Campagne de Knoxville

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Guerre de Sécession
Campagne de Knoxville
James Longstreet (Confédération)et Ambrose Burnside (Union),principaux commandants pendantla campagne de Knoxville.
James Longstreet (Confédération)
et Ambrose Burnside (Union),
principaux commandants pendant
la campagne de Knoxville.
Informations générales
Date Automne 1863
Lieu Est du Tennessee
Issue Campagne secondaire sans bénéfice majeur pour les belligérants.
Belligérants
US flag 34 stars.svg Union CSA FLAG 28.11.1861-1.5.1863.svg États confédérés
Commandants
Ambrose Burnside James Longstreet
Forces en présence
Armée de l'Ohio Armée de Virginie du Nord (I Corps)
Batailles
Bataille du Cumberland Gap - Bataille de Blountville - Bataille de Blue Springs - Bataille de Campbell's Station - Bataille de Fort Sanders - Bataille de Bean's Station.

La campagne de Knoxville[1] regroupe les manœuvres militaires et les combats qui se déroulèrent, dans l'est du Tennessee sur le théâtre occidental de la guerre de Sécession, à l'automne 1863.

La campagne a pour but de prendre le contrôle de Knoxville et, avec elle, du chemin de fer qui connectait la Confédération d'est en ouest. Les forces de l'Union, commandées par le major-général Ambrose Burnside, occupent Knoxville, (Tennessee), tandis que des unités confédérées confiées au le lieutenant-général James Longstreet, sont détachées de l'armée du Tennessee du général Braxton Bragg, alors déployée à Chattanooga, pour empêcher que Burnside ne vienne au secours des forces de l'Union qui s'y étaient retranchées.

Finalement, le siège de Knoxville organisé par Longstreet se termine quand le major-général nordiste William Tecumseh Sherman, après avoir libéré Chattanooga, se porte, avec l'armée nordiste du Tennesssee et d'autres unités, au secours de Burnside. Alors que Longstreet était l'un des meilleurs adjoint du général Robert E. Lee sur le théâtre oriental, il se révéla moins convaincant une fois laissé à lui-même, et sa campagne de Knoxville produisit fort peu de résultats.

Contexte et premiers mouvements[modifier | modifier le code]

Le Tennessee oriental, montagneux et largement acquis à l'Union était considéré par le président Abraham Lincoln comme un objectif stratégique. Non seulement la population y était elle majoritairement loyale à l'Union, mais elle était également riche en céréales et en bétail. Enfin, la zone contrôlait un couloir ferroviaire qui connectait Chattanooga à la Virginie (état). Pendant les années 1862 et 1863, Lincoln fit pression sur une succession de militaires afin qu'ils pénètrent cette zone difficile d'accès pour occuper la région.

Ambrose Burnside, qui avait été battu à plate couture lors de la bataille de Fredericksburg (décembre 1862), fut transféré sur le théâtre de l'Ouest et se vit confier le Département et l'armée de l'Ohio en mars 1863.

Burnside reçut l'ordre de se porter sur Knoxville aussi vite que possible , ; au même moment, le major-général William Starke Rosecrans et son armée du Cumberland recevait l'ordre de passer à l'action contre Bragg dans le centre du Tennessee (campagne de Tullahoma et, ensuite, Campagne de Chickamauga)[2].

Burnside avait pour projet de quitter Cincinnati, avec le IXe et le XXIIIe Corps , mais il dut retarder son mouvement quand le IXe Corps reçut l'ordre de rejoindre le major-général Ulysses S. Grant alors engagé dans la campagne de Vicksburg. En attendant le retour du IXe Corps, Burnside dépêcha une brigade, commandée par le brigadier-général William P. Sanders pour frapper Knoxville avec des unités de cavalerie et d'infanterie. À la mi-juin, les hommes de Sander sabotèrent les voies de chemin de fer et coupèrent les communications autour de la ville, contrôlée par le Département confédéré du Tennessee oriental, commandé par le major-général Simon B. Buckner[3].

