Pont-Croix

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Pont-Croix
Pont-Croix sur le Goyen.
Pont-Croix sur le Goyen.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Quimper
Canton Pont-Croix (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Cap-Sizun
Maire
Mandat
Benoît Lauriou
2014-2020
Code postal 29790
Code commune 29218
Démographie
Gentilé Pontécrucien, Pontécrucienne
Population
municipale
1 682 hab. (2011)
Densité 208 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 02′ 35″ N 4° 29′ 17″ O / 48.043, -4.48848° 02′ 35″ Nord 4° 29′ 17″ Ouest / 48.043, -4.488  
Altitude 35 m (min. : 2 m) (max. : 73 m)
Superficie 8,09 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la commune

Pont-Croix [pɔ̃kʁwa] (en breton : Pontekroaz) est une commune française, située dans le département du Finistère en région Bretagne.

Géographie[modifier | modifier le code]

La rue du Goyen.

Le site de Pont-Croix est comparable à celui de Quimper, car les deux villes se sont installées sur un plateau incliné dominant au nord un estuaire est-ouest qui fait ensuite un angle droit pour déboucher sur la côte plus à l'ouest et au midi. À l'embouchure se trouvent les ports d'Audierne et de Poulgoazec distants de 6 km. Les bateaux ont depuis toujours remonté l'estuaire du Goyen pour faire de Pont-Croix un port de mer exportant les denrées agricoles de la région et important du sel et du vin. La vallée du Goyen suit depuis sa source située à 20 km à Plonéis un fossé tectonique qui se prolonge au-delà du coude de la ria du Goyen jusqu'à la baie d'Audierne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

La civilisation gallo-romaine a laissé une trace importante dans les vestiges de la villa de Kervénenec (découverte de mosaïques) à l'ouest. Une voie dite romaine a donné un tracé rectiligne à une route prenant en écharpe le plateau qui domine la ville sur un itinéraire qui joignait Quimper à la pointe du Van. S'il n'y a pas trace de fortifications, la tradition a gardé le souvenir du quadrilatère de rues dénommé le « Tour du Chastel » indiquant l'emplacement au milieu de la ville moderne de l'ancien château du Moyen Âge.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'emplacement de Pont-Croix qui en fait un lieu stratégique à la jonction du Cap Sizun, dont elle est la capitale, et du Pays Bigouden, lui confère un rôle commercial et administratif majeur, car elle est à la fois le lieu de foires réputées et le siège d'une sénéchaussée. Elle héberge de nombreux membres des professions judiciaires, procureur, notaires, sergents de justice, dont une partie est au service des propriétaires de terres nobles. Elle a le statut apparent d'une ville, mais pas les attributs attachés, puisqu'il n'y aura pas de communauté de ville sous l'Ancien Régime et que malgré la superficie remarquable de son église et l'importance du clergé attaché, la paroisse restera un trève de Beuzec-Cap-Sizun jusqu'en 1791.

La famille de Rosmadec[1], originaire de Telgruc-sur-Mer finit par y acquérir la prééminence avant d'être portée aux plus hautes charges ducales et épiscopales au début du XVIe siècle. Le membre le plus connu de cette famille fut Sébastien de Rosmadec[2]

En 1596, pendant les troubles de la Guerre de la Ligue, Christophe d'Arradon[3], surnommé "Le baron de Camors", à la fois ligueur (il avait par exemple participé à la reprise de Blavet, alors tenue par les huguenots, le 11 juin 1590) et brigand, dévaste les ports d'Audierne et de Pont-Croix, puis s'installe au château du Cosquer en Combrit et, de là, opère des raids dans la région de l'embouchure de l'Odet, rançonnant les marchands de Pont-l'Abbé et l'Île-Tudy[4].

En 1597, l'aventurier Guy Éder de La Fontenelle s'empare de la ville à la tête d'une troupe de cavaliers. Comme les bourgeois qui n'avaient pu fuir s'étaient retranchés dans la tour de l'église, le chef brigand fit traîner dans celle-ci par des chevaux des fagots de bois pour allumer un feu et déloger les assiégés en les enfumant et prendre les biens qu'ils avaient cru mettre à l'abri. Selon la tradition, les massacres perpétrés par les reîtres auraient fait dévaler des flots de sang sur les pavés pentus de la Grand rue Chère.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Marchand d'oignons et de panais près de Pont-Croix vers 1794 (Jacques Cambry).

Au XVIIe, elle devient le siège de la subdélégation de l'Intendance royale, mais voit Audierne qui est à l'embouchure du Goyen, commencer à la concurrencer dans le commerce maritime.
Au siège du Présidial, dit ensuite la "Maison commune", furent rédigés, en 1789, les cahiers de doléances, "pardevant Louis Tréhot de Clermont, sénéchal et Premier juge civil et criminel de la juridiction". Celui-ci siégera comme député suppléant du Tiers-État aux États-Généraux, puis à l'Assemblée constituante.

