Sébastien (martyr)

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Sébastien
Image illustrative de l'article Sébastien (martyr)
Saint Sébastien, par Le Sodoma (1525).
Huile sur canevas, 206 × 154 cm,
Galerie Palatine, Florence.
Saint
Naissance IIIe siècle
Narbonne (Gaule narbonnaise)
Décès IIIe siècle 
Rome (Latium)
Nationalité Romain
Fête 20 janvier (Occident)
18 décembre (Orient)
Attributs Flèches
Saint patron Archers, fantassins et policiers

Sébastien est un saint martyr romain ayant vécu, selon la tradition, au IIIe siècle. Il est fêté le 20 janvier en Occident et le 18 décembre en Orient.

Né à Narbonne, en Gaule, saint Sébastien est citoyen de Milan, en Italie. Militaire de carrière, il est pris d'affection par les empereurs Dioclétien et Maximien Hercule, qui le nomment centurion. Dans un contexte de persécutions contre les chrétiens, il est pourtant exécuté sur ordre des souverains pour avoir soutenu ses coreligionnaires dans leur foi et accompli plusieurs miracles. D'abord attaché à un poteau et transpercé de flèches, il est finalement tué à coups de verges après avoir miraculeusement guéri la première fois.

Patron des archers, des fantassins et des policiers mais aussi troisième patron de Rome (avec Pierre et Paul), saint Sébastien est surtout invoqué pour lutter contre la peste et les épidémies en général. Souvent représenté dans les arts, il est devenu un symbole homoérotique à la Renaissance avant d'être considéré comme une icône homosexuelle à partir du XIXe siècle.

Saint Sébastien dans les sources chrétiennes[modifier | modifier le code]

Il existe très peu de détails historiques concernant la vie de saint Sébastien. Celui-ci est évoqué pour la première fois au IVe siècle par saint Ambroise, évêque de Milan, dans un sermon (no XX - Ps. 118). L'homme d'Église y explique que Sébastien est originaire de Milan, mais montre surtout qu'il était déjà vénéré à l'époque.

Dans les Actes de saint Sébastien (Ve siècle), également attribués à Ambroise de Milan, et La Légende dorée de Jacques de Voragine (rédigée vers 1265), saint Sébastien est présenté comme un Gaulois. À Narbonne, une église, construite sur le lieu présumé de sa maison natale, lui est dédiée.

Hagiographie selon La Légende dorée[modifier | modifier le code]

Vie de saint Sébastien[modifier | modifier le code]

Saint Sébastien soigné par sainte Irène, Georges de La Tour (vers 1645).

D'après Jacques de Voragine, saint Sébastien est originaire de Narbonne, en Gaule, mais citoyen de Milan. Bien que fervent croyant, il est nommé centurion par les empereurs païens Dioclétien et Maximien Hercule, qui lui vouent une grande affection. Sébastien n'embrasse toutefois la carrière militaire que dans le but d'aider ceux qui partagent avec lui la foi chrétienne[1].

Accompagnant, un jour, deux prisonniers chrétiens, les jumeaux Marc et Marcellin, Sébastien les conforte dans leur foi, malgré l'insistance de leur famille, qui les presse d'abjurer le christianisme pour échapper au martyre[2]. Impressionnée par les paroles de Sébastien, une femme muette nommée Zoé s'approche du militaire, qui lui rend alors la parole[3]. Ce miracle impressionne grandement les témoins de la scène, qui se convertissent ensuite en nombre, ce qui donne lieu à de nouvelles guérisons[4].

La nouvelle de ces événements ne tarde pas à se répandre et arrive bientôt jusqu'à Chromace, préfet de la ville de Rome. Atteint d'une maladie grave, ce dernier sollicite l'aide de Sébastien et du prêtre Polycarpe, qui promettent de le guérir s'il permet la destruction d'un grand nombre d'idoles[4]. Ce n'est cependant qu'après que Chromace a renoncé à s'adonner à la divination qu'il retrouve la santé, non sans qu'un ange soit apparu dans son palais. Ce nouveau miracle amène la conversion de 4 000 personnes, issues de la maison du préfet[5].