À la mi-août, Burnside commença à avancer sur la ville. L'itinéraire le plus court pour Knoxville passait par le Cumberland Gap, une position qui favorisait fortement les défenseurs confédérés. Burnside décida de les déborder par le flanc. Il menaça le col par le nord avec la division commandée par le colonel John F. DeCourcy, tandis que ses deux autres divisions effectuaient un crochet de 64 km au sud de la position confédérée, à travers les routes de montagnes accidentées qui menaient à Knoxville. Malgré le mauvais état des routes, ses hommes arrivèrent à parcourir jusqu'à 48 km par jour[4].

Comme la campagne de Chickamauga commençait, Buckner reçut l'ordre de rejoindre Chattanooga, laissant une seule brigade confédérée à Cumberland Gap et une autre à l'est de Knoxville. Le major-général Samuel Jones remplaça Buckner à l a tête du Département du Tennessee oriental. Une des brigades de cavalerie de Burnside atteignit Knoxville le 2 septembre, pratiquement sans encombre. Le jour suivant, Burnside et le gros de ses troupes occupèrent la ville, chaudement accueillis par la population locale[5].

Au Cumberland Gap, 2 300 soldats inexpérimentés, commandés par le brigadier-général John W. Frazer, avaient élevé des retranchements, mais n'avaient pas reçu d'ordres sur ce qu'ils devaient faire après le retrait de Buckner. Le 7 septembre, attaqué par le nord par DeCourcy et par le brigadier-général James M. Shackelford arrivant par le sud, Frazer refusa de se rendre. Burnside et une brigade d'infanterie commandée par le colonel Samuel A. Gilbert quittant Knoxville, marchèrent sur une centaine de kilomètres en 52 heures. Constatant qu'il était dépassé par le nombre, Frazer se rendit le 9 septembre[6].

Burnside dépêcha quelques renforts de cavalerie à Rosecrans et prépara une expédition destinée à nettoyer les routes et les cols permettant de passer du Tennessee oriental en Virginie et, si possible, de s'emparer des salines au-delà d'Abingdon. Au même moment, avec la bataille de Chickamauga, Washington exerçait une forte pression pour que Burnside se porte vers le sud, au secours Rosecrans, mais Burnside, ne souhaitant pas abandonner un territoire qu'il venait de prendre et abandonner les citoyens loyaux à l'Union qu'il y avait trouvé, choisit d'ignorer ces indications. Il éprouvait en outre des difficultés à transporter ses approvisionnements et il craignait de se mettre en grande difficulté en s'éloignant de ses bases[7].

Combats de la campagne du Tennessee oriental[modifier | modifier le code]

Deux batailles d'importance mineure se déroulèrent au Tennessee oriental pendant que Burnside était sollicité pour aller renforcer les effectifs de Rosecrans.

Blountville (22 septembre 1863)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Blountville.

Le 22 septembre, le colonel nordiste John W. Foster, affronta, avec sa cavalerie et son artillerie, le colonel James E. Carter et ses troupes à Blountville. Foster attaqua à midi et, pendant un combat de quatre heures, bombarda la localité et lança un mouvement sur le flanc des Confédérés, les poussant à se retirer[8].

Blue Springs (10 octobre 1863)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Blue Springs.

