Assainissement

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L’assainissement est une démarche visant à améliorer la situation sanitaire globale de l'environnement dans ses différentes composantes. Il comprend la collecte, le traitement et l'évacuation des déchets liquides, des déchets solides et des excréments[1].

Origines[modifier | modifier le code]

Littéralement « action d'assainir », l’assainissement est originellement l'ensemble des techniques et méthodes visant à traiter les eaux usées.

Objectifs[modifier | modifier le code]

En l'absence d'assainissement, les déchets à même le sol bloquent les canaux de drainage.

L'assainissement est fortement lié à la santé publique en raison des nombreuses maladies liées à un milieu malsain.

La proximité avec les eaux usées peut engendrer des maladies à transmission fécale-orale (diarrhée, typhoïde, hépatites, choléra), ou liées à un vecteur (paludisme, filariose, dengue)[2]. D'autres maladies sont également liées à un mauvais assainissement de base et en particulier à des latrines défectueuses ou inexistantes : bilharziose, nématodes ou autres vers. L'assainissement vise à assurer l'évacuation et le traitement des eaux usées et des excréments en minimisant les risques pour la santé et pour l'environnement.

Les déchets solides (reliefs de repas…) subissent une rapide décomposition, et peuvent être des sources pathogènes. Leur collecte et leur élimination contribue également à maintenir un environnement salubre.

Domaines d'activité[modifier | modifier le code]

De manière générale, l'assainissement comprend l'évacuation et le traitement des eaux et des solides usagés. Ces matières incluent les eaux de pluie, de drainage, de lavage, les eaux usées et / ou provenant de toilettes, les excréments, et les déchets solides ; ces derniers ont différentes origines (domestique, agricole, industrielle, médicale…).

Eaux pluviales[modifier | modifier le code]

Les eaux pluviales qui s'écoulent là où le sol est rendu imperméable par la construction de routes et de bâtiments, dites alors de eaux de ruissellement, sont sujettes à la pollution. L'assainissement vise donc à évacuer ces eaux vers le milieu naturel, tels que des cours d'eau ou dans les zones où l'infiltration est possible.

Il est installé des bassins de rétention d'eaux, des ouvrages de régulation du débit et des stations de pompage anti-crues visant à assurer la protection du milieu naturel, des biens et des personnes contre les inondations, les éboulements, « la détérioration des routes et des bâtiments ».

Effectivement, lors de très forts ou très longues précipitations, les volumes d'eau (à traiter concernant les stations d'épuration (STEP) ou à réguler pour les ouvrages de rétention) peuvent dépasser les capacités de stockage et de traitement. À ce moment, les excédents d'eaux pluviales sont rejetées à la rivière afin de garantir le bon fonctionnement des réseaux d'assainissement et de protéger les habitations proches.

Eaux usées domestiques, agricoles et industrielles[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Égout et Traitement des eaux usées.
Vue d'un égout visitable type ovoïde à Paris.
Bassin de rétention eau paysager réalisé en espace public à Stains

Les eaux usées sont celles qui ont été utilisées et souillées par des activités humaines (domestiques, industrielles, agricoles). Elles doivent être traitées sur place dans des stations d'épurations individuelles, des fosses septiques ou envoyées vers des stations d'épuration distantes sans qu'elles ne stagnent en surface (source de maladies, de nuisances olfactives, d'émanation de méthane ou de H2S…) et pour minimiser la pollution, avant de les retourner au milieu naturel, une fois épurées.

Dans les grandes villes et les pays développés, un système d'égout remplit ces rôles : le drainage des eaux de ruissellement pluviales est fait en surface par des caniveaux se vidant régulièrement dans un réseau souterrain séparé (réseau dit séparatif) ou non des eaux usées (réseau unitaire) ; les bâtiments et les toilettes sont reliés directement aux égouts par des canalisations. Un siphon évite les retours d'odeurs dans le bâtiment. Un réseau d'égout représente un investissement très élevé, son entretien demande aussi beaucoup de ressources humaines et matérielles ; il encourage une grande consommation d'eau en déresponsabilisant les utilisateurs ; ses inévitables fuites contribuent à la pollution du sous-sol.

D'autres possibilités existent : les systèmes autonomes en zones peu denses (assainissement non collectif ou ANC)…

Les réseaux d'égouts séparatifs à faible diamètre permettent de soulager grandement les coûts d'investissement et d'entretien et la charge sur le système d'épuration (en ne transportant en principe que les eaux usées). Les eaux pluviales peuvent rester en surface si les caniveaux et les canaux à ciel ouvert sont correctement aménagés. Dans le cas contraire (en ville par exemple), les eaux pluviales empruntent un autre réseau, d'un diamètre important, ce qui augmente les coûts.

