Jean Michel Jarre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jarre.

Jean Michel Jarre

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Jean Michel Jarre en 2008

Informations générales
Nom de naissance Jean-Michel André Jarre
Naissance 24 août 1948 (66 ans)
Lyon, Rhône
Activité principale Auteur-compositeur-interprète
Activités annexes Producteur de musique
Genre musical Musique électronique, musique progressive, musique de variétés, space music, chill-out
Années actives Depuis 1969
Site officiel www.jeanmicheljarre.com

Jean Michel Jarre[1], de son nom complet Jean-Michel André Jarre, est un compositeur français de musique électronique né le 24 août 1948 à Lyon. Il a vendu plus de 80 millions de disques[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Jean-Michel André Jarre naît le 24 août 1948 à Lyon, quartier de la Croix Rousse, fils de Maurice Jarre (compositeur de musiques de films) et de France Pejot (ancienne résistante) dans une famille de musiciens. Il est influencé dès son plus jeune âge par son grand-père musicien et bricoleur, coinventeur de la première table de mixage pour la radio française.

C'est en 1953 que ses parents se séparent : son père part définitivement pour les États-Unis, le laissant seul avec sa mère. Il vit alors à Vanves, en banlieue parisienne. Jean-Michel se réconciliera avec son père à l'occasion de son mariage avec l'actrice Anne Parillaud en mai 2005, mais pas suffisamment tôt pour envisager des projets musicaux avec lui. L'absence du père sera sans doute une des plus grandes fêlures de sa vie, même s'il n'en a que très peu parlé[3].

Il commence le piano à huit ans. Dégoûté par une enseignante particulièrement stricte, il abandonnera l'instrument pour ne s'y remettre que deux ans plus tard. Sa mère l'emmène alors à Paris dans une boîte de jazz, « Le Chat qui pêche », tenue par une de ses amies Mimi Ricard (rencontrée dans la Résistance Lyonnaise). Les jazzmen Archie Shepp, Don Cherry et Chet Baker, initient le petit Jean-Michel à la musique et, pour lui, c'est le coup de foudre. Sa mère se charge d'organiser sa nouvelle passion. Il prend donc des cours d'harmonie et de contrepoint au Conservatoire de Paris, avec Jeanine Rueff. Il développe ainsi de solides bases classiques, tout en s'intéressant également à la musique de son temps en apprenant la guitare électrique et en jouant au début des années 1960 dans plusieurs groupes de rock et de jazz, dont les Mystères IV avec lequel il remporte le premier prix du tremplin de la Foire de Paris. Il fait une apparition dans le film Des garçons et des filles d'Étienne Périer, sorti en 1967, avec son groupe les Dustbins (« poubelles » en anglais). Il interprète deux chansons durant le film Let me take your hands et I feel so down[4].

Il obtient son bac en 1966, puis entreprend durant trois ans des études supérieures. Il réussit une licence de lettres à la Sorbonne avec notamment un essai sur le Faust de Gounod comparé à celui de Goethe.

Débuts[modifier | modifier le code]

L'année 1968 marque le premier tournant de sa vie : d'un côté, il termine sa licence de littérature comparée, de l'autre, il rencontre Pierre Schaeffer et quitte le conservatoire pour le Groupe de recherches musicales (GRM), un organisme créé par Schaeffer regroupant des musiciens et des chercheurs étudiant les musiques contemporaines et expérimentales, tentant d'explorer de nouvelles voies dans la musique. Passionné par la musique électro-acoustique, il se révèle vite habile à la manipulation de magnétophones et de bandes magnétiques, élaborant déjà des esquisses de compositions. Il y découvre les premiers synthétiseurs, le VCS 3 et le Moog. Il y rencontre de grands compositeurs comme Bernard Parmegiani et Karlheinz Stockhausen.

En 1969, il compose ses premiers morceaux de musique électro-acoustique : d'abord une pièce électro-acoustique de cinq minutes pour la maison des jeunes et de la culture (MJC) Saint-Exupéry de Reims intitulée Happiness is a sad song, puis Erosmachine (dont un thème formé d'un bruit d'une lame de ciseaux frottant une corde de piano (!), sera repris en introduction de Chronologie 2) et La Cage (composé de sons hétéroclites de scie musicale, de guitare électrique enregistrée à l'envers, de batterie, de crécelle, de cuiller en bois, de synthétiseurs et de cris féminins). Ces deux morceaux sortent en vinyle à un peu plus d'une centaine d'exemplaires en 1971 chez Pathé-Marconi, alors qu'il vient de quitter le GRM l'année précédente, en désaccord avec l'esprit du groupe.

C'est également en 1971 que Jean-Michel Jarre crée pour la première fois de sa vie l'évènement : jouissant grâce au GRM d'une certaine notoriété de compositeur, il est appelé par le chorégraphe Norbert Schmucki et se voit confier la composition de la partition du ballet Aor (la lumière en hébreu) pour l'inauguration du nouveau plafond de l'Opéra de Paris dû à Chagall, devenant le plus jeune musicien à jouer en live dans cette salle mythique, en y introduisant ainsi pour la première fois la musique électro-acoustique. Le thème de Aor est la danse des sept voiles exécutée par Salomé pour subjuguer Hérode Antipas. Chaque musique représente une couleur de l'arc-en-ciel. Cette œuvre n'est pas mélodique, elle est constituée de sons de VCS 3. On pourrait la comparer au bruit d'un moteur de motocyclette. Une séquence de Aor a été utilisée plus tard dans Révolution industrielle 1, il s'agit du son de règle métallique que l'on peut entendre au bout d'une minute cinquante[4].

Avec ce ballet, Jarre devient le plus jeune compositeur à voir une de ses œuvres jouées à l'opéra. C'est l'occasion pour lui de voir sa carrière commencer là où bon nombre de musiciens la terminent. Ce premier essai est rapidement suivi de deux autres : Le Labyrinthe, puis Dorian Gray qui sera retransmis partiellement à la télévision.

Il travaille dès lors de façon indépendante. En 1972, il compose le générique de l'émission télévisée Sport en fête présentée par Michel Drucker, travaille sur la musique de deux chansons du groupe Triangle : Récréation et Le matin du premier jour.

Il rencontre Philippe Besombes avec qui il partage la même conception et la même approche de la musique électronique. Ils collaborent sur scène lors de concerts de musique électro-acoustique.

En 1973, il compose la musique de Lady, une chanson interprétée par le groupe Bill & Buster et écrit la chanson Jolly Dolly pour le groupe Blue Vamp. Sa production est remarquée par le magicien Dominique Webb avec qui il travaille pour un spectacle à l'Olympia, dont résulte un disque intitulé Hypnose.

