions[24].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Si l'on en croit un récit d'Henri Le Carguet, une vieille femme de Plogoff aurait été brûlée vive dans sa masure à une date inconnue située dans la première moitié du XIXe siècle car elle terrifiait la population locale qui croyait qu'elle lançait des sortilèges, des drouk-avvis (en breton), c'est-à-dire le "mauvais œil"[25].

Plogoff en 1845[modifier | modifier le code]

A. Marteville et P.Varin, continuateurs de Jean-Baptiste Ogée, font en 1845 cette description de Plogoff : « La commune de Plogoff n'est pour ainsi dire qu'un grand monticule, s'étendant du sud-est au nord-ouest sur une longueur de 6 kilomètres et sur une largeur de 3 ». Les auteurs indiquent que pour une superficie de 1167 hectares, la commune possède alors 617 ha de terres labourables, 44 de prés et pâtures, 12 ha de vergers et jardins, 441 ha de landes et incultes ; Plogoff disposait alors de 8 moulins à vent (Carn, Kerlédec, Kerguidy, Lestrivin, Run, à vent). Ils ajoutent : « On exploite en plusieurs endroits le granite pour constructions. Plogoff manque absolument de bois ; aussi y brûle-t-on beaucoup de mottes et de la fiente de vache desséchée au soleil. (...) La population se livre en grande partie à la pêche à la sardine pendant l'été ; l'agriculture prospère grâce aux engrais de mer. On a établi depuis quelque temps une fabrique de soude de warech. Le passage entre Plogoff (...) et l'Île de Sein s'opère par de petits bateaux pêcheurs qui s'abritent dans les anses de Saint-Yves [Bestrée] et de Portbihan [Porsz Loubous]. (...) On parle le breton »[26].

L'élevage des moutons[modifier | modifier le code]

Femme du Cap Sizun (photographie de Louis Rousselet, 1899)

Abandonné dans le cours de la première moitié du XXe siècle, l'élevage des moutons était traditionnellement important à Plogoff ; en témoigne par exemple cet extrait de la Chanson de Jeanne Normand (traduit du breton par Joseph Loth) :

La plus belle des jeunes filles de Plogoff
C'est Janik Normand de Leskoff
La plus belle fille de la paroisse
C'est Jeanne Normand et son amie Marie Bourdon
Encore jeunes et naïves
Elles gardaient leurs moutons sur la colline
(...)[27]

Symboliquement d'ailleurs, lors du combat contre l'implantation d'une centrale nucléaire à Plogoff aux alentours de 1980, le comité de défense créa une bergerie sur le site envisagé pour ralentir le processus d'achat des terres par EDF.

La région de Plogoff décrite par Gustave Flaubert[modifier | modifier le code]

Vers 1845, Gustave Flaubert visite, en compagnie de Maxime Du Camp, la région de Plogoff, qu'il décrit ainsi dans Par les champs et par les grèves :

« Des ruelles gluantes et humides ; la vapeur du fumier chauffé au soleil fumait comme un brouillard ; des chiens hargneux ; nul ne nous comprenait ; les portes se refermaient devant nous, nul n'entendait nos questions, plus incompris que chez les Lapons ou les Algonquins, après avoir quitté ce hameau sauvage, nous entrâmes dans Plogoff. Les villages où nous passâmes sont tristes, sombres, humides, misérables et taciturnes (...). Des enfants en guenilles grouillent sur les portes et de maigres filles pétrissent de la bouse de vache à genoux devant la fosse à lisier. Là tout est morne, rien ne rit, ni l'homme, ni la nature. On ne mange que des racines. Il y en a qui n'ont jamais goûté de pain. Ils parlent d'une façon lamentable. Leur voix a toujours l'air de la plainte d'un mendiant. Des moutons noirs y broutaient pourtant, plus maigres que l'herbe qu'ils paissaient[28]. »

Les travaux du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1880, le Conseil général du Finistère accorde une subvention de 18 000 francs pour la construction d'une école de garçons et de filles, « la commune de Plogoff étant l'une des plus pauvres du département ». La commune ne possédait encore à cette date aucun établissement scolaire, elle n'a eu jusqu'à ce jour « pour la tenue de ses écoles que des locaux loués, peu convenables et même insuffisants »[29].

Par contre, la même année, le Conseil général refuse de financer des travaux d'aménagement de la crique de Feunteun-Not : « Le service des Ponts et Chaussées ne croît pas le projet réalisable. La dépense serait exorbitante, eu égard au peu d'importance du port. Des travaux économiques seraient emportés (...) comme ils l'ont été à Port Loubous»[30].

Bestrée en 1891[modifier | modifier le code]

Le port de Bestrée vers 1920 : préparatifs pour la pêche aux langoustes

Une revue touristique décrit ainsi le petit port de Bestrée en 1891 : « Nous descendons, par un petit sentier de montagne, jusqu'au petit port de Bestrée, où deux ou trois barques de pêcheurs se balancent à l'abri d'une cale tout encombrée de paniers à homards. Trois pêcheurs (deux hommes, un enfant) y font silencieusement leurs préparatifs de départ. Devant nous, une autre barque aborde, ramenant du phare un des trois gardiens, qui a fini son tour de garde. Il a du perdre, en son dur métier, l'habitude de la parole, car c'est à peine s'il échange un bonjour avec les gens du rivage... »[31].

Plogoff à la fin du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1869, deux Jésuites, les pères Coniat et Kervennic prêchèrent une Mission à Plogoff[4].

En 1863, lorsque le peintre Georges Clairin et son ami Louis Leloir visitent la région : « Plogoff en ce temps-là n'avait pas d'auberge et nos deux voyageurs durent demander asile au maire du pays qui, sans trop de façons, consentit à les nourrir et à les loger. Le premier magistrat du pays s'appelait le père Yvenou ; c'était un vieux loup de mer ayant peu l'usage du monde, mais possédant un cœur d'or et toute une cargaison de morue salée. Il traita de son mieux ses hôtes (...) »[32].

En 1897, Plogoff n'avait « ni boulanger, boucher, épicier » si l'on croit le récit de voyage effectué par Charles Géniaux à l'époque, qui décrit aussi les deux auberges du bourg à cette date[33].

