George McClellan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
George Brinton McClellan
Image illustrative de l'article George McClellan

Surnom Little Mac
The Young Napoleon
Naissance
Philadelphie, Pennsylvanie
Décès (à 59 ans)
Orange, New Jersey
Origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Allégeance United States Army
Armée de l'Union
Grade Major-général
Années de service 18461864 (avec un arrêt entre 1857 et 1861)
Conflits Guerre américano-mexicaine
Guerre de Sécession :
Commandement Armée du Potomac

George Brinton McClellan (, à Philadelphie - , à Orange, New Jersey) est un major-général durant la guerre de Sécession. Il est à la tête de la fameuse armée du Potomac et sert brièvement, de novembre 1861 à mars 1862, en tant que commandant en chef de l'armée de l'Union. Au début de la guerre, McClellan joue un rôle important en levant une armée bien formée et organisée pour l'Union. Bien que McClellan soit méticuleux dans sa planification et ses préparatifs, ces attributs peuvent avoir entravé sa capacité à défier des opposants agressifs dans un environnement, à savoir le champ de bataille, qui évolue rapidement. Il surestime de manière chronique la force des unités ennemies et est peu disposé à engager son armée entière, laissant souvent une grande partie de ses troupes non engagées à des points décisifs.

La campagne Péninsulaire de McClellan se solde par un échec, et ce dernier est obligé de se retirer après les attaques orchestrées par l'armée moins nombreuse du général Robert Lee. Il ne parvient pas à s'emparer de la capitale confédérée, Richmond, en Virginie. Sa performance à la sanglante bataille d'Antietam engourdit l'invasion du Maryland par Lee, mais permet à ce dernier de remporter un succès tactique précaire et d'éviter la destruction, malgré son infériorité numérique. En conséquence, les compétences de McClellan au commandement lors des combats sont mises en doute par le président américain Abraham Lincoln, qui finit par lui retirer son commandement, d'abord comme général en chef, puis de l'Armée du Potomac. Lincoln dit que « si le général McClellan ne veut pas se servir de l'armée, je tiens à l'emprunter pour un temps[trad 1] ». Malgré cela, il est le plus populaire des commandants de cette armée auprès des soldats, qui estiment qu'il a pour préoccupations primordiales le moral et le bien-être de ceux-ci.

Le général McClellan échoue à garder la confiance de Lincoln, et, en plus d'être insubordonné, tourne en dérision son commandant en chef par frustration. Après avoir été relevé de son commandement, McClellan devient le candidat démocrate à l'élection présidentielle de 1864, élection à laquelle il échoue face au candidat adverse, Abraham Lincoln. Son parti ayant pris le chemin du pacifisme, promettant de mettre fin à la guerre et de négocier avec la Confédération, auquel McClellan, militaire de formation, ne souscrit point, nuit l'efficacité de sa campagne. De 1878 à 1881, il devient le 24e gouverneur du New Jersey. Finalement, il se fait écrivain, défendant ses actions pendant la campagne Péninsulaire et plus généralement la guerre civile.

Bien que la grande majorité des auteurs contemporains juge McClellan médiocre comme général sur un champ de bataille, une petite faction d'historiens soutient qu'il est un commandant très capable, mais que sa réputation souffre injustement aux mains des partisans pro-Lincoln qui ont alors besoin d'un bouc émissaire pour expliquer les revers de l'Union. Karl Marx et Friedrich Engels, dans leurs écrits sur la guerre de Sécession, ont de leur côté ouvertement accusé McClellan de sympathie cachée pour la Confédération, son apparente incompétence n'étant qu'une forme passive de trahison ayant justifié sa mise à l'écart. Son héritage défie donc la catégorisation facile. Après la guerre, Ulysses S. Grant est invité à évaluer McClellan comme général. Il répond : « McClellan est pour moi un des mystères de la guerre » [trad 2],[1].

Jeunesse et carrière[modifier | modifier le code]

McClellan est né à Philadelphie, en Pennsylvanie, et est le fils d'un éminent ophtalmologiste, le Dr. George McClellan, le fondateur du Jefferson Medical College. Sa mère est Elizabeth Steinmetz Brinton McClellan, fille d'une famille de Pennsylvanie, une femme connue pour son « considérable charme et raffinement »[2]. Le couple a cinq enfants : une fille, Frederica ; puis trois fils, John, George, et Arthur ; et une seconde fille, Mary. George est le petit-fils du général de la guerre d'indépendance Samuel McClellan de Woodstock, dans le Connecticut. Il fréquente d'abord l'Université de Pennsylvanie en 1840 à l'âge de 13 ans, se résignant lui-même à l'étude du droit. Après deux ans, il change d'ambition pour rejoindre le service militaire. Avec l'aide d'une lettre de son père adressée au président John Tyler, le jeune George est accepté à l'Académie militaire de West Point en 1842, l'Académie ayant renoncé à son âge minimal normal d'accès, alors de 16 ans[3].

À West Point, il est un élève énergique et ambitieux, profondément intéressé par les enseignements de Dennis Hart Mahan et les principes théoriques stratégiques d'Antoine de Jomini. Ses plus proches amis sont des aristocratiques sudistes tels que James Stuart, Dabney Maury, Cadmus Wilcox, et Ambrose Powell Hill. Ces associations offrent à McClellan ce qu'il considère être une appréciation de l'esprit du Sud, une compréhension des implications politiques et militaires des divergences régionales aux États-Unis, qui ont mené à la guerre civile[4]. Il est diplômé en 1846, second de sa classe sur 59 élèves, perdant la première place, au profit de Charles Seaforth Stewart, seulement parce qu'il n'a pas de talent en ce qui concerne le dessin[5]. Il obtient un brevet de sous-lieutenant dans le corps des ingénieurs de l'armée des États-Unis[6].

Guerre américano-mexicaine[modifier | modifier le code]

La première affectation de McClellan, c'est avec une société d'ingénieurs formés à West Point ; mais il reçoit rapidement l'ordre de prendre la mer pour la guerre américano-mexicaine qui vient de débuter. Il arrive près de l'embouchure du Río Grande en octobre 1846, bien préparé à l'action, armé d'un fusil de chasse à deux coups, de deux pistolets, d'un sabre, d'un sabre d'honneur, et d'un couteau Bowie. Il se plaint d'être arrivé trop tard pour prendre part à la victoire américaine à Monterrey en septembre. Au cours d'un armistice temporaire durant laquelle les forces du général Zachary Taylor sont dans l'attente d'action, McClellan est frappé de la dysenterie et du paludisme, ce qui l'oblige à rester à l'hôpital pendant près d'un mois. Le paludisme réapparaissant dans les années suivantes, il l’appelle sa « maladie du Mexique »[7]. Il sert avec bravoure comme officier du génie pendant la guerre, exposé aux fréquents tirs ennemis, et obtient le brevet de premier-lieutenant pour Contreras et Churubusco et de capitaine pour Chapultepec[6]. Il effectue des missions de reconnaissance pour le lieutenant général Winfield Scott, un ami intime de son père[8].

