Star Trek
Star Trek est un univers de science-fiction, créé par Gene Roddenberry, dans les années 1960, qui regroupe six séries télévisées, douze longs métrages (le dernier, Star Trek Into Darkness, sorti en 2013 au cinéma), des centaines de romans, de bandes dessinées et des dizaines de jeux vidéo, ainsi qu’une fanfiction importante. Elle est, aussi, une franchise de télévision et de cinéma appartenant à Paramount Pictures, propriété de la compagnie CBS. L'ensemble des séries télévisées est, à lui seul, considéré comme l'un des plus grands phénomènes culte des temps modernes[réf. nécessaire].
Dans l'univers Star Trek, l'humanité développe le voyage spatial à vitesse supraluminique, via un sub-espace artificiel, suite à une période post-apocalyptique du milieu du XXIe siècle (voir le Jour du Premier Contact). Plus tard, l'homme s'unit à d'autres espèces intelligentes de la galaxie pour former la Fédération des planètes unies. À la suite d'une intervention extraterrestre, et grâce à la science, l'humanité surmonte largement ses nombreux vices et faiblesses terrestres, au XXIIIe siècle. Les histoires de Star Trek dépeignent souvent les aventures d'êtres humains et d'espèces extra-terrestres qui servent dans Starfleet, ainsi que les nombreux contacts de ceux-ci avec d'autres civilisations.
Les protagonistes, dont les idéaux sont parfois imparfaitement appliqués aux dilemmes présentés dans la série, sont essentiellement altruistes. Les conflits et les dimensions politiques de Star Trek forment des allégories pour des réalités culturelles contemporaines ; la série télévisée originale de Star Trek aborde les questions des années 1960, tout comme, plus tard, des séries dérivées ont reflété des questions de leurs époques respectives. Les problèmes soulevés dans les différentes séries sont : la guerre et la paix, l'autoritarisme, l'impérialisme classique, la lutte des classes, l'eugénisme, la géopolitique, le racisme, les droits de l'homme, le sexisme, le féminisme et le rôle de la technologie[1].
Sommaire |
Histoire[modifier]
L'univers Star Trek dépeint un futur optimiste, utopique, dans lequel l'humanité a éradiqué la maladie, le racisme, la pauvreté, l'intolérance et la guerre sur Terre. Elle s'est également unie à d'autres espèces intelligentes de la galaxie. Les personnages explorent l'espace, à la recherche de nouveaux mondes et de nouvelles civilisations et s'aventurent « là où aucun homme, là où personne, n'est jamais allé ».
Bien que la première série n'ait pas rencontré un grand succès lors de sa diffusion, il est apparu que cet univers suscitait beaucoup d'enthousiasme chez un public particulier de fans, les Trekkies ou Trekkers scolarisés. Ces amateurs inconditionnels ont fait le succès des rediffusions et créé un marché pour les séries suivantes et autres films fondés sur le travail de Gene Roddenberry. Star Trek reste, au XXIe siècle, un des divertissements de science-fiction les plus populaires de la télévision.
Les histoires de Star Trek font partie intégrante de la culture américaine. À la suite d'une opération de lobbying des fans de la série, la NASA a accepté de nommer Enterprise le prototype de la navette spatiale.
Plusieurs épisodes de la première série se fondent sur une confrontation entre une puissance supérieure, généralement une race extraterrestre avancée (possédant souvent des formidables pouvoirs mentaux), avec une technologie de pointe, et un être humain ayant acquis, dans des circonstances particulières, des pouvoirs inhabituels, parfois avec un dieu. Souvent, le but de la puissance en question est d'asservir (ou de détruire) le vaisseau et son équipage, mais tous deux sont sauvés par le capitaine James T. Kirk (James R. Kirk dans le premier épisode de la série, Où l'homme dépasse l'homme), est interprété par l'acteur William Shatner. Un cas exceptionnel est l'épisode fameux des Tribbles qui, avec humour, fait entrevoir une autre série de thèmes possibles sur les divers points de vue des espèces ou sur l'environnement. Parfois le scénario est inversé, et les entités « supérieures » « moralisent » les humains (Arena, Les Arbitres du cosmos, L'Impasse). Certains épisodes font appel à des scénaristes réputés (par exemple Robert Bloch sur trois épisodes, dont celui concernant Jack l'Éventreur).
