François-Frédéric Lemot

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François Lemot (croquis par Jacques-Noël-Marie Fremy d'après le portrait peint par Louis-Andre-Gabriel Bouchet)

François-Frédéric Lemot, dit François Lemot, né à Lyon le 4 novembre 1772 et mort à Paris le 6 mai 1827, est un sculpteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le Jugement de Salomon (dessin d'après le bas-relief de Lemot)

D’une aptitude peu commune pour le dessin, le jeune François est encouragé par son père, Jacques-Frédéric, pourtant simple menuisier, qui le fit d’abord étudier le dessin à Besançon. À Paris où il continue de se perfectionner auprès de M. Malhortie, il est remarqué à quinze ans en train de croquer l’Hercule Gaulois, statue de Puget au Parc de Sceaux (Hauts-de-Seine) par deux sculpteurs, membres de l’Académie, Pierre Julien[1] et Claude Dejoux qui vont le prendre sous leur protection et il entrera ainsi dans la classe de Dejoux. Il vécut en même temps de dessins pour les fabricants de papiers, de faïenciers, de tentures... À 17 ans et demi – mais il en paraissait quinze - il fut jugé apte à concourir au Prix de l'Académie royale en sculpture en 1790, qu’il remporta avec un bas-relief dont le sujet était « Le Jugement de Salomon ». Il fut présenté à la Reine qui le pensionna, et il put partir pour la Ville éternelle. L'Académie de France à Rome n'était pas encore installée, à l'époque, à la Villa Médicis mais occupait un palais du Corso. Il y resta trois années, c'est-à-dire jusqu’aux événements de la Révolution de 1793 car l'hostilité des Romains à l'égard des Français après l'exécution de Louis XVI écourta son séjour. Malheureusement, arrivé à Paris pour chercher le moyen de continuer ses études, il fut surpris par une réquisition et dut rejoindre l'armée du Rhin. Deux ans plus tard, en 1795, il est appelé dans la capitale par la Convention à concourir pour une statue du Peuple français, imaginée par David, œuvre qui ne fut jamais exécutée. Cependant les commandes commencèrent d’affluer pour des réalisations généralement colossales et néo-classiques voulues par les nouveaux maîtres du pays.

La Renommée embouchant sa trompette publie les grands évènements de la Révolution et l'Histoire écrit le mot République, pour la salle du Conseil des Cinq-Cents
Statue de Cicéron (dessin d'après la statue de Lemot)

En 1801, Bonaparte lui achète une Bacchante en marbre qu’il avait mise en exposition. En 1804, il place dans l’ancienne salle du Tribunat, un Cicéron s’apprêtant à dénoncer la Conjuration de Catilina devant le Sénat. Cette statue haute de « sept pieds » voisina avec le Démosthène de Le Sueur.

En 1805, Napoléon qui l’appréciait lui demande un buste colossal de Jean Bart pour la place d’armes de Dunkerque. La même année, il succéda à Pajou dans la classe des Beaux-arts, pour devenir, cinq ans plus tard, une fois élu membre de l'Académie des beaux-arts de l'Institut de France, professeur d’école en remplacement de Chaudet. Il eut entre autres pour élève Denis Foyatier.

En 1808, il exécute le char doré destiné à l’Arc de triomphe du Carrousel pour accompagner les fameux « Chevaux de Venise[2] », avec deux figures de la Victoire et de la Paix. Au Palais du Louvre, il sculpte un bas-relief de 74 pieds sur 14 de hauteur, sur le fronton de la façade de la colonnade, une scène représentant Napoléon en buste, fêté par les Muses. Cet ouvrage lui valut le Grand Prix décennal et fut considéré comme son chef-d’œuvre[3]. Le , il est nommé professeur de sculpture à l'École des Beaux-Arts de Paris en remplacement de Chaudet. Il aura pour successeur à ce poste Jean-Jacques Pradier, en 1828[4]. En 1811, il expose au salon une statue de Murat, alors roi de Naples. Puis, en 1812, en demi-nature[5], Hébé versant le nectar à Jupiter transformé en aigle, et une allégorie : La Rêverie (femme allongée sur le sol).

Au retour des Bourbons, il fut choisi pour l’exécution d’une nouvelle statue équestre en bronze du roi Henri IV qu’il livrera le et qui sera inaugurée le 25[6]. Il avait été entre-temps nommé « Chevalier de l’ordre de Saint-Louis », le .

C’est naturellement que la ville de Lyon choisit ce sculpteur, né en ses murs, pour remplacer la statue équestre du Roi-soleil, œuvre du célèbre Desjardins renversée sous la Révolution. Ce sera son dernier chef-d’œuvre[7] qui sera inauguré le sur la place Bellecour[8]. À la suite de cet admirable travail, il sera fait chevalier de la Légion d’honneur[9]. Sa dernière œuvre sera néanmoins une statue colossale d’Apollon que la mort ne lui permettra pas d’achever. Il laissait une veuve, une fille aînée et un fils.

