Église de la Madeleine

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Église de la Madeleine
Image illustrative de l'article Église de la Madeleine
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Archidiocèse de Paris
Début de la construction 1763
Fin des travaux 1842
Style dominant Architecture néoclassique
Protection Logo monument historique Classé MH (1915)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Commune Paris
Coordonnées 48° 52′ 12″ N 2° 19′ 27″ E / 48.87, 2.324167 ()48° 52′ 12″ Nord 2° 19′ 27″ Est / 48.87, 2.324167 ()  

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Église de la Madeleine

L’église de la Madeleine se situe sur la place de la Madeleine dans le 8e arrondissement de Paris. Elle constitue une parfaite illustration du style architectural néoclassique avec son portique octostyle.

Sa construction s'est étalée sur 85 ans en raison des troubles politiques en France à la fin du XVIIIe siècle, et au début du XIXe siècle. Les changements politiques de l'époque en firent modifier à plusieurs reprises la destination et les plans. Conçu par Napoléon Ier comme un temple maçonnique (cf. temple de la raison) dédié à la gloire de sa Grande Armée en 1806, le bâtiment faillit être transformé en 1837 en gare ferroviaire, la première de Paris, avant de devenir une église en 1845. Sous le fronton, l'inscription en latin « D.O.M. SVB. INVOCAT S. MAR. MAGDALENÆ » signifie « Au Dieu tout puissant et très grand, sous l'invocation de sainte Marie-Madeleine ». L'édifice a une longueur de 108 mètres, une largeur de 43 mètres, une hauteur de 30 mètres et est ceinturé par 52 colonnes corinthiennes.

(M) Ce site est desservi par la station de métro Madeleine.

Historique[modifier | modifier le code]

L'ancienne église de la Madeleine[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, la rue Saint-Honoré franchissait les remparts de Paris par une porte monumentale située approximativement au niveau de l'actuelle rue de Castiglione. Au-delà de cette porte se développa, à partir du XVIe siècle, un faubourg connu d'abord sous le nom de Culture l'Évêque puis de Ville l'Évêque car il était placé sous la suzeraineté de l'évêque de Paris depuis une concession remontant au roi Dagobert Ier.

Article principal : Ville l'Évêque (Paris).

Pour desservir ce faubourg, une chapelle, attestée depuis 1238, et qui avait probablement été endommagée par le temps fut remplacée par une nouvelle chapelle dédiée à sainte Marie-Madeleine, sainte Marthe et saint Lazare, dont le roi Charles VIII posa la première pierre en 1492. Elle se situait probablement à l'emplacement de l'actuel no 8 boulevard Malesherbes, à l'angle où la rue Pasquier rejoint la rue de la Ville-l'Évêque[2].

Devant l'accroissement de la population du faubourg de la Ville l'Évêque, la chapelle devint église paroissiale en 1639 et fut reconstruite puis agrandie, en 1659 et 1698. La première pierre en fut posée le par la Grande Mademoiselle et Mgr de Sevin, évêque de Sarlat, qui firent les frais de la construction.

Mais après l'annexion du faubourg à la capitale, en 1722, il devint nécessaire d'envisager la construction d'une nouvelle église sur un nouveau site. Alors qu'on arrêtait, selon le parti proposé par l'architecte Ange-Jacques Gabriel, l'aménagement de la nouvelle place Louis XV, on envisagea de l'édifier dans l'axe transversal de la nouvelle place, à l'extrémité de la future rue Royale, sur un terrain occupé, selon les anciens plans, par l'hôtel de Chevilly.

L'ancienne église fut désaffectée en 1765, vendue en 1767 et démolie en 1801.

Le projet de Contant d'Ivry[modifier | modifier le code]

Les plans de la nouvelle église de la Madeleine furent commandés en 1757 à Pierre Contant d'Ivry (1698-1777), architecte du duc d'Orléans. Il proposa un édifice en forme de croix latine surmonté par un petit dôme dont le projet fut approuvé formellement en 1764.

La première pierre avait été posée par le roi Louis XV en personne, le . Les fondations étaient creusées et le soubassement commençait à s'élever lorsque Pierre Contant d'Ivry mourut en 1777. Étienne-Louis Boullée imagina un nouveau projet respectant les fondations déjà établies, mais Contant d'Ivry fut en définitive remplacé par un de ses élèves Guillaume-Martin Couture dit « le Jeune », qui remania complètement le parti de son prédécesseur et, en s'inspirant du projet de Jacques-Germain Soufflot pour l'église Sainte-Geneviève, proposa une église en forme de croix grecque, surmontée d'un dôme plus vaste, et précédée d'un portique péristyle d' ordre corinthien.

