Neuengamme

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Neuengamme
KZ-Neuengamme „Der sterbende Häftling“ (1).jpg
Sculpture de Françoise Salmon au camp de Neuengamme.
Présentation
Type Camp de concentration
Gestion
Date de création
Géré par Martin Weiss,
Max Pauly
Date de fermeture Mai 1945
Victimes
Morts 55 000 morts
Géographie
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Région Hambourg
Commune d'Allemagne Hambourg
Coordonnées 53° 25′ 50″ N 10° 14′ 01″ E / 53.4306, 10.2336 ()53° 25′ 50″ Nord 10° 14′ 01″ Est / 53.4306, 10.2336 ()  

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

(Voir situation sur carte : Allemagne)
Neuengamme

Neuengamme a été un camp de concentration (Konzentrationslager en allemand, abrégé KZ), établi le , au sud-est de Hambourg sur le fleuve Elbe, d'abord comme camp extérieur du camp de Sachsenhausen puis transformé en 1940 en camp de travail indépendant (213 000 m2) avec plus de 90 camps extérieurs annexes[1].

Le , les SS abandonnent le camp. Le même jour, l'armée anglaise fait une première patrouille de reconnaissance et découvre le camp vide. Ce camp sera libéré le 4 mai, deux jours plus tard, par les troupes britanniques. Il y eut 106 000 déportés parmi lesquels on dénombra à la libération 55 000 morts (soit 52 %).

Camp de la mort par le travail[modifier | modifier le code]

Hamburg location map.svg
Neuengamme
Neuengamme
Voir l’image vierge
Localisation du camp dans la ville libre et hanséatique de Hambourg
Les déportés devaient dormir dans de simples constructions en bois. Celle-ci appartenait au camp annexe de Wöbbelin.
Un déporté polonais malade reçoit des médicaments d'une membre de la Croix-Rouge allemande dans le camp annexe d'Hannover-Ahlem (11 avril 1945).
Vue aérienne du camp prise par l'aviation britannique le 16 avril 1945.

Les prisonniers devaient effectuer un travail forcé pour la production d'une briqueterie qui se trouvait sur son terrain, et plus tard dans l'industrie de l'armement ainsi qu'à la construction d'installations militaires (Friesenwall). Jusqu'en 1945, 106 000 personnes des pays occupés par l'Allemagne, de 28 nationalités différentes, ont été déportées et internées dans ce camp, avec des conditions de vie et de travail inhumaines. Environ 55 000 en sont mortes. Cela correspondait au slogan de ce camp : « épuisement par le travail ».

Le bunker[modifier | modifier le code]

Il est attesté que deux opérations de mise à mort par le Zyklon B ont eu lieu dans le camp à l'automne 1942. Deux convois de prisonniers de guerre russes, en tout 450 hommes, furent gazés. Pour cela, les SS firent aménager la prison appelée bunker, en rendant étanches les ouvertures. Et ils firent installer sur le toit un système de chauffage avec dix tuyaux dans lesquels on déversait les cristaux de Zyklon[1].

Expériences médicales[modifier | modifier le code]

À Neuengamme sévissait le docteur SS Kurt Heißmeyer qui effectua des expériences avec le bacille de la tuberculose sur des déportés et sur 20 enfants juifs, âgés de moins de 12 ans, arrivés d'Auschwitz le 29 novembre 1944. Dans la nuit du 20 au , quelques jours avant la fin de la guerre, dans la cave de l'école de Bullenhuser Damm, un bâtiment qui servait de camp extérieur depuis octobre 1944, les 20 enfants juifs, les deux médecins français qui s'occupaient d'eux, le Professeur Florence et le Dr Quenouille, leurs deux infirmiers néerlandais et une trentaine de prisonniers soviétiques, furent pendus. Les nazis espéraient ainsi faire disparaître les traces de ces recherches sur l'humain avant l'arrivée rapide des troupes britanniques. Après la guerre, le Dr Heissmeyer a exercé la médecine, avant d’être condamné en juin 1966 à la prison à perpétuité par un tribunal allemand.

