Hôtel de la Marine

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Hôtel de la Marine
Hôtel de la Marine, vue de la façade sur la place de la Concorde
Hôtel de la Marine, vue de la façade sur la place de la Concorde
Présentation
Architecte Ange-Jacques Gabriel
Destination initiale Garde-Meuble de la Couronne
Destination actuelle État-major de la Marine (jusqu’en 2015)
Protection Monument historique
Site web www.defense.gouv.fr/actualites/memoire-et-culture/l-hotel-de-la-marine
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Localité Paris
Localisation
Coordonnées 48° 52′ 00″ N 2° 19′ 23″ E / 48.866778, 2.32308348° 52′ 00″ Nord 2° 19′ 23″ Est / 48.866778, 2.323083  

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Hôtel de la Marine
La Félicité publique, fronton oriental de l'hôtel de la Marine
Le « Salon d'honneur » de l'hôtel de la Marine

L'hôtel de la Marine (également appelé hôtel du Garde-Meuble) se situe dans le 8e arrondissement de Paris, place de la Concorde, à l'est de la rue Royale. Son bâtiment jumeau, situé à l'ouest de cette rue, appelé autrefois Hôtel des Monnaies, abrite notamment aujourd'hui l'hôtel de Crillon et l'Automobile Club de France.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'hôtel fut construit entre 1757 et 1774[1] pour abriter, dès 1772, le Garde-Meuble de la Couronne. Ses galeries étaient ouvertes au public tous les premiers mardis de chaque mois de la Quasimodo à la Saint-Martin (entre Pâques et la Toussaint) entre 9 heures et 13 heures : ce premier musée des arts décoratifs parisiens aménagé par Pierre-Élisabeth de Fontanieu, contrôleur général du Garde-Meuble, était organisé en trois salles d'exposition : la Salle d'Armes présentait une collection des armures et armes des rois de France (qui se trouvent désormais aux Invalides et au Louvre) ; la Galerie des Grands Meubles conservait dans de grandes armoires des étoffes et une collection des tapisseries unique au monde (qui se trouvent désormais au Louvre et au Mobilier national) ; la Salle des Bijoux au premier étage contenait des vases de pierres de couleurs et de cristal de roche, l'orfèvrerie, des présents diplomatiques, ainsi que les joyaux de la Couronne dont les diamants montés en parure enfermés dans des vitrines[2]. Il abritait également plusieurs appartements dont le logement de l'intendant du Garde-Meuble – d'abord Pierre-Élisabeth de Fontanieu (1767-1784) puis Marc-Antoine Thierry de Ville-d'Avray (1784-1792), la chapelle du cardinal de Richelieu, une buanderie, une bibliothèque, des ateliers et des écuries.

Il fut pillé pour ses armes par les émeutiers parisiens le matin du 13 juillet 1789. Plus tard dans l'année, le secrétaire d'État à la Marine s'installa dans une partie du bâtiment : en effet, lorsque le gouvernement dut rejoindre Louis XVI forcé de quitter Versailles pour s'installer au palais des Tuileries, le secrétaire d'État à la Marine, César Henri de La Luzerne, fut accueilli au Garde-Meuble par son cousin Thierry de Ville d'Avray. Un vol exceptionnel fut commis au Garde-Meuble, dans la semaine du 11 au 17 septembre 1792, au cours duquel furent dérobés les diamants de la Couronne, y compris le Régent[3]. Sous la direction de l'amiral Decrès, le ministère de la Marine développa ensuite considérablement ses bureaux, jusqu'à occuper tout le bâtiment.

L'édifice est classé aux monuments historiques par la liste de 1862[4].

Sous l'Occupation allemande de la capitale, la Kriegsmarine occupe les lieux[5].