Lorsqu'éclata la Révolution française, les fûts des colonnes de la Madeleine s'élevaient jusqu'à la hauteur des chapiteaux, comme le montre un dessin représentant la cérémonie funèbre en l'honneur de Jacques-Guillaume Simonneau, maire d'Étampes, le 3 juin 1792. Mais la période était peu propice à la construction d'églises, et les travaux furent complètement arrêtés sur décret de l'Assemblée nationale, le 30 décembre 1791. La direction des Bâtiments loua alors les sous-sols à un marchand de vin (1794) et diverses parcelles de l'enclos à des artisans.

Sous le Consulat (1799-1804), les travaux restèrent en suspens.

Les hésitations révolutionnaires et les projets de Vignon[modifier | modifier le code]

De nombreux architectes avaient proposé des projets pour l'achèvement de l'édifice. Jacques-Guillaume Legrand et Jacques Molinos avaient imaginé de l'inclure dans un immense palais destiné à abriter la Convention nationale : la salle des séances aurait été logée dans le chœur tandis qu'un vaste bâtiment circulaire aurait abrité les bureaux. Guy de Gisors proposa vers 1798-1799, d'y installer la Bibliothèque nationale ou l'Opéra.

Un décret impérial du 21 février 1806 affecta l'ensemble immobilier à la Banque de France, au Tribunal de commerce et à la Bourse de Paris. L'architecte Pierre-Alexandre Vignon (1763-1828) fut chargé de dresser les plans du nouvel édifice, mais le projet fut abandonné sur les instances des banquiers et des commerçants, qui jugeaient l'emplacement trop éloigné du quartier des affaires.

L'Olympiéion à Athènes

En définitive, le , au camp de Poznań en Pologne, l'Empereur Napoléon Ier signait un décret pour l'édification d'un temple à la gloire des Armées françaises. Selon l'exposé des motifs : « Le Monument dont l'Empereur vous appelle aujourd'hui à tracer le projet sera le plus auguste, le plus imposant de tous ceux que sa vaste imagination a conçus et que son activité prodigieuse sait faire exécuter. C'est la récompense que le vainqueur des Rois et des Peuples, le fondateur des empires, décerne à son armée victorieuse sous ses ordres et par son génie. La postérité dira : il fit des héros et sut récompenser l'héroïsme. [...] À l'intérieur du monument, les noms de tous les combattants d'Ulm, d'Austerlitz et d'Iéna seront inscrits sur des tables de marbre, les noms des morts sur des tables d'or massif, les noms des départements avec le chiffre de leur contingent sur des tables d'argent. »

Un concours fut lancé auquel participèrent quatre-vingts artistes. Le projet de l'architecte Pierre-Alexandre Vignon fut retenu par l'Empereur lui-même, contre l'avis de l'Académie impériale : un temple périptère, retour à l'antiquité, inspiré de l'architecture gréco-romaine. La Madeleine est quasiment, pour ce qui est de l'aspect extérieur, une restitution de l'Olympieion à Athènes, les colonnes de la Madeleine étant légèrement plus hautes (20 m contre 17.25 m, à comparer avec un édifice très proche, la Cour suprême de États-Unis).

La construction par Vignon et Huvé[modifier | modifier le code]

La Madeleine en 1912.
Façade sud de l'église de la Madeleine
Église de la Madeleine la nuit
L'orgue de tribune.
L'intérieur de l'église
Une nef en coupoles

Peu après, on démolit tout ce qui avait été édifié sur les plans de Couture et les travaux progressèrent rapidement jusqu'en 1811, date à laquelle ils durent être arrêtés faute d'argent. Après la campagne de Russie de 1812, Napoléon renonça au temple de la Gloire, et revint au projet primitif d'une église : « Que ferons-nous du temple de la Gloire ? dit-il à Montalivet. Nos grandes idées sur tout cela sont bien changées… C'est aux prêtres qu'il faut donner nos temples à garder : ils s'entendent mieux que nous à faire des cérémonies et à conserver un culte. Que le Temple de la Gloire soit désormais une Église : c'est le moyen d'achever et de conserver ce monument. »

Lorsque les Bourbons retrouvèrent leur trône, les travaux étaient bien avancés : les fondations étaient terminées, le soubassement avait été mis en place, les colonnes dressées et les murs latéraux commençaient à s'élever ; il restait à couvrir l'édifice et à le décorer. Le roi Louis XVIII avait ordonné en août 1816 que la nouvelle église serait un monument expiatoire à la mémoire de Louis XVI, de la reine Marie-Antoinette et de Madame Élisabeth. Cette vocation ne devait se traduire que dans le décor de l'édifice et n'altéra donc pas le plan d'ensemble. Mais les fonds manquaient, et Louis XVIII finit par faire édifier à proximité, sur sa cassette personnelle, la chapelle expiatoire. Vignon, qui demeurait chargé des travaux, avait toutes les peines du monde à faire avancer son chantier et mourut en 1828 sans avoir pu terminer son œuvre.

