Axe historique

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Axe historique vu depuis le Jardin des Tuileries.

L'axe historique parisien, ou voie royale, est la voie rectiligne qui va du Louvre au quartier de la Défense. Cette perspective urbanistique majeure de l'ouest parisien, qui plus précisément relie la statue équestre de Louis XIV, située dans la cour Napoléon du Louvre, et la Grande Arche de la Défense, passe par la place de la Concorde, l'avenue des Champs-Élysées, la place de l'Étoile et le pont de Neuilly.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Dès les premiers Capétiens, les rois, qui habitaient au Louvre, suivent un chemin en ligne droite pour aller chasser dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye. La Seine était traversée par un bac.

En 1609, le bac transportant le carrosse d'Henri IV et de Marie de Médicis se renverse. Le premier pont de Neuilly, en bois, est alors construit, suivant le chemin partant du Louvre vers le Château de Saint-Germain-en-Laye.

En 1616, Marie de Médicis fait aménager les terrains marécageux, au-delà des Tuileries jusqu'à l'actuelle Place de la Reine-Astrid, par lesquels passait le chemin royal en longue allée bordée d'arbres, donnant ainsi l'ébauche de l'avenue des Champs-Élysées. Cet aménagement s'appelait le Cours la Reine.

Louis XIV charge André Le Nôtre, vers 1670, de continuer les aménagements de cette promenade plantée, jusqu'au niveau de l'actuelle Place de l’Étoile.

Une perspective ornementale sera ensuite aménagée jusqu'à la Seine.

En 1768 est décidé le remplacement du premier Pont de Neuilly en bois par un pont plus solide en pierre, selon les travaux de Jean-Rodolphe Perronet, premier directeur de l'École des ponts et chaussées.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Sous le Premier Empire, l'avenue prend le nom du lieu mythologique grec, les Champs Élysées, et commence à se border de palais et d'hôtels particuliers. Napoléon Ier couronne l'avenue de l'imposant Arc de triomphe de l'Étoile, puis l'obélisque se dresse sur la place de la Concorde et les deux fontaines l'encadrent.

Sur l'avenue, les hôtels particuliers sont peu à peu remplacés par des immeubles haussmanniens. S'y installent des maisons qui deviendront des marques de grand luxe: Louis Vuitton, Guerlain. La partie boisée est aménagée en allée et jardins, avec fontaines, restaurants luxueux, théâtres.

Au-delà de l'Arc de triomphe, l'axe est constitué par l'avenue de la Grande-Armée[1].

Le pavillon central du palais des Tuileries, origine à la fois géographique et historique de l'axe historique, est détruit par un incendie lors de la Commune, en 1871.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle, le Palais des congrès, surmonté de la tour de l'hôtel Concorde Lafayette (depuis 2013 hôtel Hyatt Regency Paris Étoile), est construit Porte Maillot. L'Étoile prend le nom de Place Charles-de-Gaulle et l'avenue de Neuilly qui suit la Porte Maillot devient avenue Charles-de-Gaulle sur le territoire de la commune de Neuilly-sur-Seine. Sous l'arc de triomphe est installée après la Première Guerre mondiale la tombe du Soldat inconnu.

Le second pont de Neuilly est détruit en 1936, et remplacé en 1942 par un pont métallique. Celui-ci connaîtra des aménagements supplémentaires, en 1992, pour accueillir le prolongement de ligne 1 du métro de Paris jusqu'à La Défense.

Au-delà du pont de Neuilly, le quartier de la Défense a fait l'objet d'une vaste opération d'urbanisme destinée à aménager un nouveau quartier d'affaires pour Paris. Ce quartier alors composé d'immeubles, de pavillons et de petites usines a laissé place à une cité d'affaires où poussent des tours de 100 à plus de 300 m de haut aujourd'hui. Cette opération entamée en 1958 n'est toujours pas achevée. L'axe historique y prend la forme d'une vaste dalle piétonne construite au-dessus des voies de circulation automobile.

Pour ponctuer la perspective, le président François Mitterrand fait construire l'Arche de la Défense.

Au delà de la Défense[modifier | modifier le code]

Un projet d'aménagement conduit par l'Établissement Public d'Aménagement (EPA) Seine-Arche, à Nanterre (dont la place Nelson-Mandela), prolonge l'axe historique jusqu'à la Seine. Cette opération d'intérêt national articule un ensemble de liaisons et de constructions autour de la création de vingt terrasses épousant la morphologie du terrain : 292 000 m² de logements, 217 000 m² de bureaux et activités, 100 000 m² de commerces, services et activités et 35 000 m² d'équipements publics. Sur ce site entaillé par des liaisons autoroutières et ferroviaires, elles dégagent un espace public central d’environ 80 mètres de largeur sur 3,2 km, ne réservant qu'une voie à la circulation locale.

La place Nelson-Mandela se situe sur l'axe historique, entre la Grande Arche et la Seine côté ouest. Elle est l'objet en 2012 d'un concours d'artistes[2] pour installer en son centre une œuvre d'art, dont la dimension monumentale n'est toutefois pas précisée.

Monuments sur l'axe historique[modifier | modifier le code]

Tracé schématique de l'axe historique

Depuis l'arc du Carrousel, cet axe emprunte de manière rectiligne l'avenue des Champs-Élysées, la place Charles-de-Gaulle, l'avenue de la Grande-Armée, la Porte Maillot. À Neuilly-sur-Seine, il se prolonge par l'avenue Charles-de-Gaulle, le pont de Neuilly, et traverse le quartier de la Défense.

Il est ponctué par de nombreux monuments, la statue équestre de Louis XIV située dans la cour Napoléon, l'arc de triomphe du Carrousel, le jardin des Tuileries, l'Obélisque de la place de la Concorde, l'Arc de triomphe de l'Étoile ou l'arche de la Défense. Par contre, la pyramide du Louvre n'est pas située sur cet axe, la cour Napoléon n'étant pas alignée sur l'axe historique.

Entre la Porte Maillot et La Défense, cet axe coïncide avec le tracé de la route nationale 13.

Entre la place de la Concorde et la grande Arche de la Défense, l'axe historique est desservi par onze stations de la ligne 1 du métro parisien.

L'axe du palais du Louvre s'écarte d'environ six degrés de l'axe historique, écart qui a été reproduit pour celui de l'axe de la Grande Arche par rapport à l'axe historique, pour des raisons techniques[3]. Coïncidence ou volonté de François Mitterrand, cet angle de l’Arche oriente le regard sur un axe qui passe par le Panthéon et la bibliothèque François Mitterrand[4].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Douze avenues rayonnent de la place de l'Étoile : avenues des Champs-Élysées, de Friedland, Hoche, Wagram, Mac-Mahon, Carnot, de la Grande-Armée, Foch, Victor-Hugo, Kléber, d'Iéna, et Marceau.
  2. « Place Nelson Mandela », sur Paris Métropole 2020 - Pavillon de l'Arsenal (consulté le 29 août 2013).
  3. (fr) Véronique Maurus, « Une nuit au Palais », Le Monde,‎ (consulté le )
  4. Jean Gardin, « La friche de l'île de Chatou, ultime frontière de l'axe historique de Paris ? », L'Espace géographique 2/2006 (Tome 35), p. 163-176.

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