Anatole Le Braz décrit ainsi Plogoff en 1896 :

« Nous grimpions maintenant la côte de Penn-an-Néac'h [Penneéac'h]. Le paysage se prolongeait, vaste, dénudé, sous la pâle lumière d'automne. Des murs de pierres croulantes encadraient de maigres labours, des terres brunâtres fraîchement écobuées. (...) Cà et là se montraient de rares manoirs, rompant à peine l'uniformité de l'étendue, oasis pauvres dans un désert triste. Des ormes souffreteux, des arbres craintifs, infirmes, bizarrement tordus, s'abritaient derrière d'antiques maçonneries, débris de remparts romains. Mais ce qui donnait à la contrée un caractère particulièrement funèbre, c'était les moulins à vent, debout ainsi que des restes de fortifications barbares, sur tous les sommets avoisinants. Leurs bras pendaient, immobiles et comme cassés. Ils semblaient les témoins en ruines d'une civilisation disparue ; ils avaient l'air inhabités, morts, et ajoutaient je ne sais quoi de plus poignant à la désolation du paysage[34]. »

Une épidémie de diphtérie sévit à Plogoff du 16 novembre 1897 au 21 décembre 1897. Selon un rapport du docteur Hébert adressé au Préfet du Finistère, les causes en sont « les mauvaises conditions de milieu et d'habitat, la mauvaise hygiène publique et privée, la malpropreté du paysan Bas-Breton (on trouve, dans certaines habitations, des poules nichées dans des trous de mur contre lesquels sont appuyés les lits des habitants) ». Parmi les douze cas traités, la maladie ne fit qu'un mort, mais « sept enfants atteints de diphtérie (...) sont morts sans avoir reçu le sérum. (...) Les Bretons trouvent le sérum trop cher »[35].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Descriptions de Plogoff au début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Gustave Geffroy décrit ainsi Plogoff en 1904 :

« Jusque-là, il y a eu quelques arbres, des chênes, des pins. Après Saint-Tujean [Saint-Tugen] et Primelin, il n'y en a plus. Il y a des moulins à vent, puisqu'il y a du vent sur les coteaux d'où l'on voit écumer la mer houleuse. Il y a des dolmens.(...) Ce Plogoff n'est pas déplaisant. Imaginez un village dispersé sur des ondulations de terrain. Une maison ici, deux là, trois ou quatre plus loin encore et la douzaine autour de l'église. Ce terrain dénudé, de maigres cultures alternant avec des landes abondantes, est beau de couleurs et de lignes : il est fait de grands espaces d'ajoncs d'un vert sombre, fleuris d'or, de moissons fauves, de sables blancs, de rochers grisâtres, de petits murs de pierre, et parmi tout cela, les clochers, les petites maisons disséminées, avec leurs toits bleus[36]. »

En 1906, le comte Mortimer-Mégret, qui fait le voyage jusqu'à la Pointe du Raz, écrit :

« La végétation n'ose s'éloigner d'Audierne. Jusqu'à Plogoff se rencontrent encore quelques ajoncs rabougris, quelques arbres chétifs penchés vers le nord-est, comme s'ils cherchaient à fuir éperdument les assauts incessants de la tempête toujours régnante.Mais après ce pauvre village, rien ne pousse plus que des pierres stériles, que des croix émaciées, calvaires de granit dressant vers les cieux leurs bras décharnés. De ci, de là, quelques misérables cabanes, aux portes desquelles, en dépit de la pluie et du vent, se montrent à notre passage quelques moyenâgeuses silhouettes, d'austères "bigoudines" [l'auteur fait d'ailleurs là une confusion] au béguin noir collé sur les oreilles, aux cheveux lissés, à la jupe courte embrodée au bas de quelque vague et claire ornementation[37]. »

La récolte du goémon[modifier | modifier le code]

Georges Clairin : Les brûleuses de varech à la Pointe du Raz, 1882, Musée d'art et d'histoire de Saint-Brieuc

Alexandre Nicolaï décrit ainsi le brûlage du goémon en 1893 dans la région de Plogoff :

« Sur toute la falaise, et quelque peu distancées les unes des autres, de grandes blues sont allumées, d'où partent d'épaisses colonnes d'une fumée blanche et âcre que le vent du large envoie bien loin dans les terres lécher les mottes des sillons. La côte en est enfumée, et nuit et jour brûlent les amoncellements de goémon et de varech qui alimentent les usines de soude d'Audierne et de Douarnenez. Rude métier que celui de ces pauvres gens, demi-paysans, demi-marins, qui vont arracher au flot, lorsqu'il veut bien les livrer, les herbages de ses humides prairies, et surtout peu lucratif. (...) Ici le patron en prend à son aise : il tond le bénévole mouton qui ne crie pas. (...)[38] »

Ancienne fosse pour le brûlage du goémon près de Keringar ; à l'arrière-plan, la Pointe du Mouton

Yvon Normant décrit ainsi, dans son livre Clet, langoustier de Plogoff, la récolte du goémon :

« Les fours à soude creusés dans la lande rase étaient réservés au brûlage des algues séchées. Ils étaient situés sur le haut des falaises afin de recevoir une ventilation importante. Leurs cavités, profondes d'une quarantaine de centimètres, étaient tapissées de longues pierres plates. Il en était de même sur les côtés. (...) Les remontées de goémon prenaient plusieurs jours et ce n'est qu'à la fin de la récolte que chaque équipage chargeait les charrettes pour les conduire aux champs, où les laminaires demeuraient en tas en attendant leur éparpillement. La production de pains de soude était réservée aux femmes. Elle exigeait un séchage préalable des algues, puis leur mise en meules, protégées par une ancienne voile de bateau pour leur éviter de pourrir sous la pluie. Le brûlage était accueilli comme une délivrance, celle de voir le bout du travail, et la vente des pains de soude était une joie partagée par toute la famille : elle augurait une rentrée d'argent toujours très attendue[39]. »

Le même auteur poursuit plus loin, décrivant l'activité goémonière à Pors Loubous :

« Pors Loubous est aussi un lieu important pour le ramassage du goémon. Les hommes utilisent des grandes potences, les «viravod» plantées au-dessus de la grève jouxtant le port, grève que l'on appelle Pors Loubous Vihan. Grâce à ces grues improvisées ils remontent les palanquées? Cette brousse de mer forme un énorme tas au pied de la falaise et il ne fallait surtout pas le laisser pourrir ou s'échapper si le mauvais temps venait à forcir. Son épaisseur pouvait parfois atteindre plusieurs mètres à certains endroits. Sur le haut de la falaise, les espaces utilisés par les goémoniers sont délimités par de grosses pierres posées sur chant[39]. »

Le journal Ouest-Éclair indique en novembre 1925 qu'au cours d'une seule semaine, « 1 500 m3 de goémons épaves ont été récoltés sur les côtes du gardiennage de Plogoff. La tempête qui sévit depuis dix jours sur nos côtes a ramené des amendements marins à terre en grande quantité »[40].

La pêche[modifier | modifier le code]

La pêche était pratiquée traditionnellement à partir de Pors Loubous :

« Pors Loubous n’est pas un vrai port, mais plutôt un abri pour les barques (…). En dehors de la digue ouest, un fond de sable situé en face de Stang ar Guer sert de lieu de mouillage pour les grands langoustiers. (…) Deux grosses chaînes traversières assurent un bon amarrage pour les canots qui, maintenus bord à bord, se déplacent solidairement au gré du ressac ». De nombreux langoustiers restaient mouiller en dehors du port, à une centaine de mètres de la digue, en particulier ceux qui prenaient l’aiguade à la fontaine de Pors Loubous Vraz.