Dans un système séparatif les eaux claires « parasites » doivent être réduites au minimum. Par exemple il ne faut pas brancher les gouttières provenant des toitures sur le réseau des eaux usées. En réalité, les apports pluviaux sont tels qu'il existe des déversoirs d'orage permettant au réseau d'eaux usées de décharger le surplus de débit vers le réseau pluvial, ou directement dans les cours d'eau. [réf. souhaitée] C'est pour cela qu'il peut être déconseillé de se baigner en mer après un orage pendant quelques jours. [réf. souhaitée]

Une difficulté est de veiller à ce que les artisans et industriels ne versent pas d'eaux polluées par des huiles minérales, des métaux lourds, des biocides ou d'autres produits indésirables dans l'égout. Ainsi, en France en 2013, un tiers des entreprises ne respecterait pas l'obligation de détenir une autorisation de déversement dans le réseau public alors qu'ils y rejettent des quantités parfois importantes d'effluents industriels.


La proportion de la population mondiale ayant accès à de l'eau salubre est passée de 83 % en 2000 à 87 % en 2008, tandis que l'accès à des systèmes d'assainissement a augmenté de 58 % à 61 %[3]. La population passant de 6 milliards à 6,85 milliards de personnes entre-temps.

Excréta[modifier | modifier le code]

Une toilette, moyen le plus courant dans les villes des pays développés d'évacuer les excréments.

L'évacuation des excréta est probablement l'aspect le plus important au niveau domestique : si les déchets et les eaux usées peuvent simplement être jetés dans la rue en l'absence de système de gestion, la défécation non contrôlée est une source importante de maladies et de gêne dans la vie quotidienne. L'Unicef et l'OMS utilisent l'accès à une latrine améliorée comme indicateur de l'assainissement de base[4], avant de considérer les eaux et les déchets solides.

Au niveau de l'urbanisme, le principal choix pour la gestion des excréta concerne l'évacuation sur place ou à distance. L'évacuation à distance consiste à relier une toilette soit à un réseau d'égout (qui évacue à la fois les solides et les liquides), soit à une fosse septique qui retient les solides et évacue les liquides. Ces deux systèmes ont besoin d'une grande quantité d'eau pour fonctionner : plus de 25 litres par jour et par personne[5]. L'évacuation sur place consiste à utiliser une latrine située sur une fosse creusée ou surélevée, contenant les matières fécales et laissant éventuellement la fraction liquide s'infiltrer dans le sol si la nappe phréatique est suffisamment loin. Le problème de la vidange de la fosse se pose alors.

La gestion des excréta peut aussi se faire selon l'assainissement écologique, en dissociant les excrétas (gérés avec des toilettes sèches) et les eaux ménagères (gérées par phytoépuration ou pédo-épuration). Cette approche vise à supprimer les pollutions des milieux aquatiques, et valoriser les excrétas humains pour la fertilisation des sols. Ces systèmes se développent, mais leur acceptation reste compliquée face à l'apparente simplicité (du point de vue de l'usager) offerte par un système d'égout. Les acteurs de l'assainissement écologique se sont regroupés au niveau international au sein du réseau SuSanA qui rassemble et communique sur les programmes d'assainissement écologique menés dans le monde.

Déchets solides[modifier | modifier le code]

Benne à ordures

L'absence de gestion des déchets solides a des conséquences graves au niveau de la santé (lieu de reproduction de moustiques, de rats), de l'impact environnemental (apparence, odeurs, pollution de l'eau et de l'air), de la toxicité (notamment pour les déchets médicaux et les métaux lourds), de l'impact social (pour les personnes vivant à proximité, et pour les personnes vivant de la récupération des déchets) et de l'infrastructure (les déchets non collectés bloquent les canaux et les voies d'accès. Comme une personne produit entre 250 g et 1 kg de déchets solides par jour[6], les conséquences d'une mauvaise gestion sont vite catastrophiques pour une ville d'une certaine importance.

La gestion des déchets inclut leur collecte, leur transport jusqu'à un site, et leur traitement ; elle peut aussi inclure le nettoyage des rues. Le ramassage s'effectue dans des poubelles domestiques ou collectives, vidées périodiquement dans une benne à ordures ménagères qui assure le transport. Dans les endroits moins développés, les déchets peuvent être collectés par brouette. Le nettoyage des rues peut être fait mécaniquement avec des balayeuses ou avec des outils dédiés par des nettoyeurs.

Le traitement des déchets peut être précédé d'une réutilisation et / ou d'un recyclage (lui-même exigeant un tri sélectif préalable). Le traitement lui-même peut être fait de trois façons : par dépôt dans une décharge aménagée ou non ; par incinération ; ou par compostage. Si les pays développés mettent en place des réglementations de plus en plus contraignantes pour le traitement des déchets, dans de nombreux pays en développement la décharge non contrôlée reste le moyen le plus courant d'enlever les déchets ; ceux-ci sont aussi souvent récupérés par des personnes pauvres qui récupère ce qui peut encore se revendre.

Organisation[modifier | modifier le code]

Situation mondiale[modifier | modifier le code]

Couverture de l'assainissement de base dans le monde d'après une évaluation de l'OMS en 2002.