Libération du camp[modifier | modifier le code]

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Après la libération des prisonniers de Buchenwald le par l'armée américaine, les SS commencent, le , à faire évacuer le camp de Neuengamme devant l'approche des armées alliées. 4 000 prisonniers partent d'abord en convoi vers Bergen-Belsen, puis l'évacuation se poursuit jusqu’au . Le dernier convoi part le avec les gardiens et les archives, qui ne sont pas retrouvées[2]. Lorsque les troupes de la 82e division aéroportée commandée par James M. Gavin découvrent le camp de Neuengamme, le 4 mai 1945[réf. nécessaire], plus aucun déporté ne s'y trouve et les traces des exactions nazies sont effacées.

Une tragédie maritime de niveau mondial occultée[modifier | modifier le code]

À partir du 19 avril 1945, les quelque 10 000 hommes qui restent au camp principal sont évacués, en majorité vers le port de Lübeck, en mer Baltique. Là sont réquisitionnés des bateaux allemands sur lesquels les prisonniers sont transportés et « entreposés » dans les cales. Ces bateaux sont :

  • Le Cap Arcona – 6 500 hommes, dont 2 000 seront transférés sur l'Athen ;
  • Le Thielbek – 2 800 hommes ;
  • Le Deutschland (qui ne prit aucun détenu) ;
  • L'Athen – environ 2 000 hommes. C'est ce bateau qui fit la navette et amena une grande partie des détenus sur le Cap Arcona.
  • L'Elmenhorst (sert de ponton près du quai) – plusieurs centaines d'hommes ;

Le 3 mai, vers 15 heures, après avoir essuyé des tirs de D.C.A. provenant de certains des 200 bateaux ancrés dans la baie, des avions anglais vont bombarder les navires, dont le Cap Arcona, le Thielbek et le Deutschland. L'Athen réussira à gagner le quai, l'Elmenhorst ne sera pas touché. Dans cette tragédie, plus de 7 000 hommes périrent, ce 3 mai 1945. Les S.S. avaient, sur le Cap Arcona, neutralisé tout ce qui aurait pu être utilisé par les détenus en cas de naufrage (naufrage certainement programmé). L'élimination des déportés avait été pensée avant l'attaque des aviateurs alliés qui ignoraient que des déportés y étaient détenus mais pas du Major-Général George P. B. Roberts qui avait été prévenu par la Croix-Rouge la veille, le 2 mai 1945 (voir article Cap Arcona en anglais).

Dénombrement des déportés de 1938 à 1945[modifier | modifier le code]

Pays Hommes Femmes Total
Union soviétique 28 450 5 900 34 350
Pologne 13 000 3 900 16 900
France 11 000 500 11 500
Allemagne 8 800 400 9 200
Pays-Bas 6 650 300 6 950
Belgique 4 500 300 4 800
Danemark 4 800 - 4 800
Hongrie 1 400 1 200 2 600
Norvège 2 200 - 2 200
Yougoslavie 1 400 100 1 500
Tchécoslovaquie 800 580 1 380
Grèce 1 250 - 1 250
Italie 850 - 850
Espagne 750 - 750
Autriche 300 20 320
Luxembourg 50 - 50
Autres pays 1 300 300 1 600
Totaux 87 500 13 500 101 000
Non inscrits dans les registres - - 5 000
Total final - - 106 000
Morts en déportation - - 55 000
(52 %)

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre, ce camp eut une première destination comme lieu d'internement et une seconde comme lieu de mémoire.

Le site du camp en tant que lieu de détention.

Le camp servit aux Alliés de camp d'internement pour des membres de la SS et des responsables nationaux-socialistes jusqu'à ce qu'il ait été remis à la ville de Hambourg en 1948.