L'hôtel abrite toujours aujourd'hui une partie du haut commandement de la marine[6], mais, d'ici 2015, celui-ci devrait avoir quitté ses locaux pour ceux du nouveau site que le ministère de la Défense construit Porte de Sèvres, dans le 15e arrondissement, destiné à regrouper tous les services civils et militaires de Défense nationale (projet Balard)[7]. Il fut un temps envisagé que l'État, propriétaire du bâtiment, l'affecte à l'accueil de réceptions publiques et privées[8], jusqu'en novembre 2010 où l'État lance un appel à candidature pour le confier, par bail, à un opérateur privé[9]. Néanmoins, le président de la République, Nicolas Sarkozy, nommait le 5 février 2011 l'un de ses prédécesseurs, Valéry Giscard d'Estaing, à la tête d'une commission chargée de se pencher sur l'avenir du bâtiment[10]. La commission rend son rapport en septembre 2011, et propose que le bâtiment reste dans la propriété de l'État, et propose d'en faire « une galerie du trésor français », un espace d'expositions temporaires ou de ventes, et un restaurant. Des bureaux de la Cour des Comptes pourraient aussi être accueillis dans l'hôtel, et une partie serait mis en location[11]. Le président Sarkozy suit alors l’avis de la commission, et il est alors prévu que le musée du Louvre soit chargé d'un projet culturel visant à ouvrir au public les espaces les plus prestigieux du bâtiment afin de faire tourner les collections de plusieurs institutions, dont le Mobilier national, la Manufacture de Sèvres ou les Arts décoratifs[12]. Suite au retrait du Louvre, l'avenir du site est confié au Centre des monuments nationaux[13].

En 2012, l'allocution présidentielle du 14 Juillet a eu lieu pour la première fois à l'hôtel de la Marine, et non au palais de l'Élysée.

Chaque année, l'hôtel de la Marine accueille la cérémonie de remise des prix du plumier d'or, un concours de français organisé par l'association de défense de la langue française (DLF).

Description[modifier | modifier le code]

Le bâtiment a une superficie totale de 5 440 m2, dont 4 000 m2 de surface bâtie, et ne compte pas moins de 553 pièces dont le fameux « salon des Amiraux ».

La façade a été conçue par Ange-Jacques Gabriel, premier architecte du Roi, auteur des plans de la place Louis XV (devenue la place de la Concorde). Ses deux frontons sont ornés de reliefs représentant des allégories de la Magnificence et de la Félicité publiques, œuvres de Guillaume II Coustou et de Michel-Ange Slodtz. En 1976, le tympan de Michel-Ange Slodtz est déposé et remplacé par une copie du sculpteur André Lavaysse ; suite à une mauvaise coordination des services de l'État, l'œuvre de Slodtz, qui était en mauvais état, fut brisée et envoyée à la décharge publique[14].

L'hôtel lui-même a été bâti sur des plans de Gabriel sous la direction de Jacques-Germain Soufflot. Les décors intérieurs, d'une grande magnificence, sont l'œuvre de l'architecte Jacques Gondouin, inspiré par Piranèse, et constituent une étape importante dans l'évolution du goût au XVIIIe siècle. « Bien que remaniés sous le Second Empire, les grands salons d'apparat et surtout la Galerie dorée conservent encore certains éléments du décor d'origine. »[15]

La restauration de la colonnade et de quelques salons s'est achevée en 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Historique de l'Hôtel de la Marine », les Amis de l'hôtel de la Marine.
  2. Stéphane Castelluccio, « Hôtel de la Marine : la France à l'encan ? », La Tribune de l'art, 9 mars 2009.
  3. Jacques Hillairet, Connaissance du Vieux Paris, 1959.
  4. « Notice no PA00088817 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  5. « Rappel historique : L'Hôtel de la Marine, un balcon de l'histoire de France », Bouygues.
  6. « Hôtel de la marine (75) », cheminsdememoire.gouv.fr.
  7. Isabelle Duffaure-Gallais, « Ministère de la Défense à Balard : un chantier au pas de charge », Le Moniteur, 31 décembre 2013.
  8. « L'Hôtel de la marine transformé en lieu de réception de la République ? », Mer et Marine, 8 janvier 2008.
  9. Claire Bommelaer, « Un appel à projet pour l'hôtel de la Marine », Le Figaro, 26 novembre 2010.
  10. AFP, « Hôtel de la Marine : VGE nommé », Europe 1, 5 février 2011.
  11. Claire Bommelaer, « Hôtel de la Marine : Giscard d'Estaing coupe la poire en deux », Le Figaro,‎ 20 septembre 2011 (lire en ligne)
  12. Claire Bommelaer, « L'hôtel de la Marine annexé par le Louvre », Le Figaro,‎ 26 janvier 2012 (lire en ligne)
  13. L'hôtel de la Marine sera confié aux Monuments nationaux, Le Monde.fr, 10 janvier 2014.
  14. Louis Réau, Histoire du vandalisme.
  15. Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir.), Le Guide du patrimoine. Paris, Paris, CNMHS, Conseil régional d'Île-de-France et Hachette, 1994, p. 177.

Annexes[modifier | modifier le code]

Réplique

Une réplique de se bâtiment est située à Philadelphie (Pennsylvanie), en lieu de l'ancienne "Family Court of Philadelphia".

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Bibliographie