Les expériences de McClellan pendant la guerre développent divers comportements qui affecteront sa vie plus tard, militaire et politique. Il apprend à apprécier la valeur des mouvements d'accompagnement au cours assauts frontaux (utilisés par Scott à Cerro Gordo) et la valeur des opérations de siège (Veracruz). Il est témoin de la réussite de Scott dans l'équilibre politique avec les affaires militaires, et ses bonnes relations avec la population civile au moment où il les envahi, faisant respecter une discipline stricte à ses soldats pour minimiser les dommages à leurs terres. Et il développe un dédain pour les soldats volontaires et les officiers, particulièrement pour les hommes politiques qui ne se soucient pas de la discipline et de la formation[9].

Service en temps de paix[modifier | modifier le code]

McClellan retourne à West Point pour diriger sa compagnie d'ingénierie, laquelle a été rattachée à l'académie dans l'intention de former les cadets aux activités d'ingénierie. Il était irrité de la vie de garnison en temps de paix, mais appréciait socialiser avec ses camarades. En juin 1851, on le fait venir à Fort Delaware, en cours de construction sur une île du fleuve Delaware, à 64 km en aval de Philadelphie. En mars 1852, on lui ordonne de se présenter au capitaine Randolph B. Marcy à Fort Smith, dans l'Arkansas, pour servir en tant que commandant en second pour une expédition visant à découvrir les sources de la rivière Rouge. En juin, l'expédition atteint la source de la fourche nord de la rivière, et Marcy nomme un petit affluent McClellan's Creek. À leur retour à la civilisation le 28 juillet, ils sont étonnés de constater qu'ils avaient été donnés pour morts. Une histoire sensationnelle avait atteint la presse, que McClellan blâme sur « une bande de brigands qui provoque de l'agitation à la frontière dans le but d'obtenir du travail de la part du gouvernement, d'une façon ou d'une autre[trad 3] », que l'expédition avait été prise en embuscade par 2 000 Comanches et que ceux-ci les avaient tués jusqu'au dernier[10].

À l'automne 1852, McClellan publie un manuel sur les tactiques à baïonnette qu'il a traduit du français. Il reçoit également une affectation au Département du Texas, avec l'ordre de rédiger un catalogue des rivières et des ports du Texas. En 1853, il participe au Pacific Railroad Surveys organisé par le secrétaire à la Guerre Jefferson Davis, pour sélectionner un tracé adéquate pour le chemin de fer transcontinental à venir. McClellan inspecte le corridor nord le long des 47e et 49e parallèles, de Saint Paul à Puget Sound. Au cours de cette affectation, il fait preuve d'insubordination envers des personnalités politiques. Isaac Stevens, gouverneur du territoire de Washington, est mécontent de ses travaux de reconnaissance des cols qui passent dans la chaîne des Cascades. McClellan choisit en effet le Yakima Pass sans une reconnaissance approfondie et refuse l'ordre de mener un groupe à travers le col dans des conditions hivernales, en s'appuyant sur des informations erronées sur la profondeur du manteau neigeux dans cette région. De plus, McClellan ne découvre pas les trois cols nettement supérieurs dans les environs, lesquels serviront éventuellement aux chemins de fer et aux Interstate highways. Le gouverneur ordonne à McClellan de lui remettre les registres de son expédition, mais ce dernier refuse catégoriquement, probablement à cause des commentaires personnels embarrassants qu'il y a parsemés[11].

De retour à l'Est, McClellan commence à courtiser Mary Ellen Marcy (1836-1915), la fille de son ancien commandant. Ellen refuse la première proposition de mariage de McClellan, l'une des neuf qu'elle a reçu de différents prétendants, dont son ami de West Point, Ambrose Powell Hill. Ellen accepte enfin la proposition de Hill en 1856, mais sa famille ne l'approuvant pas, il la retire[12].

En juin 1854, McClellan est envoyé en mission de reconnaissance secrète à Saint-Domingue à la demande de Jefferson Davis, où il évalue les capacités de défense locales. Les renseignements ne seront pas utilisés avant 1870, lorsque le président Ulysses S. Grant tentera en vain d'annexer la République dominicaine. Davis commence à le traiter McClellan quasiment comme un protégé, et sa prochaine affectation consiste en l'évaluation de l'état logistique des différents chemins de fer aux États-Unis, une fois de plus avec un œil vers la planification du chemin de fer transcontinental[13]. En mars 1855, McClellan est promu au grade de capitaine et affecté au 1er régiment de cavalerie des États-Unis[6].

En raison de ses relations politiques et sa maîtrise du français, McClellan devient observateur officiel des armées européennes dans la guerre de Crimée en 1855. Voyageant beaucoup, et dialoguant avec le plus hautes autorités militaires et les familles royales, McClellan observe le siège de Sébastopol. À son retour aux États-Unis en 1856, il demande une affectation à Philadelphie en vue de préparer son rapport, qui contient une analyse du siège et une longue description de l'organisation des armées européennes. Il écrit également un manuel sur les tactiques de cavalerie en se basant sur les dispositions de la cavalerie russe. Un échec notable des observateurs, dont McClellan, est d'avoir négligé l'importance de l'émergence de fusils à canon rayé dans la guerre de Crimée, et comment cela exigera des changements fondamentaux dans la tactique de la guerre de Sécession à venir[14].

L'Armée adopte le manuel concernant la cavalerie écrit par McClellan, ainsi que son modèle de selle (en 1859), la « selle McClellan », laquelle est selon lui utilisée par les hussards en Prusse et en Hongrie. Cette selle est un succès et devient la norme. Elle est utilisée par l'armée américaine jusqu'à ce que la cavalerie à cheval disparaisse, durant la seconde Guerre mondiale. Elle est actuellement principalement utilisée lors de cérémonies.

Occupations civiles[modifier | modifier le code]

George B. McClellan et Ellen Mary Marcy McClellan, son épouse.

McClellan démissionne de sa commission le , et, en capitalisant sur son expérience avec l'évaluation du chemin de fer, devient ingénieur en chef et vice-président de l'Illinois Central Railroad et également président de l'Ohio and Mississippi Railroad en 1860. Il obtient de bons résultats dans les deux emplois, étendant l'Illinois Central Railroad vers La Nouvelle-Orléans et aidant l'Ohio and Mississippi Railroad à se remettre de la panique de 1857. En dépit de ses succès et de son salaire lucratif ($ 10 000 par an), il est frustré par l'emploi civil et continue d'étudier la stratégie militaire classique avec assiduité. Durant la guerre d'Utah contre les Mormons, il envisage de rejoindre l'armée. Il considère également le service comme un flibustier à l'appui de Benito Juárez au Mexique[15].

Avant le déclenchement de la guerre civile, McClellan devient actif en politique, soutenant la campagne présidentielle du démocrate Stephen A. Douglas à l'élection présidentielle de 1860. Il prétend avoir avorté une tentative de fraude électorale menée par les républicains, en ordonnant le retard d'un train qui transportait des hommes allant voter illégalement dans un autre comté, permettant ainsi à Douglas de gagner le comté[16].