  • Construction, en 1948, de "l'établissement pénitentiaire Vierlande (no 12), pour hommes", agrandi en 1950 par un nouveau bâtiment. Il est fermé, puis démoli, en 2003.
  • Construction, en 1970, d'un "établissement pénitentiaire Vierlande (no 9) pour la jeunesse", sur le site de l'ancien Tongruben (glaisière). Fermé en 2006, il est démoli en 2007.

Afin de se rappeler ce funeste passé, le camp devient un lieu de mémoire dont la mise en œuvre s'effectue en plusieurs étapes :

  • En 1948, un « institut pédagogique » fut construit sur l'ancien terrain du camp.
  • En 1953, d'anciens déportés de Neuengamme firent construire un premier mémorial à l'intérieur du camp.
  • En 1965, un mémorial officiel y fut installé. Mais aussi l' « établissement pénitentiaire du Vierlande ».
  • Depuis 1981, on travaille à la restructuration de ce camp pour en faire un site de réflexion et de documentation ; on commença par la construction du centre de documentation.
  • En 1984, les restes des bâtiments de ce camp ont été placés sous la protection des "Monuments Historiques".
  • Commencée en 2003, la reconstruction de la Place d'Appel est achevée en 2005. Les emplacements des blocks en bois furent matérialisés par des briques concassées. De nouvelles expositions et un centre d'études furent installés dans les bâtiments en briques d'époque. L'ensemble fut inauguré, le 4 mai 2005, en présence de plus de 2 000 personnes.
  • Le 19 mai 2007, une cérémonie officielle a marqué la libération totale du site du camp et son passage du Ministère de la Justice à celui de la Culture.

Kommandos[modifier | modifier le code]

Liste des Kommandos de Neuengamme

Femmes déportées dans les Kommandos de Neuengamme[modifier | modifier le code]

Neuengamme était à l'origine un camp réservé aux hommes, mais le besoin de main-d'œuvre se faisant sentir dans de nombreux domaines, pendant l'été 1944, des déportées venant d'Auschwitz et de Revensbrück furent immatriculées à Neuengamme et affectées dans des Kommandos extérieurs : Boizenburg, Braunschweig SS-Reitschule, Bremen (Lübberstedt, Obernheide, Vegesack, Uphusen), Hambourg (Dessauer Ufer, Eidelstedt, Langenhorn, Neugraben, Sasel, Tiefstack, Wandsbek), Hannover (Langenhagen, Limmer), Helmstedt-Beendorf, Horneburg, Salzgitter (Bad, Watenstedt), Salzwedel, Unterluss. Elles furent employées notamment dans des usines de production de matériel aéronautique, de mines, de munitions, au déblaiement et à la reconstruction, etc. On estime à environ 13 500 le nombre de femmes immatriculées à Neuengamme, dont plus de 700 Françaises. Parmi elles, figurent : le Dr Raymonde Guyon-Belot qui a écrit un témoignage sur le travail dans une usine souterraine installée dans une mine de sel à Beendorf[3] ; Simone Alizon, dont le livre "L'exercice de vivre" est paru en 1996 ; Geneviève Helmer qui a participé à l'ouvrage collectif "De l'université aux camps de concentration - Témoignages strasbourgeois", paru aux Presses universitaires de Strasbourg en 1996. Ces déportées étaient sous la surveillance de gardiennes SS.

Gardiennes SS[modifier | modifier le code]

Des gardiennes SS ou Aufseherinnen furent affectées dans les camps annexes de Neuengamme cités plus haut. Aujourd'hui plusieurs gardiennes sont connues : Kaethe Becker, Erna Dickmann, Johanna Freund, Angelika Grass, la Kommandofuhrerin Loni Gutzeit (qui servit aussi à Hamburg-Wandsbek et que les déportées surnommèrent « Le Dragon de Wandsbek »), Gertrud Heise, Frieda Ignatowitz, Gertrud Moeller qui servit aussi dans le camp extérieur de Boizenburg, Lotte Johanna Radtke, la chef Annemie von der Huelst, Inge Marga et Marggot Weber. Quelques-unes ont été jugées pour crimes de guerre comme Susanne Hille (qui était à la tête des gardiennes à Unterluss) et Anneliese Kohlmann (qui était l'une des six gardiennes à Neugraben).