La couverture mondiale de l'assainissement de base montrée sur la carte ci-dessus provient d'une estimation effectuée par le Water & Sanitation Program en 2002 (branche de la Banque mondiale) en utilisant différentes sources. Dans ce contexte, l'« assainissement de base » correspondant à l'accès à « un système d'évacuation des excréta amélioré »[7], ce qui inclut les connexions à un système d'égout, à une fosse septique, à une latrine à siphon hydraulique, à fosse simple ou à fosse améliorée ventilée. En revanche, ne font pas partie des systèmes « améliorés » les latrines publiques ou partagées, les latrines à ciel ouvert (cas de nombreuses latrines à fosse simple), les latrines à seau et bien évidemment la défécation en plein air, en sachet plastique, etc. (voir aussi l'article Latrine pour plus de détails).

Les Nations unies se sont fixé, dans le cadre des objectifs du millénaire, de réduire d'ici 2015 de moitié le nombre de personnes des pays en développement n'ayant pas d'accès à l'assainissement. Les Nations Unies estiment ainsi qu'en 1990, 35 % (respectivement 49 % pour le monde entier) avait accès à un système d'assainissement amélioré, en 2004 la proportion atteint 50 % (respectivement 59 %)[8].

Systèmes collectifs et systèmes autonomes[modifier | modifier le code]

Les méthodes d'évacuation et de traitement diffèrent selon la taille de la ville, selon le type de zone (urbaine, péri-urbaine, communauté urbaine), selon les moyens disponibles et les habitudes culturelles. Éventuellement un contrôle d'efficacité est mis en place par la collectivité, au titre de la protection des milieux naturels.

L'assainissement non collectif ou autonome repose avant tout sur l'exploitant de l'installation.

Les systèmes collectifs supposent quant à eux un gestionnaire désigné par la collectivité du service public de l'assainissement. Il peut être une émanation de la collectivité (gestion publique), ou faire l'objet d'un contrat de délégation plus ou moins formalisé. La délégation peut ainsi se faire au profit d'une association locale, ou d'entreprises informelles pour les systèmes simples de collecte et de traitement des ordures ménagères ou d'eaux usées. Lorsque les systèmes atteignent une relative complexité, le délégataire est choisi pour ses compétences techniques et organisationnelles.

De plus en plus, certains rôles sont délégués à des entreprises privées[9] et notamment l'épuration des eaux, le traitement des déchets et la plomberie au niveau domestique.

Financement[modifier | modifier le code]

Le financement peut se faire au travers de taxes et d'impôts (Grande-Bretagne [réf. souhaitée] par exemple) en général liés au foncier, ou au travers de redevance perçue sur les volumes rejetés (souvent le volume d'eau potable consommé).

Dans de nombreux pays, notamment en développement, le financement des services publics d'assainissement ne sont pas assurés. La constitution d'un réseau représente un investissement majeur, avec un amortissement sur des périodes comprises entre 60 et 100 ans. La délégation aux entreprises privées peut permettre la mise en place d'une structure de financement[10], l'inconvénient majeur est que les zones pauvres et en particulier les bidonvilles sont mal ou non desservies car sont trop peu rentables. L'État ou la collectivité locale doivent alors jouer un rôle de régulateur pour assurer une distribution équitable des services[11].

Les individus sont aussi de plus en plus sollicités pour des actions devant se dérouler au niveau domestique : tri des déchets, réduction de la quantité d'eau utilisée…

Sources[modifier | modifier le code]

Références générales[modifier | modifier le code]

  • Duncan Mara, Low-cost urban sanitation, 1994, Wiley & Sons.
  • Duncan Mara, Low-cost sewerage, 1994, Wiley & Sons.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. UNICEF Sanitation Programming Handbook, voir sur www.unicef.org, UNICEF.
  2. Sandy Cairncross et R. Feachem, Environmental Health Engineering in the Tropics, 1993, Wiley & Sons.
  3. Charlene Porter, « Les experts de la santé publique notent dix signes d'amélioration au XXIe siècle », Bureau des programmes d'information internationale du département d’État des États-Unis d'Amérique,‎ 27 juin 2011 (consulté en 28 juin 2011).
  4. (en) Water and Sanitation Programme, Joint Monitoring Programme for Water Supply and Sanitation accessible en ligne.
  5. GHK Research and Training, Strategic Planning for Municipal Sanitation: A Guide (Part C3: Tools for Sanitation Choice), Londres, 2000.
  6. B. Fawcett, Water & Sanitation for Developing Countries, Lectures Notes, Université de Southampton, 2005.
  7. Voir les définitions sur le site du WSP.
  8. Rapport 2006 des Nations Unies
  9. Water and Sanitation Programme, Sanitation is a business, approaches for demand-oriented policies, SDC, 2004 (ISBN 3-03798-058-3).
  10. Water and Sanitation Programme, New Designs for Water and Sanitation Transactions ; Making Private Sector Participation Work for the Poor, PPIAF[Quoi ?], mai 2002.
  11. Water and Sanitation Programme, Building Municipal Capacity To Deliver Services To The Poor, Eighth Meeting Of The Urban Think Tank, DFID[Quoi ?], 13 mai 1999.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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