Pendant ce temps, la persécution contre les chrétiens s'intensifie et Sébastien est dénoncé par le préfet Fabien à l'empereur Dioclétien[6]. Se sentant trahi, le souverain condamne Sébastien à être attaché à un poteau au milieu du Champ de Mars avant d'être percé de flèches par ses archers. « Couvert de pointes comme un hérisson », Sébastien est ensuite laissé pour mort et abandonné[7]. Guéri de ses blessures, Sébastien retourne au palais impérial quelques jours plus tard. Il reproche alors à Dioclétien et à Maximien Hercule leur attitude vis-à-vis des chrétiens. Mais, loin de se repentir, les deux souverains le font battre à coup de verges, jusqu'à ce que mort s'ensuive. Son corps est ensuite jeté aux égouts pour empêcher les chrétiens de le vénérer[7]. Dès la nuit suivante, cependant, saint Sébastien apparaît à sainte Lucine, pour révéler où se trouve son corps. Sa dépouille est alors enterrée à Rome, auprès des apôtres Pierre et Paul[7].

Jacques de Voragine situe la date du martyr de saint Sébastien « vers l’an du Seigneur 187 »[7], c'est-à-dire près d'un siècle avant la Persécution de Dioclétien.

Saint Sébastien intercédant pour les pestiférés par Josse Lieferinxe, 1497-1499, The Walters Art Museum.

Miracle postérieur à la mort de saint Sébastien[modifier | modifier le code]

D'après La Légende dorée, une terrible peste frappe la péninsule italienne « au temps du roi Humbert » et la ville de Pavie en est la principale victime. Alors que les morts s'accumulent, un ange se manifeste aux habitants de la cité pour leur apprendre que l'épidémie prendra fin une fois qu'un autel dédié à saint Sébastien y aura été élevé. Une fois l'autel édifié dans l’église de Saint-Pierre-aux-Liens, la peste disparaît et des reliques de saint Sébastien sont transportées de Rome à Pavie, pour honorer le martyr[8].

Cultes et patronages[modifier | modifier le code]

Reliques[modifier | modifier le code]

Reliquaire de saint Sébastien en Ebersberg, Allemagne

Selon certaines sources, le corps de saint Sébastien aurait été transporté de Rome à Soissons, en l’abbaye Saint-Médard. Ses ossements ont ensuite été disséminés à la cathédrale Saint-Protais-et-Gervais, à Hartennes, Serches, Cœuvres (1793), Saponay, Montigny-Lengrain (1857), Margival (1792)[réf. nécessaire].

Pour d'autres, le corps de saint Sébastien est toujours au Vatican. Il aurait été transféré, en 826, des catacombes pour être transféré près de la basilique qui lui est dédiée à Rome, sur la via Appia[réf. nécessaire]. La basilique Saint-Sébastien-hors-les-Murs est visitée depuis 1552 par les pèlerins du Tour des sept églises[réf. nécessaire].

Le crâne a été confié à Ebersberg en Allemagne. Les bénédictines y ont fondé un monastère, le plus important lieu de pèlerinage de saint Sébastien en Allemagne.

Des reliques de saint Sébastien sont dispersées dans des églises catholiques de tous les continents[réf. nécessaire].

Patronages[modifier | modifier le code]

Saint Sébastien par Guido Reni, v. 1615, musées du Capitole.

Saint Sébastien, comme saint Georges, est l'un des saints militaires martyrs des premières églises chrétiennes. Leur culte a débuté au IVe siècle pour culminer à la fin du Moyen Âge, aux XIVe et XVe siècles. Les détails de leur martyre sont révélateurs de l'attitude des chrétiens de l'époque : de tels saints étaient Athleta Christi (champion du Christ) et « gardiens du Paradis »[réf. nécessaire].

Protecteur contre la peste, saint Sébastien est parfois compté comme l'un des quatorze saints auxiliaires (intercesseurs)[réf. nécessaire]. La connexion du martyre par « sagittation » (frappé de flèches) avec la peste n'est pas due au hasard : dans la mythologie gréco-romaine, Apollon, le dieu-archer, est lui aussi protecteur de la peste[réf. nécessaire]. Par extension, saint Sébastien a pu être considéré, à partir des années 1980, comme un intercesseur contre l'épidémie du sida, particulièrement au sein de la communauté homosexuelle[9],[10].