En octobre 1859, McClellan est en mesure de recommencer sa cour d'Ellen Marcy, et ceux-ci se marient à Calvary Church, New York, le .

Guerre de Sécession[modifier | modifier le code]

Ohio et stratégie[modifier | modifier le code]

Au début de la guerre civile, les connaissances qu'a McClellan de ce que l'on appelait la « big war science » (science de la grande guerre) et son expérience dans le domaine des chemins de fer laissent entendre qu'il serait excellent à la logistique militaire. Cela fait de lui quelqu'un de très demandé, au moment où l'Union mobilise. Les gouverneurs de l'Ohio, de Pennsylvanie et de l'État de New York, les trois plus grands États de l'Union, tentent activement de le convaincre de commander la milice de leur État. Le gouverneur de l'Ohio William Dennison est le plus persistant, de sorte que McClellan accepte, et est commissionné major-général de volontaires et prend le commandement de la milice de l'Ohio, le 23 avril 1861. Contrairement à certains de ses compagnons, eux-mêmes officiers de l'Union, qui sont issus de familles abolitionnistes, il est opposé à l'ingérence du gouvernement fédéral dans la question de l'esclavage. Donc, certains de ses collègues originaires du Sud s'approchent de lui de façon informelle avec pour projet de le faire passer du côté de la Confédération ; mais il ne peut pas accepter l'idée de sécession[17].

Le 3 mai, McClellan réintègre le service fédéral et est nommé commandant du département de l'Ohio, s'occupant des États de l'Ohio, de l'Indiana, de l'Illinois, et, plus tard, des parties occidentales de la Pennsylvanie et de la Virginie, ainsi que de l'État du Missouri. Le 14 mai, il est nommé major-général dans l'armée régulière. Âgé de 34 ans, il est maintenant davantage gradé que tout le monde dans l'armée, exception faite de Winfield Scott, le général en chef. La promotion rapide de McClellan s'explique en partie du fait des relations qu'il a avec Salmon P. Chase, le secrétaire du Trésor et ancien gouverneur et sénateur de l'Ohio[18].

Le plan Anaconda, conçu par Scott pour asphyxier la Confédération, illustre parfaitement les désaccords entre McClellan et Scott, tant au point de vue stratégique que personnel.

McClellan, même s'il est débordé par les milliers de demandes de volontaires pour l'armée et par la mise en place de camps d'entraînement, réfléchit à une stratégie à grande échelle. Il écrit une lettre au général Scott le 27 avril, quatre jours après avoir pris le commandement dans l'Ohio, qui est la première proposition d'une stratégie unifiée pour le déroulement de la guerre. Elle contenait deux possibilités, toutes les deux ayant un rôle de premier plan pour lui-même en tant que commandant. La première exige 80 000 hommes pour envahir la Virginie par la vallée de la Kanawha en direction de Richmond. La seconde exige de ces mêmes hommes qu'ils partent au Sud plutôt à travers le fleuve Ohio dans le Kentucky et le Tennessee. Scott rejette les deux plans, car étant impossibles du point de vue logistique. Bien qu'il complimente McClellan et exprime sa « grande confiance en [son] intelligence, zèle, science, et énergie », Scott répond par lettre que les 80 000 hommes seraient mieux utilisés dans une expédition pour contrôler le Mississippi et ainsi diviser la Confédération, accompagnée d'un important blocus des ports sudistes. Le plan Anaconda, qui aurait exigé beaucoup de patience de la part du public du Nord, est tourné en dérision par les journaux, mais s'est finalement avéré être un plan couronné de succès pour poursuivre la guerre. Les relations entre les deux généraux deviennent de plus en plus tendues au cours de l'été et de l'automne[19].

Virginie-Occidentale[modifier | modifier le code]

Les premières opérations militaires menées par McClellan ont pour but d'occuper la région de l'ouest de la Virginie (l'actuelle Virginie-Occidentale), qui souhaitait demeurer dans l'Union. Il est averti le 26 mai que les ponts cruciaux de la Baltimore and Ohio Railroad dans cette partie de l'État ont été brûlés. Tandis qu'il met rapidement en œuvre des plans pour envahir la région, il déclenche sa première controverse politique sérieuse en proclamant aux citoyens locaux que ses forces n'ont pas l'intention de porter atteinte aux biens personnels, y compris aux esclaves[20]. Il se rend rapidement compte qu'il a outrepassé ses prérogatives et s'excuse par lettre au président Lincoln. Il y a controverse non pas parce que sa proclamation est diamétralement opposée à la politique de l'administration de l'époque, mais parce qu'il a osé aller au-delà de son rôle de militaire[21].

Ses troupes se déplacent rapidement dans la région par Grafton et sont victorieuses lors de la bataille de Philippi. Il commande personnellement pour la première fois à la bataille de Rich Mountain, qu'il remporte, et où il agit avec beaucoup de prudence et de réticence à l'idée d'engager les troupes de réserve, ce qui sera sa marque pour le reste de sa carrière. Son subordonné, William Starke Rosecrans, se plaint d'ailleurs que son attaque n'a pas été renforcée alors que McClellan y avait consenti[22]. Néanmoins, ces deux victoires mineures propulsent McClellan au statut de héros national[23]. Par exemple, le New York Herald publie « Gen. McClellan, the Napoleon of the Present War » (« Le Général McClellan, Napoléon de la guerre actuelle »)[24].

La construction d’une armée[modifier | modifier le code]

Après la défaite des troupes de l'Union à la première bataille de Bull Run le 21 juillet 1861, Lincoln fait revenir McClellan de Virginie-Occidentale, où ce dernier avait offert au Nord les seules actions que l'on pouvait qualifier de semblant de victoire. McClellan voyage par train spécial sur la ligne principale de Pennsylvanie de Wheeling par Pittsburgh, Philadelphie et Baltimore, jusqu'à Washington, où son train est submergé par une foule enthousiaste[25].

Carl Sandburg écrit que « McClellan était l'homme du moment, désigné par les événements, et choisi par le poids écrasant d'une popularité publique et privée »[26]. Le 26 juillet, le jour où il atteint la capitale, McClellan est nommé commandant de la Division militaire du Potomac (Military Division of the Potomac), la principale force de l'Union chargée de la défense de Washington. Le 20 août, plusieurs unités militaires de Virginie consolident sa division, formant ainsi l'Armée du Potomac, dont il devient le premier commandant[27]. Il se complait dans son pouvoir et sa gloire nouvellement acquis[25]:

« Je me retrouvais là dans une étrange et nouvelle position : le Président, le Cabinet, le Général Scott et tous les autres me montraient de la déférence ; et par un étrange tour de magie, on aurait dit que j'étais devenu "le" pouvoir du pays ... Je pense presque qu'au premier succès supplémentaire j'aurais pu devenir dictateur ou tout ce qui me plairait ; mais rien de tout cela ne me plairait ; ainsi, je ne deviendrai pas Dictateur. Admirable deni de soi ! »

— George B. McClellan, Lettre à Ellen, 26 juillet 1861

Le général George McClellan avec le personnel et les dignitaires. De gauche à droite : le général George W. Morell, le lieutenant-colonel A.V. Colburn, le général McClellan, lieutenant-colonnel N.B. Sweitzer, le Prince de Joinville, et le Comte de Paris.