Personnalités déportées liées au camp de Neuengamme[modifier | modifier le code]

Victor Louviot ( 1891/1945) responsable du mouvement libé Nord et Eleuthere

L'écrivain et avocat belge René Blieck, déporté à Neuengamme, mort lors du bombardement du Cap Arcona (timbre de la RDA de 1962).
  • Édouard Arnaud (1883-1945), maire de Mens (Isère), résistant français, mort à Neuengamme le 29 janvier 1945 (matricule 40170).
  • James Bargain (1913-1945), résistant français, rescapé du naufrage du Jouet des flots en compagnie de Pierre Brossolette, mort à Neuengamme
  • François de Bénouville (1912-1944), résistant français, frère aîné de Pierre de Bénouville, mort à Neuengamme
  • René Blieck (1910-1945), écrivain et avocat belge, mort lors du bombardement du Cap Arcona
  • Yves Bodiguel (1910-1945), syndicaliste et résistant français
  • Claude Bourdet (1909-1996), écrivain, journaliste, polémiste et militant politique français
  • Roger Bouvet (1898-1944), professeur français, adjoint au maire du Mans, membre de "Libération Nord", mort à Neuengamme
  • Bernard de Breuvery (1895-1944), résistant français, mort à Neuengamme le 7 novembre 1944
  • Pierre Brunet (1908-1988), général français, auteur d'ouvrages sur Neuengamme, premier président de la commission d'histoire de l'Amicale française de Neuengamme, vice-président de l'Amicale.
  • Georges Chauvin (1885-1953), homme politique français
  • Camille Chevreau (1890-1945), résistant français, industriel
  • Coen Hissink (1878-1942), écrivain et acteur néerlandais, mort à Neuengamme.
  • Marcel Cottereau (1886-1944), résistant français, maire de Seigy (41)
  • Guy de Crécy (1894-1944), résistant français, plus jeune lieutenant de France à la guerre de 1914, dénoncé à Frolois (21)
  • Joseph Darsel, chef du réseau Bretagne-Nord, auteur de La Bretagne au combat, Commandeur de la Légion d’Honneur à titre militaire.
  • Léonel de Moustier (1882-1945), homme politique et résistant français, mort à Neuengamme
  • Eugène Robert Defforges (1878-1945), officier de marine et résistant français, mort à Neuengamme
  • Fernand Demoustier (1906-1945), écrivain surréaliste belge
  • Michel Duchesne (1921-1945), résistant, FFI, assurait la liaison Alger/Londres/Paris. Interné le 24 janvier puis déporté le 3 juillet 1944. Pendu à Neuengamme le 8 février 1945.
  • Robert Dugué (1894-1945), résistant français, principal du Collège Mezeray à Argentan (61)
  • Rémy Dumoncel (1888-1945), écrivain éditeur français, résistant, mort à Neuengamme
  • André Durieux (1918-1975), résistant français
  • André Duromea (1917-2011), homme politique français
  • Raymond Fassin (1914-1945), instituteur, résistant, mort à Neuengamme
  • Erwin Geschonneck (1906-2008), acteur allemand de cinéma, rescapé du Cap Arcona
  • René Gimpel (1881-1945), collectionneur et galeriste français, mort à Neuengamme
  • Rudi Goguel (1908-1976), résistant allemand, rescapé du Cap Arcona