Saint Sébastien est le patron de plusieurs villes dans le monde, dont Bratislava (capitale de la Slovaquie), QormiMalte), et Caserta, Avella, Mistretta et Assolo (en Italie). Il est même le troisième saint patron de Rome après saint Pierre et saint Paul. Il patronne également les villes de Palma de Majorque et de Saint-Sébastien (en Espagne). Dans cette dernière, le 20 janvier est ainsi l'occasion de festivités et de célébrations appelées Tamborrada. Saint Sébastien est aussi le patron de Rio de Janeiro (au Brésil), qui a été fondée le 20 janvier 1502, et qui s'appelait à l'origine « São Sebastião de Rio de Janeiro »[réf. nécessaire].

Selon les pays, saint Sébastien est considéré comme le saint patron des soldats en général et des fantassins (armée de terre) en particulier, des gardes suisses, des conquistadores, mais aussi des athlètes et des archers en particulier, ainsi que des officiers de police[réf. nécessaire].

Syncrétismes[modifier | modifier le code]

Les cultes afro-brésiliens, syncrétisme de religions chrétiennes et païennes, associent saint Sébastien à Ogoun, en particulier dans l’État de Bahia, ou à Oxossi[réf. nécessaire]. De la même manière, saint Sébastien est associé à Grand Bois dans le vaudou haïtien[réf. nécessaire].

Évolution de l'image de saint Sébastien dans les arts[modifier | modifier le code]

Élément de la mosaïque des saints martyrs de la basilique Sant'Appolinare Nuovo. Saint Sébastien est le quatrième personnage en partant de la gauche.

Au Moyen Âge : un saint martyr et intercesseur[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, saint Sébastien est généralement représenté par les artistes comme un vieillard barbu. Son plus ancien portrait connu est une mosaïque réalisée entre 527 et 565 : elle se trouve dans la basilique byzantine Sant'Appolinare Nuovo de Ravenne et montre le martyr au milieu de vingt-cinq autres saints. Dans cette œuvre, Sébastien est doté d'une auréole et tient dans la main une couronne de laurier, qui symbolise sa victoire sur le martyr. Il n'a en revanche ni flèche, ni archer qui pourraient rappeler les souffrances auxquelles il a survécu[11]. Les références au martyre par sagittation ne commencent en réalité à apparaître que vers l’an 1000, mais elles s’imposent progressivement jusqu’à faire oublier que saint Sébastien est mort sous des coups de bâton[12].

À une époque où les hommes croient que la peste et les autres maladies se répandent par l'air, à la vitesse des flèches mortelles, cette représentation de saint Sébastien n'a rien de surprenant[13]. De fait, comme le montre l'inscription présente sur la fresque de Benozzo Gozzoli Saint Sébastien protégeant le peuple de San Gimignano (« Sancte Sebastiane Intercede Pro Devoto Populo Tuo » c'est-à-dire « Saint Sébastien intercède pour ton peuple dévot »)[14], le martyr apparaît d'abord comme un intercesseur entre Dieu et les hommes en période d'épidémie[15]. Il n'est donc pas surprenant de le compter parmi les saints les plus souvent représentés durant la période suivant la Peste noire[16].

Saint Sébastien par Le Pérugin, v. 1500, musée du Louvre.

À la Renaissance : une figure de plus en plus homoérotique[modifier | modifier le code]

Au XVe siècle, les représentations artistiques de saint Sébastien évoluent considérablement, le faisant passer d'homme d'âge mur barbu et constellé de flèches à adolescent musclé au corps presque intact. Des peintres comme Le Sodoma, Le Pérugin ou Amico Aspertini font ainsi le choix de montrer le jeune martyr sous des traits presque féminins, quasiment nu et avec un corps tendrement sculpté. Pour de nombreux critiques d'art, qui font une lecture homoérotique du saint Sébastien du Cinquecento, les flèches qui hérissent son corps apparaissent alors comme des symboles phalliques ou des instruments sadomasochistes plutôt que comme de simples armes[17],[18]. Quant au drap qui recouvre ses parties génitales, il sert moins à les cacher qu'à suggérer au spectateur la présence d'un pénis (très) bien proportionné (voir image ci-contre)[19].

Or, d'après l'historienne d'art Janet Cox-Rearick (en), cette lecture homoérotique de la figure de saint Sébastien est déjà commune à la Renaissance. Pour elle, il existe d'ailleurs, à l'époque, une tradition littéraire qui lie le prénom du martyr à l'homosexualité, comme le suggère l'usage qu'en fait William Shakespeare dans La Nuit des rois et Les Deux Gentilshommes de Vérone[20]. Pas étonnant, donc, que l'historien d'art Louis Réau conclut qu'à partir du XVe siècle, « il ne reste plus [à saint Sébastien] que le patronage compromettant et inavouable des sodomites ou homosexuels, séduits par sa nudité d'éphèbe apollinien, glorifié par Le Sodoma » (1958)[21].