Il compose aussi pour le cinéma ou la chanson : il signe la bande originale du film Les Granges brûlées de Jean Chapot, avec Alain Delon et Simone Signoret, qui sort en 30 cm. On y retrouve son premier succès Zig-zag, repris par de nombreux groupes, mais dont la seule vraie version est publiée en 45 tours sous le nom de Foggy Joe.

Bientôt, sort son deuxième album Deserted Palace, album très expérimental composé à l'orgue Farfisa et au VCS 3, distribué comme compilation de musiques d'ambiance créées pour la société américaine Underground Muzaks, et non diffusé dans le circuit des disquaires classiques[5].

Jarre sort aussi sa propre version de Pop-corn (énorme succès des années 1970 composé par Gershon Kingsley) sous le pseudonyme Jamie Jefferson, avec en face B Black bird qui est en fait une version différente de Bridge of promises que l'on trouve originellement sur l'album Deserted Palace. D'autres 45 tours suivent : Cartolina/Helza sous le pseudonyme 1906 avec une pochette qui reprend l'affiche du cabaret Le Chat noir.

Dans ces années, Jean-Michel Jarre vit une période intense de producteur, compositeur et parolier, et est à l'origine de plusieurs tubes. Il participe aux textes des albums Les Paradis perdus (1973) et Les Mots bleus (1974) pour Christophe avec les tubes éponymes et d'autres comme Señorita. Il y croise des musiciens qu'il retrouvera plus tard : Dominique Perrier et Roger Rizzitelli, qui fonderont de leur côté le groupe Space Art, auteur du titre Onyx qui connaitra un certain succès. Il se fait également metteur en scène pour le spectacle de Christophe à l'Olympia en 1975, dans lequel on peut voir un piano voler. C'est à ce moment qu'il rencontre Francis Dreyfus, son futur éditeur.

En 1975 également, il peaufine deux textes et une musique pour le 45 tours de Françoise Hardy Que vas-tu faire ? et Le compte à rebours, ainsi que quatre musiques La Fille que j'aime, Parade, La Belle et la Bête (un thème repris pour Second rendez-vous) et La mort du cygne (thème repris pour Troisième rendez-vous) pour Gérard Lenorman. Viendront ensuite en 1976 L'enfant aux cheveux blancs, et en 1977 Où sont les femmes ?, et Les bleus au cœur pour Patrick Juvet, issus des albums Mort ou vif et Paris by night à la production desquels il participe.

C'est en 1974 qu'il rencontre Michel Geiss qui deviendra un ami et l'aidera dans la suite de sa carrière en concevant le Matrisequencer[6] et le Rythmicomputer[7] (utilisés pour la première fois sur l'album Equinoxe), puis le Digisequencer[8] (utilisé pour la première fois sur l'album Chronologie).

Carrière[modifier | modifier le code]

Années 1970[modifier | modifier le code]

L'année 1976 marque le début de la carrière de Jean Michel Jarre. En août, il se lance dans l'enregistrement d'un album concept : Oxygène. Il y développe un voyage musical d'une quarantaine de minutes, séparé en 6 mouvements. Il y utilise des synthétiseurs analogiques de l'époque avec une grande fluidité et sensibilité qui rompent radicalement avec le style froid et technique de Kraftwerk par exemple. L'album sort en novembre, et devient très vite un phénomène international tant son succès est foudroyant et exceptionnel. Dans le monde entier, le célèbre thème d’Oxygene IV (né au départ comme illustration musicale pour l'Autoroute de l'est) envahit les premières places des ventes et des hit-parades. Jean Michel reçoit à cette occasion le Grand Prix du Disque de l'Académie Charles Cros. C'est également en 1976 que naît Émilie, son premier enfant[9]. Il utilise pour la première fois la technologie VHS pour la réalisation du clip d'Oxygène IV. Le 45 tours devient un tube mondial et est utilisé pour plusieurs génériques d'émissions télévisées et radio (dont la fameuse Basket de J.L. Lafont sur Europe 1).

En 1977, il est nommé Personnalité de l'année par le magazine américain People. Polydor achète les droits de distribution de ses œuvres dans le monde entier.

Durant l'année 1978, il épouse le 7 octobre l'actrice britannique Charlotte Rampling ; la même année naît leur fils David. Sur le plan professionnel, il entame en janvier l'enregistrement de l'album studio Equinoxe, composé en 18 mois et qui sort en novembre. Celui-ci, une fois de plus axé sur des ambiances, le travail sur l'évocation de sons naturels (pluie, vent, mer…), confirme le succès d'Oxygène. C'est aussi le début de la collaboration avec Michel Geiss[10]. La couverture de l'album Le trac est une œuvre réalisée par Michel Granger comme celle de Oxygène. Une vidéo devait accompagner cet album mais le projet n'a pas abouti. Sa première vidéo ne sortira qu'en 1980 pour illustrer en 30 minutes le concert de la Concorde. Plusieurs séquences ayant été refilmées en studio afin de combler la mauvaise réalisation du direct de TF1. Toujours en 1978, il reçoit un Midem Award.

Il ne néglige pas pour autant son travail pour le cinéma puisqu'il signe la même année la bande originale du film La Maladie de Hambourg de Peter Fleischmann qui utilise notamment le titre Oxygène.

L'année 1979 le révèle en tant que showman : pour le 14 juillet, il organise son premier concert en extérieur gratuit place de la Concorde à Paris, intitulé Paris Bleu Blanc Rouge qui attire un million de spectateurs, sans compter les téléspectateurs puisque le concert est diffusé en Eurovision. Il entre pour l'évènement dans le Guinness Book, tout en inaugurant le concept du méga-concert qui deviendra sa signature : un spectacle total, mêlant musique, jeux de lumières, lasers, effets pyrotechniques et projections géantes. Mick Jagger présent au concert est soufflé par la réalisation de ce type de concert, une collaboration avec les Rolling Stones est même évoquée sans qu'elle voie le jour.

Il reçoit la médaille d'or de la SACEM pour sa contribution à la diffusion de la culture française dans le monde. Effectivement, Jean-Michel fait partie des musiciens français les plus connus à travers le monde, tout comme son père, Maurice Jarre. 2 disques de platine décernés l'un à Jean-Michel Hepp, directeur des variétés TF1 et organisateur du concert de la Concorde, le second disque décerné à Claude Brunet, directeur des programmes d'Europe 1 (1979) pour leurs contributions à la diffusion de l'album Equinoxe.