Révolution française[modifier | modifier le code]

La ville devient chef-lieu de district de 1790 à 1795. La vie municipale à Pont-Croix en 1790-1791 a été décrite par J.M. Pilven dans un article du "Bulletin de la Société archéologique du Finistère"[5].
Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Pont-Libre[6].
En 1823, dans les bâtiment de l'ancien couvent des Ursulines, est créé le petit séminaire dont l'emprise constitue un espace clos à l'ombre de la flèche élancée de l'église qui inspire l'architecte diocésain Joseph Bigot pour les flèches de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper (1856).

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Homme de Pont-Croix (dessin d'Albert Racinet publié en 1888).

Le petit séminaire sert aussi de collège-lycée privé placé sous le vocable de saint Vincent et contribue à former une partie des élites locales.

Le petit séminaire de Pont-Croix en 1908.

Au XIXe siècle, le port est doté d'un quai en pierre, mais est handicapé par la marée et l'envasement qui limitent la taille des bateaux de charge, tandis que la ville devient un îlot républicain qui se donne au parti radical-socialiste. Le commerce de gros s'y installe, ainsi que se renforce la présence des artisans, des notaires et des commerçants. Des hôtels de tourisme sont construits à la fin du siècle et on inaugure le chemin de fer départemental à voie étroite qui fait se rejoindre les lignes de Douarnenez à Audierne (le train youtar) et de Pont-l'Abbé à Pont-Croix (le train carottes).

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le XXe siècle voit un affaiblissement de la position de la ville dont la population décline après 1950, mais se stabilise autour de 1 700 habitants à la fin du siècle.
Le développement relatif du tourisme ne compense pas la perte du rôle commercial aggravée par le lancement d'un pont entre Audierne et Plouhinec en 1933.

En 1946, le vieux quartier outre-Goyen de Keridreuff est annexé par Pont-Croix aux dépens de Plouhinec, commune encore très rurale bien que beaucoup plus peuplée. La même année, la municipalité décide de faire démolir les anciennes halles, couvertes en charpente, pour cause de vétusté. La gare est fermée en 1947.

Le développement du tourisme de masse renforce la position de petit centre commercial jusqu'aux années 1960, mais un déclin progressif des fonctions de centralité atteint la ville jusqu'à la fin du 20e siècle.

Dans la nuit du 27 octobre 2006, le petit séminaire et ancien collège a été victime d'un violent incendie ravageant plus de la moitié des bâtiments.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Pont-Croix Blason D'azur au lion morné d'argent.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 037 1 410 1 462 1 605 1 698 1 901 2 175 2 287 2 267
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 293 2 297 2 442 2 571 2 610 2 656 2 666 2 496 2 893
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 847 2 714 2 511 2 717 2 587 2 521 2 592 2 728 2 521
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
2 159 2 022 1 885 1 832 1 762 1 670 1 695 1 699 1 682
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2008 29 mars 2014 Henri Moan    
29 mars 2014 2020 Benoît Lauriou    
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

Notre-Dame de Roscudon.
Le Marquisat, aujourd'hui Musée du Patrimoine.
Grande Rue Chère.
  • Église Notre-Dame de Roscudon, style roman tardif (basse nef) et ogival. XIIIe-XVe siècle avec une flèche de 67 m et un portail Sud ajouré (fin XIVe). Elle est l'exemple majeur du style ogival propre à la région apparu au XIIIe siècle et que l'on dit être celui de l'École de Pont-Croix. Mobilier classé : retable d'inspiration flamande du XVIe, Cène en haut relief de style flamand (XVIIe), chaire, baptistère. Elle a été souvent qualifiée de collégiale, mais l'existence d'un chapitre n'est pas attestée de façon certaine.
  • Chapelle Saint-Vincent, début XXe. Style mêlant des influences néo-romanes et néo-gothiques (plans du chanoine Jean-Marie Abgrall).
  • Maisons anciennes en ville et surtout dans le quartier d'outre rivière, Keridreuff où certaines datent du début du XVe.
  • Maison du Marquisat : XVIe siècle. Demeure noble. Aujourd'hui, Musée de la vie du Cap-Sizun. Le bâtiment voisin, dit "Maison Commune" fut tour à tour tribunal de la juridiction du Marquisat, siège du district révolutionnaire et première mairie. L'ensemble a été réhabilité et forme un ensemble muséographique intéressant.
  • Ruelles pavées dévalant en escalier vers la rivière, le Goyen : Petite Rue Chère et Grande Rue Chère.
  • Fontaine Notre-Dame-de-Roscudon à l'est de la ville.
  • Ancien petit séminaire Saint-Vincent (enceinte privée et annexes communales).