Au cours de l'été et de l'automne, McClellan apporte un haut degré d'organisation à sa nouvelle armée, et améliore considérablement le moral de cette dernière par ses fréquents voyages où il examine et encourage ses unités. C'est une remarquable réussite, dans laquelle il en vient à personnifier l'Armée du Potomac et recolte l'adulation de ses hommes[28]. Il crée des défenses presque inexpugnables pour Washington, composées de 48 forts et points forts, avec 480 canons manoeuvrés par 7 200 artilleurs[29]. L'Armée du Potomac passe de 50 000 hommes en juillet à 168 000, et est considérée de loin comme la plus colossale unité militaire des temps modernes[26]. Mais cette période est aussi un moment de tension dans le haut commandement, étant donné qu'il continue à se quereller fréquemment avec le gouvernement et le général en chef, le lieutenant-général Scott, sur les questions de stratégie. McClellan rejette les principes du plan Anaconda de Scott, préférant une écrasante et grandiose bataille, dans le style napoléonien. Il propose d'agrandir son armée à 273 000 hommes et 600 canons et d'« écraser les rebelles en une seule campagne ». Il est favorable à une guerre qui minimiserait au maximum l'impact sur les populations civiles et ne nécessiterait pas l'émancipation des esclaves.

L'antipathie de McClellan pour l'émancipation augmente la pression qui est sur lui, car il fait l'objet de critiques acerbes de la part des Radical Republicans du gouvernement[30]. Il considère l'esclavage comme une institution reconnue par la Constitution. Ses écrits de l'après-guerre sont typiques de nombreux habitants du Nord : « Je confesse un préjudice en faveur de ma propre race, et ne peux apprendre à aimer l'odeur des recrues ou des nègres[trad 4] ». Mais, en novembre 1861, il écrit à sa femme : « Je lancerai, si victorieux, mon sabre dans la balance pour obliger une amélioration de la condition de ces pauvres noirs[trad 5] ». Il écrit plus tard que s'il avait le rang pour négocier la paix, il aurait insisté sur l'émancipation progressive. Mais il ne fait pas mystère de son opposition aux Radical Republicans. Il dit à Ellen, « Je ne vais pas lutter pour les abolitionnistes ». Cela le place dans une position délicate, puisque de nombreux politiciens du gouvernement pensent qu'il tente de mettre en œuvre les politiques du parti d'opposition[31].

Le problème immédiat de la stratégie de McClellan est qu'il est convaincu que les Confédérés sont prêts à l'attaquer avec un nombre impressionnant d'hommes. Le 8 août, estimant que les Confédérés face à lui sont plus de 100 000 - alors qu'ils étaient à peine 35 000 quelques semaines plus tôt à Bull Run -, il déclare l'état d'urgence dans la capitale. Le 19 août, il estime à 150 000 le nombre de soldats confédérés lui faisant face. Les campagnes futures de McClellan seraient fortement influencées par les estimations exagérées du nombre d'ennemis faites par son chef des services secrets, le détective Allan Pinkerton, mais, en août 1861, ces estimations sont entièrement le fait de McClellan. Le résultat est un niveau de vigilance extrême qui mine l'initiative de l'armée de McClellan, et une grande condamnation de la part du gouvernement. L'historien et biographe Stephen W. Sears qualifie les actes de McClellan « fondamentalement sains[trad 6] » s'il est aussi surpassé en nombre qu'il le croit, mais McClellan a en fait rarement moins qu'un avantage de deux hommes à un sur ses adversaires en 1861 et 1862. Par exemple, durant cet automne, les forces confédérées varient entre 35 000 et 60 000, tandis que l'Armée du Potomac compte en septembre 122 000 hommes, puis 170 000 au début du mois de décembre, et enfin 192 000 en fin d'année[32].

Le différend qui l'oppose à Scott va devenir très personnel. Scott - ainsi que de nombreuses personnes du département de la Guerre - est scandalisé que McClellan refuse de divulguer les détails concernant sa planification stratégique, ou même des détails quelconques tels que les forces et dispositions de la troupe. Pour sa part, McClellan affirme ne faire confiance à personne dans l'administration pour garder ses plans secrets de la presse, et donc de l'ennemi. Au cours de désaccords concernant les forces de défense du Potomac, McClellan écrit à sa femme le 10 août d'une manière qui caractérisent certaines de ses correspondances privées : « Le général Scott est le grand obstacle - il ne veut pas comprendre le danger et est soit un traître, soit un incompétent. Je dois me battre contre lui »[33]. Scott est si désabusé par l'attitude du jeune général qu'il offre sa démission au président Lincoln, qui refuse de l'accepter dans un premier temps. Des rumeurs voyagent à travers la capitale, disant que McClellan pourrait démissionner, ou fomenter un coup d'État militaire si Scott n'est pas destitué. Le Cabinet de Lincoln se réunit donc le 18 octobre et approuve la démission de Scott pour des « raisons de santé »[34].

Général en chef[modifier | modifier le code]

Plusieurs quaker guns, des rondins de bois peints en noir pour ressembler à des canons et ainsi tromper l'ennemi, dans les anciennes fortifications confédérées à Manassas Junction.

Le 1er novembre 1861, Winfield Scott est mis à la retraite et McClellan devient général en chef de toutes les armées de l'Union. Le président exprime sa préoccupation quant au « vaste travail » impliqué dans le double rôle de commandant de l'armée et général en chef, mais McClellan répond : « Je peux tout faire »[34]. Lincoln, ainsi que de nombreux autres dirigeants et citoyens des États du Nord, devient de plus en plus impatient avec la lenteur de McClellan pour attaquer les forces confédérées toujours massées près de Washington. La défaite de l'Union lors de la petite bataille de Ball's Bluff près de Leesburg, en Virginie, en octobre, ajoute à la frustration et nuit indirectement à McClellan. En décembre, le Congrès forme un Joint Committee on the Conduct of the War, qui devient une épine dans le flanc de nombreux généraux pendant la guerre, les accusant d'incompétence et, dans certains cas, de trahison. Le 23 décembre, McClellan est appelé en qualité de premier témoin, mais il contracte la fièvre typhoïde et ne peut y assister. Au lieu de cela, ses officiers subalternes témoignent, et leurs aveux, candides, qu'ils n'ont aucune connaissance des stratégies spécifiques pour progresser face aux Confédérés soulèvent de nombreux appels au licenciement de McClellan[35].