Années 1980[modifier | modifier le code]

En mai 1981, alors que François Mitterrand, récemment élu, prend ses fonctions, sort Les Chants Magnétiques, premier album dans lequel est utilisé le Fairlight CMI (premier synthétiseur échantillonneur numérique). La même année s'achèvent deux années de négociations qui lui permettent d'être le premier occidental à jouer en République populaire de Chine depuis la mort de Mao Zedong. Il décolle le 15 octobre de Paris pour une série de cinq méga-concerts, deux à Pékin et trois à Shanghai. Le public chinois est conquis, et Jean Michel Jarre devient membre honoraire du conservatoire de musique de Pékin. Les Chinois lui donneront le surnom de grand maître de l'électronique. Il repart de Chine avec un side-car, le seul à avoir été autorisé par le gouvernement à être exporté. Son succès ne s'atténuera jamais jusqu'à aujourd'hui dans ce pays.

En 1982, le double album : Les Concerts en Chine est l'écho de cette tournée. Quelques morceaux sont toutefois retravaillés ou composés en studio comme le fameux Souvenir de Chine qui clôt l'album. Le morceau Arpégiateur sera utilisé plus tard dans la bande sonore du film 9 semaines 1/2.

En 1983, Jean Michel Jarre compose une musique d'ambiance pour une exposition d'art moderne Orrimbe dont les supermarchés sont le thème. Comme pour les œuvres exposées par les jeunes peintres, il décide de vendre aux enchères la musique qu'il a composée : Musique pour Supermarché, un album fabriqué à un seul exemplaire (la matrice de fabrication est détruite sous contrôle d'huissier), est vendu le 6 juillet 1983 à l'hôtel Drouot à Paris. La mise à prix est de 50 francs (prix moyen d'un 33 tours à l'époque). J.M. Jarre entre une nouvelle fois dans le Guinness Book pour l'album le plus cher du monde : 69 000 francs, argent destiné à aider les jeunes artistes. L'idée est de créer un disque unique, de la même manière qu'une œuvre d'art, mais certains[Qui ?] y voient aussi une attaque contre l'industrie discographique en général, puisque l'artiste annonce sur RTL : piratez-moi ! juste avant que la station diffuse son disque pour une seule et unique fois, le soir même de la vente.

En novembre de la même année, il publie une compilation intitulée The Essential d'abord en Angleterre, puis, dans une version différente en France un an et demi plus tard. Une version proche sortira en Italie sous le titre Synthesis et en Allemagne sous le titre Musik aus Zeit und Raum (musique hors de l'espace-temps).

En novembre 1984, il sort l'album : Zoolook qui l'emmène explorer un univers sonore très différent de ses premiers albums. Il l'enregistre à New York avec Marcus Miller, Laurie Anderson, Yogi Horton, Adrian Belew et Frederick Rousseau après avoir parcouru le monde pendant 18 mois pour enregistrer des voix dans de multiples langues et dialectes et en avoir fait une sorte de patchwork avec le Fairlight. Cet album est élu album instrumental de l'année aux États-Unis. Jean Michel Jarre reçoit en outre des mains de Daniel Balavoine une Victoire de la musique pour le meilleur album de musique instrumentale et une nouvelle fois le Grand Prix de l'Académie du Disque. Quelques morceaux de cet album sont utilisés comme génériques d'émissions télévisuelles (Zoolookologie pour l'émission Zénith de Michel Denisot sur Canal+, Ethnicolor II pour Histoires courtes sur Antenne 2).

Il a été choisi pour participer à la célébration des 150 ans du Texas et les 25 ans de la NASA en avril 1986. À cette occasion il compose pour Ronald E. McNair, astronaute américain et saxophoniste amateur, un morceau - baptisé VIe Rendez-vous, ou Last Rendez-Vous sur l'album - qui devait devenir le premier morceau joué en apesanteur, à bord de la Navette spatiale Challenger. L'explosion en vol de la navette le 28 janvier 1986 tuera malheureusement les sept astronautes parmi lesquels Ronald E. McNair. En sa mémoire, Jean-Michel Jarre rebaptisera cette composition Ron's piece.

Malgré ce coup terrible, Jean-Michel Jarre poursuit son projet qui aboutit au méga-concert Rendez-Vous Houston, mis en scène par Christian Bourret qui réalisera par la suite la plupart des concerts de Jean Michel Jarre, (Lyon, Paris, Moscou, les 12 rêves du Soleil au Caire pour le passage à l'an 2000, La cité interdite à Pékin, Gdansk, etc.). C'est à partir de Houston que commence une collaboration assidue avec Francis Rimbert rencontré peu après le concert de la Concorde en 1979.

Son nouvel album Rendez-vous est enregistré en deux mois et reflète le gigantisme des concerts, récompensé par une Victoire de la musique. L'album remporte un grand succès et le single 4e rendez-vous devient un tube international et un morceau phare de ses concerts. Pour l'anecdote les mélodies de Second rendez-vous et 3e rendez-vous proviennent de compositions que Jean Michel avait écrit pour Gérard Lenorman dans les années 1970 (respectivement La belle et la bête et La mort du cygne), 5e rendez-vous provient de Musiques pour Supermarchés.

Il donne donc le 5 avril un son et lumières spectaculaire en plein centre de Houston devant près d'un million et demi de spectateurs. Des bouchons bloquent les autoroutes qui passent près du site du concert, du fait que les automobilistes s'arrêtent pour le suivre. Jean Michel Jarre reçoit pour ce concert la Victoire de la musique du meilleur spectacle musical, tandis que le Guinness Book officialise les 1,3 million de spectateurs. Le 5 octobre de la même année, Jean Michel Jarre revient dans sa ville natale, capitale des Gaules, et organise son Rendez-Vous Lyon : concert pour le pape, un concert gratuit en l'honneur de la venue de Jean-Paul II qui se déroule sur la colline de Fourvière, attirant 800 000 spectateurs.

En 1987, sort l'album Houston-Lyon qui retrace ces deux concerts. Pour ses 10 ans de carrière, Polygram publie une discographie complète : 10e Anniversaire. Une biographie est publiée par Jean-Louis Remilleux, chez Olivier Orban et Jean Michel Jarre est élu Citoyen d'honneur de la ville de Lyon. Cette année là, il est nommé Personnalité européenne de l'année par le magazine américain People.