Il fut remplacé par son collaborateur Jean-Jacques-Marie Huvé qui parvint enfin à faire accélérer les travaux lorsque survint la Révolution de 1830. Pour Louis Philippe, fils de régicide, il n'était évidemment pas question de poursuivre le programme de la branche aînée des Bourbons. Après avoir un instant envisagé de transformer le bâtiment en gare ferroviaire, il confirma sa destination d'église, mais décida qu'elle n'aurait qu'un caractère paroissial. La décoration intérieure fur conçue par Huvé en s'inspirant du volume du frigidarium des thermes antiques (les thermes de Caracalla venant d'être relevés par A. Blouet, pensionnaire à la Villa Médicis en 1826), et de la décoration polychrome du Panthéon de Rome. Sous tutelle d'une commission composée du directeur des Travaux de Paris, d'académiciens et de hauts-fonctionnaires (Préfet de la Seine), Huvé se voyait assez limité dans sa marge de manœuvre. Il déplora notamment le choix fait par la commission de remplir les 6 lunettes de la nef, destinées à apporter la lumière nécessaire, pour les remplacer par des jours percés dans les 3 coupoles. Il a laissé des dessins de l'église, dans cette première idée, où la lumière baigne l'intérieur et magnifie sa décoration de marbres polychromes.

Huvé eut à achever ce qui fut en son temps le plus important chantier d'architecture religieuses, mobilisant quantité d'artistes de l'époque, et faisant de l'édifice l'un des plus grands chantiers romantiques. Y travaillèrent notamment les peintres Abel de Pujol, François Bouchot, Léon Cogniet, Auguste Couder, Paul Delaroche, Victor Schnetz, Emile Signol, Jules-Claude Ziegler, les sculpteurs Antoine Étex, Pierre-Joseph Lemaire, Carlo Marochetti, James Pradier, Henry de Triqueti, etc.

Le fronton, œuvre du sculpteur Philippe Joseph Henri Lemaire, représentant : Le Jugement dernier , fut réalisé en 1833. La loi de 1834 dégageant un crédit de 6 millions pour des chantiers d'utilité publique afin de résorber le chômage permit d'achever les travaux en 1842. L'église fut consacrée le 9 octobre 1845 par Mgr Affre, archevêque de Paris.

Les orgues[modifier | modifier le code]

Le grand orgue[modifier | modifier le code]

Le grand orgue construit par Aristide Cavaillé-Coll en 1846, revu par Charles Mutin (1927), Roethinger (1957), restauré et électrifié par Danion-Gonzalez (1971), augmenté en 1988 (Octavin au Récit) et chamades 8 et 4 au Positif par Dargassies (2000): 4 claviers manuels et pédalier, 60 jeux.

Les titulaires du grand orgue[modifier | modifier le code]

La liste des organistes de la Madeleine est impressionnante :

L’orgue de chœur[modifier | modifier le code]

Orgue Cavaillé-Coll (1843) 2 claviers de 56 notes et pédalier de 32 notes ; transmissions électriques ; 20 jeux.
À sa construction (antérieure à celle du au grand-orgue) cet instrument comportait dix jeux répartis sur deux claviers et pédalier. Il a subi plusieurs transformations :

  • Cavaillé-Coll (1848)
  • Cavaillé-Coll (1897)
  • Gonzalez après la première guerre mondiale
  • Gonzalez (1976) (L'orgue a été entièrement électrifié et a été doté d'une console mobile)
  • Bernard Dargassies (1996)

Les titulaires de l'orgue de chœur[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Louis Dietsch (1850-1850)
  • François Vauthrot (1850-1851)
  • François Manson (1852-1895)
  • Achille Runner (1895-1904)
  • Achille Philip (1904-1913)
  • Georges Krieger (1919-1925)
  • André Simon (1925-1944)
  • Jean Villetard (1944-1989)
  • Philippe Brandeis (1989-1994)
  • Eric Leroy (1994-2001)
  • Michel Geoffroy (2001- )

Les Maîtres de Chapelle[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Mobilier et patrimoine
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Décoration extérieure
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Références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00088812 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Félix Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, Paris, Imprimerie de Vinchon, 1844-1849, p. 404

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Andrée Jacob et Jean-Marc Léri, Vie et histoire du VIIIe arrondissement, Paris, Éditions Hervas, 1991.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Diaporama de L'Internaute Magazine
  2. Fiche sur la base Structurae
  3. Fiche sur la base Insecula
  4. Site de la paroisse de la Madeleine
  5. Dimanches Musicaux de La Madeleine
  6. Orgues de France Notice sur le grand orgue de la Madeleine.
  7. Orgues de Paris Composition de l'orgue de chœur.