McClellan endommage davantage sa réputation par son insultante insubordination vis-à-vis de son commandant en chef qu'il a connu avant la guerre comme avocat dans l'Illinois. En privé, il le qualifie de « rien de moins qu'un babouin bien intentionné », un « gorille [...] sans cesse indigne de [...] sa haute position »[36]. Le 13 novembre, il snobe le président, en visite à la maison de McClellan, en le faisant attendre trente minutes, seulement pour lui faire dire qu'il est allé au lit et ne peut donc le recevoir[37].

Le 12 janvier 1862, McClellan est convoqué à la Maison-Blanche, où le Cabinet exige de lui qu'il explique ses plans de guerre. Pour la première fois, il révèle ses intentions de transporter l'armée du Potomac par navire jusqu'à Urbanna, en Virginie, sur la rivière Rappahannock, de déborder ainsi les forces confédérées près de Washington, et de poursuivre par voie terrestre sur 80 km pour capturer Richmond. Il refuse cependant de donner des détails précis de la campagne envisagée, même à son ami Edwin M. Stanton, qui vient d'être nommé secrétaire à la Guerre. Le 27 janvier, Lincoln rend une ordonnance qui oblige toutes ses armées à commencer des opérations offensives le 22 février, date du Presidents Day. Le 31 janvier, il émet une ordonnance complémentaire à l'intention de l'armée du Potomac, lui demandant de se déplacer par voie terrestre pour attaquer les Confédérés à Manassas Junction et à Centreville. McClellan répond immédiatement par une lettre de 22 pages désapprouvant dans le détail les plans du président, et préconisant plutôt son plan concernant Urbanna, lequel est la première proposition écrite des détails du plan présenté au président. Bien que Lincoln pense que son plan était supérieur, il est néanmoins soulagé que McClellan ait finalement accepté de commencer à bouger - même à contrecœur. Le 8 mars, doutant de la résolution de McClellan, Lincoln intervient à nouveau avec les prérogatives du commandant de l'armée. Il convoque un conseil de guerre à la Maison Blanche durant lequel les subordonnés de McClellan sont interrogés sur leur confiance dans le plan d'Urbanna. Ils expriment leur confiance à des degrés divers. Après la réunion, Lincoln émet une autre ordonnance, nommant des commandants de corps devant se rapporter à McClellan[38].

Deux crises de plus frapperont McClellan avant qu'il ne puisse mettre en œuvre ses plans. Les forces du général confédéré Joseph E. Johnston de leurs positions devant Washington, supposant de nouvelles positions au sud de la rivière Rappahannock, ce qui ruine complètement la stratégie Urbanna. McClellan réorganise son plan de façon à ce que ses troupes débarquent à Fort Monroe, en Virginie, et progressent par la péninsule de Virginie jusqu'à Richmond. C'est la campagne Péninsulaire ou campagne de la Péninsule. Toutefois, McClellan fait l'objet de critiques extrêmes de la part de la presse et du Congrès quand il est établi que les forces de Johnston s'étaient non seulement échappées sans que cela ne se voit, mais que depuis des mois l'armée de l'Union était dupée par l'utilisation de rondins de bois peints en noir pour paraître être des canons, surnommés Quaker Guns. La commission mixte (joint committee) du Congrès visite les lignes confédérées abandonnées et les Radical Republicans présentent une résolution demandant le licenciement de McClellan, mais celle-ci avorte de justesse grâce à une manœuvre parlementaire[39]. La seconde crise est l'apparation du cuirassé confédéré CSS Virginia, qui panique les habitants de Washington et rend problématiques les opérations navales sur la rivière James.

Le 11 mars 1862, Lincoln destitue McClellan de son grade de général en chef, lui laissant le commandement de la seule armée du Potomac, officiellement pour que McClellan soit libre de consacrer toute son attention au mouvement sur Richmond. Les ordres de Lincoln sont ambigus quant à savoir si McClellan pourrait être rétabli à la suite d'une campagne réussie. En fait, son poste n'a pas été occupé par un autre agent. Ce printemps-là, Lincoln, Stanton, et un groupe d'officiers, le War Board, dirige les actions stratégiques des armées de l'Union. Bien que McClellan est apaisé par des commentaires favorables que lui fait Lincoln, plus tard il perçoit le changement de commandement d'une façon très différente, le décrivant comme partie d'une intrigue « pour provoquer l'échec de la campagne à venir[trad 7] »[40].

Campagne péninsulaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Campagne Péninsulaire.
Statut représentant McClellan devant le Philadelphia City Hall.

L'armée de McClellan quitte le port d'Alexandrie le 17 mars. Cette armada qui faisait pâlir toutes les expéditions américaines antérieures par sa taille, transportant 121 500 hommes, 44 batteries d'artillerie, 1 150 chariots, plus de 15 000 chevaux, et des tonnes de matériel et de provisions. Un observateur anglais fait remarquer que c'est la « foulée d'un géant »[41]. La progression de l'armée depuis Fort Monroe jusqu'à la péninsule de Virginie s'est avérée lente. Le plan de McClellan pour une capture rapide de Yorktown est déjoué quand il découvre que les Confédérés ont fortifié une ligne à travers la péninsule, ce qui l'incite à faire le siège de la ville, opération qui nécessite une préparation considérable.

McClellan continue de croire les rapports qui estiment le nombre de Confédérés de deux à trois fois plus élevé qu'il ne l'est réellement. Dès le début de la campagne, le général confédéré John B. Magruder défend la péninsule contre l'avancée de McClellan avec une force beaucoup moins importante. Il a créé une fausse impression de plusieurs troupes derrière les lignes et qu'il y en a d'autres en chemin. Il y est parvenu en faisant défiler aux mêmes endroits de petits groupes d'hommes qui peuvent être observés à distance ou en leur faisant faire de grands bruits alors qu'ils sont cachés à la vue[42]. Pendant ce temps, le général Johnston est en mesure de fournir des renforts à Magruder, mais même alors les Confédérés sont beaucoup moins nombreux que ne l'imagine McClellan.

Après un mois de préparation, juste avant qu'il n'attaque les Confédérés à Yorktown, McClellan apprend que Johnston s'est retiré de la péninsule en direction de Williamsburg. En conséquence, il est obligé de les pourchasser sans pouvoir profiter de l'artillerie qu'il a fait installer près de Yorktown. La bataille de Williamsburg, le 5 mai, est considérée comme une victoire de l'Union, mais l'armée confédérée n'est pas anéantie et une grande partie de ses troupes a pu être déplacée au-delà de Williamsburg près des défenses extérieures de Richmond. Ce déplacement s'est réalisé sur plusieurs jours[43].

Campagne du Maryland[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Campagne du Maryland.

Bataille de South Mountain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de South Mountain.

Bataille d’Antietam[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille d'Antietam.

Élection présidentielle de 1864[modifier | modifier le code]

Lithographie avec l'aquarelle représentant le ticket du parti démocrate pour les élections présidentielles de 1864. Par Currier and Ives.