En 1988, Jean Michel Jarre reprend son travail d'exploration musicale avec Révolutions, un album ethnique rappelant Zoolook, qui mêle voix (issues principalement de cultures non occidentales) et sons électroniques. Les 8 et 9 octobre, il donne un concert sur les docks de Londres, Destination Docklands, dans des conditions météorologiques désastreuses, mais tire parti des circonstances en offrant au million de spectateurs (dont la princesse de Galles) deux concerts mémorables. Financièrement, l'opération se révèle également très difficile à équilibrer. En 1989 sort une compilation des morceaux joués lors du premier concert à Londres : Jarre Live.

Un projet lié au bicentenaire de la Révolution française n'aboutit pas, et c'est le défilé de Jean-Paul Goude qui sera retenu pour le 14 juillet.

Il joue London Kid pour le centenaire de la Tour Eiffel en mai 1989 avec le leader des Shadows, Hank Marvin, une des idoles de sa jeunesse.

Dreyfus sort une discographie complète : Jean Michel Jarre - Les Années Laser. Le coffret n'est disponible qu'en France et un coffret vidéo VHS regroupant les concert de Chine, Houston, Lyon

Une exposition Concert d'images est organisée du 6 juillet au 17 septembre 1989 à l'Espace Photographique de la Ville de Paris, au Forum des Halles autour de l'univers du musicien. Cette exposition donne lieu à la publication d'un livre tiré à 5 020 exemplaires chez Paris Audiovisuel et à la création du plus long morceau de musique de Jean-Michel, composé à 70 % par un logiciel de composition automatique sur Atari. Ce morceau sera repris sur l'album En attendant Cousteau et est, depuis, toujours utilisé en musique d'attente avant ses concerts.

Il réalise la musique d'un reportage de l'Odyssée du Commandant Cousteau sur le domaine protégé de Palawan aux Philippines, musique restée inédite, mais dont quelques extraits ont été mis en ligne sur des sites de fans sur Internet.

Cette collaboration avec le célèbre commandant se traduit en 1990 par l'album En attendant Cousteau, enregistré à Trinidad, dont le calypso (le nom du célèbre bateau de Cousteau) est la danse traditionnelle. L'album recourt d'ailleurs à un groupe de steel drums sur le titre éponyme.

Années 1990[modifier | modifier le code]

Onze ans après son premier méga-concert, Jean Michel Jarre revient à Paris le 14 juillet 1990 pour un concert gigantesque : La Défense en concert. Le Guinness Book officialise 2 500 000 spectateurs, un record de plus. Un livre souvenir de ce concert est publié aux Éditions du Moniteur.

La même année, un astéroïde découvert en 1942 par Louis Boyer est baptisé « (4422) Jarre » en l'honneur de Jean Michel Jarre et de son père[11].

En 1991, un projet de concert programmé durant l'éclipse totale de Soleil au pied de la pyramide du Soleil à Teotihuacan au Mexique est annulé en raison du naufrage du bateau qui acheminait le matériel depuis l'Europe.

Jean-Michel publie Images, une compilation dans laquelle il revisite nombre de ses succès, dont des morceaux joués uniquement en concert (Orient Express), d'autres très peu connus (Moon Machine la face B de Rendez-vous IV), ou totalement inédits (Globe Trotter et Eldorado prévus pour le concert au Mexique). Une vidéo VHS portant le même nom est publiée simultanément. Elle regroupe les principaux clips de l'artiste qui reçoit un Video Award à cette occasion.

En 1992, il aurait participé à l'organisation d'une partie de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver à Albertville. Puis il est chargé d'organiser Swatch the World, un son et lumières à Zermatt (Suisse) à l'occasion de la vente de la cent millionième montre Swatch. Le spectacle se déroule au pied du mont Cervin. On y entend le titre Une alarme qui swingue, ébauche du futur Chronologie 4. Jean-Michel part ensuite pour l'Afrique du Sud où il organise trois spectacles : Legend of the Lost City, à l'occasion de l'ouverture d'un complexe hôtelier près de Sun City. Entretemps, il essaie d'organiser un spectacle au palais des congrès pour aider les enfants défavorisés mais celui-ci ne verra pas le jour.

En 1993, lassé par le MIDI et les synthétiseurs digitaux, il revient de manière remarquée aux synthétiseurs analogiques qui firent la gloire d’Oxygène et d’Equinoxe dans son nouvel album Chronologie.

Entre le 28 juillet et le 16 octobre 1993, une tournée européenne Europe en concert menée dans quatorze villes de sept pays (de Bruxelles au Mont-Saint-Michel) attire près de 660 000 spectateurs en quinze concerts[12], en partenariat avec le célèbre fabricant de montres Swatch. Il réalise d'ailleurs plusieurs mélodies pour les montres Swatch Musicall. Le succès n'étant terni que par les embouteillages créés par les concerts sur certains sites comme Le Mont-Saint-Michel, et quelques annulations de dates. Malgré le succès de la billetterie, cette tournée se transforma en gouffre financier, dû en partie à un producteur véreux en Espagne, ce qui causa la mise en liquidation judiciaire de la société de production CICS dont J-M Jarre est actionnaire à 12 %. Plusieurs sociétés partenaires de Jarre depuis des années seront entraînées dans cette chute.

Il reçoit une Victoire de la musique pour cette tournée, qui est l'occasion de retrouvailles avec son père Maurice Jarre. Cette tournée est l'occasion de la publication d'un livre Europe en concert aux Éditions du Moniteur. En mai de la même année, il est nommé Ambassadeur de Bonne Volonté par l'UNESCO, pour son talent à rassembler des foules de toutes cultures par la musique, et une série de concerts dans le monde entier est planifiée pour 1995 (déclarée année de la tolérance), tandis que sa musique Eldorado devient hymne de l'UNESCO. Le projet de séries de concerts n'aboutit pas. Parallèlement la tournée Europe en concert fait l'objet d'une VHS qui reprend le concert de Barcelone.

Le 11 mars 1994, il revient en Chine pour organiser le Concert d'inauguration du Grand Stade de Hong-Kong, pour lequel il a été préféré à Michael Jackson et Madonna. Il y rejoue plusieurs morceaux de ses concerts de 1981, dont Jonques de pêcheurs au crépuscule avec un orchestre classique local, à la demande des autorités, en offrant au public un spectacle proche de ceux de sa tournée européenne. Le 1er avril, il offre un poisson original aux auditeurs de la station radio Europe 2, en jouant un mini-concert acoustique (à l'orgue de barbarie !) de trois morceaux : L'Orchestre sous la pluie alias Équinoxe 8 déjà entendu sous cette forme pendant sa tournée européenne, un surprenant Équinoxe 3 ironiquement sous-titré "version heavy metal", et le plus classique La Dernière Rumba issu de l'album Les Chants magnétiques. On regrette qu'il n'existe pas de trace discographique de l’événement et qu'il n'ait jamais été renouvelé. Le 25 mai, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur. Il sort le 14 novembre son album Hong-Kong qui reprend des extraits de ses concerts à Hong Kong et en Europe.

