Charles X de France
| « Charles X » redirige ici. Pour le roi de Suède, voir Charles X Gustave de Suède. Pour l’archevêque de Rouen, reconnu par la Ligue comme étant l’héritier du trône de France en 1589, voir Charles Ier de Bourbon (archevêque de Rouen). |
| Charles X | |
Portrait de Charles X. |
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| Titre | |
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| Roi de France et de Navarre | |
| 16 septembre 1824 – 2 août 1830 (5 ans, 10 mois et 16 jours) |
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| Couronnement | 29 mai 1825, en la cathédrale de Reims |
| Président du Conseil | Comte de Villèle Vicomte de Martignac Comte de Polignac Duc de Mortemart |
| Prédécesseur | Louis XVIII |
| Successeur | Louis XIX (non proclamé) Henri V (non proclamé) Louis-Philippe Ier (roi des Français) |
| Lieutenant-général du Royaume | |
| 14 avril – 2 mai 1814 (18 jours) |
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| Prédécesseur | Prince de Talleyrand (président du gouvernement provisoire) |
| Successeur | Prince de Talleyrand (président du Conseil) |
| Biographie | |
| Dynastie | Maison de Bourbon |
| Nom de naissance | Charles-Philippe de France, comte d'Artois |
| Date de naissance | 9 octobre 1757 |
| Lieu de naissance | Versailles (France) |
| Date de décès | 6 novembre 1836 (à 79 ans) |
| Lieu de décès | Görz (Autriche)[1] |
| Père | Louis Ferdinand Dauphin de France, dauphin de France |
| Mère | Marie-Josèphe de Saxe |
| Conjoint | Marie-Thérèse de Savoie |
| Enfants | Louis XIX Sophie d'Artois Charles-Ferdinand d'Artois, duc de Berry Marie-Thérèse d'Artois |
| Héritier | Louis de France (1824-1830) |
| Résidence | Palais des Tuileries |
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| Roi de France et de Navarre | |
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Charles X (château de Versailles, 9 octobre 1757 – Görz, Empire d'Autriche, 6 novembre 1836), surtout connu sous le titre de comte d'Artois (1757-1824), fut roi de France et de Navarre de 1824 à 1830.
Succédant à ses deux frères, Louis XVI et Louis XVIII, il est le roi de France le plus âgé, à son avènement (66 ans) comme à son décès (79 ans). Il était très attaché aux conceptions et aux valeurs de l'Ancien Régime qu'il tenta de faire revivre, après le passage révolutionnaire, tout en acceptant en majorité les valeurs de son temps.
Sacré en 1825, il est renversé en 1830 par une nouvelle révolution qui l'oblige à s'exiler. La fuite de Charles X permet à son cousin le duc d'Orléans, fils de Philippe Égalité, qui avait voté la mort de Louis XVI, de se proclamer d'abord régent du royaume, ensuite d'évincer le duc de Bordeaux, puis de se faire reconnaître en 1830 roi des Français.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Naissance et baptême [modifier]
Petit-fils de Louis XV, roi de France et de Navarre, Charles-Philippe est le cinquième fils du dauphin Louis-Ferdinand et de son épouse, la dauphine, Marie-Josèphe de Saxe. Charles est ondoyé le 9 octobre 1757, jour de sa naissance, par l'abbé de Bouillé, doyen des comtes de Lyon[2].
L'enfant est le plus jeune frère du roi Louis XVI, alors duc de Berry, et du comte de Provence, futur Louis XVIII. Deux filles le suivront Marie-Adélaïde-Clotilde, future reine de Sardaigne et Élisabeth, victime de la terreur révolutionnaire.
Il est d'abord titré comte d'Artois, en mémoire de Robert de France, comte d'Artois, frère de saint Louis, mais le choix de ce titre serait également lié aux conséquences de la tentative d'assassinat menée par Damiens contre Louis XV[3].