Le secrétaire à la Guerre Edwin M. Stanton ordonne à McClellan de se retirer à Trenton, dans l'État du New Jersey, dans l'attente de nouveaux ordres, qui ne vinrent jamais. Au fur et à mesure du déroulement de la guerre, et surtout après les défaites à Fredericksburg et à Chancellorsville, différents appels pour donner à McClellan un commandement important se font entendre. Lorsque Ulysses S. Grant devient général en chef, les discussions reprennent. Mais toutes ces tentatives n'aboutissent à rien à cause de son opposition connue à l'administration Lincoln et à la menace politique potentielle qu'il représente.

Pendant ce temps, McClellan travaille à un rapport sur ses campagnes et ses succès en tant qu'organisateur de l'armée, pour répliquer aux critiques et justifier ses actions. Une fois encore, il accuse l'administration Lincoln de lui avoir refusé les renforts nécessaires.

Caricature de McClellan utilisé par ses opposants politiques lors de la campagne présidentielle en 1864.

En octobre 1863, McClellan déclare officiellement son entrée dans l'arène politique en tant que démocrate. Il est désigné pour concourir à l'élection présidentielle de 1864, contre Lincoln : comme Winfield Scott avant lui, il est candidat en tant que général en service actif et ne démissionne de sa charge que le jour de l'élection, le . Il soutient la continuation de la guerre et la restauration de l'Union, mais le programme du parti, rédigé par le copperhead Clement Vallandigham, qui appelle à une cessation immédiate des hostilités et à une négociation avec la Confédération, est en contradiction avec ces choix. McClellan doit donc répudier le programme du parti, ce qui nuit considérablement à sa campagne, comme le profil du candidat à la vice-présidence, George H. Pendleton, qui représente l'aile pacifiste du parti[44].

La profonde division du parti démocrate, l'unité des républicains et les succès militaires de l'Union à la fin 1864 plombent la candidature de McClellan. Lincoln remporte l'élection avec une marge de 403 000 voix, soit 55 % du vote populaire et avec 212 grands électeurs contre 21 pour son adversaire[45]. L'armée a voté en faveur de Lincoln dans une proportion de 3 contre 1, et le président remporte 70 % des suffrages de l'armée du Potomac[46].

Années d'après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre, McClellan et sa famille partent pour un long voyage en Europe qui dure jusqu'en 1868, durant lequel il ne participe pas à la politique[47]. À son retour, le parti démocrate nourrit le projet de le remettre en selle pour l'élection présidentielle, mais la candidature d'Ulysses S. Grant pour le parti républicain ruine cette éventualité. McClellan travaille alors pour différents projets d'ingénierie pour la ville de New York, et il lui est offert le poste de président de l'Université de Californie, nouvellement créée[48]. En 1872, il est président d'une compagnie de chemin de fer (Atlantic and Great Western Railroad). Il retourne en Europe avec sa famille entre 1873 et 1875[49].

McClellan photographié par William S. Warren, aux environs de 1880.

En mars 1877, il est nommé par le gouverneur de l'État de New York, Lucius Robinson, superintendant des travaux publics, mais cette nomination est refusée par le Sénat de l'État de New York, au motif qu'il est « incompétent pour le poste »[50].

Choisi par les démocrates pour être gouverneur du New Jersey, il est élu et sert durant un mandat, de 1878 à 1881, où il se montre un administrateur conservateur et consensuel. Il termine sa carrière politique en soutenant activement l'élection de Grover Cleveland en 1884. Il espérait être nommé secrétaire de la Guerre, mais sa candidature est entravée par des rivalités politiques internes[51].

Il consacre les dernières années de sa vie à voyager et à écrire. Il défend sa carrière militaire dans McClellan's Own Story, publié à titre posthume en 1887. Il meurt soudainement à l'âge de 58 ans, à Orange, New Jersey, le . Il est enterré au Riverview Cemetery, à Trenton[52].

Son fils, Georges B. McClellan Jr. (1865-1940) devint un homme politique, représentant de l'État de New York au Congrès américain et maire de New York de 1904 à 1909. Sa fille, Mary ("May") (1861 – 1945), épouse un diplomate français et passe la plupart de sa vie à l'étranger. Sa femme Ellen décède à Nice, en France, alors qu'elle rendait visite à May à la "Villa Antietam". Ni Max, ni May ne donneront à George McClellan de petits-enfants[53].

Héritage[modifier | modifier le code]

Mémorial en hommage à McClellan sur la Connecticut Avenue, à Washington, DC.

Le New York Evening Post fait remarquer dans la nécrologie de McClellan que « Il n'est probablement aucun soldat qui se soit aussi peu battu et dont les qualités de commandant n'ait fait l'objet d'autant de minutieuses et, nous pouvons ajouter, féroces contestations »[54]. Cette virulente discussion a continué pendant plus d'un siècle. McClellan est généralement classé parmi les plus mauvais généraux de la guerre de Sécession. Toutefois, le débat sur la compétence et les talents de McClellan demeure l'objet de nombreuses controverses parmi les historiens de la guerre de Sécession et militaires. Il est universellement salué pour ses capacités d'organisation et pour ses très bonnes relations avec ses troupes. Ses troupes l'appelaient affectueusement « Little Mac », d'autres parfois l'appelaient le « Jeune Napoléon » (en anglais « Young Napoleon »). Il est suggéré que sa réticence à entrer dans la bataille est causée en partie par un désir intense d'éviter de répandre le sang de ses hommes. Ironiquement, cela a conduit à ne prendre aucune initiative contre l'ennemi et donc passer à côté de grandes opportunités de victoires décisives, ce qui aurait permis de terminer la guerre bien avant, et ainsi d'épargner la vie de milliers de soldats morts au court d'utltérieures batailles. Les généraux qui s'avérèrent couronnés de succès durant la guerre, tels que Lee et Grant, ont tendance à être plus agressif et plus disposés à s'exposer aux risques d'une bataille importante, même si tous les préparatifs ne sont pas achevés. McClellan résume sa nature prudente dans ses mémoires :

« J'ai toujours l'opinion que le vrai cours de la conduite des opérations est de ne faire aucun mouvement jusqu'à ce que les prépratifs soient aussi complets que les circonstances le permettent et de ne jamais s'engager dans une bataille sans avoir un objectif précis qui compense pour les pertes probables[trad 8],[55]. »

La réticence de McClellan à attaquer son ennemi n'est probablement pas une question de courage personnel, puisqu'il a prouvé sa bravoure durant les combats de la guerre américano-mexicaine. Stephen Sears écrit :

« Il y a une importante preuve que le terrible stress d'envoyer des hommes à la bataille, particulièrement les hommes bien-aimés de sa bien-aimée Armée du Potomac, a mis son courage moral en lambeaux. Sous la pression de son ultime responsabilité de soldat, sa volonté de commander l'a déserté. Glendale et Malvern Hill l'ont surpris au maximum de son angoisse pendant les Seven Days et il s'est enfui de ces champs de bataille pour échapper à ses responsabilités. À Antietam, où il n'avait aucune possibilité de fuite, il est tombé dans une paralysie d'indécision. À distance historique, le général McClellan était à l'aise et couronné de succès lorsqu'il exécutait les ordres et, également, même s'il avait moins de succès, comme stratégiste en chef ; en tant que commandant sur un champ de bataille, cependant, il occupait le mauvais emploi[trad 9],[56]. »

