Place des Victoires

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1er, 2e arrt
Place des Victoires
La place des Victoires en 2011, avec la statue équestre de Louis XIV de François Joseph Bosio.
La place des Victoires en 2011, avec la statue équestre de Louis XIV de François Joseph Bosio.
Situation
Arrondissement 1er, 2e
Quartier Halles, Mail, Palais-Royal, Vivienne
Voies desservies Rue d'Aboukir
Rue Catinat
Rue Croix-des-Petits-Champs
Rue Étienne-Marcel
Rue La Feuillade
Rue Vide-Gousset
Morphologie
Diamètre 78[1] m
Forme Circulaire
Historique
Création 1685
Dénomination 1685
Ancien(s) nom(s) Place des Victoires-Nationales (1792)
Géocodification
Ville de Paris 9749
DGI 9741

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Place des Victoires

48° 51′ 57″ N 2° 20′ 28″ E / 48.86575, 2.34119

La place des Victoires est une place de Paris, en France. Dédiée à Louis XIV, elle est, avec la place des Vosges, la place Dauphine et la place Vendôme, l'une des quatre places royales parisiennes.

Description[modifier | modifier le code]

La place des Victoires est située à cheval sur les 1er et 2e arrondissements de Paris. Il s'agit d'une place circulaire, d'environ 80 m de diamètre.

En partant du nord, et dans le sens des aiguilles d'une montre, la place donne accès aux voies suivantes :

Odonymie[modifier | modifier le code]

La place est consacrée aux victoires militaires de Louis XIV. La rue de la Victoire, dans le 9e arrondissement, quant à elle, rend hommage à la campagne d’Italie du général Bonaparte.

La place est temporairement renommée « place des Victoires-Nationales » le 12 août 1792[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Projet et création[modifier | modifier le code]

La création de la place est traditionnellement attribuée à l'initiative du maréchal de La Feuillade et de la ville de Paris[1], mais a sans doute été instiguée par les Bâtiments du roi[3]. Quoi qu'il en soit, dans le but d'ériger une statue à la gloire du souverain, La Feuillade acheta l'hôtel de La Ferté-Senneterre qui se trouvait entre l'ancien Paris et le quartier nouvellement loti de Richelieu et le fit démolir. Les quelques terrains qu'il était nécessaire d'ajouter aux jardins de l'hôtel furent expropriés en mars 1685[1]. La statue ayant été inaugurée seulement un an plus tard, le cadre fut achevé après la sculpture.

Les caractéristiques de la place sont consignées dans un arrêt du Conseil du Roi de 1685. Son urbanisme est confié à Jules Hardouin-Mansart. Le projet de l'architecte n'était cependant pas une place parfaitement circulaire. Sur un cinquième environ, le cercle était interrompu par la corde d'un arc, au milieu de laquelle aboutissait la rue des Fossés-Montmartre, actuelle rue d'Aboukir. Une voie de circulation empruntait cette quasi-tangente, formée par la rue Vide-Gousset et la rue du Reposoir. Deux autres rues aboutissaient à la place : la rue La Feuillade au nord-ouest et la rue Croix-des-Petits-Champs au sud-ouest. Aucune de ces trois rues n'étant dans le prolongement l'une de l'autre, toutes les perspectives aboutissaient à la statue du roi, dans un espace fermé par les constructions.

Évolutions[modifier | modifier le code]

La place des Victoires en 1728.

Mais la rue de la Vrillière (aujourd'hui rue Catinat) fut rapidement ouverte dans l'axe de la rue des Fossés-Montmartre, anéantissant le parti initial, pour mener à l'hôtel de la Vrillière (aujourd'hui Hôtel de Toulouse).

L'ordonnancement des façades était strictement encadré : des arcades pleines au rez-de-chaussée, un étage noble particulièrement haut de plafond, un deuxième étage relié au premier par des pilastres ioniques, puis un troisième mansardé, dont l'amortissement des chiens-assis est alternativement semi-circulaire et horizontal[1]. Les arcades ont aujourd'hui été remplacées par des boutiques, pour l'essentiel de prêt-à-porter de luxe.

Le percement de la rue Étienne-Marcel au milieu du XIXe siècle a modifié le plan de la place : elle est désormais traversée de part en part dans l'axe nord-ouest/sud-est et la rue du Reposoir ne prolonge plus la rue Vide-Gousset. Aucune symétrie ni logique géométrique ne régit plus le dessin de la place des Victoires. En 1946, un projet de réaménagement a été présenté par R. Danis, mais il n'a pas été mis en œuvre[4].

Monuments[modifier | modifier le code]

Monument central[modifier | modifier le code]

De sa création à nos jours, le centre de la place accueillit quatre monuments successifs, dont trois statues :

La statue originelle était une réalisation du sculpteur Martin Desjardins et représentait Louis XIV en pied. Le roi était figuré en costume de sacre, piétinant un cerbère, représentant la Quadruple-Alliance vaincue. Son socle comportait quatre personnages en bronze, représentant allégoriquement chacun une nation vaincue par Louis XIV et un sentiment différent (la résignation, l’abattement, la colère et l’espérance), des bas-reliefs et des inscriptions dithyrambiques sur la gloire militaire du roi après la signature du Traité de Nimègue. Ces éléments de décoration sont aujourd'hui exposés dans la cour Puget du Musée du Louvre[5]. L'inauguration a eu lieu le 28 mars 1686 ; l'ensemble, piédestal compris, faisait alors 12 m de haut[1].