L'enfant est baptisé le 19 octobre 1761, le lendemain du baptême du futur Louis XVI et du futur Louis XVIII, avec les prénoms Charles Philippe par l'archevêque Charles Antoine de La Roche-Aymon dans la chapelle royale du château de Versailles, en présence de Jean-François Allart, curé de l'église Notre-Dame de Versailles. Sa marraine est sa tante Sophie-Philippine de France, et son parrain le roi Charles III d'Espagne (ce qui explique le choix de ses prénoms), représenté par Louis Auguste de France, duc de Berry[4].
Mariage et famille [modifier]
Il épouse le 16 novembre 1773 Marie-Thérèse de Savoie dont il a quatre enfants :
- Louis-Antoine d'Artois (1775-1844), duc d'Angoulême (1775-1824) puis dauphin de France (1824-1844) ;
- Sophie d'Artois (1776-1783) ;
- Charles-Ferdinand d'Artois (1778-1820), duc de Berry ;
- Marie-Thérèse d'Artois (1783).
Sa préférence va à son plus jeune fils, Charles-Ferdinand, qui lui ressemble beaucoup, au physique comme au moral. L'aîné, Louis-Antoine, au contraire, est timide et souffre de problèmes d'impuissance et de tics nerveux.
En 1772, âgé de 15 ans, il est colonel général des Cent-Suisses et Grisons. Il assiste au sacre de son frère Louis XVI en 1775, où il "tient lieu de duc de Normandie", pair du Royaume et est apanagé par lui du comté du Poitou et des duchés d'Angoulême et de Mercœur.
Louise d'Esparbès de Lussan [modifier]
En 1785 (ou 1786)[5], il s'attache durablement à Louise d'Esparbès de Lussan, épouse de Denis de Polastron (1758-1821), demi-frère de la future duchesse de Polignac, confidente de la reine, liaison qui ne lui donnera aucune descendance.
Devenue par son mariage vicomtesse de Polastron elle se trouve donc être la belle-sœur de la comtesse de Polignac, gouvernante des enfants de France, amie de la reine Marie-Antoinette. Également proche de cette dernière, le comte d'Artois se rend comme elle impopulaire par ses dépenses inconsidérées, et le public leur attribue une liaison, à tort sans doute.
Denis de Polastron, le mari de Louise, embrasse la carrière militaire, et combat lors de la guerre d'indépendance américaine, durant laquelle il est nommé colonel dans le régiment de La Fayette ; il mourra à l'âge de 63 ans en 1821. Louise d'Esparbès de Lussan meurt précocement de la tuberculose en 1804 à l'âge de 39 ans.
Carrière politique [modifier]
Philosophie politique [modifier]
Bon vivant et léger, il entraîne dans un tourbillon de fêtes mondaines sa belle-sœur, la reine Marie-Antoinette. Il acquiert le château de Maisons où il s'en va chasser en joyeuse et galante compagnie dont fait partie la jeune vicomtesse de Beauharnais… En 1777, à la suite d'un pari avec sa jeune belle-sœur, il fait construire en deux mois la célèbre folie de Bagatelle dans le bois de Boulogne qu'il décore et meuble avec faste.
Il commence à s'intéresser à la politique à l'âge de 29 ans avec la première grande crise de la monarchie, en 1786, après laquelle il prend la tête de la faction réactionnaire à la cour de Louis XVI. Le comte d'Artois devient le chef de file des réformateurs de ce que Jean-Christian Petitfils appelle la « révolution royale », c'est-à-dire le projet radical de Calonne.
Il se heurte donc aux notables réunis en assemblée : Charles accepte la suppression des privilèges financiers de l'aristocratie, mais non la réduction des privilèges sociaux dont jouissent l'Église et la noblesse. Il pense qu'on peut réformer les finances de la France sans renverser la monarchie. Selon ses propres mots, « le temps est venu de réparer mais non de démolir ». Il suscite la colère du tiers état en s'opposant à toute initiative d'accroître son droit de vote en 1789.
En liaison avec le baron de Breteuil, il noue des alliances politiques pour chasser Necker. Ce plan échoue quand Charles essaie de le faire renvoyer le 11 juillet, sans que Breteuil soit au courant, beaucoup plus tôt que prévu à l'origine. C'est le début d'une brouille qui se change en haine réciproque.
