Hôtel de Saint-Florentin

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Hôtel de Saint-Florentin
Image illustrative de l'article Hôtel de Saint-Florentin
Façade sur cour.
Nom local Hôtel de La Vrillière
Hôtel de Talleyrand-Périgord
Période ou style néoclassique
Type hôtel particulier
Architecte Jean-François-Thérèse Chalgrin
Début construction 1767
Fin construction 1769
Propriétaire initial comte de Saint-Florentin
Destination initiale habitation
Destination actuelle ambassade
Protection  Inscrit MH (1925)
Coordonnées 48° 51′ 59.4″ N 2° 19′ 26.8″ E / 48.8665, 2.324111 ()48° 51′ 59.4″ Nord 2° 19′ 26.8″ Est / 48.8665, 2.324111 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Commune Paris

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Hôtel de Saint-Florentin

Géolocalisation sur la carte : 1er arrondissement de Paris

(Voir situation sur carte : 1er arrondissement de Paris)
Hôtel de Saint-Florentin

L’hôtel de Saint-Florentin (dit aussi hôtel de La Vrillière[2] ou hôtel de Talleyrand-Périgord) est un hôtel particulier situé à Paris (1er arrondissement), no 2, rue Saint-Florentin. Formant l'angle entre cette rue et la rue de Rivoli, il occupe l'angle nord-est de la place de la Concorde.

Histoire[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il imagina le plan d'ensemble de la future place Louis-XV (qui devait être rebaptisée ultérieurement place de la Concorde), Ange-Jacques Gabriel avait imaginé, de part et d'autre des deux vastes bâtiments à colonnades encadrant la rue Royale, d'édifier deux hôtels symétriques dont il avait esquissé le gabarit et les façades. Une obligation de symétrie architecturale fut édictée par lettres patentes du 21 juin 1757 et du 30 octobre 1758.

Lorsque Louis Phélypeaux de Saint-Florentin, comte de Saint-Florentin et futur duc de La Vrillière, secrétaire d'État à la Maison du Roi de 1749 à 1775, s'adressa en 1767 à Jean-François-Thérèse Chalgrin pour construire son hôtel parisien, sur un terrain qui avait appartenu au financier Samuel Bernard, l'architecte suivit de près les dessins de Gabriel pour établir la façade sur la rue de Rivoli. Les travaux furent achevés en 1769.

À la mort du comte de Saint-Florentin, l'hôtel passa au duc de Fitz-James puis, en 1787, à la duchesse del Infantado. En 1793, on y établit la section des Tuileries de la manutention de salpêtre. L'ouverture de la rue de Rivoli l'amputa de son jardin et fit également disparaître la fontaine que Jacques-Germain Soufflot lui avait adjointe lorsqu'il dirigeait les travaux du Garde-meuble voisin.

En 1812, l'hôtel fut acheté à Joseph de Hervas par Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord pour la somme de 500 000 francs dont 70 000 francs en numéraire et le reste par extinction d'anciennes créances. Il s'installa à l'entresol cependant que la duchesse de Dino occupait le deuxième étage.

En 1814 et 1815, l'hôtel de Saint-Florentin, mis un temps à la disposition du tsar Alexandre Ier de Russie, fut le cadre des tractations menées par Talleyrand en vue du retour des Bourbons. C'est là que Talleyrand mourut en 1838.

L'hôtel fut aussitôt acquis, en juillet 1838, par James de Rothschild qui le paya 1,2 million et en fit, selon le mot de Heinrich Heine, le « Versailles de la ploutocratie parisienne ». Celui-ci y loua un appartement à l'entresol à la princesse de Lieven, par qui il demeura un lieu d'influence politique et diplomatique.

Dans les années 1860-1870, Alphonse de Rothschild y fit effectuer d'importantes transformations par les architectes E. Petit et Léon Ohnet. C'est à cette époque que fut construite l'aile sur la rue du Mont-Thabor. Alphonse de Rothschild fit également remonter des décors provenant du pavillon construit à Louveciennes pour Madame Du Barry par Claude Nicolas Ledoux. Ces boiseries ont été sculptées par Métivier et Feuillet.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'hôtel fut loué en 1948 par la famille Rothschild au gouvernement des États-Unis qui y installa en 1949 le George C. Marshall Center, destiné à gérer le plan Marshall pour la reconstruction de l'Europe, dont le directeur pour l'Europe, William Averell Harriman, avait installé son bureau dans le Salon de l'Aigle. L'hôtel accueillit également la première mission américaine auprès de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