Il n'y a pas d'histoire se prolongeant tout le long de la série originale (contrairement à la série dérivée Deep Space Nine, ou, dans une moindre mesure, Voyager), chaque épisode formant une structure close, séparée des autres, le seul élément de continuité étant la distribution et certains ennemis récurrents comme les Klingons. Tous les épisodes sont au format 52 minutes, sauf l'épisode La Ménagerie, en 2 x 52 minutes, en raison de la réutilisation du premier pilote The Cage, qui fait référence à un couple (équipage, vaisseau) plus ancien.
La société utopique, la Fédération des planètes unies (FPU), dépeinte dans Star Trek, se fonde sur une « économie de l'abondance », autorisant un progrès des sciences et des technologies. Cette abondance permet, aussi, à chacun, de satisfaire presque tous ses besoins et désirs. Le travail et le commerce ne sont pas nécessaires, l'argent n'existe plus. Les émotions négatives, comme l'avarice ou la jalousie, y sont quasiment inexistantes.
Roddenberry était partisan d'une politique égalitaire et a fréquemment utilisé les épisodes pour présenter sa vision d'une société utopique, basée sur ces principes. La série originale, par exemple, possède un membre d'équipage féminin afro-américain : Nyota Uhura, rôle interprété par l'actrice Nichelle Nichols, une des premières femmes afro-américaines à tenir un rôle principal à la télévision américaine. Il fait également intervenir un personnage originaire de Russie - Pavel Chekov, interprété par Walter Koenig - et ce en pleine Guerre froide entre les États-Unis et l'Union Soviétique. Le premier officier vulcain M. Spock, joué par Leonard Nimoy, n'a pas eu, tout d'abord, les faveurs des cadres de la chaîne sous le prétexte que son aspect vaguement satanique pouvait s'avérer trop inquiétant pour le public, mais M. Spock est devenu l'un des personnages les plus populaires de la série originale.
Pour illustrer cette vision idéaliste, le premier pilote de la série, The Cage, a été refusé parce que le commandant en second de l'Enterprise était joué par une femme (Majel Barrett, alias Lwaxana Troi dans Star Trek : La Nouvelle Génération), ce que la Paramount a jugé « irréaliste ».
De même, pour faire accepter à la Paramount l'actrice noire Nichelle Nichols, qui était pourtant une artiste reconnue en Angleterre, Rodenberry a dû recourir à un chantage devenu classique : She stays or I leave! (« Elle reste ou je pars ! »). De même le baiser échangé entre celle-ci et le capitaine Kirk, dans l'épisode 3-10 (La Descendance) met en œuvre un contrôle mental, comme prétexte pour briser ce tabou du premier baiser interracial de la télévision américaine. Un courrier impressionnant fut adressé à la Paramount qui craint même, un moment, une fin de diffusion dans les Etats du Sud. Lors d'une rencontre particulière entre Nichelle Nichols et Martin Luther King, ce dernier dissuada l'actrice de quitter la série, arguant qu'elle représentait une icône importante pour les mouvements noir et féminin. Son personnage a été recruté uniquement pour ses capacités, et sur aucun autre critère à bord de l'Enterprise[2].
Presque dix années se sont écoulées entre la fin de la première série et le premier film de cinéma. Dans l'intervalle, de nombreux romans ont été publiés par des auteurs multiples. L'univers de Star Trek a survécu à une longue traversée audiovisuelle du désert, grâce à l'écriture. Il s'est également enrichi par le partage et le travail collectif. Sauvée une première fois par ses fans, maintenue et développée par une collectivité informelle d'auteurs, l'utopie de Star Trek se trouve autant dans sa naissance que dans son contenu.