Émigration [modifier]
Le comte d'Artois est l'un des premiers à émigrer, le 16 juillet 1789. Il parcourt les diverses cours de l'Europe pour chercher des défenseurs à la cause royale. Il se trouve à Turin — chez son beau-père et son beau-frère — de septembre 1789 à juillet 1791, où il porte alors le titre de « marquis de Maisons », ainsi qu'à Bruxelles, Coblence, résidence de son oncle maternel l'archevêque-électeur de Trêves et Liège.
Il quitte Hamm en août 1794 comme « comte de Ponthieu ». Il se rend enfin en Grande-Bretagne et assiste aux conférences de Pillnitz, en 1791.
Nommé lieutenant général du royaume par son frère le comte de Provence (alors connu sous le titre de « Monsieur » avant le 21 janvier 1793) après la mort de leur frère Louis XVI, du 28 janvier 1793 à 1814.
À la mort de son neveu Louis XVII le 8 juin 1795, il est appelé Monsieur. Il veut opérer, avec le secours des Anglais, un débarquement à l'île d'Yeu sur les côtes de Vendée (1795) afin d'aider les insurgés Vendéens, mais il n'y peut réussir. Il se rend en Grande-Bretagne où il passe le reste de la Révolution et du Premier Empire.
Restauration [modifier]
En 1814, il est nommé lieutenant-général du royaume, il pénètre en Suisse allemande, à la suite des alliés, et fait son entrée à Berne le 15 avril. Au premier moment, il sait se concilier les esprits par l'aménité de ses manières ; mais il se perd bientôt dans l'opinion en signant, avec un empressement que condamne Louis XVIII même, un traité qui enlève à la France toutes les places conquises depuis 1792.
Après le second retour de Louis XVIII (1815), il se tient éloigné des affaires et emploie tout son temps soit à la chasse qui est pour lui une passion, soit à des pratiques religieuses. Il oublie la guerre. Malgré les apparences, il reste secrètement actif dans la sphère politique, en étant le chef occulte du parti ultra-royaliste.
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À la mort de son frère Louis XVIII, en 1824, il monte sur le trône. Il renoue avec la tradition du sacre, le 29 mai 1825 en la cathédrale de Reims. Ce sacre marque un retour à la logique d'Ancien Régime tout en acceptant les changements de la société française qui sont liés à la Révolution française et à l'Empire napoléonien. Ce sacre respecte les phases principales du cérémonial de l'Ancien Régime comme les sept onctions ou les serments sur les Évangiles. Malgré tout, on peut observer certains changements comme le fait que le roi prête un serment de fidélité à la Charte de 1814 ou encore le fait que les grands princes participent au cérémonial en aidant l'archevêque de Reims. Ce sacre a eu lieu sur plusieurs jours : le 28 mai il y a eu la cérémonie des vêpres ; le 29 mai ce fut la cérémonie du sacre en elle-même ; le 30 mai ce fut la remise de récompense pour les chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit et enfin ce sacre se termina le 31 mai par le toucher des écrouelles. Ainsi le sacre de Charles X apparaît comme un compromis entre la logique d'Ancien Régime et les changements de la société française depuis la Révolution française. Ce sacre symbolisait pour le roi et pour les élites un retour à l'image de la monarchie absolue en essayant d'effacer de manière relative les idées de la Révolution et de l'Empire. Malgré tout ce sacre a eu un effet limité sur la population puisque comme les mentalités de celle-ci n'étaient plus celles de l'Ancien Régime, ce sacre provoqua dès lors une certaine incompréhension de la part des populations.
Il débute par quelques mesures libérales, et abolit la censure des journaux, mais il ne tarde pas à se jeter dans les bras des ultra-royalistes, dont Jean-Baptiste de Villèle est le chef, et s'aliène l'opinion par la loi du sacrilège, la concession d'indemnités aux émigrés, par la loi dite du « milliard des émigrés » ; le licenciement de la garde nationale, le rétablissement de la censure (1825-1827). Son règne est marqué par la domination des « ultras », la frange revancharde des royalistes, opposée à la Charte de 1814.