À l'époque moderne : retour à une image plus sage[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle principalement, réapparaît une autre image du martyr, déjà présente dans quelques prédelles du XVe siècle[22]. Dans celle-ci, saint Sébastien est soigné par sainte Irène, juste après son supplice. Selon certains historiens de l'Art, il pourrait s'agir d'une tentative délibérée de l’Église catholique de sortir de l’unique représentation du nu, qui suscite parfois des pensées inappropriées aux fidèles[23]. Les artistes du baroque traitent alors leur sujet comme une scène nocturne de clair-obscur, illuminée par une seule bougie, une torche ou une lanterne, dans le style en vogue dans la première moitié du XVIIe siècle[réf. nécessaire].

Au XIXe siècle et au XXe siècle : la naissance d'une « icône gay »[modifier | modifier le code]

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, c'est dans la littérature que la figure de saint Sébastien s'impose. Des écrivains homosexuels comme Walter Pater, Oscar Wilde, John Addington Symonds, Marcel Proust, Frederick Rolfe ou John Gray adoptent alors le personnage du martyr, qui se transforme, sous leur plume, en motif organisateur ou en simple représentation du paria[9]. La publication de « Two Sonnets, for a Picture of Saint Sebastian the Martyr by Guido Reni » par Rolfe en 1891 est ainsi tellement emprunte d'homoérotisme qu'elle déclenche un scandale dans la société victorienne[24].

Saint Sébastien par Frederick Holland Day (1906).

Les photographes homosexuels aussi s'emparent de la figure de saint Sébastien. Frederick Holland Day réalise ainsi plusieurs clichés représentant le martyre sous les traits de beaux adolescents musclés entre 1905 et 1907[25]. Il en va de même pour Oscar Gustave Rejlander, qui réalise, vers 1867, un Martyr de saint Sébastien dont la critique ne manque pas de remarquer la musculature[26], ou pour Elisar von Kupffer, qui prend plusieurs auto-portraits en saint Sébastien avant de les traduire en peintures[27].

Tout au long du XXe siècle, de nouveaux écrivains homosexuels et bisexuels reprennent la figure de saint Sébastien. Le martyr joue ainsi un rôle important dans la vie du poète espagnol Federico García Lorca[28]. On le retrouve ensuite chez Tennessee Williams, qui publie notamment un poème intitulé « San Sebastiano de Sodoma » (1958), dans lequel le martyr est présenté comme l'amant de Dioclétien[29]. Par la suite, Williams choisit également de prénommer Sébastien le héros homosexuel de Soudain l'été dernier (1958)[30]. L'écrivain japonais Mishima est quant à lui fasciné par le portrait de saint Sébastien, depuis sa découverte, à l'adolescence, d'une reproduction du martyr par Guido Reni. Non seulement cette découverte est un moment important de son autobiographie, Confession d'un masque (1949), mais elle pousse par ailleurs l'écrivain à se faire photographier sous les traits du saint en 1968[31].

Par la suite, la figure de saint Sébastien est encore utilisée par une multitude d'artistes homosexuels, parmi lesquels on peut nommer le couple de photographes français Pierre et Gilles.

Représentations de saint Sébastien dans les Arts[modifier | modifier le code]

Beaux Arts[modifier | modifier le code]

Saint Sébastien, église de Fresnay-en-Retz, France.
  • Mosaïque de la basilique Saint-Apollinaire-le-Neuf (Ravenne, Italie), datée entre 527 et 565. Elle représente un cortège de 26 martyrs, dirigé par saint Martin et incluant saint Sébastien. Les martyrs sont représentés en style byzantin, dépourvus de toute individualité, et tous dotés d’une expression identique.
  • Fresque du Ve siècle à la crypte Sainte-Cécile, catacombe de Calliste à Rome. Il y figure parmi plusieurs personnages en toge.
  • Mosaïque de l’église Saint-Pierre-aux-Liens à Rome, 682. Sébastien y est barbu, vêtu d'une armure d’or sur une tunique brodée, et tient à la main une couronne gemmée.
  • Peinture de Benozzo Gozzoli, Scènes de la vie de saint Augustin, 1465, église San Agostino à San Gimignano. Sébastien y abrite les habitants de la ville sous son manteau déployé, soutenu par des anges, contre les flèches de la peste lancées du haut du ciel par Jésus. Le rapprochement s'impose ici avec la Vierge de Miséricorde.
  • Fresque attribuée à Pietro Cavallini, XIIIe siècle, abside de l’église San Giorgio in Velabre à Rome. Sébastien y apparaît en soldat romain d’âge mûr, il porte une cuirasse, un pilum, une épée et un bouclier.
Saint Sébastien par Pierre Paul Rubens (1604), huile sur toile, 120 x 100 cm, Anvers.