En 1987, une nouvelle série est lancée, Star Trek : La Nouvelle Génération (Star Trek: The Next Generation ou ST: TNG), comportant un nouvel équipage. Contrairement à la série originelle, ST: TNG décrit un univers dans lequel la plupart des races rencontrées sont équivalentes, d'un point de vue technologique, et un nombre important d'épisodes n'est plus basé sur le concept de « premier contact », mais sur de nouveaux arguments, tels que les paradoxes du voyage temporel, ainsi que les univers parallèles.
La Directive Première (Prime Directive), qui contraint la Fédération à ne pas interférer dans l'évolution des espèces moins évoluées, prend plus d'importance dans cette série. Elle est l'occasion de cas de conscience, lorsque des espèces menacées de destruction ne devraient pas être assistées par respect de cette directive. Mais, souvent, l'existence de cette directive devient un prétexte pour la contourner... Avec le décès de Roddenberry, en 1991, la technologie perd son cachet optimiste et prend un visage oppressif.
Enfin, cette série connaît des liens historiques forts entre les épisodes, avec des objets ou des personnages qui apparaissent au cours de plusieurs épisodes (et même provenant de saisons précédentes), donnant à la série une cohérence plus forte. Des personnages de la série originelle font aussi leur apparition.
Roddenberry continua à être crédité en tant que producteur exécutif de ST : TNG, même lorsque son influence diminua, alors que la série progressait. Avec l'arrivée du producteur Rick Berman, elle a lentement pris une nature plus basée sur les masques, en intégrant de plus en plus des scènes d'animation et des discours cryptés pour certaines audiences. Ceci est devenu plus apparent dans la majeure partie de la série suivante.
Star Trek à l'écran[modifier]
L'univers de Star Trek est représenté à travers
- cinq séries :
- Star Trek ou La Patrouille du cosmos (appelée parfois en anglais Star Trek : The Original Series, TOS ou Star Trek Classic) (1966-1969)
- Star Trek : La Nouvelle Génération (Star Trek: The Next Generation ou TNG) (1987-1994)
- Star Trek : Deep Space Nine (ou DS9) (1993-1999)
- Star Trek : Voyager (1995-2001)
- Enterprise devenu au cours de la troisième saison Star Trek : Enterprise (2001-2005)
- une série d'animation :
- Star Trek : La série animée (Star Trek: The Animated Series) (suite de la première série) (1973-1974)
- et douze films :
- Films mettant en scène l'équipage de la série originale :
- Star Trek, le film (Star Trek: The Motion Picture) (1979)
- Star Trek 2 : La Colère de Khan (Star Trek II: The Wrath of Khan) (1982)
- Star Trek 3 : À la recherche de Spock (Star Trek III: The Search for Spock) (1984)
- Star Trek 4 : Retour sur Terre (Star Trek IV: The Voyage Home) (1986)
- Star Trek 5 : L'Ultime Frontière (Star Trek V: The Final Frontier) (1988)
- Star Trek 6 : Terre inconnue (Star Trek VI: The Undiscovered Country) (1991)
- Film basé sur la série originale et sur Star Trek : La Nouvelle Génération :
- Star Trek : Générations (Star Trek: Generations) (1994)
- Films mettant en scène l'équipage de Star Trek : La nouvelle génération :
- Star Trek : Premier Contact (Star Trek: First Contact) (1996)
- Star Trek : Insurrection (Star Trek: Insurrection) (1998)
- Star Trek : Nemesis (Star Trek: Nemesis) (2002)
- Films fondés sur l'univers de Star Trek et reprenant les personnages de la série originale mais bouleversant la chronologie canonique :
- Films mettant en scène l'équipage de la série originale :
Ligne temporelle des séries[modifier]
Voici la chronologie « en-univers Star Trek » des séries télévisées. Elle permet de situer, dans le temps, les événements s'y déroulant. On peut voir que les événements de la série Enterprise se déroulent 100 ans avant la série Star Trek et que les autres séries (TNG, DS9, VOY) se déroulent 100 ans après.