Les bateaux de pêche entraient dans le port d’Audierne à mi-marée montante, afin de choisir, en l’absence de criée, le mareyeur proposant le meilleur prix ; si, par téléphone, un mareyeur d’un autre port proposait un prix plus avantageux pour les langoustes et les homards (les tourteaux étaient alors délaissés et rejetés en mer), le bateau repartait aussitôt. À marée basse, les bateaux et leur pêche sont prisonniers du port en raison de son assèchement complet. Le gain de la marée était partagé par l’équipage : sur un langoustier, les trois marins à bord avaient droit à une part, le propriétaire du bateau à une part (à deux parts si le bateau était ponté), le mousse à une demi-part (de nos jours, le patron propriétaire d’un bateau reçoit la moitié de la valeur de la marée). Les langoustiers, désarmés à partir du mois d’octobre, passaient l’hiver à Audierne, à l’abri dans la ria du Goyen.

Le séchage des congres, pêchés à la palangre, était ainsi effectué : « Une ancienne barrique est utilisée pour saler les morceaux bien tranchés de chaque côté de la colonne vertébrale. Après quelques jours de saumure, les morceaux sont enfilés sur une corde, puis suspendus à la façade de la maison où ils sécheront au soleil. Cette opération peut prendre plusieurs jours en évitant les jours de pluie. Les morceaux jaunissent et deviennent alors comme de la pierre. Bien secs, ils sont placés dans de la paille d’avoine et se conserveront tout l’hiver »[39]. Le journal Ouest-Éclair indique par exemple que le 2 novembre 1929 « les gros langoustiers de la région de Plogoff, de Cléden et de Primelin sont actuellement presque tous désarmés et ne réarmeront que dans les premiers jours du printemps. D'une manière générale, la pêche a été très rémunératrice cette année, particulièrement en crustacés et sardines, le temps pendant toute la belle saison ayant été très favorable »[41]. Au cours du mois de septembre 1933, les pêcheurs de Plogoff ramenèrent 1 000 kilos de langoustes, 650 kilos de homards, 30 kilos de mulets et 600 kilos de poissons divers[42].

Les petites usines de petits pois permettaient aux jeunes filles de trouver un travail saisonnier.

Le naufrage du steamer Ottercaps et les autres naufrages[modifier | modifier le code]

Le Jeanne-et-Geneviève fit naufrage sur la côte de Plogoff en février 1899[43].

Le 27 février 1903, le steamer anglais Ottercaps, de Sunderland, fit naufrage, poussé par une tempête violente, sur les rochers de Feuntenot près de Plogoff. « Les pêcheurs de Plogoff ont trouvé sept cadavres flottant sur la mer, on suppose que l'équipage et les passagers étaient 30 personnes »[44]. Douze cadavres furent inhumés à Plogoff le 1er mars 1903[45].

Clet Vichon, originaire de Plogoff, fut l'une des victimes de l'explosion d'un canon survenue le 10 août 1908 à bord de la Couronne, accident qui fit 9 morts et 10 blessés[46].

Le Journal des débats politiques et littéraires du 3 février 1911 écrit : « La gendarmerie maritime de Brest, saisie d'une plainte du représentant du Lloyd's, assureur du vapeur anglais Arden, coulé dans le Raz de Sein, s'est livrée à une enquête pour retrouver les pillard du bâtiment naufragé. Une dizaine de procès-verbaux ont été dressés contre des habitants de Plogoff ; de nombreux procès-verbaux ont été également établis contre des pêcheurs de Lesconil qui s'approprièrent des épaves sans les déclarer à l'inscription maritime et les vendirent à des habitants de l'Île-Tudy. Tous seront poursuivis devant le tribunal correctionnel de Quimper »[47].

Le 24 juillet 1912, une lame de fond précipita sur des rochers un canot de pêche en train de manœuvrer à Pors Loubous ; l'accident fit un noyé, Martin Jaffry, âgé de 19 ans[48].

Dans la nuit du 18 au 19 février 1926, la goélette Surprise, de Paimpol, fit naufrage à 400 m environ des roches de Plogoff, les 7 hommes à bord furent noyés ; « le lendemain matin les pêcheurs de Pors Loubous ont aperçu d'innombrables épaves jonchant la grève sur une longueur de 500 m. Deux cadavres ont été pour l'instant retrouvés (...) »[49].

En décembre 1929, le cargo danois Aclene fit naufrage aux environs du Loch, entre la Pointe du Raz et Plogoff ; « la baie est jonchée de madriers et de planches »[50]. Le journal Le Matin écrit, décrivant les conséquences de la forte tempête qui sévit plusieurs jours, isolant aussi les gardiens du phare de la Vieille : « Sur une longueur de 10 km, de Plogoff à Primelin, la côte est couverte d'épaves dont la valeur est estimée à plus d'un million. L'inscription maritime de Douarnenez a donné des ordres pour les récupéer »[51].

Jacques Bonis, patron du canot Reine-des-Flots et ses deux matelots, reçurent un prix de 500 francs, et le patron la médaille d'Argent du sauvetage maritime, pour avoir sauvé par mauvais temps le 24 septembre 1933 deux hommes dont le canot avait chaviré dans les brisants de l'anse du Loc'h[52].

L'utilisation des bouses de vache[modifier | modifier le code]

Faute de bois, les bouses de vache étaient traditionnellement utilisées comme combustible jusque vers 1950 : « Durant l'hiver, on mettait de côté des bouses de vache. (...) Un jour de printemps, on y ajoutait de l'eau et on y faisait danser les chevaux. Celui qui n'avait pas de chevaux dansait lui-même sur ce fumier jusqu'à ce qu'il devienne une espèce de pâte ». Voisins et amis étaient invités pour la circonstance, le foulage du fumier donnant lieu à de véritables fêtes. On ajoutait du crottin de cheval et la finition du travail se faisait à la main, le lendemain. « On prenait un morceau de pâte de fumier, on la roulait dans de la balle d'avoine et on en faisait une boulette ». Les boulettes étaient ensuite mises à sécher sur les murs et les pierres[53].

Les querelles liées à la laïcité[modifier | modifier le code]

La laïcisation de l'école tenue par les Filles de Jésus (elles soignaient également les malades à domicile[54]) provoqua la démission d'un conseiller municipal de Plogoff, Marzin, le 7 août 1903[55].

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Plogoff

Le monument aux morts de Plogoff porte les noms de 81 personnes mortes pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Parmi elles, 3 au moins (Clet Carval, Yves Carval, Joseph Hémidy) sont morts sur le front belge lors de la Course à la mer ; 18 au moins sont des marins disparus en mer ; quatre au moins sont morts dans les Balkans, alors qu'ils étaient membres de l'Armée française d'Orient : un (Jean Floch) en Serbie, deux (Clet Criou, Jean Kerloch) en Grèce et un (Jacques Kerloch[56]) en Turquie ; 1 (Jean Corre[57]) est décédé au Maroc, 1 au moins (Jean Moullec) est mort en captivité en Allemagne ; la plupart des autres sont décédés sur le sol français[58].

