Parti national-démocrate d'Allemagne

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Nationaldemokratische Partei Deutschlands
Image illustrative de l'article Parti national-démocrate d'Allemagne
Logo officiel
Présentation
Président Udo Voigt
Fondation 28 novembre 1964
Siège Berlin
Vice-présidents Karl Richter
Frank Schwerdt
Idéologie Nationalisme,
conservatisme social,
populisme
Affiliation internationale aucune
Affiliation européenne Front national européen
Adhérents 7 200 (2007)
Couleurs Noir et rouge
Site web www.npd.de

Le Parti national-démocrate d'Allemagne (Nationaldemokratische Partei Deutschlands, NPD) est un parti politique nationaliste[1] allemand, fondé le 28 novembre 1964 par d'anciens militants d'extrême droite du Sozialistische Reichspartei (SRP) et du Deutsche Reichspartei (DRP). Souvent présenté comme néonazi, les idées du parti peuvent être qualifiées de racistes, d'antisémites et de révisionnistes[2][3][4]. Il obtient plusieurs bons résultats locaux dans les années 1960 et, avec 4,3 % des suffrages, échoue de peu à entrer au Bundestag en 1969. Les scores du parti baissent ensuite rapidement et il devient quasiment absent de la vie politique jusqu'à la réunification. Le parti connaît des succès électoraux locaux significatifs depuis la milieu des années 2000[5] bien qu'une large majorité d'Allemands soit favorable à son interdiction[6].

Sommaire

[modifier] Histoire

[modifier] Création et premier succès

Créé en 1964, le NPD obtient plusieurs bons résultats à des élections régionales (jusqu'à 9,8 % en 1968 dans le Bade-Wurtemberg) et échoue de peu à entrer au Bundestag lors des élections fédérales de 1969. Les scores du parti baissent ensuite rapidement jusqu'à devenir insignifiants.

[modifier] Réapparition et nouveau succès

Manifestation du NPD à Würzburg.

Comme l'ensemble de l'extrême droite allemande, le NPD profite largement de la réunification. Il mise alors sur un rapprochement avec les freie Kameradschaften, les groupes de skinheads les plus virulents.

À partir de janvier 2001, il a été l'objet d'une triple demande d'interdiction (Verbotsantrag) de la part du gouvernement, du Bundestag et du Bundesrat. La Cour constitutionnelle (Bundesverfassungsgericht) devait trancher en 2002, mais la procédure a été finalement rejetée.

En septembre 2004, le NPD a obtenu plus de 9 % aux élections régionales en Saxe, ce qui lui permet pour la première fois depuis 1968 de siéger dans un parlement régional. La participation de ses représentants aux activités du parlement est à l'origine de nombreuses tensions, dont par exemple le scandale qui a suivi le refus du NPD de participer à une minute de silence en mémoire des victimes du national-socialisme.

Dès 2005, le parti retrouve ses scores habituels entre 0,9 % aux élections régionales de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et 1,9 % au Schleswig-Holstein. Avec 1,6 % lors des élections fédérales anticipées le NPD échoue largement à atteindre les objectifs qu'il s'était fixés : gagner des mandats directs et entrer au Bundestag.

En 2006, grâce à une campagne agressive efficace auprès des jeunes, le NPD refait surface, en décrochant 7,3 % des voix lors des élections en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, Land oriental et le plus pauvre du pays, ce qui lui permet de faire son entrée au Landtag. En outre, en passant la barre des 3 % aux élections municipales de Berlin, le NPD gagne le droit de siéger dans cinq conseils municipaux de la capitale fédérale, dont quatre à l'Est.

Le 30 août 2009, le NPD se maintient à 5,2 % dans la Saxe et remporte 8 sièges[7].

Pendant l'été 2010, l'Union populaire allemande (Deutsche Volksunion, DVU) annonce à la surprise générale un projet de fusion avec le NPD. Après quelques tensions internes, ce projet est ratifié par un vote des militants des deux partis : Matthias Faust devient vice-président du NPD tandis que d´autres cadres de la DVU rejoignent le comité central.

Après la Saxe, le Brandebourg et Brême, le Land de Mecklembourg-Poméranie devient, lors des élections du 4 septembre 2011, le quatrième du pays avec une représentation du NPD au Parlement régional. Ce parti, qui s’est distingué par une campagne très agressive contre les étrangers, obtient 7,3 % des voix et disposera de 6 députés[8].

[modifier] Deuxième procédure d'interdiction

En novembre 2011, une organisation criminelle d'extrême-droite nommée Clandestinité nationale-socialiste est découverte. Le groupe est mis en cause dans neuf crimes racistes en Allemagne entre 2000 et 2007 ainsi que dans le meurtre d'une policière. Le ministre de l'Intérieur Hans-Peter Friedrich déclare qu'il s'agit d'une « nouvelle forme du terrorisme d'extrême droite »[9] Le groupe est soupçonné d'être lié au NPD ; sa découverte relance le débat sur l'interdiction de ce dernier. Des manifestations contre le néo-nazisme sont organisées[10].

Le gouvernement fédéral allemand annonce qu'il envisage d'engager une procédure d'interdiction du NPD, tout en craignant les conséquences d'un possible échec[11]. Un sondage affirme que 77% des Allemands soutiennent cette mesure[12].