  • Jean Gosset (1912-1944), philosophe et résistant français, mort à Neuengamme
  • Paul Herlemont (1896-1968), résistant français, principal du collège de Domfront, dénoncé par un "bon français"
  • Lucien Hirth (1923-2008), résistant français
  • Michel Hollard (1897-1993), ingénieur, lieutenant-colonel et résistant français
  • Roger Jardelle (1894-1959), homme politique français
  • Raymond de Lassus (1887-1979), fils d'Étienne de Lassus Saint Geniès
  • Jerôme Le Borgne (1896-1945), résistant français, instituteur
  • René Lejaille (1900-1958), résistant français, mort pour la France
  • Roland Malraux (1912-1945), résistant français, mort lors du naufrage du Cap Arcona
  • Louis Martin-Chauffier (1894-1980), journaliste, écrivain et résistant français
  • Marcel Mérigonde (1910-1984), homme politique français, président de l'Amicale française de Neuengamme (de 1954 à 1984)
  • Jean Meudec (1920-2002), résistant français
  • André Migdal (1924-2007), résistant, écrivain et poète français
  • Allan Henry Muhr (1882-1944), joueur américain de rugby à XV, mort à Neuengamme
  • Henri Noirot (1879-1972), homme politique français
  • Fritz Pfeffer (1889-1944), habitant dans la même Annexe qu'Anne Frank
  • Jean Plas (1910-1945), imprimeur belge ayant participé à l'élaboration du "faux Soir" en 1943. Dénoncé, il fut arrêté le 4 juillet 1944 et emprisonné à Saint Gilles. Le 4 août 1944, il fut déporté à Neuengamme et y est mort le 8 mars 1945. Il repose désormais en paix au cimetière d'Evere à Bruxelles.
  • Maurice Poissant (1883-1969), homme politique français
  • Eugène Pons (1886-1945), imprimeur lyonnais, militant de la démocratie et de la liberté au nom de l’Évangile, mort à Neuengamme en février 1945
  • Henri Poujol (1902-1961), secrétaire général de la sous-préfecture de St-Girons en Ariège
  • Marcel Prenant (1893-1983), zoologiste et parasitologiste français, chef d'État Major des Francs Tireurs et Partisans (FTP professeur d'université, député, témoin au procès des SS de Neuengamme au Curio-Haus à Hambourg, 1er président de l'Amicale française de Neuengamme (de 1946 à 1954)
  • Albert Réville (1883-1949), homme politique français
  • Albert Rohmer (1913-2006), pédiatre et résistant français
  • Joseph Rollo (1891-1945), instituteur français, secrétaire général clandestin du SNI, membre de "Libé-Nord",
  • David Rousset (1912-1997), homme politique et écrivain français
  • Kurt Schumacher (1895-1952), homme politique allemand, membre du SPD
  • Jacques Sourdille (1922-1996), homme politique français, médecin ardennais
  • Johann Trollman (1907-1943), boxeur de nationalité allemande, mort à Neuengamme
  • Gustaaf Van Essche (1923-1979), homme politique belge
  • John William (1922-2011), chanteur franco-ivoirien
  • Paul Zahnd (1923- -), résistant français, président des déportés, officier de la Légion d'honneur.
  • Henry Cornu (1918-1945), résistant français.