L'année 1995 est l'année de Concert pour la Tolérance, donné le 14 juillet à Paris au pied de la tour Eiffel, pour célébrer le cinquantenaire de l'UNESCO. Ce concert attire 1,5 million de spectateurs, en rassemblant instruments et musiciens de cultures différentes : orchestre arabo-andalou, chanteurs africains, le chanteur algérien Khaled, le chanteur lyrique Richard Cross. Le concert, introduit par un survol du Champ de Mars par la Patrouille de France, est retransmis en direct sur TF1, et sera publié ensuite en Laserdisc (sorte d'ancêtre du DVD de la taille d'un 33 tours). Un livre souvenir de ce concert est publié aux Éditions du Moniteur. Au même moment sort l'album Jarremix qui regroupe des remixes de ses anciens morceaux par de jeunes DJ.

En 1996, Jean Michel Jarre ouvre un site web en collaboration avec le ministère de la Culture : Un espace pour la tolérance. Plusieurs projets de concerts n'aboutissent pas. En juin, il termine dans son propre studio de la région parisienne un nouvel album, mais sa sortie est reportée car il a d'autres projets de concerts. C'est cette année-là qu'il se sépare de Charlotte Rampling.

Le 18 février 1997 sort l'album : Oxygène 7-13. Il est dédié à Pierre Schaeffer, le mentor de ses jeunes années au GRM, et revient aux sources en hommage aux premiers synthétiseurs analogiques. Jean Michel Jarre le considère comme une suite de son premier succès, en utilisant vingt ans après les mêmes instruments que sur Oxygène. Il se lance dans une tournée européenne en salle : le 3 mai, Oxygène Tour débute à Toulon, avant de partir en Europe du Nord jusqu’à fin juin. Il revient au méga-concert en organisant le spectacle Moscou, en route vers le XXIe siècle pour célébrer les 850 ans de la ville. 500 000 personnes assistent à ce concert au pied de l'université de Moscou, mais plus de 3 millions de personnes peuvent le voir ou l'entendre des environs : nouveau record. Le clou du spectacle est une liaison avec les cosmonautes à bord de la station Mir. Puis il reprend sa tournée en France, notamment au Zénith de Paris, mais les concerts prévus dans le reste du monde sont annulés les uns après les autres. En novembre sort la compilation Complete Oxygene qui regroupe les deux albums Oxygène et Oxygène 7-13 assorti d'un bonus constitué d'un remix du titre Oxygène 12 baptisé Oxygen in Moscow.

En avril 1998, intéressé par les nouvelles technologies et notamment le multimédia, il sort l'album : Odyssey Through O2 qui a la particularité d'être un CD-ROM. La partie audio est constituée de remixes de différentes partie d’Oxygène, alors que la partie multimédia est très travaillée, en collaboration avec une entreprise belge et une école multimédia française. En juillet, il organise un spectacle pour la fin de la Coupe du monde de football et la première Nuit électronique, qui attire 600 000 personnes. 4e rendez-vous est de nouveau remixé et sort en simple sous le titre Rendez-vous 98, comme un des hymnes officiels de la coupe du monde. Il s'agit d'un concert techno où les tubes de Jarre sont remixés par des DJ renommés comme Claude Monnet. Ce travail, très différent des productions habituelles du musicien, déroute notablement son public traditionnel. L'enregistrement du concert sort en VHS uniquement au Japon.

Une partie de l'année 1999 est consacrée à préparer le passage à l'an 2000. Le site des pyramides de Gizeh aux portes du Caire en Égypte est choisi. Le spectacle, intitulé Les 12 Rêves du Soleil, se déroule en deux parties : la première dans la nuit du 31 décembre 1999 au 1er janvier 2000, devant 115 000 spectateurs (dont le président égyptien Hosni Moubarak) malgré un brouillard notable qui donnera au spectacle une ambiance particulière ; la deuxième partie se déroule au lever du soleil, le matin du 1er janvier. Un livre souvenir de ce concert est publié aux éditions Cristaly.

Années 2000[modifier | modifier le code]

Fin janvier 2000, il change une nouvelle fois de registre et sort l'album : Metamorphoses, dont presque chaque musique est (inhabituellement) accompagnée de paroles (avec les voix de Natacha Atlas ou de Laurie Anderson entre autres). Une partie de ces morceaux a été jouée en avant-première lors du concert du Caire. Il utilise aussi sa propre voix déformée à l'aide de synthèse vocale comme sur le morceau Hey Gagarin. Cet album s'oppose au discours habituel du musicien qui jusqu'alors n'incluait pas de paroles à ses musiques : « La musique est très subjective, elle est faite pour créer des visions et des images dans votre tête. Dès que vous commencez à définir les choses visuellement ou par des paroles, vous vous limitez presque à une image plus banale » disait-il à propos de son best-of Images sorti en 1991. Il choisissait également de ne pas mettre sa photo en couverture : « Je préfère ne pas avoir ma photo sur la pochette de mes disques ». Il débute également une collaboration avec la société Apple pour laquelle il réalise un show en 3D lors de Apple expo à Paris.

En juin 2001, il organise deux concerts à Athènes sur le site de l'Acropole : Hymn to Akropolis, à l'occasion des olympiades culturelles grecques. Les profits sont reversés à une association s'occupant des enfants atteints du cancer. Un livre souvenir de ce concert est publié en Grèce. Il est invité au festival d'Avignon où il crée une exposition espace musical avec vidéos sur écrans HD ou une musique inédite basée sur les bruit du corps Humain accompagne les visiteurs.

En 2002, il est l'invité du Festival du Printemps de Bourges. Lors d'un concert il reprend sur des synthétiseurs analogiques les morceaux extraits du ballet Aor composés avant Oxygène, et quelques titres inédits, spécialement composés pour l'occasion, dans une ambiance de création vintage. Cet album fait l'objet d'une diffusion numérique exclusive téléchargeable sur Itunes.