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

En 1923 est décidée la translation du cimetière, jusque-là situé autour de l'église, à son emplacement actuel[59].

Le 23 janvier 1934, « par suite de la tempête qui sévit, une partie de la falaise de Plogoff s'est éboulée causant des dégâts très importants et ensevelissant plusieurs bateaux de pêche »[60].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative des débarquements de Yan Luis Doornik, Maurice Barlier et Honoré d'Estienne d'Orves à Pors Loubous
Plogoff : monument commémoratif de l'échouage du Jouet des Flots le 3 février 1944 à Feunteun Aod

Le monument aux morts de Plogoff porte les noms de 40 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; parmi elles, 12 au moins (Jean Ansquer, Yves Bloch, Jean Carval, Pierre Follic, Mathieu Kerisit, Jean Marzin, Clet Mével, Guillaume Pennamen, Clet Tréanton, Gabriel Umont, Alain Yven, Pierre Yvenou) sont disparus en mer, auxquels il faut ajouter un marin (Jean Bour[61]) mort à Toulon, deux marins (Clet Bloch[62], Jean Marchand[63]) morts lors de l'attaque anglaise contre Mers el-Kébir le 3 juillet 1940 et deux marins (Clet Coatmeur[64], Jean Cozic[65]) morts en Angleterre[58].

André Coquet[66], résistant originaire de Plogoff est mort en déportation. Guillaume Pennamen[67], engagé dans les Forces navales françaises libres, a disparu lors du naufrage du Surcouf le 18 février 1942 dans le Golfe du Mexique et reçu la Médaille de la Résistance.

Yves Donnart[68], prisonnier de guerre, est décédé aussi en Allemagne. Germain Kersaudy[69] et Paul Marzin sont décédés en Tunisie. Martin Yven[70] est décédé en Indochine.

Les résistants Jan Doornik (le 5 septembre 1940), Maurice Barlier (le 4 décembre 1940) et Honoré d'Estienne d'Orves (le 22 décembre 1940), envoyés en mission en France depuis l'Angleterre, débarquèrent successivement (à bord du chalutier Louis-Jules, rebaptisé pour les besoins de la guerre Marie-Louise, dirigé par François Follic) à Pors-Loubous ; les trois hommes furent hébergés par la famille Normant du village de Pénnéac'h[71].

Le 3 février 1944, pris dans la tempête, le chalutier Jouet des Flots, qui, parti de l'Île-Tudy, transportait 32 aviateurs et résistants, dont Pierre Brossolette, Yves Le Hénaff, Émile Bollaert et Edmond Jouhaud, s'échouait à Feunteun Aod ; les passagers réussissaient à débarquer et à s'enfuir, mais les Allemands arrètèrent Pierre Brossolette et trois de ses camarades à Plouhinec (Finistère)[72].

L'après-Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les guerres d'Indochine et d'Algérie[modifier | modifier le code]

Trois soldats originaires de Plogoff (Jean Coatmeur[73], Étienne Fily et Yves Pochic[74]) sont morts pendant la Guerre d'Indochine, un (Georges Ragot) pendant la Guerre d'Algérie et un (Clet Riou) au Maroc[58].

La lutte contre le projet d'implantation d'une centrale nucléaire[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Affaire de Plogoff.

À la fin des années 1970, l’État français a voulu implanter une centrale nucléaire sur le territoire de la commune. Le projet fut rejeté massivement par les Plogoffistes[75] et d'autres partisans anti-nucléaires venus de toute la Bretagne voire de la France entière. Le conflit, souvent violent, connut son apogée en 1980. Le 30 janvier 1980, les dossiers pour l'enquête d'utilité publique, réceptionnés le jour même à la mairie de Plogoff, furent brûlés ; l'enquête commença quand même le lendemain, des camionnettes faisant office de mairies annexes. De nombreuses manifestations violentes eurent alors lieu, les plus importantes étant celles du 16 mars 1980, le jour de la clôture de l'enquête d'utilité publique, qui rassembla 50 000 personnes et celle du 24 mai 1980 avec de 100 à 150 000 manifestants, qui se prolongea par un gigantesque fest-noz la nuit suivante.L'opposition à la construction, répertoriée sous le vocable « les événements de Plogoff », a suscité en 1980 des manifestations importantes contre la politique nucléaire française des années 1970, après celles de Fessenheim et surtout celle de Creys-Malville en 1977. Lors de son accession au pouvoir en 1981, François Mitterrand prit une mesure emblématique en faveur des écologistes, en renonçant à la centrale de Plogoff[76].

Ce combat anti-nucléaire remporté de haute lutte par les opposants au projet de centrale a été à l'origine de plusieurs livres, de deux films (Plogoff, des pierres contre des fusils et L'affaire Plogoff), une bande dessinée Plogoff, de nombreux articles de presse et de dizaines d'affiches.

Les Plogovites ont conservé, depuis ce combat contre le projet d’implantation d’une centrale nucléaire sur les landes de Feunteun Aod, qui dura cinq ans, de 1976 à 1981, une solide réputation comme le raconte Yvon Normant : « Vous êtes originaire de Plogoff ! Ah ! Ahaaaa ! Vous appartenez à une population têtue et solide comme le granit de leur Pointe du Raz. Qui ne connaît pas Plogoff ! La France entière connaît Plogoff depuis les grandes manifs contre le projet d’implantation d’une centrale nucléaire à l’extrême pointe du Cap Sizun ! »[39] 

La réhabilitation de la Pointe du Raz[modifier | modifier le code]

Sur le promontoire de la Pointe du Raz un centre commercial construit dans les années 1970 fut remis en cause et détruit car il dénaturait le site. En contrepartie, un nouvel espace d'accueil fut créé en retrait et sa gestion confiée à un syndicat mixte. Il semble plus en rapport avec les aspirations de mise en valeur de ce patrimoine et permet de mieux accueillir les visiteurs. Les ressources financières générées par le parking payant permettent la valorisation et l'entretien du site, désormais classé "Grand site de France".