Économie[modifier | modifier le code]

Pendant des décennies, au XIXe siècle, et au siècle suivant, jusqu'aux années 1970, s'est tenue chaque premier jeudi de chaque mois, la célèbre foire dite "foar ar Pont" attirant de forts contingents des populations rurales du cap Sizun et de la frange nord du pays Bigouden ; il y avait des marchés aux chevaux, aux porcs, à la volaille, etc. qui se tenaient en divers emplacements( champ de Foire, place de l'Église, etc.), et dont certaines scènes pittoresques ont été reproduites par des peintres locaux (Lionel Floch) ou autres.

Éducation, associations, loisirs[modifier | modifier le code]

  • Association Cap Sizun Animation : centre de loisirs (enfants et adolescents).

Manifestations[modifier | modifier le code]

  • Festival Mouezh ar Gelted, le premier week-end d'août. Folklore et tradition.
  • Fête médiévale tous les deux ans, années impaires. En 2013, les 6 et 7 juillet.
  • Concours de peinture et de dessin.
  • Concours de photographies. Thème 2013 : les oiseaux du Cap-Sizun.
  • Concours de nouvelles. Thème 2012 : le Goyen.
  • Visites guidées proposées par l'office de Tourisme.
  • Concerts de musique classique en l'église.
  • Troc et puces et brocantes.
  • Salon du livre.
  • Marché de l'Avent.
  • Soirées cinéma.
  • Marché tous les jeudis.

Romans liés à Pont-Croix[modifier | modifier le code]

  • Jeanne Nabert :
    • les Termagies ;
    • Le cavalier de la mer (1931, prix du premier roman, éditions Plon, réédition Coop Breizh).

Personnalités liées à Pont-Croix[modifier | modifier le code]

Naissances[modifier | modifier le code]

Décès[modifier | modifier le code]

Y ayant vécu[modifier | modifier le code]

  • Lionel Floch (1895-1972), peintre, receveur de l'enregistrement à Pont-Croix de 1923 à 1948.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://bretagnenet.com/pont_croix/rosmadec.htm
  2. Sébastien de Rosmadec, baron de Molac, de Tyvarlen, de Pont-Croix, Colonel Général de l'infanterie, Gouverneur du château de Dinan, Maréchal de France, considéré par le roi Henri IV " comme l'un des hommes les plus vaillants et les plus braves de son temps ". Brisé par l'affliction causée par la mort de son souverain, épuisé par les fatigues et les blessures de guerre, il mourut à Rennes le 14 septembre 1613, voir http://bretagnenet.com/pont_croix/rosmadec.htm
  3. Christophe d'Arradon, quatrième des cinq fils de René d'Arradon, seigneur de Kerdréan, Qinipily, Camors, Botblezven, La Grandville, chevalier du roi et de Claude de Guého, capitaine de 50 hommes d'armes, frère de René d'Arradon et de Georges d'Arradon
  4. Étienne Raut et Léon Lallement, La Ligue au Pays de Vannes et les Aradon, "Bulletin de la Société polymathique du Morbihan", 1934, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6561153v/f123.image.r=Tudy.langFR
  5. J.M. Pilven, La vie municipale à Pont-Croix (1790-1791), "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1906, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076777/f214.image
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Pont-Croix », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) (consulté le 3 décembre 2012)
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le cavalier de la mer, Jeanne Nabert, Coop Breizh, 2002.
  • Le Cap-Sizun, Serge Duigou, Jean-Michel Le Boulanger, Palantines, 2005.
  • Quand bringuebalait le train youtar, Serge Duigou, Éditions Ressac, Quimper, 1984.[historique de la ligne de chemin de fer à voie étroite Douarnenez-Audierne qui a desservi Pont-Croix de 1894 à 1946].
  • Pont-Croix, J. Chardronnet, Éditions Ouest-France, Rennes, 1983, 32 p.
  • Quand s'essoufflait le train carottes, Serge Duigou, Éditions Ressac, 1984.[historique de la ligne de chemin de fer à voie étroite Pont-l'Abbé-Audierne qui a desservi Pont-Croix de 1912 à 1935].
  • Pont-Croix, une des plus belles halles de la province sous le pic des démolisseurs, Roger Gargadennec, Les Cahiers de l'Iroise, 1987.
  • Auguste Téphany, Notice sur Pont-Croix, Res Universis, Paris, 1993 (reprise de l'édition restaurée de 1901), collection « Monographies des villes et villages de France »

Liens externes[modifier | modifier le code]

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