Elle fut aussi peinte par Trophime Bigot (quatre fois), Jusepe de Ribera, Hendrick ter Brugghen entre autres.

Littérature[modifier | modifier le code]

Saint Sébastien par Marco Palmezzano, Budapest.
  • De William Shakespeare à Oscar Wilde, de Thomas Mann à Marcel Proust ou Vladimir Nabokov, nombreux sont les auteurs à donner à l'un de leurs personnages le prénom de Sébastien, ou à faire référence au saint.
  • Il est un des personnages centraux de Fabiola (Fabiola ou L'Église des Catacombes), écrit en 1854 par le cardinal Nicholas Wiseman.
  • Dans La confusion des sentiments de Stefan Zweig, une allusion est faite à l'homosexualité du professeur par le biais d'une représentation du saint. C'est l'un des nombreux indices semés par l'auteur tout au long de la nouvelle, dont l'homosexualité est le thème principal, sans jamais que le mot ne soit prononcé.
  • Dans son livre Confessions d'un masque, Mishima évoque un tableau de Guido Reni qui éveille le narrateur à sa sexualité. L'auteur lui-même s'est fait photographier dans la posture du martyr.

Photographie et cinéma[modifier | modifier le code]

Culture contemporaine anglo-saxonne[modifier | modifier le code]

Saint Sébastien percé de flèches apparaît dans plusieurs œuvres :

  • En 1943, dans le film Vaudou (I walked with a Zombie), réalisé par Jacques Tourneur, saint Sébastien est représenté dans le jardin des Hollands, et c'est également le nom de l'île fictive dans les Caraïbes où se déroule la scène.
  • En 1976, une petite statue très intrigante du saint apparait plusieurs fois dans le film Carrie au Bal du Diable de Brian De Palma inspiré du roman de Stephen King.
  • En 1984, Philip Glass inclut un court morceau intitulé Saint Sebastian dans la BO qu'il compose pour le film biographique Mishima.
  • En 1989, dans la bande dessinée britannique V pour Vendetta, V conserve la peinture de saint Sébastien de Antonio et Piero del Pollaiuolo dans sa galerie personnelle. En 2006, dans le film qui s'en inspire, V pour Vendetta c'est une de celles peintes par Andrea Mantegna qui a été choisie.
  • En 1991, le clip de Losing My Religion par R.E.M. mêle l'image du saint à des représentations symboliques d'autres religions.
  • Dans la série d'animation les Simpson :
    • en 1991, dans l'épisode Séparés par l'amour (Bart's Friend Falls in Love) de la saison 3, après que Milhouse et Samantha Stanky aient été découverts enlacés, par le père de cette dernière, elle est transférée de l'École élémentaire de Springfield à l'école "Saint Sebastian's School for Wicked Girls".
    • en 2005, dans l'épisode Le Père, le Fils et le Saint d'esprit (Father, Son and Holy Guest-Star) de la saison 16, une version très libre du martyre de saint Sébastien est racontée dans un livre La Vie des saints en bande dessinée lu par Bart Simpson en cachette pendant un cours de catéchisme.
Le Martyre de Saint-Sébastien par Eugène Delacroix.
  • En 1993, le chanteur Devin Townsend incarne cette figure sur la pochette de l'album Sex & Religion de Steve Vai.
  • En 1994, dans le film Blown Away avec Tommy Lee Jones, l'image de saint Sébastien apparaît plusieurs fois, à travers des symboles (flèches) ou une statue.
  • En 1994, dans le clip de Zombie des Cranberries, la chanteuse Dolores O'Riordan, est accolée à un arbre, entourée de petits archers, dans une scène clairement inspirée par le martyre de saint Sébastien.
  • En 1996, dans l'album Murder Ballads de Nick Cave and the Bad Seeds, la chanson O'Malley's Bar fait une brève référence à saint Sébastien.
  • En 1996, dans le film canadien Les Feluettes (Lilies), on assiste à la répétition d'une pièce de théâtre rejouant le martyre du saint qui tient une place prépondérante dans le scénario, les thèmes et l'iconographie.

