Société secrète

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Une société secrète est une organisation sociale qui demande que ses membres gardent une partie de ses activités et de ses motivations loin des regards de personnes qui lui sont étrangères, des médias et de l'État. Les buts supposés de ces sociétés sont fréquemment d'ordre politique et dans ce cas on peut parler de conspirationnisme, mystique ou criminel. Les membres ont parfois l’obligation de ne pas dévoiler ou de nier leur appartenance au groupe. De plus, ils ont souvent fait le serment d’être les gardiens des secrets de la société. Le terme de « société secrète » est souvent employé pour qualifier des fraternités (comme la franc-maçonnerie) qui ont également des cérémonies secrètes, mais aussi d’autres organisations allant de la fraternité étudiante aux organisations mystiques décrites dans des théories de conspiration comme immensément puissantes, dotées de services financiers et politiques qui leur sont dédiés, un rayonnement mondial et parfois des croyances sataniques.

Description[modifier | modifier le code]

Historiquement, les sociétés secrètes ont souvent fait l’objet de suspicions et de spéculations de la part des non-membres et se sont ainsi entourées d’un climat de méfiance depuis la Grèce antique. Plusieurs d’entre elles ont été déclarées illégales. Ainsi, la Pologne par exemple a choisi, dans sa constitution, d’interdire ces sociétés au même titre que les organisations politiques extrémistes.

Plusieurs sociétés secrètes profitent de leur principe de discrétion pour développer leurs activités criminelles (comme la mafia) et politiques (comme le mouvement Know Nothing aux États-Unis).

De nombreuses sociétés d’étudiants établies sur des campus universitaires sont ou ont été considérées comme des sociétés secrètes, par exemple le Flat Hat Club (FHC) (fondé en 1750) et le Phi Beta Kappa (fondé en 1776) du College of William and Mary à Williamsburg en Virginie. Le membre le plus célèbre du FHC est Thomas Jefferson. On peut aussi citer les "finals clubs" de Harvard[1]. La société secrète d’étudiants la plus connue est la Skull and Bones, fondée en 1832 à l’université Yale.

En France on peut parler de Vandermonde au Conservatoire national des arts et métiers[2] ou de la Khômiss à l'École polytechnique

Les sociétés secrètes ont été condamnées dans diverses encycliques et documents magistériels par l'Église catholique, dont In eminenti apostolatus specula, A quo die, Christianae Republicae salus, Inscrutabile, Mirari Vos[3], Arcanum Divinae, Providas, Ecclesiam a Jesu Christo, Traditi Humilitati[4], Quo Graviora, Qui Pluribus, Quibus Quantique, Multiplices inter, Humanum Genus[5] et Vehementer nos[6].[réf. nécessaire]

Type de sociétés secrètes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des sociétés secrètes.

Plusieurs types d'organisations fonctionnent comme des sociétés secrètes ou sont parfois considérées comme telles :

Les sociétés secrètes étant secrètes, l'existence de plusieurs d'entre elles est sujette à caution.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Les sociétés secrètes sont un des éléments populaires de la littérature romantique puis de divertissement. De Joseph Balsamo d'Alexandre Dumas en 1846, au Pendule de Foucault d'Umberto Eco ou au Da Vinci Code de Dan Brown en 2003 en passant par Les Cigares du pharaon d'Hergé en 1934, elles alimentent l'intrigue en mystère et en romanesque. Le thème de la toute puissante société secrète a été largement exploité par le roman, notamment le roman-feuilleton du XIXe siècle. La cour des miracles décrite dans Notre-Dame de Paris en 1831 en est une ébauche. Dumas y a recours plus d'une fois : dans Le Vicomte de Bragelonne[7], Aramis révèle qu'il occupe un rang élevé dans une société secrète ; dans Les Crimes célèbres (1839-40), Dumas consacre un chapitre à Karl Ludwig Sand, membre d'une société secrète, assassin du conseiller Kotzebue. Paul Féval exploite le thème avec beaucoup de succès dans Les Habits noirs en 1863.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Voici quelques films qui traitent le sujet :

Citations[modifier | modifier le code]

Opposition aux sociétés secrètes[modifier | modifier le code]

  • « Derrière le gouvernement visible siège un gouvernement invisible qui ne doit pas fidélité au peuple et ne se reconnaît aucune responsabilité. Anéantir ce gouvernement invisible, détruire le lien impie qui relie les affaires corrompues avec la politique, elle-même corrompue, tel est le devoir de l’homme d’État. » Theodore Roosevelt. Cité par Dieter Rüggeberg : Geheimpolitik, p. 75
  • « Dans les conseils du gouvernement, nous devons prendre garde à l'acquisition d'une influence illégitime, qu'elle soit recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. Le risque d'un développement désastreux d'un pouvoir usurpé existe et persistera. » Dwight David Eisenhower, dans son discours de fin de mandat prononcé le 17 janvier 1961.
  • « Le monde est gouverné par de tout autres personnages que ne se l’imaginent ceux dont l’œil ne plonge pas dans les coulisses. » Benjamin Disraeli, Coningsby ou la Nouvelle génération.
  • « Les gouvernements de ce siècle ne sont pas en relation seulement avec les gouvernements, empereurs, rois et ministres, mais aussi avec les sociétés secrètes, éléments dont on doit tenir compte et qui au dernier moment peuvent annuler n’importe quel accord, qui possèdent des agents partout - agents sans scrupule qui poussent à l’assassinat, capables, si nécessaire, de provoquer un massacre. » Benjamin Disraeli.
  • « Les évènements sont beaucoup moins variés que ne le supposent ceux qui ne connaissent pas ceux qui tiennent les fils. » Benjamin Disraeli.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stéphanie Grousset-Charrière, La face cachée de Harvard : La socialisation de l'élite dans les sociétés secrètes étudiantes, La Documentation française,‎ 2012 (ISBN 978-2-11-008857-4)
  2. Vandermonde
  3. Lettres apostoliques de Pie IX, Grégoire XVI, Pie VII, encycliques, brefs, etc., texte latin et traduction française, Mirari Vos de Grégoire XVI, p. 200-221.
  4. Texte intégral de Traditi Humilitati du pape Pie VIII
  5. Texte de l'encyclique Humanum Genus du pape léon XIII.
  6. Texte intégral de Vehementer nos du pape Pie X.
  7. Chapitre CCVI

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liste des sociétés secrètes

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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