Toutefois, son œuvre la moins connue mais à laquelle il consacra beaucoup de soin et de passion fut la réalisation de la Tibur de ses rêves, la Garenne Lemot, sur une propriété achetée en 1805 dans les environs de Nantes, terres de l’ancien château en ruines de Clisson qui s’étendaient jusqu’à Gétigné et qu’il contribuera beaucoup à relever et à embellir dans le goût italianisant. Une région au sujet de laquelle il avait en premier lieu écrit un ouvrage anonyme: Voyage pittoresque dans le bocage de la Vendée. Ces lieux étaient d’abord chers à son vieil ami François Cacault qu’il avait connu ambassadeur au cours de son séjour italien et qui l’avait protégé pendant les événements anti-français. Sa dépouille mortelle sera transportée vers son domaine vendéen, inhumée en la chapelle Saint-Gilles qu’il avait lui-même édifiée et où reposaient déjà ses amis, les frères Cacault.

Héritage[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Lemot : baron de Clisson, sculpteur, selon sa correspondance inédite avec son régisseur [Gautret], 1805-1827, éd. par Élie Chamard, Cholet, 1957.
  • François-Frédéric Lemot, Voyage pittoresque dans le bocage de la Vendée, ou Vues de Clisson et de ses environs, dessinées et publiées par C. Thienon. On y a joint une Notice historique sur la ville et le château de Clisson, Paris, 1817 (en ligne).
  • Ernest Babelon, Les médailles historiques du règne de Napoléon le Grand, empereur et roi, dessins de Chaudet et de Lemot, Paris, 1912.
  • François-Frédéric Lemot, Notice historique sur la ville et le château de Clisson, Paris, 1812 ; rééd. sous le titre Histoire de Clisson, Paris, 1990 (ISBN 2-87760-361-X).
Sur Lemot
  • François-Frédéric Lemot (1771-1827) statuaire : des oeuvres officielles et leur histoire secrète [Exposition, Gétigné-Clisson, La Garenne-Lemot, 2005], Nantes, 2005 (ISBN 2-907908-40-5).
  • Emmanuel Schwartz, Les Sculptures de l'École des Beaux-Arts de Paris. Histoire, doctrines, catalogue, Paris, 2003 (ISBN 2-84056-135-2).
  • Jean-Réné Gaborit, Katharina Barbara Lepper, et al., Skulptur aus dem Louvre. Sculptures françaises néo-classiques. 1760-1830 [Exposition, Musée du Louvre, 23 mai - 3 septembre 1990], Paris, 1989, p. 318 (ISBN 3-923576-54-4).
  • Monique Moulin, Le thème de la statue équestre dans l'œuvre de François-Frédéric Lemot (1771-1827), dans Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, Paris, année 1975 [1976] (ISSN 0301-4126).
  • Monique Moulin, Le Domaine romantique d'un sculpteur néo-classique : François-Fréderic Lemot à Clisson, dans Revue du Bas Poitou et des Provinces de l'Ouest, 2, Clisson, mars-avril 1967 (ISSN 0556-767X).
  • E. B.-N., Nouvelle biographie générale, 30, dir. Ferdinand Hoefer, Paris, 1859, p. 634 (en ligne).
  • Antoine Quatremère de Quincy, Notice historique sur la vie et les ouvrages de M. le baron Lemot : lue à la séance publique le samedi 4 octobre 1828, Paris, 1828 (Institut, 1828-60) (ISSN 0768-2050).
    Voir aussi : Funérailles de M. le Bon Lemot (le 11 mai 1827), discours de MM. Quatremère de Quincy et P. Cartellier, Paris, 1827.
  • Édouard Richer, Voyage à Clisson : suivie d'une notice sur M. Lemot, baron de Clisson, Nantes, 1828.
  • Jean-S. Passeron, Notice sur F.-F. Lemot, Lyon, 1827 (en ligne).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ancien élève de Coustou
  2. qui furent rendus en 1815 à la ville
  3. le buste sera remplacé sous la Restauration par celui du Roi-soleil
  4. Frédéric Chappey, Les Professeurs de l'École des Beaux-Arts (1794-1873), dans: Romantisme, 1996. no 93. p. 95-101.
  5. c'est-à-dire environ à la moitié de la dimension naturelle
  6. Le souscription s’était élevée à 337 860 francs
  7. On a dit que le cheval était de facture encore meilleure que celui du Pont-Neuf qui était déjà plus beau que le premier de Jean de Bologne
  8. Le prix était fixé à 337 750 francs
  9. « Notice no LH/1585/35 », base Léonore, ministère français de la Culture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]