Musique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voragine 1910, p. 92
  2. Voragine 1910, p. 92-93
  3. Voragine 1910, p. 93-94
  4. a et b Voragine 1910, p. 94
  5. Voragine 1910, p. 94-95
  6. Voragine 1910, p. 95
  7. a, b, c et d Voragine 1910, p. 96
  8. Voragine 1910, p. 97
  9. a et b Cox 2012, p. 31
  10. Karim Ressouni-Demigneux, Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes, sous la direction de Didier Eribon, Éditions Larousse, 2003, p. 416-417 (ISBN 2035051649)
  11. Cox 2012, p. 6
  12. (en) Shiela Barker, « The Making of a Plague Saint », dans Franco Mormando, Piety and plague: from Byzantium to the Baroque, Thomas Worcester Truman State University,‎ 2007 (ISBN 1-931112-73-8), p. 94-95
  13. Cox 2012, p. 4
  14. Cox 2012, p. 3
  15. Cox 2012, p. 5-6
  16. (en) Christine M. Boeckl, Images of plague and pestilence : iconography and iconology, Truman State University,‎ 2000 (ISBN 0-943549-85-X, lire en ligne), p. 76-80
  17. (en) Clinton Glenn, « The queering of St.Sebastian: Renaissance iconography and the homoerotic body », Concordia Undergratuate Journal of Art History, vol. 9,‎ mars 2013 (lire en ligne)
  18. Cox 2012, p. 11-19
  19. Cox 2012, p. 19-20
  20. (en) Janet Cox-Rearick, « A St Sebastian by Bronzino », The Burlington Magazine, vol. 129, no 1008,‎ mars 1987, p. 161
  21. Louis Réau, Iconographie de l'art chrétien, vol. 3 chap. 2, Paris, Presses Universitaires de France,‎ 1958, p. 1190
  22. (en) Christine M. Boeckl, Images of plague and pestilence : iconography and iconology, Truman State University,‎ 2000 (ISBN 0-943549-85-X, lire en ligne), p. 77
  23. (en) Shiela Barker, « The Making of a Plague Saint », dans Franco Mormando, Piety and plague: from Byzantium to the Baroque, Thomas Worcester Truman State University,‎ 2007 (ISBN 1-931112-73-8), p. 117
  24. Cox 2012, p. 38
  25. Cox 2012, p. 45
  26. Cox 2012, p. 49
  27. Cox 2012, p. 50-52
  28. Cox 2012, p. 55-62
  29. Cox 2012, p. 63
  30. Cox 2012, p. 64-65
  31. Cox 2012, p. 69-73

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources chrétiennes[modifier | modifier le code]

Histoire de l'Art[modifier | modifier le code]

  • (de) Daniela Bohde, « Ein Heiliger der Sodomiten ? Das erotische Bild des Heiligen Sebastian im Cimquecento », dans Mechthild Fend et Marianne Koos (dir.), Männlichkeit im Blick – Visuelle Inszenierungen in der Kunst seit der Frühen Neuzeit, Köln u. a.,‎ 2004 (lire en ligne), p. 79-98
  • (en) Steve Cox, « Saint Sebastian: An Enduring Homoerotic Icon », Scribd,‎ 23 mai 2012, p. 1-79 (lire en ligne)
  • Jacques Darriulat, Sébastien le renaissant : Sur le martyre de saint Sébastien dans la deuxième moitié du Quattrocento, Lagune,‎ 1999 (ISBN 2909752070)
  • (en) Clinton Glenn, « The Queering of St.Sebastian: Renaissance Iconography and the Homoerotic Body », Concordia Undergratuate Journal of Art History, vol. 9, no 4,‎ mars 2013 (lire en ligne)
  • Karim Ressouni-Demigneux, Saint Sébastien, éd. du Regard, coll. « L'art du regard »,‎ 2000 (ISBN 2-84105-118-8)
  • Karim Ressouni-Demigneux, La Chair et la flèche : Le regard homosexuel sur saint Sébastien tel qu'il était représenté en Italie autour de 1500, mémoire de maîtrise de l'université Paris-I,‎ 1996 (lire en ligne)

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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