Son catholicisme dévot indispose le peuple de Paris, volontiers anticlérical voire anticatholique ; comme à l'enterrement de Louis XVIII, il est habillé de violet, couleur de deuil des rois de France, le bruit court qu'il est évêque ; des caricatures le montrent en train de célébrer la messe devant les membres de sa famille[6].
Pour calmer les mécontents, il forme en janvier 1828 un ministère modéré, présidé par le vicomte de Martignac. Ce ministère réparateur a déjà réussi à ramener les esprits, lorsqu'il est brusquement congédié et remplacé, le 8 août 1829, par le ministère de Jules de Polignac, qui fait renaître toutes les défiances.
En effet, peu de mois après, et malgré le respectueux avertissement donné par l'adresse des 221 députés, Charles X tente de rétablir son autorité face au développement de l'opposition libérale. Il promulgue pour cela les « ordonnances de Saint-Cloud » qui dissolvent les chambres, convoquent les collèges électoraux en changeant de mode d'élection, et suspendent la liberté de la presse (25 juillet 1830).
Deux événements importants marquent la politique étrangère de Charles X :
- l'intervention en faveur des Grecs, qui aboutit à la victoire de Navarin (1827) et entraîne l'affranchissement de la Grèce (1830) ;
- l'expédition contre le dey d'Alger, qui aurait offensé par un coup d'éventail le consul de France, expédition qui conduit à la prise d'Alger (6 juillet 1830) par le maréchal de Bourmont.
Révolution de Juillet [modifier]
Ces ordonnances inconstitutionnelles excitent immédiatement une réprobation universelle ; Paris se soulève les 27, 28 et 29 juillet : ce sont les Trois Glorieuses de 1830, ou « Révolution de Juillet », qui renversent finalement Charles X. Le 30, Louis-Philippe, duc d'Orléans, est nommé lieutenant général du royaume par les députés insurgés, poste qu'il accepte le 31. Il s'enveloppe alors d'un drapeau tricolore avec M. de La Fayette et paraît ainsi à son balcon.
Abdication [modifier]
Le 2 août, Charles X, retiré à Rambouillet, abdique et convainc son fils aîné le dauphin Louis-Antoine de contresigner l'abdication.
Il confie à son cousin le duc d'Orléans la tâche d'annoncer que son abdication se fait au profit de son petit-fils Henri, duc de Bordeaux, âgé de dix ans, faisant du duc d'Orléans le régent.
Leur résolution est annoncée dans une lettre du roi déchu au duc d'Orléans :
- « Mon cousin,
- Je suis trop profondément pénétré des maux qui affligent et qui pourraient menacer mes peuples pour n'avoir pas cherché un moyen de les prévenir. J'ai donc pris la résolution d'abdiquer la couronne en faveur de mon petit-fils le duc de Bordeaux.
- Le dauphin, qui partage mes sentiments, renonce aussi à ses droits en faveur de son neveu.
- Vous aurez, en votre qualité de lieutenant général du royaume, à faire proclamer l'avènement de Henri V à la Couronne. Vous prendrez d'ailleurs toutes les mesures qui vous concernent pour régler les formes du nouveau gouvernement pendant la minorité du nouveau roi…
- Vous communiquerez mes intentions au corps diplomatique et vous me ferez connaître le plus tôt possible la proclamation par laquelle mon petit-fils sera reconnu sous le nom de Henri V. »[réf. nécessaire]
Il existe une controverse sur l'abdication : Charles X ne peut forcer son fils à renoncer à ses droits, car la dynastie de France est successive et non héréditaire. Ce dernier, devenu fictivement « Louis XIX » entre le moment où son père signe l'abdication et le moment où lui-même la contresigne, aurait pu conserver la Couronne pour lui-même et reprendre en main l'armée et le pays, mais finalement, il renonce par obéissance ou par faiblesse.