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
avant 1863 après 1863 Yvenou    
         
  1980 Jean-Marie Kerloc'h   Maire pendant l'affaire de Plogoff ; marin d'état retraité
1980 2008 Amélie Kerloc'h   Sans lien de parenté avec le précédent
2008 en cours Maurice Lemaître Divers gauche Réélu en 2014. Président du syndicat mixte de la Pointe du Raz ; sémaphoriste retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 380 1 687 1 093 1 197 1 264 1 435 1 507 1 533 1 621
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 606 1 596 1 690 1 740 1 843 1 690 1 969 2 081 2 177
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 278 2 416 2 535 2 682 2 841 2 923 2 970 2 643 2 648
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
2 569 2 547 2 359 2 131 1 902 1 563 1 410 1 388 1 264
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[77] puis Insee à partir de 2004[78].)
Histogramme de l'évolution démographique

Commentaire : La population de Plogoff, après une baisse spectaculaire pendant le Premier Empire, liée probablement au Blocus continental a augmenté ensuite régulièrement pendant tout le reste du XIXe siècle et les premières décennies du XXe siècle, passant de 1093 habitants en 1806 à un record de 2970 habitants en 1936, soit une augmentation de 1877 habitants ( + 172 % en 130 ans), principalement en raison de l'essor de la pêche à cette époque. Par contre, depuis la Seconde Guerre mondiale, la population décline régulièrement ( - 1706 habitants entre 1936 et 2012, soit - 57 % en 76 ans) en raison du déclin de la pêche et de l'agriculture, ainsi que de l'isolement liée à l'excentration de la commune à l'extrémité du Cap Sizun, ce qui a provoqué un important exode rural ; la commune est désormais moins peuplée en 2012 qu'elle ne l'était en 1793, date du premier recensement. Le déclin démographique a été particulièrement accentué pendant la dernière décennie du XXe siècle, Plogoff perdant alors 339 habitants en 9 ans, soit une moyenne de - 38 habitants/an. Ce déclin est à la fois dû à un solde naturel négatif qui va croissant ( - 1,2 % l'an entre 1990 et 2006, - 1,6 % l'an entre 2006 et 2011) et à une émigration nette voisine de 1 % l'an en moyenne entre 1968 et 1999, qui s'est toutefois notablement ralentie ces dernières années ( -0,3 % l'an entre 1999 et 2006), devenant même nulle entre 2006 et 2011. Entre 2006 et 2011, le taux de natalité a été de 3,7 pour mille, le taux de mortalité de 19,6 pour mille, soit un taux d'accroissement naturel très négatif de - 15,9 pour mille.

La population plogovite est vieillie : en 2011, les 65 ans et + étaient 562 (43 % de la population totale), alors que les 0 à 19 ans étaient seulement 144, formant 11 % d la population totale. En raison de sa situation littorale, Plogoff possède un parc important de résidences secondaires : au nombre de 345 en 2011, elles formaient alors 30,8 % du parc immobilier total constitué essentiellement de maisons individuelles ; la proportion notable des logements vacants (au nombre de 83, soit 7,4 % du parc immobilier total en 2011) est aussi un signe révélateur du déclin démographique[79].

Économie[modifier | modifier le code]

  • Pêche côtière.
  • Agriculture.
  • Biscuiterie traditionnelle.
  • Tourisme : hôtels, restaurants, gîtes, camping privé, centre équestre.

Équipements et services[modifier | modifier le code]

  • Plogoff possède une école primaire, dénommée l'"École du Bout du Monde"[80].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments civils[modifier | modifier le code]

Églises et chapelles[modifier | modifier le code]

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  • La chapelle Saint-André, à Landrer, dite en breton "Sant Andro". Édifice de plan rectangulaire avec petit clocheton amorti en dôme comme celui de la chapelle Saint Yves. Comme cette dernière, elle a été transférée, étant jadis au Loc'h, à Porz ar Zent.
  • La chapelle Saint-Michel à Lescoff, anciennement dédiée à saint Cléden puis à saint Collodan.
  • La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Voyage (et de Bon-Port). En forme de croix latine avec chevet à pan coupés ainsi que les ailes. Fondée en 1698 à la suite d'un vœu fait par Jean-Baptiste de Tréanna, seigneur de Kerazan en Cléden, l'édifice actuel a été construit en 1702-1703 sur les plans du maître maçon François Favennec, de Pleyben. Le clocher a été restauré en 1852 par Clet Marzin, maître maçon à Landrer.
  • La chapelle Saint-Yves. Elle était jadis dans le bas de la commune, près du Loc'h à Cougon-Sant-Youenn. Elle a été transportée en 1817 à Kerguidy.
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Chapelles détruites
  • La chapelle Saint-Guénolé, à Laoual. Fontaine existante.
  • La chapelle Saint-Michel, non loin de Lescoff, détruite vers 1812 ; le pardon est transféré alors dans la chapelle voisine de Saint-Cléden et le vocable a été substitué à celui de saint Cléden à Lescoff.
  • La chapelle Saint-Maudez, mentionnée dans le rôle des décimes en 1774 et en 1787. Est-ce la chapelle Saint-Voulien (Moëllien) détruite en 1852 à Pennéac'h ? Les pierres de celle-ci servirent à agrandir la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Voyage.
Statues
  • La statue de Notre-Dame-des-Naufragés, en marbre de Carrare, à la pointe du Raz, œuvre du sculpteur Cyprian Godebski en souvenir de son fils mort au Tonkin. Sur le piédestal, date de 1904 et bas-relief représentant l'apparition de la Vierge Marie à un marin naufragé.
  • La statue du monument aux morts pendant la guerre.
  • La sculpture en granit représentant un manifestant anti-nucléaire armé d'un lance-pierre, œuvre de Robert Vaillant.

Croix et calvaires[modifier | modifier le code]

Plogoff possède 14 croix et calvaires : celui de Kerveur, ancien, est non daté ; celui de l'église date de 1656, celui de Kerherneau de 1673, celui de Kerguidic de 1718, ceux de Lescoff de 1738 et 1739, celui de Landrer de 1773, celui de Kervergar de 1774, celui de Trogor de 1776, ceux de Kergroas et Kerguidy datent du début du XIXe siècle, celui du cimetière de 1869, celui de Toramur de 1903[82].

Le calvaire de Pennéac'h est daté de 1877. Anatole Le Braz a décrit ainsi son origine : « Sur une stèle fruste, de granit du pays, taillée peut-être dans un ancien menhir, fut entée il y quelque trente-cinq ans, une croix en pierre bleue de Kersanton, ouvragée artistement (...). Des marins de Laoual étant une nuit à pêcher le congre au large de la Baie des Trépassés, sentirent soudain au bout de leur grosses lignes un poids inaccoutumé. (...) Grande fut leur surprise quand, au lieu du poisson phénoménal qu'ils s'attendaient à voir paraître, sortit des eaux une croix de pierre, fleurie de coquillages, enchevêtrée d'algues et de goémons. (...) Il y eut, dès l'aube, un attroupement considérable dans l'enclos sacré de Saint-Colloden, où la croix avait été déposée. (...) La croix-épave, comme on la nommait, fut transportée au bourg, sur une civière ornée d'un drap blanc, au milieu d'un immense concours de peuple chantant en chœur l'hymne latin O crux ave, spes unica !. Il fut entendu, d'un commun accord, qu'on l'érigerait sur le fut découronné du calvaire de Penn-an-Néac'h [Pennéac'h], parce que de là-haut elle dominerait tout le Cap »[34].