Aujourd'hui[modifier]
La plus récente série télévisée Enterprise (ou Star Trek : Enterprise, à partir de la troisième saison) a été arrêtée en 2004. Depuis, plus aucune série n'a été produite, à l'exception de séries amateurs, comme Star Trek: New Voyages (désormais Star Trek Phase II), dans laquelle des artisans de la franchise font des apparitions[3].
Un onzième long-métrage, reboot et relancement de la franchise, intitulé simplement Star Trek, est sorti le 6 mai 2009, et met en vedette Chris Pine, dans le rôle du jeune James T. Kirk, et Zachary Quinto, dans le rôle d'un jeune Spock. Leonard Nimoy accepta de participer au film et de reprendre son rôle de Spock, après s'être pourtant éloigné durant de nombreuses années des plateaux et du métier d'acteur.
Un MMORPG, intitulé sobrement Star Trek Online, est également sorti le 5 février 2010, en France, et le 2 aux États-Unis. L'histoire se déroule en 2409, et poursuit donc l'exploitation de l'univers Star Trek. De nombreux clins d'œil, envers les différentes séries Star Trek, y attendent les joueurs fins connaisseurs de cet univers.
Romans[modifier]
L'univers Star Trek est aussi une série de romans, s'inscrivant dans tous les univers des différentes séries. Suite au succès éditorial de la série Star Trek: New Frontier par l'écrivain Peter David (qui présente les aventures de l'USS Excalibur, un équipage original jamais apparu dans une série ou un film Star Trek), d'autres romans se basant sur l'univers Trek en général, sans s'appuyer sur une série en particulier, ont été publiés.
Notes et références[modifier]
- « Présente dans la structure même de Star Trek, l'ambiguïté entre une vision utopiste de la nature humaine et le besoin de traiter les réalités politiques contemporaines n'est jamais vraiment résolu. Toute tentative d'intervenir de façon positive dans les situations rencontrées par L'Enterprise renvoie à des parallèles, avec des problèmes actuels (le racisme, la Guerre Froide, la guerre du Vietnam), qui minent les prétentions utopiques de la série. » David Buxton, De « Bonanza » à « Miami Vice ». Formes et idéologie dans les séries télévisées, Éditions de l'Espace Européen 1991, p. 66, (ISBN 2-7388-0127-7).
- Source: DVD édition spéciale de Star Trek VI, interview personnelle de Nichelle Nichols
- Star Trek: New Voyages sur imdb.com
Voir aussi[modifier]
Bibliographie[modifier]
- Richard Hanley, La Métaphysique de Star Trek, Bayard Culture, octobre 1998, (ISBN 2-2271-3762-2)
- Lawrence Krauss, La Physique de Star Trek, Bayard, coll. « Essais », 1998, (ISBN 978-2-2271-3751-6) (Ouvrage réputé sur la science de Star Trek mais dont la traduction, à cause des termes techniques spécifiques à l'univers de Star Trek, rend la compréhension difficile.)
- William Shatner, Chris Kreski, Star Trek : Les Mémoires, Lefrancq, 1993
Articles connexes[modifier]
- Chronologie de Star Trek
- Entités culturelles de Star Trek
- Ethnologie de Star Trek
- Jargon de Star Trek
- Mondes de Star Trek
- Personnages de Star Trek
- Space opera - Fandom de la science-fiction
- Champ de distorsion de la réalité, notion inventée dans la série, et reprise pour décrire Steve Jobs
- Memory Alpha : description et détails du projet anglophone Memory Alpha, qui vise à créer l'encyclopédie wiki la plus complête sur Star Trek.
- Memory Alpha en français représente sa contrepartie francophone.
- Bob Peak, illustrateur des affiches des films.
- Trek Nation, un film documentaire sur l'influence de Star Trek.
Liens externes[modifier]
- (en) Site officiel
- Memory Alpha
- (en) Catégorie Séries Star Trek de l’annuaire dmoz
- Catégorie Films Star Trek de l’annuaire dmoz