Malgré l'abdication, le duc d'Orléans prend le pouvoir sous le nom de « Louis-Philippe Ier ». Le 3 août, en effet, devant les Chambres réunies, il annonce bien l'abdication de Charles X, contresignée par le dauphin… mais ne mentionne pas qu'elle est effectuée en faveur du duc de Bordeaux.
Par ailleurs, Charles X - déjà en exil - interdit à la duchesse de Berry, la mère du duc de Bordeaux, d'amener son fils à Paris ; il embarque à Cherbourg sans laisser de consigne à ses fidèles ; c'est alors le début de la monarchie de Juillet.
En exil, Charles X porte le titre de courtoisie de « comte de Ponthieu », nom de localité qui sera donné à une rue de Paris. Le roi déchu se retire d'abord au palais de Holyrood, en Écosse. Grâce à ses bonnes relations avec les Habsbourg-Lorraine, il s'installe au Château de Prague, où il reçoit des visites de Chateaubriand. Il part ensuite à České Budějovice puis doit fuir une épidémie de choléra et arrive enfin à Görz (alors en Autriche), actuelle Gorizia en Italie et Nova Gorica en Slovénie (ville divisée en 1947 par la ligne militaire Morgan).
Il meurt dans cette ville du choléra le 6 novembre 1836 et est inhumé à Kostanjevica (Nova Gorica, Slovénie).
Mort [modifier]
« […] Mme Adélaïde [sœur de Louis-Philippe] mande à M. de Talleyrand que la Cour ne prendra pas le deuil à l'occasion de la mort de Charles X, faute de notification […] (la mort) divise, à Paris, sur tous les points. Chacun y porte le deuil à sa façon, depuis la couleur jusqu'à la laine noire, avec des gradations infinies, et des aigreurs nouvelles à chaque aune de crêpe en moins. Puis, les uns disent le comte de Marnes et Henri V, les autres Louis XIX. Enfin, c'est la tour de Babel ; on n'est même pas d'accord sur la maladie dont Charles X est mort ! […] Il y a eu division sur la question du deuil jusque dans la famille royale actuelle : la Reine, qui l'avait pris spontanément le premier jour, a été très peinée que le Ministère le lui ait fait quitter. Le Cabinet a craint la controverse des journaux […]. »
— duchesse de Dino, de Rochecotte, les 21 et 28 novembre 1836 dans Chronique de 1831 à 1862, Plon, 1909, pp.107 et 108.
À la mort de Charles X, l'effet de la double abdication du 2 août 1830 aurait dû conduire à la proclamation de son petit-fils, le duc de Bordeaux, sous le nom de Henri V.
Pourtant, le fils aîné de Charles X, le dauphin Louis Antoine, signe une proclamation dans laquelle, tout en confirmant sa renonciation de 1830, il déclare que « dans les circonstances actuelles », l'intérêt de son neveu exige qu'il soit « chef de la maison de France » et investi de l'autorité royale, sous le nom de « Louis XIX » et avec le titre de courtoisie de « comte de Marnes », jusqu'au jour où « la monarchie légitime sera rétablie » : il transmettrait alors la Couronne à son neveu.
Cette subtilité s'explique par le fait que, la mort de Charles X investissant ipso facto le dauphin de la royauté, il suffit de notifier le décès aux cours européennes pour notifier également « l'élévation » au trône du dauphin sous le nom de Louis XIX ; en revanche, la reconnaissance de l'accession au trône d'Henri V implique la notification de la double abdication de 1830, dont on peut redouter que les Cours refusent de la recevoir dès lors qu'elles ont toutes reconnu la monarchie de Juillet.
Un descendant de Charles X règne de nos jours : le grand-duc Henri de Luxembourg ; son grand-père, Félix de Bourbon-Parme, époux de Charlotte de Luxembourg, a pour grand-mère Louise d'Artois, fille du duc de Berry et petite-fille de Charles X.