Personnalités otages[modifier | modifier le code]

En février 1942, à l'initiative du régime de Vichy, il est décidé d'interner des personnalités politiques françaises. En novembre 1942, les autorités nazies auraient envisagé de transférer en Allemagne certaines de ces personnes déjà internées ou en résidence surveillée en France. L'Allemagne inaugure alors une nouvelle forme de répression : l'arrestation et l'internement en Allemagne de "personnalités otages". 750 personnes sont arrêtées - préfets, sous-préfets, magistrats, médecins, religieux, maires, secrétaires de mairie, instituteurs, officiers de l'armée, syndicalistes, fonctionnaires de police, journalistes, etc. Le but de ces internements était sans doute de neutraliser et limiter des actions contre le régime nazi et, aussi de servir de monnaie d'échange. 326 de ces "personnalités otages" seront internées à Neuengamme. Elles conserveront leurs vêtements, ne subiront pas les appels et ne seront pas astreintes au travail forcé. Leur temps de détention est mis à profit pour organiser des conférences, des cours, etc.

Quatre préfets ont refusé le statut de "personnalité otage" sous lequel ils avaient été arrêtés et ont rejoint le camp des déportés de Neuengamme : Jacques Bussière (1895-1945), Edouard Bonnefoy (1899-1945), Paul Demange (1906-1970), Louis Dupiech (1900-1945). Trois d'entre eux sont morts en déportation.

Monuments dans les sites du souvenir du camp de Neuengamme[modifier | modifier le code]

La tour de la mémoire à Neuengamme

Sur le terrain des sites commémoratifs, se trouvent un grand nombre de monuments.

Stèles commémoratives internationales[modifier | modifier le code]

Le Mémorial international est le monument central des sites du souvenir du camp de Neuengamme.

Dès 1953, le président de l'Amicale Internationale de Neuengamme, un survivant du camp de Neuengamme, le français Jean Dolidier, fit réaliser une première colonne commémorative sur le terrain de l'ancien jardin horticole du camp, le Lagergärtnerei ; un lieu sur lequel les SS faisaient répandre comme engrais les cendres de la combustion du four crématoire. Autour de cette colonne commémorative, rien n'a été modifié.

En 1965, furent érigés un autre mémorial se composant d'une stèle, un mur du souvenir avec les nationalités gravées en tablette et la sculpture de Françoise Salmon (ancienne déportée) « Le détenu agonisant ».

Les sites du souvenir furent complétés en 1981 par une maison de la documentation qui depuis 1995 devint la « Maison du souvenir » immédiatement à côté du Mémorial international. Des bandes d'étoffe portant les noms des victimes, triés par date de décès, sont suspendues aux murs. Soit environ 20 000 noms. D'autres n'ont pas encore été retrouvés ; il reste de nombreux rouleaux vides sous l'inscription « Nous pensons aux victimes inconnues ». Dans une salle annexe est conservé dans une vitrine le livre original qui recensait les morts du camp et qui est encore lisible. Près de cette vitrine, la vue à travers l'étroite fenêtre débouche sur la pelouse, là où étaient déposées les cendres des morts utilisées comme engrais pour le jardin du camp. Quelques cyprès donnent à ce lieu une atmosphère de cimetière.

Le désespoir de Meensel-Kiezegem[modifier | modifier le code]

Ce monument fut érigé le en souvenir des victimes innocentes de la razzia de Meensel-Kiezegem. Les 1er et 61 habitants du petit village belge de Meensel-Kiezegem furent déportés à Neuengamme, 8 d'entre eux seulement revinrent chez eux.

Le monument du souvenir des victimes néerlandaises de Putten[modifier | modifier le code]

La pierre Het drama van Putten fut érigée en souvenir de plus de 600 Hollandais, dont les plus jeunes avaient 15 ans, de Putten dans la région de Veluwe (Pays-Bas), victimes d'une razzia effectuée sur ordre du commandement de la Wehrmacht, le 1er octobre 1944. Le , ils furent amenés dans le camp d'Amersfoort (Pays-Bas) et de là à Neuengamme. Des 600, 49 seulement retournèrent chez eux, les autres périrent dans le camp de Neuengamme ou dans d'autres camps de concentration.

En souvenir des déportés de l'insurrection du Ghetto de Varsovie de 1943[modifier | modifier le code]

Le monument En souvenir des déportés de l'insurrection du Ghetto Juif de Varsovie de 1943. Il fait référence à l'Insurrection du ghetto de Varsovie en 1943, et sa cruelle répression par la SS: les survivants du Ghetto de Varsovie après les mois de famine et de déportations massives sur Auschwitz.

En septembre-octobre 1944, suite à l'insurrection de Varsovie 10 000 membres de l'Armia Krajowa furent déportés dans les camps de concentration allemands, dont environ 6 000 vers Neuengamme et ses Kommandos.