Le 7 septembre, il donne un concert à Aalborg au Danemark dans un champ d'éoliennes. Aero est un hommage au vent. À cette occasion, quelques-uns de ses succès sont remixés et préfigurent un nouveau style. En novembre sort l'album Sessions 2000, au style jazz-électro.. Une polémique naît entre sa maison de disques et le musicien. Ce dernier estime que cet album est sorti avant qu'il ait pu réellement aboutir son travail. Il arrête ainsi sa collaboration avec celui qui était son premier producteur Francis Dreyfus et avec qui il a bâti une œuvre conséquente depuis Oxygène dont aucun autre éditeur n'avait voulu…

En septembre 2003, sortie de l'album Geometry of love, conçu pour le VIP Room des Champs-Élysées à Paris, au style lounge. Cet album est aussi inspiré par sa relation avec l'actrice Isabelle Adjani.

En 2004, sort l'album AERO. Dans cet album disponible en CD + DVD, il réexplore les morceaux qui ont fait son succès (Oxygène 4, Equinoxe 4, etc.) en son digital 5.1 et enregistre également quelques inédits : Aero, Aerology et Aerozone. Le DVD est illustré par la seule expression des yeux d'Anne Parillaud découvrant la musique de l'album en son 5.1. Le 10 octobre, il ouvre l'année de la France en Chine avec un concert dans la Cité interdite et sur la place Tian'anmen, qui fera l'objet d'un DVD. Une nouvelle biographie est publiée par Yannick Piel chez Coëtquen Éditions.

Après avoir défrayé la chronique lors de sa rupture avec l'actrice Isabelle Adjani, il épouse Anne Parillaud le 14 mai 2005. Le 26 août, il donne un concert à l'occasion des 25 ans de Solidarnosc, dans les chantiers navals de Gdańsk en Pologne. Il rend hommage à Lech Wałęsa en sa présence, ainsi qu'à Chopin et à Jean-Paul II. Plusieurs titres choisis pour le concert sont utilisés dans la bande originale du film Strike qui retrace la lutte des ouvriers des chantiers navals de Gdansk. Le concert est publié en DVD.

En 2006, le 16 décembre, il se produit à Merzouga au Maroc. Ce spectacle, intitulé Water for Life, et parrainé par l'UNESCO est un cri d'alarme contre la désertification et le manque d'eau sur la planète.

Jean-Michel Jarre (IN>DOORS tour)

Le 26 mars 2007, alors que ses fans attendaient un album sur l'aviateur et romancier Saint-Exupéry, sort Téo & Téa qui compte treize titres au style musical techno et dance floor très marqué, ce qui surprend son public le plus fidèle. Jarre dit à propos de cet album : « J'ai voulu explorer l'univers de la rencontre car l'homme a de plus en plus de solutions pour parler mais est de plus en plus seul ». L'album est constitué d'un CD et un DVD 5.1., ce dernier contenant le clip Téo & Téa et d'autres bonus.

Il donne une série de show cases dans plusieurs boîtes de nuit, ainsi que durant le festival de Cannes. Il est reçu dans plusieurs émissions à la télévision et la radio pour présenter cet album.

Juillet 2007 : un projet de concert dans un parc éolien sur le thème du vent avec l'UNESCO en Italie près de Naples pour le premier festival Powerstock est lancé sans qu'il aboutisse.

En septembre 2007, il réenregistre au Studio ALPHACAM l'album Oxygène avec les instruments de l'époque, mais avec de nouveaux arrangements, ainsi que des morceaux inédits à l'époque. En effet, pour les 30 ans de la parution d'Oxygène Jean Michel reprend son plus gros succès et lui fait bénéficier des nouvelles technologies numériques en accompagnant la musique par des images en trois dimensions. Ce nouvel album baptisé Oxygène 3D sort le 23 novembre 2007 chez EMI, sa nouvelle maison de disques, en trois versions et coffrets différents, donc un avec version vidéo en 3D. La version 3D fera l'objet d'une diffusion le 22 novembre 2007 en avant première dans plusieurs cinémas 3D en Allemagne.

Une série de concerts dans toute l'Europe a débuté pour présenter cette nouvelle version au public, initialement au théâtre Marigny à Paris en décembre 2007. Ces concerts tranchent avec les précédents par leur côté intimiste, centré sur la performance musicale, et l'utilisation affichée d'une collection d'instruments des années 1960 et 70, devenus rares et considérés comme mythiques.

Jean-Michel Jarre devient membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de non-violence et de paix.

Le 17 novembre 2008, il est fait docteur honoris causa de l’Académie des Sciences de Russie, au titre de « sa contribution au développement de la culture dans le domaine de la musique et son engagement pour la protection de l’environnement ». En fin d'année, est publié Jean Michel Jarre, le magicien du son et de la lumière de Michael Duguay chez Coëtquen Éditions. Deux de ses chansons ont été utilisées dans le jeu vidéo Grand Theft Auto 4 sorti en avril 2008 : Oxygene et Oxygene, Part 4.

Après avoir sillonné l'Europe avec Oxygene Tour 2008, Jarre repartira pour une série de tournées en salles à travers l'Europe. Ce sera d'abord Indoors 2009 comprenant une vingtaine de concerts en Europe de l'Est et du Nord. Dans cette tournée, tout comme celle qui suivra en 2010, Jean Michel Jarre applique les principes de l'Oxygene Tour à l'ensemble de son répertoire en faisant la part belle aux synthétiseurs de la première heure. La fin de la décennie marque ainsi pour lui un retour aux sources et une réaffirmation de son identité musicale à une époque où la musique électronique s'est très largement généralisée.

Années 2010[modifier | modifier le code]

2010 sera l'année d'une nouvelle tournée mondiale baptisée 2010 en hommage à Arthur C. Clarke. Dans la lignée de la tournée de 2009, Jean Michel Jarre donne une soixantaine de concerts à travers l'Europe avec des passages dans les Zénith de France, et au palais omnisports de Paris-Bercy. Cette tournée se prolongera sur 2011 avec une quinzaine de dates supplémentaires.

En parallèle, Jarre s'investit techniquement dans la marque Jarre Technologies[13] sous cette marque est conçu et commercialisé du matériel hifi avec la volonté de réconcilier les nouvelles technologies de diffusion avec une exigence élevée de qualité sonore.

En novembre 2010, Jean Michel Jarre annonce à la presse son divorce avec Anne Parillaud.

Le 1er juillet 2011, il donne un concert gratuit sur le port de Monaco pour célébrer le mariage des époux Albert II de Monaco et Charlene Wittstock. Il joue ses morceaux légendaires, ainsi qu'un morceau inédit sur scène, Vintage, présent sur l'album Téo & Téa.

Il est promu officier de la Légion d'honneur le 14 juillet 2011[14].

