Plogoff

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Plogoff
Jour de tempête à Pors-Loubous.
Jour de tempête à Pors-Loubous.
Blason de Plogoff
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Quimper
Canton Pont-Croix
Intercommunalité Communauté de communes du Cap-Sizun
Maire
Mandat
Maurice Lemaître
2014-2020
Code postal 29770
Code commune 29168
Démographie
Gentilé Plogoffistes
Population
municipale
1 300 hab. (2011)
Densité 111 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 02′ 15″ N 4° 39′ 53″ O / 48.0375, -4.66472248° 02′ 15″ Nord 4° 39′ 53″ Ouest / 48.0375, -4.664722  
Superficie 11,73 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la commune

Plogoff [plogɔf] est une commune du département du Finistère, à l'extrémité du Cap Sizun (canton de Pont-Croix) dans la région Bretagne, en France. Plogoff est limitrophe de Primelin et de Cléden-Cap-Sizun.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation de la commune dans le Finistère.
Article détaillé : Pointe du Raz.
  • La pointe du Raz (site national) se trouve à l'extrémité ouest de la commune et se prolonge par le raz de Sein, au milieu duquel est construit le phare de la Vieille. Un sémaphore se trouve sur la pointe.
  • La commune dispose de trois petits ports, uniquement accessibles aux petites voire très petites unités : Pors Loubous, Feunten-Aod, Bestrée.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Plogoff (Plougoñ en breton moderne, le -ff étant un ancien digraphe notant la nasalisation de la voyelle précédente remplacé par ñ) est un éponyme (composé du breton plou (« paroisse ») et d'un nom de saint).

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Une stèle tronconique datant de l'Âge du fer, d'une hauteur de 1,20 m, pane à son sommet et arrondie à sa base, portant des gravures à peine discernables a été découverte à Laoual en Plogoff, à l'emplacement supposé de l'ancienne chapelle Saint-Guénolé, si l'on en croit un notice datant de 1889 écrite par Hyacinthe Le Carguet[1] : « Sous le village de Laoual en Plogoff, la tradition place l'ancienne chapelle Saint-Guénolé (...), des substructions, deux fontaines et un lec'h indiquent l'emplacement de cette chapelle »[2]. Cette stèle a été décrite en détail en 1989 par Michel Le Goffic[3].

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

L'après-Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire de Plogoff.

À la fin des années 1970, l’État français a voulu implanter une centrale nucléaire sur le territoire de la commune. Le projet fut rejeté massivement par les Plogoffistes[4] et d'autres partisans anti-nucléaires venus de toute la Bretagne voire de la France entière. Le conflit, souvent violent, connut son apogée en 1980. L'opposition à la construction, répertoriée sous le vocable « les événements de Plogoff », a suscité en 1980 des manifestations importantes contre la politique nucléaire française des années 70, après celles de Fessenheim et surtout celle de Creys-Malville en 1977. Lors de son accession au pouvoir en 1981, François Mitterrand a pris une mesure emblématique en faveur des écologistes, en renonçant à la centrale de Plogoff[5].

Ce combat anti-nucléaire remporté de haute lutte par les opposants au projet de centrale a été à l'origine de plusieurs livres, de deux films (Plogoff, des pierres contre des fusils - L'affaire Plogoff), une bande dessinée Plogoff, de nombreux articles de presse et de dizaines d'affiches.

Sur le promontoire de la pointe du Raz un centre commercial construit dans les années 1970 fut remis en cause et détruit car il dénaturait le site. En contrepartie, un nouvel espace d'accueil fut créé en retrait et sa gestion confiée à un syndicat mixte. Il semble plus en rapport avec les aspirations de mise en valeur de ce patrimoine et permet de mieux accueillir les visiteurs. Les ressources financières générées par le parking payant de ce site soulagent sans conteste les finances locales.

Légendes[modifier | modifier le code]

Une légende prétend que c'est dans la baie des Trépassés (Cap Sizun) (bae an Anaon) que Gradlon lâcha sa fille, qu'il portait sur l'encolure de son cheval. Enchantée par le diable, la princesse avait subtilisé la clef des portes de la ville d'Ys au cou de son père. Ce diable déguisé en beau prince lui soutira cette clef et ouvrit les portes de la ville par une nuit de tempête. L'alerte fut sonnée dans la ville et Gradlon parvint à s'échapper sauvant sa fille derrière lui sur sa monture. L'évêque de Quimper accourut devant ce théâtre, vit le diable s'envoler et comprit la faute commise. Gradlon apprenant la forfaiture de sa fille abandonna la jeune femme aux flots en furie, tandis que derrière lui, Ys disparaissait dans l'océan déchaîné. On dit que depuis la princesse pleure sa tristesse dans le raz de Sein, enchantant les marins jusqu'à la baie des Trépassés, cette plage de sable battue par la houle qui s'ouvre face à l'Atlantique entre la pointe du Raz et la pointe du Van. On prétend que la cloche d'Ys s'entend encore les soirs de tempête au fond de l'étang secret qui s'est formé derrière les dunes de la baie.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Kerloch : maire pendant l'affaire de Plogoff.
  • Maurice Lemaître : maire actuel, président du syndicat mixte de la Pointe du Raz, sémaphoriste retraité.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 380 1 687 1 093 1 197 1 264 1 435 1 507 1 533 1 621
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 606 1 596 1 690 1 740 1 843 1 690 1 969 2 081 2 177
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 278 2 416 2 535 2 682 2 841 2 923 2 970 2 643 2 648
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
2 569 2 547 2 359 2 131 1 902 1 563 1 410 1 388 1 300
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Port de Feunteun Aod.
  • pêche côtière (confidentielle)
  • agriculture (en régression)
  • biscuiterie traditionnelle
  • tourisme : hôtels, restaurants, gîtes, camping privé, centre équestre.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Églises et chapelles[modifier | modifier le code]

Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Voyage.
Chapelle Saint Yves
  • Église paroissiale Saint-Collodan, au Bourg, datant du XVIe siècle mais restaurée et modifiée aux trois siècles suivants.
  • Chapelle Saint André, à Landrer, dite en breton "Sant Andro". Édifice de plan rectangulaire avec petit clocheton amorti en dôme comme celui de la chapelle Saint-Yves. Comme cette dernière, elle a été transférée, étant jadis au Loc'h, à "Porz ar Zent".
  • Chapelle Saint Michel à Lescoff, anciennement dédiée à Saint Cléden puis à Saint Collodan)
  • Chapelle Notre-Dame de Bon Voyage (et de Bon Port). En forme de croix latine avec chevet à pan coupés ainsi que les ailes. Fondée en 1698 à la suite d'un vœu fait par Jean-Baptiste de Tréanna, Sr de Kerazan en Cléden, l'édifice actuel a été construit en 1702-1703 sur les plans du maître maçon François Favennec, de Pleyben. Le clocher a été restauré en 1852 par Clet Marzin, maître maçon à Landrer.
  • Chapelle Saint-Yves. Elle était jadis dans le bas de la commune, près du Loc'h à Cougon-Sant-Youenn. Elle a été transportée en 1817 à Kerguidy.

Chapelles détruites[modifier | modifier le code]

  • chapelle Saint-Guénolé, à Laoual. Fontaine existante.
  • chapelle Saint-Michel, non loin de Lescoff, détruite vers 1812 ; le pardon est transféré alors dans la chapelle voisine de Saint-Cléden et le vocable a été substitué à celui de saint Cléden à Lescoff.
  • chapelle Saint-Maudez, mentionnée dans le rôle des décimes en 1774 et en 1787. Est-ce la chapelle Saint-Voulien (Moëllien) détruite en 1852 à Pennéac'h ? Les pierres de celle-ci servirent à agrandir la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Voyage.

Statues[modifier | modifier le code]

Monument aux morts.

Personnages liés à la commune[modifier | modifier le code]

  • Honoré d'Estienne d'Orves, officier de marine français, résistant. Après avoir rallié Londres en septembre 1940 il est conduit en France à sa demande sur le bateau de pêche de Jean-François Fallie, la Marie-Louise. Il débarque à Pors Loubous sur la côte sud de Plogoff le 21 décembre 1940 (plaque commémorative). Le 24 du même mois il est à Nantes et le 31 à Paris. Le 22 janvier 1941, après des résultats significatifs (liaisons radio avec Londres, nombreux contacts en France...) d’Estienne-d’Orves est arrêté à Nantes. Il fut fusillé par les Allemands au Mont Valérien le 29 août 1941.
  • Sœur Olive Danzé, née à Plogoff en 1906, en religion sœur Marie du Christ-Roi. Elle entra en 1926 au couvent des dames bénédictines du Saint-Sacrement à Paris, rue Tournefort. Avec l'appui des archevêques de Paris, elle fit construire dans l’enceinte de son couvent une basilique consacrée au « Christ-Roi, Prince de la Paix, Maître des Nations ». Elle mourut à Plogoff en 1968.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né à Pont-l'Abbé en 1847, percepteur à Audierne de 1880 à 1911, décédé en 1924 à Audierne, voir Paul Cornec, "Hyacinthe Le Carguet (1847-1924), un passeur de mémoire en Cap Sizun", éditions du Cap-Sizun, [ISBN 2-9516122-3-0], http://www.audierne.info/pages/bibliographie/hyacinthe_le_carguet.html
  2. Anne Villard et Marie-Yvane Daire, "Les stèles de l'Age du Fer à décors géométriques et curvilignes. Etat de la question dans l'Ouest armoricain", Revue archéologique de l'Ouest, n° 13, 1996, consultable http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rao_0767-709x_1996_num_13_1_1044
  3. M. Le Goffic et R. Kergadennec, "La stèle de Laoual en Plogoff", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, CXVIII, pages 115-118
  4. ORTF, « Le nucléaire contesté à Plogoff », L'Ouest en mémoire (INA),‎ 14 Fevrier 1980 (consulté le 23 Juin 2011)
  5. ORTF, « Annulation du projet de centrale nucléaire à Plogoff », L'Ouest en mémoire (INA),‎ 28 Mai 1981 (consulté le 23 Juin 2011)
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Borvon, Plogoff : un combat pour demain, Éd. Cloître, Saint-Thonan, 2004, 224 p. (ISBN 2-35002-001-0)
  • Renée Conan et Annie Laurent (dir.), Femmes de Plogoff, la Digitale, Quimperlé, 1981, 143 p.
  • Jacques Delroeux, Étude d'anthropologie sociale de trois sociétes rurales occidentales : Goulien, Plogoff et Lescoff, Sud-Finistère : de 1800 à 1970, Université Paris 5, 1979, 2 vol., 659 p. (thèse de doctorat ès Lettres).
  • René Pichavant, Les Pierres de la liberté : Plogoff, 1975-1980 : chronique, Éditions Morgane, Douarnenez, 1980, 277 p.
  • Gilles Simon, L'apprentissage de la mobilisation sociale : le cas de Plogoff et du mouvement antinucléaire en Basse-Bretagne (1974-1981), Université Rennes 1, 2008, 2 vol., 840 p. (thèse de doctorat de Science politique).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Monuments historiques, bâtiments et objets artistiques