Le chiffre total des détenus polonais du camp Neuengamme et de ses camps extérieurs s'élève à environ 17 000 femmes, hommes et enfants, dont beaucoup de juives et de juifs. Le total de ces victimes est estimé à 7 500. Les premiers arrivèrent dès 1940, en 1941/1942 ils représentaient la population la plus nombreuse.

Monument des victimes russes[modifier | modifier le code]

Le Monument pour les victimes russes de Neuengamme est un monument qui fait partie des sites commémoratifs du camp de Neuengamme mais il se situe sur le terrain du cimetière de Hambourg-Bergedorf. La plus grande partie des victimes soviétiques du camp Neuengamme reposant dans le cimetière de Bergedorf, c'est pourquoi l'initiative a été prise d'y installer le mémorial (plus grand que nature).

Autres monuments[modifier | modifier le code]

Wagon (reconstruit à l'identique) du mémorial de Neuengamme et dans lequel on acheminait les déportés durant la Seconde Guerre mondiale
  • Monument des victimes homosexuelles
  • Danske i tysk koncentrationslejr
  • Wagon de marchandises
  • Chemin des déportés
  • Maison préfabriquée

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie générale[modifier | modifier le code]

Bibliographie individuelle[modifier | modifier le code]

  • Des universités aux camps de déportations - témoignage strasbourgeois, ISBN 2-86820-714-6
  • Les jours de notre mémoire (1940-1945) Neuengamme. Quatre survivants témoignent : Paul Kern - Marcel Angles - Maurice Choquet - Pierre Brunet, éd. La Pensée Universelle
  • Bourrat Jean-Guy, (personnalité otage) L'exode de la Lorraine. Itinéraire de Charles Bourrat, préfet de la République, de Metz à Neuengamme en passant par Montauban, 2006 ISBN 2-904255-63-X
  • Darsel Joseph, La Bretagne au combat, récit de sa déportation à Neuengamme.
  • Desprat Edmond-Gabriel, Torturés à vie, Fus-Art, 1996.
  • Joannon Henri, Remember !, Imprimerie moderne, Aurillac, 1947, 1999
  • Lassus Saint-Geniès Raymond de, Si l'écho de leurs voix faiblit…, Syros, 1997
  • Le Corre Jean, Récit d'un résistant-déporté, Arkae, 2004 ISBN 2-9520223-1-3
  • Lohéac Paul (Docteur), Un médecin français en déportation, Le Presses Arc en Ciel, Gourin, 1988.
  • Martin-Chauffier Louis, L'homme et la bête, Folio, 1972
  • Portefaix Raymond, L'enfer que Dante n'avait pas prévu, Imprimerie moderne, Aurillac, 1947, 1988
  • Prenant Marcel, Toute une vie à gauche, Éditions Encre, Paris, 1980
  • Reynaud E. M., Potence et pots de fleurs. Journal d'un déporté de Neuengamme, éd. Defontaine
  • Robert Didier, L'Empreinte du Silence, récit de la déportation de F. Legros, Ed. F. Deville, Bruxelles 2005, ISBN 2-9600525-0-1
  • Albert Rohmer, déporté-résistant français matricule 37037, in Des universités aux camps de déportation - témoignage strasbourgeois, chapitre sur "Helmstedt mine de sel".
  • Saufrignon Pierre, Mémoire oblige, Les Dossiers d'Aquitaine, Bordeaux, 2002

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eugen Kogon, Hermann Langbein, Les chambres à gaz, secret d'état, Points Seuil Histoire 1984, p. 242
  2. Philippe Masson (dir.), Dictionnaire de la Seconde Guerre Mondiale, vol. II, Larousse,‎ 1980, 1956 p. (ISBN 2-03-519309-5), p. 1329
  3. Raymonde Guyon-Belot, Le Sel de la mine, Paris, France-Empire,‎ 1991, 290 p. (ISBN 9782704806560)