En juin 2013, un concert de Jean Michel Jarre est annoncé à Carthage en Tunisie le 12 août 2013 pour le Festival international de Carthage dans l'édifice romain l'Amphithéâtre de Carthage[15]. La même année, il reçoit un Steiger Award en Allemagne.

Particularités[modifier | modifier le code]

Il collectionne robots, synthétiseurs, juke-boxes, chaussures Rbk, lunettes solaires et calendriers.

Contexte musical[modifier | modifier le code]

En 1976, l'album Oxygène marque l'histoire de la reconnaissance de la musique électronique et des synthétiseurs par le grand public. La voie avait déjà été tracée par des productions comme la musique du film Orange mécanique (1972) par Walter Carlos, Tubular Bells (1973) de Mike Oldfield, Phaedra par Tangerine Dream, Albedo 0.39 (1976) de Vangelis ou les recherches de Brian Eno, mais Jean Michel Jarre obtient le succès en créant une œuvre électronique d'un accès plus évident, avec des mélodies simples et fluides, systématisant l'usage des synthétiseurs, tranchant avec les musiques industrielles de l'époque comme celle des allemands Klaus Schulze ou Kraftwerk (qui véhiculaient souvent, de manière implicite ou non, une réflexion mêlant inquiétude et fascination face à une technologie déshumanisante). Son succès populaire est indéniable, mais il est dénigré par les amateurs plus pointus de musique électro-acoustique qui le classent parfois avec un certain dédain comme artiste de variétés, le succès populaire massif semblant avoir à leurs yeux un caractère suspect et en tout cas incompatible avec une certaine exigence de qualité.

Pour ses compositions, en plus des synthétiseurs, il utilisera plus tard des instruments originaux et peu utilisés comme la harpe laser (utilisée principalement pour son côté spectaculaire en concert), le Theremin, les steel drums, l'orgue de Barbarie, l'accordéon, le Cristal Baschet, le hang (pour la tournée Oxygene 2008) ou encore certains appareils fabriqués spécialement pour lui par son collaborateur et ami Michel Geiss (comme le Matrisequencer et le Rythmicomputer pour l'album Equinoxe, puis le Digisequencer pour l'album Chronologie).

En 2004, avec AERO, Jean Michel Jarre sort le premier album composé et réalisé en son 5.1 (Dolby Digital et DTS), développant ainsi une musique qui immerge totalement l'auditeur.

Spectacles[modifier | modifier le code]

Jean Michel Jarre a popularisé le concept de méga-concert, qu'il a développé en l'appelant aussi Ville en concert : un spectacle mêlant sa musique électronique avec des jeux de lumières et des effets pyrotechniques. Le site du concert tient également une grande place dans le spectacle. Jean Michel Jarre, fasciné dans son enfance par les cirques qui savaient tirer parti au mieux du site sur lequel ils s'installaient pour monter leur chapiteau, s'en inspire en « piratant » le lieu du concert. Il met en valeur les monuments par des jeux de lumière, projette des images gigantesques sur les façades des immeubles, utilise les toits des bâtiments comme base de lancement de feux d'artifices, etc. De plus, la gratuité de certains de ses concerts lui permet d'attirer des foules de plusieurs millions de personnes (il décroche trois fois le record du monde et en est l'actuel détenteur).

Sa volonté de fédérer les cultures au travers de la musique le pousse généralement à faire venir sur scène des artistes locaux (Khaled pour le Concert pour la tolérance à Paris en 1995, un groupe de flamenco à Barcelone en 1993, etc.), et à utiliser la plupart du temps l'orchestre symphonique local ou national pour jouer ses morceaux (à Lyon, Hong Kong, Le Caire, Pékin, Merzougha).

Inaugurant son concept de Ville en concert en 1979, place de la Concorde à Paris pour le spectacle Paris Bleu Blanc Rouge, qui attire plus d'un million de personnes de façon totalement imprévue et au grand étonnement des organisateurs et de Jarre lui-même, il illumine ensuite les plus grandes villes du monde : Houston, Londres, Moscou, Le Caire, Athènes, etc.

Cette idée que l'artiste doit offrir au public plus qu'un simple concert musical a été précédemment développée par les Pink Floyd dès la fin des années 1960. D'autres groupes reprendront ensuite le concept de méga-concert, comme les Rolling Stones, U2 et Vangelis.

Ses plus grands concerts[modifier | modifier le code]

Voir aussi Concerts de Jean Michel Jarre.

UNESCO[modifier | modifier le code]

Depuis 1993, il est ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO[16]. En octobre 2011, lors d'un concert à l'Arena Armeec Sofia, il a annoncé son intention d'offrir un centime sur chaque billet de concert vendu, pour les besoins de l'éducation dans le monde, et a précisé qu'il le ferait pour le reste de sa vie, en encourageant ses collègues à faire de même[17].

AFEM[modifier | modifier le code]

Le 24 mai 2013 lors de l'IMS (Sommet International de la Musique) à Ibiza, il devient ambassadeur de l'AFEM (l'Association de Défense de la Musique Dance et Electronique) au côté de Niles Rodgers[18].

CISAC[modifier | modifier le code]

Le 5 juin 2013, il devient Président de la CISAC (la Confédération Internationale des Sociétés d'Auteurs et Compositeurs) qui défend les droits des créateur, lors du Sommet Mondial des Créateurs (WCS) de Washington et succède ainsi au peintre Hervé Di Rosa, qui était président par intérim depuis la mort du musicien Robin Gibb en 2012[19],[20]. Jean Michel Jarre est entouré de quatre vices présidents représentant tous les domaines défendus par l'organisation : avec pour la musique la chanteuse béninoise Angélique Kidjo, pour la littérature : l'auteur, poète et scénariste indien Javed Akhtar, pour le cinéma : le réalisateur argentin Marcelo Piñeyro et enfin pour l'art : le sculpteur sénégalais Ousmane Sow[20].