Dans la culture populaire [modifier]
Dans la caricature [modifier]
Marquant le début de l'âge d'or de la caricature du XIXe siècle, Charles X est, selon les termes d'Annie Duprat, l'objet d'une satire riche et diversifiée dans les premières semaines qui suivent sa chute en 1830. À travers la presse et l'estampe, l'imagerie, d'une grande variété de thèmes et de formes, joue fréquemment sur sa physionomie dégingandée à travers de multiples représentations animales (âne, girafe, dindon, cheval, tigre, chat, canard, paon, lapin, etc.). La bigoterie du roi est rappelée par des éléments du costume. Sa fuite est également plaisantée, comparée à celle du bey lors de la prise d'Alger par les troupes du prince de Bourmont en juillet 1830[7].
Arts décoratifs [modifier]
Le nom de Charles X est resté associé à un style dans les arts décoratifs. Ce style reste proche de celui du Premier Empire. Mais ce qui caractérise la courte période de son règne est un regain d'intérêt artistique pour le Moyen Âge et l'essor du style troubadour.
Littérature [modifier]
Même si elles sont parues avant, certaines œuvres de Chateaubriand comme le Génie du Christianisme sont caractéristiques de l'esprit du règne.
Théâtre [modifier]
Le Mariage de Figaro, interdit par Louis XVI, fut joué lors d'une représentation privée au château de Genevilliers avec pour acteurs principaux, Marie-Antoinette, dans le rôle de la comtesse, et le comte d'Artois, dans le rôle de Figaro.
Cinéma [modifier]
- 2012 : Les Adieux à la reine par Francis Leplay
- 2012 : Zarafa par Roger Dumas
- 2006 : Marie Antoinette par Al Weaver
- 1970 : Waterloo par Aldo Cecconi
- 1968 : Le chevalier à la rose rouge par Jacques Castelot
- 1956 : Marie-Antoinette reine de France par Frédéric Valmain
- 1948 : Le diable boiteux par Maurice Teynac
- 1946 : L'affaire du collier de la reine par Jacques François
- 1938 : Remontons les Champs-Élysées par Robert Seller
- 1938 : Marie-Antoinette par Reginald Gardiner
- 1915 : Grip par Eliot Stannard
Télévision [modifier]
- 2006 : Marie-Antoinette par Vincent-Guillaume Otis
- 2002 : La bataille d'Hernani par Jacques Dacqmine
- 1989 : L'été de la révolution par Hervé Bellon
- 1972 : Talleyrand ou Le sphinx incompris par Robert Party
- 1971 : Les nouvelles aventures de Vidocq par Marcel Charvey
- 2011 : Louis XVI, l’homme qui ne voulait pas être roi par Thierry Binisti
IMDb [modifier]
- (en) Fiche du personnage Charles X de France sur l’Internet Movie Database
Notes et références [modifier]
- Aujourd'hui Nova Gorica, en Slovénie, (it) [1]
- Registre des baptêmes (1757) de l'église Notre-Dame de Versailles, Archives départementales des Yvelines
- Selon les souvenirs, en partie extrapolés, de la Marquise de Créquy : suite à cette tentative de régicide, les États d'Artois se rassemblent sous la présidence du marquis de Créquy, premier baron de la province, pour exprimer à Louis XV leur désolation de ce que le criminel soit artésien, et en réparation proposent que la province paye cette année le double de ce qu'elle doit fournir en argent et en hommes pour le service de la couronne. Louis XV ne veut pas accepter ce sacrifice, et pour témoigner à cette province son absence de toute rancune, fait donner le titre de comte d'Artois à son quatrième petit-fils, né justement cette année-là.
- Registre des baptêmes (1761) de l'église Notre-Dame de Versailles, Archives départementales des Yvelines
- Henri Pigaillem, Dictionnaire des favorites, Pygmalion 2010
- Le bruit devait souvent se répéter. Louis Blanc écrit dans Histoire de dix ans, PAGNERRE, à Paris 1842, (2e éd.) p. 179 : « Lorsqu’il s’était agi d’inaugurer le monument expiatoire élevé à Louis XVI, Charles X devait figurer dans cette cérémonie en habit violet, le violet étant la couleur de deuil pour les rois. Eh bien, le bruit courut parmi les soldats que son intention était de paraître en public, revêtu d’un costume d’évêque. »
- Annie Duprat, « Le roi a été chassé à Rambouillet », Sociétés & Représentations, n° 12, 2001, p. 30-43. [Lire en ligne].