Personnalités liés à la commune[modifier | modifier le code]

  • Honoré d'Estienne d'Orves, officier de marine français, résistant. Après avoir rallié Londres en septembre 1940 il est conduit en France à sa demande sur le bateau de pêche de Jean-François Fallie, la Marie-Louise. Il débarque à Pors Loubous sur la côte sud de Plogoff le 21 décembre 1940 (plaque commémorative). Le 24 du même mois il est à Nantes et le 31 à Paris. Le 22 janvier 1941, après des résultats significatifs (liaisons radio avec Londres, nombreux contacts en France...) d’Estienne-d’Orves est arrêté à Nantes. Il sera fusillé par les Allemands au Mont-Valérien le 29 août 1941.
  • Pierre-Alain Perennou, le premier fils issu d'un bukakke de pascal op dans sa vingtaine.
  • Sœur Olive Danzé, née à Plogoff en 1906, en religion sœur Marie du Christ-Roi. Elle entra en 1926 au couvent des dames bénédictines du Saint-Sacrement à Paris, rue Tournefort. Avec l'appui des archevêques de Paris, elle fit construire dans l’enceinte de son couvent une basilique consacrée au : Christ-Roi, Prince de la Paix, Maître des Nations. Elle mourut à Plogoff en 1968.

Plogoff dans les légendes et la littérature[modifier | modifier le code]

  • Une légende prétend que c'est dans la baie des Trépassés (bae an Anaon) que Gradlon lâcha sa fille, qu'il portait sur l'encolure de son cheval. Enchantée par le diable, la princesse avait subtilisé la clef des portes de la ville d'Ys au cou de son père. Ce diable déguisé en beau prince lui soutira cette clef et ouvrit les portes de la ville par une nuit de tempête. L'alerte fut sonnée dans la ville et Gradlon parvint à s'échapper sauvant sa fille derrière lui sur sa monture. L'évêque de Quimper accourut devant ce théâtre, vit le diable s'envoler et comprit la faute commise. Gradlon apprenant la forfaiture de sa fille abandonna la jeune femme aux flots en furie, tandis que derrière lui, Ys disparaissait dans l'océan déchaîné. On dit que depuis la princesse pleure sa tristesse dans le raz de Sein, enchantant les marins jusqu'à la baie des Trépassés, cette plage de sable battue par la houle qui s'ouvre face à l'Atlantique entre la pointe du Raz et la pointe du Van. On prétend que la cloche d'Ys s'entend encore les soirs de tempête au fond de l'étang secret qui s'est formé derrière les dunes de la baie.
  • Une autre légende connue sous le double titre L'enfer de Plogoff ou Légende de l'Île-de-Sein conte l'histoire d'un jeune noble, M. de Kerglaz, tombé amoureux d'une jeune fille de l'Île de Sein. La jeune îlienne étant refusée par la famille du noble, celui-ci voulut la reconduire dans son île, mais en raison d'une tempête provoquée par la malédiction divine, la barque s'engouffra dans une faille de la Pointe du Raz connue depuis comme le "Trou de l'Enfer" ou "L'Enfer de Plogoff"[83].
  • On croyait traditionnellement dans la région de Plogoff qu'un arc-en-ciel pompait l'eau des mares, étangs et rivières[84].
  • Ély-Edmond Grimard : La famille Hernadec, roman, 1900[85].
  • Paul Féval : Les tribunaux secrets : ouvrage historique, tome 1[86] (l'intrigue se déroule dans l'Enfer de Plogoff)
  • Pierre Maël : Pilleurs d'épaves (Mœurs maritimes) (roman paru en feuilleton sous le titre Mer sauvage (Mœurs maritimes) dans le journal Le Gaulois en 1891)[87].