Jarre technologies[modifier | modifier le code]

Lancé lors de l'Exposition internationale IFA 2010 dédiée aux nouvelles technologies, à Berlin, Jarre Technologies a été officiellement fondée en 2005 par Jean Michel Jarre. C'est une marque de pointe de produits de divertissement audio pour la maison. Ce sont donc 9 stations d'accueil : AeroSystem One, AeroSkull HD, AeroSkull XS, AeroTwist, AeroBull, AeroPad One, AeroPad Two, AeroDream One et le Rainbow One qui composent la gamme Jarre Techonlogies.  La marque a présenté AeroDream One, entièrement conçue et fabriquée en France. Ce support pour iPad / iPhone est le haut-parleur le plus puissant du monde: 3,40 mètres de haut, 395 kg et 15 000 watts.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

Singles et maxis inédits[modifier | modifier le code]

  • 1971 : La Cage / Erosmachine 45T
  • 1973 : Pop Corn / Black Bird 45T sous le nom Jamie Jefferson
  • 1974 : Hypnose 45T avec Dominique Webb
  • 1974 : Zig Zag 45T sous le nom de Foggy Joe
  • 1974 : Cartolina / Helza 45T sous le nom de 1906
  • 1977 : Oxygène II 45T (face B : Oxygène VI)
  • 1979 : Équinoxe IV maxi 45T (version longue) et 45T Remix (face B : Équinoxe III)
  • 1980 : Jarre à la Concorde 45T comprenant Équinoxe 7 dans une version identique à celle de la vidéo du concert sortie en parallèle (différente de l'album), et une version longue totalement originale (jamais réentendue depuis) d'Équinoxe 8
  • 1981 : Les Chants magnétiques 2 45T
  • 1981 : Les Chants magnétiques 4 45T Remix
  • 1982 : Souvenir de Chine 45T (face B : Jonques de pêcheurs au crépuscule)
  • 1984 : Zoolook 45T et maxi 45T (version longue et remix)
  • 1984 : Zoolookologie 45T et maxi 45T (version longue et remix)
  • 1986 : Rendez-vous 45T (Quatrième Rendez-vous et Premier Rendez-vous)
  • 1986 : Rendez-vous IV maxi 45T (version longue et remix + inédit Moon Machine repris ensuite dans la compilation Images)
  • 1987 : Rendez-vous II en concert à Houston (face B : Ron's piece)
  • 1988 : Révolutions 45T et maxi 45T (version longue et remix)
  • 1989 : London Kid 45T et maxi 45T (version longue)
  • 1990 : Calypso 45T et maxi 45T (version longue)
  • 1991 : Palawan / The Great Barrier Reaf Promo CD simple (issu du film Palawan : le dernier refuge, documentaire du commandant Cousteau)
  • 1992 : Swatch, Une Alarme qui Swingue Simple et CD simple givaway lors du concert à Zermatt
  • 1994 : Concert pour la Tolérance Promo CD simple (version remixée de Chronologie 4)
  • 1998 : Together Now maxi 45T et CD avec Tetsuya Komuro
  • 1999 : Métamorphoses CD-ROM Piste par Piste
  • 2000 : C'est la vie maxi 45T et CD simple Remix et version longue
  • 2000 : C'est la vie CD simple Givaway Bang & Olufsen Ambient Mix
  • 2001 : Tout est Bleu maxi 45T Remix et version longue
  • 2002 : Match TV Jingles CD simple limité (10 ex) pour les studios Match TV
  • 2002 : Akropolis CD simple Promo pour le concert d'Athènes
  • 2002 : J'te Flashe, J'te Love Maxi 45T et CD simple avec Pierre Palmade
  • 2002 : Sessions 2000 Preview Disc CD promo avec versions différentes et extraits
  • 2003 : Geometry of Love Preview Disc CD promo avec versions différentes et extraits
  • 2004 : Aero Preview Disc CD Promo avec version différente et extraits
  • 2004 : Aerology CD simple Mix différent
  • 2005 : Tien An Men / La Foule CD simple Promo
  • 2005 : Voyage à Pékin / Aerology CD simple Promo
  • 2007 : Téo & Téa CD simple Promo incluant un remix de Benny Benassi
  • 2007 : Vintage CD simple Promo Remix
  • 2007 : Oxygène IV 30th Anniversary CD simple Promo
  • 2010 : La Cage Remix CD Promo (by Vitalic)

Vidéos[modifier | modifier le code]

  • 1979 : Jarre à la Concorde (VHS)
  • 1981 : Les Concerts en Chine (VHS)
  • 1986 : Rendez-Vous Houston, a city in concert (VHS)
  • 1986 : Rendez-Vous Lyon, un concert pour le Pape (VHS)
  • 1989 : Destination Docklands (avec le making of) (VHS)
  • 1990 : Paris La Défense (VHS)
  • 1994 : Europe en Concert (Barcelone) (VHS)
  • 1995 : Concert pour la Tolérance (Laserdisc uniquement : Petit tirage !)
  • 1998 : Oxygen in Moscow (VHS et DVD) avec en bonus Making the steamroller fly (reportage sur sa carrière)
  • 1999 : Electronic night (live) Box VHS + 2CD avec Tetsuya Komuro
  • 2005 : Solidarnosc Live (Édition collector DVD + CD)
  • 2005 : Live à Pekin (DVD)
  • 2005 : Jarre in China (Édition collector 2 DVD + CD)
  • 2007 : Oxygene - Live in your Living Room (Versions 2D et DVD 3D + CD remasterisé)
  • 2011 : Tour 2010 (Le concert de l'02 Arena à Londres ainsi que celui de Liège ont été filmé et enregistré en 2D et 3D pour une éventuelle vidéo, et selon certains spectateurs, celui de Strasbourg également).

Compilations[modifier | modifier le code]

  • 1983 : The Essential (en Angleterre seulement. À noter un mix du titre "The Ouverture" différent de celui de l'album des concerts en Chine)
  • 1984 : Muzik aus Zeit und Raum (en Allemagne seulement)
  • 1985 : Synthesis (en Italie seulement, proche de la compilation anglaise précédente)
  • 1985 : The Essential (1976 - 1985) (incluant Oxygène 2 et 4, Equinoxe 4 et 5, Zoolookologie, etc.)
  • 1991 : Images (réédité en 1997 avec trois titres supplémentaires)
  • 1995 : Jarremix
  • 1997 : Complete Oxygene (série limitée de l'addition des 2 albums Oxygène et Oxygène 7-13 + un remix de Oxygène 12)
  • 2004 : The Essential
  • 2006 : The Symphonic Jean Michel Jarre double CD avec une interprétation des titres de JM Jarre par un orchestre symphonique
  • 2006 : Sublime Mix distribué dans les concessions Jaguar
  • 2011 : Essentials & Rarities (coffret en édition limitée 2 CD + 1 poster)
  • 2011 : Rarities édition limitée en vinyle.

Albums live[modifier | modifier le code]

Concerts[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Concerts de Jean Michel Jarre.

Films / Documentaires[modifier | modifier le code]

  • 2005 : Bande original du film Les Mots bleus.
  • 2012 : Jean Michel Jarre participe au documentaire de Jérémie Carboni : Musique(s) électronique(s).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]