[modifier] Ligne politique

Le NPD est généralement considéré comme le parti le plus radical de l'extrême droite allemande. Son programme, clairement nationaliste, présente la famille comme la base de la société et a pour devise Arbeit, Familie, Vaterland qui signifie « Travail, Famille, Patrie » et prône la lutte contre l'immigration pour protéger l'essence du peuple allemand (Volkssubstanz). Il défend également un durcissement du droit d'asile. Plus récemment, il a adopté comme slogans : Deutschlands starke Rechte (« la droite forte en Allemagne »)[13]et Sozial geht nur national (« le social ne peut être que national »)[14].

Le parti juge en outre le système judiciaire issu de la Loi fondamentale de 1949 comme trop laxiste et reproche à la classe politique dans son ensemble de ne pas défendre l'État de droit. Héritier de différentes traditions anti-démocratiques, il souhaite renverser la République fédérale qu'il considère illégitime[15].

Un autre élément notable de son idéologie est la contestation de la « culture de la culpabilité » qui dominerait l'Allemagne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ses prises de position sur le bombardement de Dresde en 1945 lui ont déjà attiré des accusations de « révisionnisme ».

[modifier] Organisation

Udo Voigt en meeting.

Le chef actuel du parti est Holger Apfel.

Dans son rapport annuel 2003, le service de renseignement interne allemand (Verfassungsschutz) estime le nombre total de membres du parti à 5 000, en baisse par rapport aux 6 100 de l'année précédente.

Depuis le succès électoral en Saxe, le NPD enregistre cependant l'arrivée de nombreux nouveaux militants, notamment en provenance d'autres partis comme les Républicains qui tentent depuis quelque temps d'adopter un positionnement moins radical[16]. Le nombre de membres du NPD tournerait désormais autour de 5 300. Le rapport 2004 du Verfassungsschutz souligne également l'établissement de liens de plus en plus étroits entre le NPD et les milieux néonazis.

[modifier] Informations complémentaires

Le NPD s'est efforcé de minimiser la Shoah et a proposé la candidature de Rudolf Hess comme Prix Nobel de la paix.

En mars 2008, le NPD fait l'objet d'une procédure en appel suite aux propos tenus contre le joueur de Schalke 04 Gerald Asamoah. Le même mois, Udo Voigt a été inculpé pour « incitation à la haine raciale » relativement aux positions qu'il avait prises lors du mondial 2006 contre le footballeur Patrick Owomoyela (père nigérien et mère allemande) en développant l'argumentaire que les footballeurs « qui ne sont pas blancs de peau sont indignes de représenter » l'équipe nationale allemande. Il avait alors publié un calendrier des matchs avec la photo du joueur et le slogan « Blanc. Pas seulement une couleur de maillot. »

Le NPD a fait l'objet de critiques pour avoir mené des actions d'intimidation dans des zones où leur appui est le plus fort. Cette tactique est perçue par certains comme une tentative du NPD de remédier à leur faible poids électoral, qui les prive souvent de représentants élus[17]. Le parti a utilisé cette stratégie lors d'un concert du musicien « antifasciste » Konstantin Wecker à Halberstadt, en Saxe-Anhalt, où ils s'engageaient à acheter des billets et à les distribuer aux supporters du NPD pour qu'ils y soient aussi nombreux que possible, dans le but de perturber le spectacle.

Au cours de la Coupe du monde de football de 2006, le site du parti critiquait la composition de l'équipe allemande, en raison de la forte présence de joueurs d'origine non allemande en son sein. Selon eux, cette équipe n'était pas « vraiment allemande ».

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

[modifier] Notes et références

  1. « Son idéologie mêle xénophobie et antisémitisme », Adelai Hege, Regards sur l'Allemagne unifiée, Documentation française, 2006, p.
  2. « Berlin: un spot télé néo-nazi interdit » sur lefigaro.fr du 8 septembre 2011
  3. Allemagne : le racisme et l’antisémitisme affichés du NPD sur yabiladi.com du 8 septembre 2011
  4. « Le chef du NPD néonazi nie l'holocauste » sur tempsreel.nouvelobs.com du 10 décembre 2007
  5. Le guide de l'extrême droite européenne par Jean-Sébastien Lefebvre sur slate.fr du 10 avril 2011
  6. La meurtrière cellule néonazie allemande serait liée au NPD sur lemonde.fr du 1 décembre 2011
  7. AFP.fr
  8. Mecklembourg-Poméranie : la droite nationale entre au Landtag !
  9. « Berlin s'alarme d'une "nouvelle forme de terrorisme d'extrême droite" », Le Monde, 14 novembre 2011.
  10. « Un « réseau brun » secoue l’Allemagne », RFI, 25 novembre 2011.
  11. « L'Allemagne envisage d'interdire le parti néo-nazi NPD », Libération, 18 novembre 2011.
  12. « Trois Allemands sur quatre pour interdire le parti néo-nazi NPD, selon un sondage », Le Point, 25 novembre 2011.
  13. Congrès extraordinaire 2009[1]
  14. chant de campagne du parti en 2009 [2]
  15. Voir par exemple Deutsche Zukunft, Publication de la fédération régionale NPD de Rhénanie-du-Nord-Palatinat, numéro de l'été 2003, p. 3 et les autres publications citées dans le rapport 2003 du Verfassungsschutz (disponible sur le site officiel (de))
  16. Voir par exemple NPD wird immer fetter (de), die tageszeitung, 7 février 2005.
  17. (de) Deutsche Welle article [3]
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