La langue de cette portion d’article est : en One of the reasons that McClellan's reputation has suffered is because of his own memoirs. Historian Allan Nevins wrote, "Students of history must always be grateful McClellan so frankly exposed his own weaknesses in this posthumous book."[57] Doris Kearns Goodwin claims that a review of his personal correspondence during the war reveals a tendency for self-aggrandizement and unwarranted self-congratulation[58]. His original draft was completed in 1881, but the only copy was destroyed by fire. He began to write another draft of what would be published posthumously, in 1887, as McClellan's Own Story. However, he died before it was half completed and his literary executor, William C. Prime, editor of the pro-McClellan New York Journal of Commerce, included excerpts from some 250 of McClellan's wartime letters to his wife, in which it had been his habit to reveal his innermost feelings and opinions in unbridled fashion[59].  ⇔ 

La langue de cette portion d’article est : en While McClellan's reputation has suffered over time, especially over the last 75 years, there is a small but intense cadre of American Civil War historians who believe that the general has been poorly served on at least four levels. First, McClellan proponents say that because the general was a conservative Democrat with great personal charisma, radical Republicans fearing his political potential deliberately undermined his field operations[60]. Second, that as the radical Republicans were the true winners coming out of the American Civil War, they were able to write its history, placing their principal political rival of the time, McClellan, in the worst possible light[61]. Third, that historians eager to jump on the bandwagon of Lincoln as America's greatest political icon worked to outdo one another in shifting blame for early military failures from Lincoln and Secretary of War Edwin M. Stanton to McClellan[62]. And fourth, that Lincoln and Stanton deliberately undermined McClellan because of his conciliatory stance towards the South, which might have resulted in a less destructive end to the war had Richmond fallen as a result of the Peninsula Campaign[63]. Proponents of this school claim that McClellan is criticized more for his admittedly abrasive personality than for his actual field performance[64].  ⇔ 

Plusieurs caractéristiques géographiques et institutions ont été nommées George B. McClellan, en son hommage. Ainsi, il existe le Fort McClellan en Alabama, la McClellan Butte dans la forêt nationale du Mont Baker-Snoqualmie, où il fit un voyage en 1853, lorsqu'il dirigea une étude sur la Pacific Railroad, la McClellan Street à North Bend, la McClellan Street à Philadelphie, la McClellan Road à Cupertino en Californie, la McClellan Elementary School à Chicago, et une statue équestre de bronze en l'honneur de McClellan à Washington. Il existe une autre statue équestre en son honneur face au Philadelphia City Hall.

Écrits[modifier | modifier le code]

  • The Mexican War Diary of George B. McClellan (William Starr Myers, editor), publié à titre posthume, 1917.
  • Bayonet Exercise, or School of the Infantry Soldier, in the Use of the Musket in Hand-To-Hand Conflicts (traduit d'un manuel écrit en français par Gomard), 1852. Publié en tant que Manual of Bayonet Exercise: Prepared for the Use of the Army of United States, 1862.
  • The Report of Captain George B. McClellan, One of the Officers Sent to the Seat of War in Europe, in 1855 and 1856, 1857. Publié en tant que The Armies of Europe, 1861.
  • European Cavalry, Including Details of the Organization of the Cavalry Service Among the Principal Nations of Europe, 1861.
  • Regulations and Instructions for the Field Service of the United States Cavalry in Time of War, 1861. Publié en tant que Regulations for the Field Service of Cavalry in Time of War, 1862.
  • McClellan's Own Story (William C. Prime, editor), 1887.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Traductions de[modifier | modifier le code]