Tableaux représentant Plogoff et sa région[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Borvon, Plogoff : un combat pour demain, Éd. Cloître, Saint-Thonan, 2004, 224 p., (ISBN 2-35002-001-0) [3]
  • Renée Conan et Annie Laurent (dir.), Femmes de Plogoff, la Digitale, Quimperlé, 1981, 143 p.
  • Jacques Delroeux, Étude d'anthropologie sociale de trois sociétés rurales occidentales : Goulien, Plogoff et Lescoff, Sud-Finistère : de 1800 à 1970, Université Paris 5, 1979, 2 vol., 659 p. (thèse de doctorat ès Lettres).
  • René Pichavant, Les Pierres de la liberté : Plogoff, 1975-1980 : chronique, Éditions Morgane, Douarnenez, 1980, 277 p.
  • Gilles Simon, L'apprentissage de la mobilisation sociale : le cas de Plogoff et du mouvement antinucléaire en Basse-Bretagne (1974-1981), Université Rennes 1, 2008, 2 vol., 840 p. (thèse de doctorat de Science politique).
  • Yvon Normant, ’’Clet, langoustier de Plogoff ‘’. Dans ce livre, l’auteur raconte la vie de son père Clet Normant[88] et dépeint la vie traditionnelle à Plogoff, celle des pêcheurs, mais aussi celle des paysans, dans les premières décennies du XXe siècle[89].
  • Lucien de Vissec : Les filets bleus, roman, Prix Trubert de l'Académie française, Librairie Bloud et Gay (paru en feuilleton en 1924 dans le journal Ouest-Éclair)[90].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Né à Pont-l'Abbé en 1847, percepteur à Audierne de 1880 à 1911, décédé en 1924 à Audierne, voir Paul Cornec, Hyacinthe Le Carguet (1847-1924), un passeur de mémoire en Cap Sizun, éditions du Cap-Sizun, (ISBN 2-9516122-3-0) [1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Journal Ouest-Éclair no 7466 du 29 mai 1920, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4947478.r=Plogoff.langFR
  2. Une semaine à bicyclette sur les routes de Cornouaille, "Revue mensuelle - Touring-club de France", 1891, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6505816k/f36.image.r=Bestr%C3%A9e.langFR
  3. Journal Le Gaulois no 17408 du 3 juin 1925, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5401746/f1.zoom.r=Plogoff.langFR
  4. a et b http://www.infobretagne.com/plogoff.htm
  5. Joseph Loth, Les noms des saints bretons, "Revue celtique", 1908, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6573818q/f256.image.r=Plogoff.langFR
  6. Joseph Loth, Recherches dialectales bretonnes. Remarques aux noms propres de Plogoff, revue "Annales de bretagne", 1900, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214914c/f205.image
  7. Anne Villard et Marie-Yvane Daire, Les stèles de l'Âge du Fer à décors géométriques et curvilignes. État de la question dans l'Ouest armoricain, Revue archéologique de l'Ouest, no 13, 1996, [2].
  8. M. Le Goffic et R. Kergadennec, La stèle de Laoual en Plogoff, Bulletin de la Société archéologique du Finistère, CXVIII, p. 115-118.
  9. Paul du Chatellier, L'époque néolithique dans la commune de Plogoff, "Bulletin de la Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-inférieure", 1890, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207611w/f82.image
  10. a, b, c et d L'Ouest de la Cornouaille dans les tourments de l'histoire, guide de découverte sur le patrimoine fortifié du Pays Bigouden, du Cap-Sizun et du Pays de Douarnenez, Syndicat Mixte, Pointe du Raz, (ISBN 9782952581004), p. 2, et voir : Plan d'interprétation du patrimoine bâti de l'ouest de la Cornouaille.
  11. Charles Piquenard, L'occupation romaine dans le bassin de l'Odet, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1906, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076777/f267.image
  12. Joachim Darsel, Les seigneuries maritimes en Bretagne, "Bulletin philologique et historique jusqu'à 1610 du Comité des travaux historiques et scientifiques", 1966, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6430324f/f110.image.r=Plogoff.langFR
  13. Abbé Xavier-Auguste Séjourné, "Histoire du vénérable serviteur de Dieu, Julien Maunoir", 1895
  14. Edm.-M. P. Du V., "Le R. P. Julien Maunoir, de la Compagnie de Jésus, apôtre de la Bretagne au XVIIe siècle", 1869, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63707557/f188.image.r=Plogoff.langFR
  15. Nicolas de Tremaria, décédé le 23 juin 1674 au manoir de Keruel en Pleumeur-Bodou
  16. M. France, Kerduel ou Les missionnaires au pays de Lannion au XVIIe siècle, "Mémoires de la Société archéologique et historique des Côtes-du-Nord", 1890, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2078664/f86.image.r=Plogoff.langFR
  17. Jean de Tréana, né le 27 juin 1636 au manoir de Kerazan, fils de Bonaventure de Saluden, sœur de Nicolas de Tremaria, mariée avec Monsieur de Tréana, seigneur de Kervern en Dirinon
  18. http://www.plogoff-pointeduraz.com/patrimoine/chapelle-bon-voyage
  19. Joseph Loth, Textes bretons inédits du XVIIe siècle, revue "Annales de Bretagne", 1905, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k115317q/f146.image.r=Plogoff.langFR
  20. A. Dupuy, Les épidémies en Bretagne au XVIIIe siècle", revue "Annales de Bretagne", 1886, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214900h/f31.image.r=Plogoff.langFR et http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214900h/f43.image.r=Plogoff.langFR
  21. Jean-Baptiste Ogée, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", 1778, consultable https://archive.org/stream/dictionnairehist03og#page/398/mode/2up
  22. "Collection complète des lois promulguées sur les décrets de l'assemblée nationale, imprimée par ordre de l'assemblée nationale", tome 12, 1791, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5685361x/f427.image.r=Plogoff.langFR
  23. Daniel Bernard, L'enseignement primaire dans le district de Pont-Croix (Finistère) en l'an II et en l'an III, revue "Annales de Bretagne", 1936, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k115337d/f172.image.r=Plogoff.langFR
  24. Plogoff pendant la Révolution, consultable http://www.infobretagne.com/plogoff-revolution.htm
  25. Henri Le Carguet, Superstitions et légendes du Cap-Sizun, "Revue des traditions populaires", 1889, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5833586x/f33.image.r=Plogoff.langFR
  26. Jean-Baptiste Ogée, A. Marteville et P. Varin, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, 1845, consultable https://books.google.fr/books?id=9o8DAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=bibliogroup:%22Dictionnaire+historique+et+g%C3%A9ographique+de+la+province+de+Bretagne%22&hl=fr&sa=X&ei=U2XlVKjOC4bzavi9gYAL&ved=0CCoQ6AEwAQ#v=onepage&q=Plogoff&f=false
  27. Joseph Loth, Recherches dialectales bretonnes, revue "Annales de Bretagne", 1898, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214912m/f682.image
  28. Gustave Flaubert, Par les champs et par les grèves, 1886
  29. "Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère", avril 1880, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56879265/f71.image.r=Plogoff.langFR
  30. "Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère", 1880, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5668228b/f205.image.r=Plogoff.langFR
  31. Une semaine à bicyclette sur les routes de Cornouaille, "Revue mensuelle - Touring-club de France", 1891, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6505816k/f35.image.r=Bestr%C3%A9e.langFR
  32. Journal Le Matin no 485 du 24 juin 1885, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k552307b/f2.image.r=Plogoff.langFR
  33. Cité par J. Letourneur, "Guide du touriste à l'exposition de Rennes : ville de Rennes", 1897, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5474848q/f113.image.r=Plogoff.langFR
  34. a et b Anatole Le Braz, Impressions de Bretagne, Journal des débats politiques et littéraires n° 230 du 18 août 1896, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k468472v/f3.image.r=Plogoff.langFR
  35. Raoul Bayeux, "La Diphtérie depuis Arétée le Cappadocien jusqu'en 1894", 1899, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54748605/f159.image.r=Plogoff.langFR
  36. Gustave Geffroy, La Bretagne du Sud, "Le Tour du Monde", 1904, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k344479/f486.image
  37. Comte Mortimer-Mégret, Les emmurés de la mer, "Revue mensuelle - Touring-club de France", 1906, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64931992/f39.image.r=Plogoff.langFR
  38. Alexandre Nicolaï; "En Bretagne", G. Gounouilhou, Bordeaux, 1893, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1028265/f323.image