Annexes [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Prétendants au trône de France depuis 1830
- Légitimisme
- Restauration
- Girafe offerte à Charles X par Méhémet Ali
Sources partielles [modifier]
- Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Charles X de France » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878 (Wikisource)
- Mémoires de la marquise de La Tour du Pin
- George Bordonove, Charles X
Bibliographie [modifier]
- 1831 : Jules Lacroix, Charles X, Paris, E. Renduel, 15 p.
- 1837 : Alissan de Chazet, Charles X, esquisse historique, Paris, Ledentu, 71 p.
- 1889 : marquis de Villeneuve, Charles X et Louis XIX en exil. Mémoires inédits du marquis de Villeneuve, publiés par son arrière-petit-fils, Paris, Plon, Nourrit et Ce, VIII + 322 p.
- 1893 : Henry Manayre, Charles X (1757-1836), Paris, chez l'auteur, 16 p.
- 1927 : Pierre de La Gorce, La Restauration. Tome II : Charles X, Paris, Plon, 343 p.
- 1927 : Jean-Paul Garnier, Le Sacre de Charles X et l'opinion publique en 1825, Jouve 1927, 147 p.
- 1958 : Jacques Vivent, sous le pseud. de « Villebrumier », Charles X, dernier roi de France et de Navarre, Paris, le Livre contemporain, 411 p.
- 1967 : Jean-Paul Garnier, Charles X, le roi, le proscrit, Paris, Fayard, coll. « Les Grandes études historiques », 483 p.
- 1972 : José Cabanis : Charles X : roi ultra, Paris, Gallimard, coll. « Leurs figures », 521 p.
- 1980 : Éric Le Nabour, Charles X : le dernier roi, préface d'Alain Decaux, Paris, Jean-Claude Lattès, 405 p.
- 1988 : André Castelot, Charles X : la fin d'un monde, Paris, Perrin, 587 p.
- 1990 : Georges Bordonove, Charles X : dernier roi de France et de Navarre, Paris, Pygmalion, coll. « Les Rois qui ont fait la France », 313 p. + 8 p. de planches.
- 1991 : Landric Raillat, Charles X : le sacre de la dernière chance, Paris, Olivier Orban, 345 p.
- 1999 : Yves Griffon, Charles X, roi méconnu, Paris, Rémi Perrin, 299 p.
- 1999 : Paul et Pierrette Girault de Coursac, Provence et Artois : les deux frères de Louis XVI, F.X. de Guibert.
Liens externes [modifier]
- La cérémonie du sacre de Charles X à Reims par l'archevêque de Reims Jean-Baptiste de Latil le 29 mai 1825, et le tableau de François Gérard, intitulé Le Sacre de Charles X.
- Le Couvent franciscain de Kostanjevica (Slovenié) avec le tombeau des Bourbons
- Agathe de Rambaud qui s'est occupée de l'éducation du fils cadet de Louis XVI
Voir aussi [modifier]
| Précédé par | Charles X | Suivi par | |||
|---|---|---|---|---|---|
| Louis XVIII |
|
Louis-Philippe Ier (roi des Français) |
|||
|
Louis XIX (non proclamé) |
- Charles X de France
- Naissance à Versailles
- Prince de sang royal français
- Roi de France
- Bourbons de France
- Membre de la famille royale (Restauration)
- Personnalité de la franc-maçonnerie française
- Chevalier de la Jarretière
- Comte d'Artois
- Personnalité morte en exil
- Naissance en 1757
- Décès en 1836
- Mort du choléra
- Philhellène
- Chevalier de l'ordre espagnol de la Toison d'Or (XVIIIe siècle)
- Colonel général (France)
- Légitimisme français
- Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit
- Ordre du Saint-Esprit
- Émigré sous la Révolution française
- Monarque ayant abdiqué