L'hôtel fut acheté par les États-Unis le 14 novembre 1950. Entre 1979 et 1984, il fut restauré par l'architecte Hugh Newell Jacobsen, assisté des décorateurs Barroux et Robert Carlhian. Chaque pièce fut alors rétablie en fonction de sa destination primitive. La visite de l'étage noble de l'aile sud, baptisé pour rappeler la mémoire du général George C. Marshall, se fait à nouveau en commençant par les antichambres auxquelles succèdent une salle à manger, une salle du dais, un grand cabinet, un arrière-cabinet et une chambre de parade. L'hôtel a longtemps abrité divers services de l'ambassade des États-Unis en France.

Inscrit sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1925 et classé comme Culturally Significant Property par le Département d'État américain, l'hôtel de Saint-Florentin a été soigneusement restauré entre 1999 et 2007 grâce notamment à la fondation américaine World Monuments Fund Europe et France.

La section consulaire américaine a quitté les lieux au printemps 2007. Le Gouvernement fédéral américain a lancé un appel d'offres afin de sélectionner les futurs occupants de l'hôtel. La candidature du cabinet d'avocats Jones Day a été retenue et le cabinet a signé en septembre 2008 un bail lui concédant l'usage de l'intégralité des locaux, à l'exception du Centre Marshall et des espaces y attenant au deuxième étage, qui restent affectés aux services gouvernementaux. Le cabinet Jones Day s'est engagé à conduire de nombreux travaux visant à transformer l'hôtel en bureaux fonctionnels tout en respectant et préservant sa valeur historique. Les travaux ont démarré début septembre 2008 et s'achèveront début 2010.

Architecture[modifier | modifier le code]

Hôtel de Saint-Florentin vu de la rue Saint-Florentin.

Chalgrin a respecté le plan d'ordonnance fixé par Gabriel pour les abords de la place Louis-XV. « C'est à cette situation et à cette contrainte que l'édifice doit son caractère unique de palais particulier, à la fois français et italien. »[3]

Sur la rue Saint-Florentin, l'architecte n'était pas assujetti aux mêmes contraintes. Il a pris le parti, qu'on retrouve dans plusieurs bâtiments de la même époque, d'un portail sur rue encadré de colonnades à jour qui donne de la lumière la rue comme à l'appartement de l'intendant du Garde-meuble, logé dans l'hôtel d'en face.

« Au fond de la cour, l'entrée réhabilite encore timidement le motif renaissant de la serlienne qui va prendre sa plénitude chez Soufflot et chez Claude Nicolas Ledoux. Faut-il attribuer à Brunet, le futur entrepreneur de Saint-Philippe-du-Roule, la stéréotomie du grand escalier, qui dessine sous le palier du premier d'harmonieux ramages ? De tels ouvrages ne se soutiennent que par la force des broches métalliques qui s'y dissimulent. Un guide de l'époque, l’Almanach parisien en faveur des étrangers, désigne cette cage d'escalier comme “une œuvre du dernier goût”. Cherpitel [...] s'en est visiblement inspiré à l'hôtel du Châtelet. Rue Saint-Florentin, les murs de l'escalier sont rythmés de niches et de pilastres ioniques, sous une coupole où le peintre Simon Berthélemy a célébré les vertus de M. de Saint-Florentin au moment où il allait être créé duc de La Vrillière : La Force, la Prudence et la Renommée portant à l'Immortalité le globe de la France. »[3]

Dans l'appartement de parade de l'étage noble de l'aile sud, Nathalie Volle reconnaît la main de Berthélemy dans certaines pièces[4]. Les lambris sculptés par Feuillet et Métivier qui se trouvent dans l'arrière-cabinet proviennent du pavillon du Barry de Louveciennes et ont été remontés à l'hôtel de Saint-Florentin sur ordre du baron Alphonse de Rothschild.

Protection[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. coordonnées vérifiées sur Google Earth
  2. Cette dénomination s'applique plus couramment à l'hôtel qui abrite le siège de la Banque de France, rue La Vrillière.
  3. a et b Michel Gallet, Les Architectes parisiens du XVIIIe siècle, p. 111
  4. Michel Gallet, Les Architectes parisiens du XVIIIe siècle, p. 112
  5. « Notice no PA00085836 », base Mérimée, ministère français de la Culture

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