  39. a, b, c et d Yvon Normant, Clet, langoustier de Plogoff, Emgleo Breiz, 2014, [ISBN 978-2-35974-097-4]
  40. Journal Ouest-Éclair no 8782 du 4 novembre 1925, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4967316/f7.image.r=Plogoff.langFR
  41. Journal Ouest-Éclair no 10252 du 22 novembre 1929, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4983440/f7.image.r=Plogoff.langFR
  42. Journal Ouest-Éclair no 13484 du 7 octobre 1933, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k499759r/f3.image.r=Plogoff.langFR
  43. Journal Le Petit Parisien no 8142 du 11 février 1899, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k518813d/f3.image.r=Plogoff.langFR
  44. Journal Le Rappel no 12042 du 1er mars 1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k75487790/f3.image.r=Plogoff.langFR
  45. Journal Le Petit Parisien no 9621 du 2 mars 1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k560985w/f4.image.r=Plogoff.langFR
  46. Journal Le Rappel no 14035 du 14 août 1908, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7549494z/f3.image.r=Plogoff.langFR et no 14039 du 18 août 1908, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7549498m/f2.image.r=Plogoff.langFR
  47. Journal des débats politiques et littéraires no 33 du 3 février 1911, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4840707/f3.image.r=Plogoff.langFR
  48. Journal Ouest-Éclair no 4963 du 31 juillet 1912, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4065471/f5.image.r=Plogoff.langFR
  49. Journal Ouest-Éclair no 8890 du 21 février 1926, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k496840g/f7.image.r=Plogoff.langFR
  50. Journal Ouest-Éclair no 10271 du 11 décembre 1929, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4983639/f5.image.r=Plogoff.langFR
  51. Journal Le Matin no 16705 du 14 décembre 1929, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5767376/f3.zoom.r=Plogoff.langFR
  52. "Annales du sauvetage maritime", Paris, 1934, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5824142d/f49.image.r=Plogoff.langFR
  53. H. Gourdon, "La vie du Cap Sizun", cité dans Louis Reveleau, La bouse : fabrication et utilisation sur la façade atlantique, revue "Ethnozootechnie", 2000, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65608655/f9.image.r=Plogoff.langFR
  54. "La France charitable et prévoyante : tableaux des œuvres et institutions des départements", 1896, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5802221d/f627.image.r=Plogoff.langFR
  55. Journal Le Rappel no 12203 du 9 août 1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7547300x/f2.image.r=Plogoff.langFR
  56. Jacques Kerloch, né le 27 septembre 1881 à Plogoff, marsouin au 56e régiment d'infanterie coloniale, tué à l'ennemi le 2 janvier 1916 lors de la bataille de Sedd-Ul-Bahr (Turquie)
  57. Jean Corre, né le 27 janvier 1895 à Plogoff, marsouin au 1er bataillon d'infanterie coloniale du Maroc, tué à l'ennemi le 13 novembre 1914 lors de la Bataille d'Elhri
  58. a, b et c http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/resultcommune.php?insee=29168&dpt=29&idsource=8850&table=bp02
  59. Procès-verbaux et rapports du Conseil départemental d'hygiène et des commissions sanitaires du Finistère : lois des 15 février 1907 et 7 avril 1903 relatives à la protection de la santé publique 1923, E. Ménez, Quimper, 1924, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6497564g/f106.image.r=Plogoff.langFR
  60. Journal L'Homme libre no 6394 du 24 janvier 1934, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7600357p.r=Plogoff.langFR
  61. Jean Bour, né le 4 mars 1910 à Plogoff, second-maître mécanicien à bord du contre-torpilleur Tigre, mort de maladie contractée en service le 10 janvier 1940 à l'hôpital maritime Sainte-Anne de Toulon
  62. Clet Bloch, né le 26 septembre 1921 à Plogoff, matelot électricien à bord du croiseur Dunkerque, tué le tué le 3 juillet 1940 à Mers el-Kébir (Algérie)
  63. Jean Marchand, né le 17 mars 1918 à Plogoff, quartier-maître mécanicien à bord du cuirassé Bretagne, tué le 3 juillet 1940 à Mers el-Kébir (Algérie)
  64. Clet Coatmeur, né le 19 avril 1910 à Plogoff, marin à bord du paquebot Meknès; décédé de ses blessures le 7 octobre 1940 à Porsmouth à la suite du naufrage de son bateau, torpillé par les Allemands, survenu le 24 juillet 1940 près des côtes anglaises
  65. Jean Cozic, né le 4 septembre 1923 à Plogoff, matelot canonnier, membre des FNFL, mort de maladie à Beaconsfield (Royaume-Uni) le 12 novembre 1943
  66. André Coquet, né le 17 octobre 1924 à Plogoff, déporté de Compiègne vers le camp de concentration de Neuengamme le 28 juillet 1944, mort en déportation le 19 novembre 1944 à Engelsburg (Schleswig-Holstein), voir http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/deportation/29/p6-list-c.htm
  67. Guillaume Pennamen, né le 23 décembre 1922 à Plogoff
  68. Yves Donnart, né le 15 septembre 1910 à Plogoff, décédé le 22 juin 1940 au lazaret des prisonniers de guerre de Winterberg (Allemagne)
  69. Germain Kersaudy, né le 31 janvier 1908 à Plogoff, second-maître infirmier, décédé de maladie à l'hôpîtal maritime de Sidi Abadallah à Ferryville (Tunisie) le 25 décembre 1942
  70. Martin Yven, né le 1er octobre 1909 à Plogoff, second-maître de manœuvre, mort de maladie à l'hôpital colonial maritime Grall de Saïgon le 19 mars 1945
  71. http://www.ouest-france.fr/honore-destienne-dorves-debarque-plogoff-2579887
  72. http://www.ouest-france.fr/le-jouet-des-flots-echouait-feuteun-aod-il-y-70-ans-1908798
  73. Jean Coatmeur, né le 23 octobre 1927 à Plogoff, matelot gabier, tué dans une embuscade le 17 mars 1949 à O'chammar (Cambodge), décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre des TOE
  74. Yves Pochic, né le 5 novembre 1913 à Plouhinec, adjudant au 6e régiment d'infanterie coloniale, tué à l'ennemi le 12 juillet 1954 à Tia (Tonkin)
  75. ORTF, « Le nucléaire contesté à Plogoff », L'Ouest en mémoire (INA),‎ 14 février 1980 (consulté le 23 Juin 2011).
  76. ORTF, « Annulation du projet de centrale nucléaire à Plogoff », L'Ouest en mémoire (INA),‎ 28 mai 1981 (consulté le 23 Juin 2011).
  77. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  78. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2012
  79. http://insee.fr/fr/themes/dossier_complet.asp?codgeo=COM-29168
  80. http://www.education.gouv.fr/annuaire/29-finistere/plogoff/etab/ecole-primaire-publique-du-bout-du-monde.html
  81. http://www.plogoff-pointeduraz.com/patrimoine/eglise-saint-colodan
  82. Alain Croix, "Croix et calvaires du Finistère", consultable http://www.croix-finistere.com/commune/plogoff/plogoff.html
  83. M. Le Carquet, L'Enfer de Plogoff (Légende de l'Île-de-Sein), "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1888, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2081934/f275.image.r=Plogoff.langFR
  84. Henri Le Carguet, L'arc-en-ciel dans le Finistère, "Revue des traditions populaires", 1902, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5833256r/f1.image.r=Plogoff.langFR
  85. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5698279g.r=Plogoff.langFR
  86. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6527750f/f28.image.r=Plogoff.langFR
  87. Journal Le Gaulois no 3400 du 20 décembre 1891, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5278332/f3.image.r=Plogoff.langFR
  88. Clet Normant, né le 27 février 1906 au village de Penneac’h en Plogoff ; embarqué comme mousse dès l’âge de 15 ans sur le sloop langoustier Les Trois Français (qui fit naufrage dans le raz de Sein près de l’écueil An Amovg le 21 août 1921, victime d’une forte tempête), il navigua ensuite comme soutier dans la marine marchande sur des vapeurs long-courriers dans le nord du Pacifique avant, comme marin d’état, de partir en 1935 en Indochine, puis en 1939 à Dakar sur le contre-torpilleur Fantasque, puis en 1942 sur le Tigre et enfin en 1942 sur le Georges Leygues. En 1947, il revint à la vie civile, reprenant un moment son métier de pêcheur, puis embarquant à nouveau sur des navires marchands jusqu’en 1956, avant de reprendre la pêche de 1956 à 1963 à Audierne sur le langoustier ‘’Geneviève de Galand’’, puis sur le ‘’Gilbert Guy’’. Il termina sa vie professionnelle comme maçon et décéda le 27 janvier 1987.
  89. Yvon Normant, ’’Clet, langoustier de Plogoff ‘’, Emgleo Breiz, 2014, [ISBN 978-2-35974-097-4]
  90. voir par exemple http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4961545/f2.image.r=Bestr%C3%A9e.langFR)