  1. (en) « If General McClellan does not want to use the army, I would like to borrow it for a time. »
  2. (en) « McClellan is to me one of the mysteries of the war. »
  3. (en) « a set of scoundrels, who seek to keep up agitation on the frontier in order to get employment from the Govt. in one way or other »
  4. (en) « I confess to a prejudice in favor of my own race, & can't learn to like the odor of either Billy goats or niggers »
  5. (en) « I will, if successful, throw my sword onto the scale to force an improvement in the condition of those poor blacks »
  6. (en) « essentially sound »
  7. (en) « to secure the failure of the approaching campaign »
  8. (en) « It has always been my opinion that the true course in conducting military operations, is to make no movement until the preparations are as complete as circumstances permit, & never to fight a battle without some definite object worth the probable loss »
  9. (en) « There is indeed ample evidence that the terrible stresses of commanding men in battle, especially the beloved men of his beloved Army of the Potomac, left his moral courage in tatters. Under the pressure of his ultimate soldier's responsibility, the will to command deserted him. Glendale and Malvern Hill found him at the peak of his anguish during the Seven Days, and he fled those fields to escape the responsibility. At Antietam, where there was nowhere for him to flee to, he fell into a paralysis of indecision. Seen from a longer perspective, General McClellan could be both comfortable and successful performing as executive officer, and also, if somewhat less successfully, as grand strategist; as battlefield commander, however, he was simply in the wrong profession »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Rafuse, p. 384
  2. Rowland, Leaders, p. 259.
  3. Sears, Young Napoleon, p. 3; Rafuse, pp. 10, 27-28.
  4. Rowland, Leaders, p. 260; Rafuse, pp. 36-36.
  5. Rowland, Leaders, p. 260.
  6. a, b et c Eicher, p. 371.
  7. Sears, Young Napoleon, pp. 14–15.
  8. Rafuse, p. 43.
  9. Rafuse, pp. 47-49; Rowland, Leaders, pp. 260-61; Sears, Young Napoleon, pp. 16-17.
  10. Sears, Young Napoleon, pp. 32–34.
  11. Sears, Young Napoleon, pp. 40–41.
  12. Sears, Young Napoleon, p. 61.
  13. Sears, Young Napoleon, pp. 43–44.
  14. Sears, Young Napoleon, pp. 46–49.
  15. Sears, Young Napoleon, p. 56.
  16. Sears, Young Napoleon, p. 59.
  17. Sears, Young Napoleon, pp. 66–69.
  18. Sears, Young Napoleon, p. 72.
  19. Sears, Young Napoleon, pp. 75–76.
  20. « Notwithstanding all that has been said by the traitors to induce you to believe that our advent among you will be signalized by interference with your slaves, understand one thing clearly—not only will we abstain from all such interference but we will on the contrary with an iron hand, crush any attempted insurrection on their part »
  21. Sears, Young Napoleon, pp. 79–80.
  22. Sears, Young Napoleon, pp. 89–91.
  23. Beagle, p. 1274.
  24. Sears, Young Napoleon, p. 93.
  25. a et b Sears, Young Napoleon, p. 95.
  26. a et b Sandburg, p. 62.
  27. Beatie, p. 480. Eicher, pp. 372, 856.
  28. Sears, Young Napoleon, p. 111.
  29. Sears, Young Napoleon, p. 116.
  30. Sears, Young Napoleon, pp. 98–99.
  31. Sears, Young Napoleon, pp. 116–17.
  32. Sears, Young Napoleon, pp. 101–104, 110.
  33. Beatie, pp. 471–72.
  34. a et b McPherson, p. 360.
  35. Sears, Young Napoleon, pp. 136–37.
  36. McPherson, p. 364.
  37. Sears, Young Napoleon, pp. 132–33.
  38. Sears, Young Napoleon, pp. 140–41, 149, 160.
  39. Sears, Young Napoleon, pp. 168–69.
  40. Sears, Young Napoleon, pp. 164–65.
  41. Sears, Young Napoleon, pp. 167–69.
  42. Bailey, Forward to Richmond, p. 99.
  43. Bailey, Forward to Richmond, pp. 107–13.
  44. Sears, Young Napoleon, pp. 372–74.
  45. McPherson, p. 805.
  46. Sears, Young Napoleon, pp. 385–86.
  47. Sears, Controversies, p. 5.
  48. Sears, Young Napoleon, pp. 388–92.
  49. Sears, Young Napoleon, p. 393.
  50. New York Times, 16 mars 1877 (nomination), New York Times, 5 janvier 1878 (rejeté).
  51. Sears, Young Napoleon, pp. 397–99.
  52. Sears, Young Napoleon, pp. 400–01.
  53. Sears, Young Napoleon, p. 404.
  54. Sears, Young Napoleon, p. 401.
  55. Sears, Young Napoleon, p. 293.
  56. Sears, Controversies, pp. 19–20.
  57. Nevins, pp. 294-95.
  58. Goodwin, pp. 378-379.
  59. Sears, Controversies, p. 6.
  60. Eckenrode & Conrad, pp. 46-47, 170.
  61. Eckenrode & Conrad, p. 280.
  62. Rowland, McClellan and Civil War History, pp. 46, 50.
  63. Eckenrode & Conrad, p. 238; Rowland, McClellan and Civil War History, pp. 97-99.
  64. Rowland, McClellan and Civil War History, pp. 7-8; Rowland, Leaders, pp. 268-70, provides a concise historiography of McClellan's legacy, stating that "McClellan has had few supporters in the literature over the last half-century." Rafuse, pp. 384-96, presents an analysis of McClellan that is more sympathetic than the majority of current works, focusing not only on his military strategy, but how his Whig political heritage affected the way he proposed to wage war in a manner that would promote reconciliation with the South.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • (en) Ronald H. Bailey, and the Editors of Time-Life Books, Forward to Richmond: McClellan's Peninsular Campaign, Time-Life Books,‎ 1983 (ISBN 0-8094-4720-7)
  • (en) Ronald H. Bailey, and the Editors of Time-Life Books, The Bloodiest Day: The Battle of Antietam, Time-Life Books,‎ 1984 (ISBN 0-8094-4740-1)
  • (en) Jonathan M. Beagle, Encyclopedia of the American Civil War: A Political, Social, and Military History, Heidler, David S., and Heidler, Jeanne T., eds., W. W. Norton & Company,‎ 2000 (ISBN 0-393-04758-X)
  • (en) Russel H. Beatie, Army of the Potomac: Birth of Command, November 1860 - September 1861, Da Capo Press,‎ 2002 (ISBN 0-306-81141-3)
  • (en) Russel H. Beatie, Army of the Potomac: McClellan Takes Command, September 1861 - February 1862, Da Capo Press,‎ 2004 (ISBN 0-306-81252-5)
  • (en) H. J. Eckenrode, et Bryan Conrad, George B. McClellan: The Man Who Saved the Union, University of North Carolina Press,‎ 1941 (ISBN 978-0-548-14788-7)
  • (en) John H. Eicher, et David J. Eicher, Civil War High Commands, Stanford University Press,‎ 2001 (ISBN 0-8047-3641-3)
  • (en) Doris Kearns Goodwin, Team of Rivals, Simon & Schuster,‎ 2005 (ISBN 978-0-684-82490-1)
  • (en) James M. McPherson, Battle Cry of Freedom: The Civil War Era (Oxford History of the United States), Oxford University Press,‎ 1988 (ISBN 0-19-503863-0)
  • (en) James M. McPherson, Crossroads of Freedom: Antietam, The Battle That Changed the Course of the Civil War, Oxford University Press,‎ 2002 (ISBN 0-19-513521-0)
  • (en) Allan Nevins, The War for the Union, Vol. I: The Improvised War 1861 - 1862, Charles Scribner's Sons,‎ 1959 (ISBN 0-684-10426-1)
  • (en) Ethan S. Rafuse, McClellan's War: The Failure of Moderation in the Struggle for the Union, Indiana University Press,‎ 2005 (ISBN 0-253-34532-4)
  • (en) Thomas J. Rowland, Leaders of the American Civil War: A Biographical and Historiographical Dictionary, Charles F. Ritter, and Jon L. Wakelyn eds., Greenwood Press,‎ 1998 (ISBN 0-313-29560-3)
  • (en) Thomas J. Rowland, George B. McClellan and Civil War History: In the Shadow of Grant and Sherman, Kent State University Press,‎ 1998 (ISBN 978-0-87338-989-1)
  • (en) Carl Sandburg, Storm Over the Land: A Profile of the Civil War, Harcourt Brace and Company,‎ 1942 (ISBN 978-0-8317-1433-8)
  • (en) Stephen W. Sears, Controversies and Commanders: Dispatches from the Army of the Potomac, Houghton Mifflin Company,‎ 1999 (ISBN 0-395-86760-6)
  • (en) Stephen W. Sears, George B. McClellan: The Young Napoleon, Da Capo Press,‎ 1988 (ISBN 0-306-80913-3)
  • (en) Stephen W. Sears, Landscape Turned Red: The Battle of Antietam, Houghton Mifflin,‎ 1983 (ISBN 0-89919-172-X)
  • (en) Stephen W. Sears, To the Gates of Richmond: The Peninsula Campaign, Ticknor and Fields,‎ 1992 (ISBN 0-89919-790-6)
  • (en) Brian K. Burton, Extraordinary Circumstances: The Seven Days Battles, Indiana University Press,‎ 2001 (ISBN 0-253-33963-4)
  • (en) Thomas W. Cutrer, The Mexican War Diary and Correspondence of George B. McClellan, Louisiana State University Press,‎ 2009 (ISBN 978-0-8071-3451-1)
  • (en) James M. Ridgway, Jr., Little Mac: Demise of an American Hero, Xlibris,‎ 2000 (ISBN 0-7388-0579-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Précédé par George McClellan Suivi par
Irvin McDowell
Commandant de l'Armée du Potomac
Ambrose Burnside
Winfield Scott
United States Department of the Army Seal.svg
Commanding General of the United States Army
novembre 1861 - mars 1862
Henry Wager Halleck