Monument central représentant Louis XIV à cheval

Quatre fanaux, qui étaient situés aux quatre coins de la place, y brûlaient en permanence pour éclairer la statue. Les constructions étaient formées de trois colonnes de marbre jaspé soutenant un gros fanal de marine posé sur un socle de marbre rouge. Entre les colonnes, six médaillons en bronze d'un diamètre de 77 cm étaient suspendus. L'architecture était l'œuvre de Jérôme Derbais, Dezaige et Jesseaume, sur un dessin de Jean Berain et les 24 médaillons du sculpteur Jean Arnould. En 1699, les fanaux ont été éteints et en 1718 l'ensemble fut démonté. On retrouve quatre des colonnes au maître-autel de la cathédrale de Sens. Les médaillons ont alors été dispersés, seuls quelques-uns nous sont parvenus[6] au musée du Louvre[7].

En 1792, la statue de Louis XIV est abattue par les révolutionnaires. Elle est fondue pour produire des canons et remplacée par une pyramide en bois portant les noms des citoyens morts lors de la journée du 10 août 1792. Selon la légende, Napoléon Ier donne le bois de la pyramide à un corps de garde, lequel l'aurait utilisé pour se chauffer[8].

En 1810, une statue du général Desaix par Claude Dejoux est érigée au centre de la place. Le général étant représenté entièrement nu, la statue fut rapidement enlevée ; son bronze a été refondu par la suite pour fabriquer la statue équestre d'Henri IV située sur le pont Neuf.

En 1828, la statue actuelle est érigée au centre de la place. Œuvre de François Joseph Bosio, elle représente Louis XIV à cheval. En 2005, la restauration de cette sculpture est confiée à l'artiste peintre, restaurateur d'art Alain Plesse.

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Hôtels particuliers[modifier | modifier le code]

Plusieurs immeubles de la place sont d'anciens hôtels particuliers :

Protection[modifier | modifier le code]

Le sol de la place est classé au titre des monuments historiques en 1962[21]. La statue de Louis XIV l'est en 1992[22]. Les hôtels particuliers qui donnent sur la place sont également tous classés ou inscrits. Ces protections n'ayant été que tardives, l'uniformité de l'ensemble n'est pas aussi formelle qu'à l'origine ; en particulier, des surélévations ont été opérées sur plusieurs bâtiments et les constructions faites de part et d'autre de la rue Étienne-Marcel - postérieures à la création de la place mais antérieures à sa protection - ont des gabarits supérieurs.

Bibliographie et cinéma[modifier | modifier le code]

  • Fernand de Saint-Simon, La place des Victoires, Éditions Vendôme, 1984, 451 p.
  • Philippe Meyer s'attache particulièrement à l'histoire et l'évolution de la place des Victoires au XXe siècle comme emblème des changements parisiens dans son livre Paris la Grande publié en 1997[23].
  • La place des Victoires offre le décor du film de Nobuhiro Suwa, qui fait partie du projet Paris, je t'aime (2005) et apparait également dans le film L'Arnacœur, tourné par Pascal Chaumeil en 2010.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Pierre Lavedan, Histoire de l'urbanisme à Paris, Collection Nouvelle Histoire de Paris, Hachette, réédition de 1993, (ISBN 9782859620127), pp. 217-219.
  2. Félix Lazare, Dictionnaire historique des rues et monuments de Paris,‎ 1855, 755 p. (ISBN 9782868771841)
  3. Alexandre Gady (dir.), Jules Hardouin-Mansart 1646-1708,‎ 2010, 489-490 p. (ISBN 978-2735111879)
  4. Pierre Lavedan, Un projet de remise en état de la place des Victoires à Paris dans La Vie urbaine, 1968, p. 139-142.
  5. Les esclaves sont conservés sous les numéros d'inventaire RF 4407, RF 4408, RF 4409 et RF 4410. Les bas-reliefs portent les numéros MR 3379, MR 3380, MR 3381, MR 3382, LP 571 et LP 572.
  6. Sept médaillons répertoriés sur la base Joconde
  7. Source : Musée du Louvre, nouvelles acquisitions du département des sculptures 1980-1983. Cet éclairage somptueux pour l'époque suscita un épigramme « Cap de Dios d'Aubusson, je crois que tu me bernes de mettre ce soleil entre quatre lanternes ».
  8. Le Guide du promeneur de Paris, Parigramme,‎ 2007, 288 p. (ISBN 978-2-84096-472-8), p. 11
  9. « Ancien hôtel Charlemagne », base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. « Ancien hôtel de Montplanque », base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. « Ancien hôtel de Soyecourt », base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. « Ancien hôtel Bauyn de Péreuse », base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. « Ancien hôtel de l'Hospital, ou hôtel de Pomponne, ou hôtel de Massiac », base Mérimée, ministère français de la Culture
  14. « Ancien hôtel Bergeret de Grancourt », base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. « Ancien hôtel Bergeret de Talmont », base Mérimée, ministère français de la Culture
  16. « Ancien hôtel de Metz de Rosnay, ou hôtel de Forceville, ou hôtel Vigier », base Mérimée, ministère français de la Culture
  17. « Ancien hôtel de Prévenchères, ou hôtel Lenoir », base Mérimée, ministère français de la Culture
  18. « Ancien hôtel Pellé de Montaleau, ou hôtel de Bosredon », base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. « Ancien hôtel Gigault de La Salle, ou hôtel André-d'Arbelles, ou hôtel Biliotti », base Mérimée, ministère français de la Culture
  20. « Ancien hôtel Cornette ou ancien hôtel Le Duc-Desnoues », base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. « Place des Victoires : le sol », base Mérimée, ministère français de la Culture
  22. « Statue de Louis XIV », base Mérimée, ministère français de la Culture
  23. Philippe Meyer, Paris la Grande, Gallimard,‎ 1997, 259-278 p. (ISBN 978-2070407408)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]