Le brigadier-général confédéré John S. Williams, accompagné d'unités de cavalerie, s'était fixé pour objectif de perturber les communications et la logistique de l'Union. Il voulait prendre Bull's Gap, sur la ligne de chemin de fer du East Tennessee & Virginia Railroad. Le 3 octobre, tandis qu'il avançait vers Bull's Gap, il dût affronter une division de cavalerie du XXIIIe Corps de l'Union commandée par le brigadier-général Samuel P. Carter à Blue Springs, à une quinzaine de kilomètres de Bull's Gap, sur le trajet de la ligne de chemin de fer. Ne connaissant pas les effectifs dont disposait son ennemi, Carter préféra se retirer. Carter et Williams bataillèrent sporadiquement dans les jours qui suivirent. Le 10 octobre, Carter s'approcha de Blue Springs en force. Williams avait, de son côté, reçu du renfort. Le combat s'engagea autour de 10 heures du matin, les cavaliers de l'Union attaquant les Confédérés jusqu'au début de l'après-midi, tandis qu'une de leurs unités se plaçait en position pour couper la retraite des rebelles. Le capitaine Orlando M. Poe, ingénieur en chef, partit en reconnaissance pour reconnaître l'endroit le plus propice à une attaque d'infanterie. La 1re division du IXe Corps, menée par le brigadier-général Edward Ferrero, se lança à l'attaque vers cinq heures de l'après-midi. Les hommes de Ferrero percutèrent la ligne confédérée en y causant des pertes importantes et s'avancèrent presque jusque dans le dos de l'ennemi avant d'être arrêtés. La nuit tombée, les Confédérés se retirèrent et les Fédéraux les prirent en chasse le lendemain matin, mais Williams et ses hommes parvinrent, en quelques jours, à se mettre à l'abri en Virginie. Burnside avait lancé sa campagne du Tennessee oriental pour réduire les rebelles dans la région, et la victoire de l'Union à Blue Springs avait contribué à l'atteinte de cet objectif[9].

Avancée de Longstreet vers Knoxville[modifier | modifier le code]

Zone d'opérations, Campagne de Knoxville de Longstreet.

Braxton Bragg, préoccupé par les victoires de Burnside au Cumberland Gap et à Blue Springs et imaginant que celui-ci pourrait venir porter assistance aux troupes de l'Union enfermées dans Chattanooga, demanda à Jefferson Davis, le président confédéré de lancer James Longstreet contre Burnside. Longstreet, accompagné du Premier Corps de l'armée de Virginie du Nord de Robert E. Lee, était arrivé dans le nord de la Géorgie juste à temps pour contribuer à la victoire confédérée à Chickamauga. Il contesta ses ordres. Il savait que ses forces étaient très inférieures en nombre. Il disposait de 10 000 hommes répartis en deux divisions d'infanterie (sous le major-général Lafayette McLaws et le brigadier-général Micah Jenkins (ce dernier à la tête de la division du major-général John Bell Hood, blessé) et de 5 000 cavaliers commandés par le major-général Joseph Wheeler.

De son côté, Burnside pouvait compter sur 12 000 fantassins et 8 500 cavaliers.

Longstreet savait aussi que les 40 000 Confédérés rassemblés autour de Chattanooga seraient bientôt dominés par les renforts de Grant et de Sherman, qui étaient alors en route. Il expliqua qu'en séparant les forces confédérées « nous exposons simplement chacune d'elle à l'échec et nous ne donnons pas les moyens de grands succès »[10].

Pendant que Longstreet préparait ses troupes pour le transport par chemin de fer, le 6 novembre, une escarmouche se produisit à Greeneville (Tennessee). Les Sudistes du major-général Robert Ransom, Jr. et du brigadier-général William E. "Grumble" Jones dispersèrent les cavaliers et les fantassins de l'Union présents dans la zone et firent de nombreux prisonniers appartenant au 7th Ohio Cavalry et au 2nd East Tennessee Mounted Infantry [11].

Longstreet devait voyager par train jusqu'à Sweetwater (Tennessee), à mi-chemin de Knoxville. Mais le voyage fut constellé d'incidents : les trains arrivèrent en retard et les hommes durent commencer le trajet à pied. Quand les trains arrivèrent, il s'avéra qu'ils étaient tractés par des locomotives sous-dimensionnées qui ne pouvaient pas, une fois les wagons chargés, absorber les dénivelés. Les soldats étaient obligés de descendre et de marcher à côté du train dans les pentes les plus raides. Il n'y avait suffisamment de bois pour alimenter les chaudières, et les hommes devaient démolir les clôtures pour que les trains puissent poursuivre leur route. Il fallut huit jours à Longstreet pour faire parcourir à ses troupes les 96 km qui conduisaient à Sweetwater. Quand il y arrivèrent, le 12 novembre, ce fut pour constater que le ravitaillement promis n'était pas arrivé. Les hommes n'auraient, pour affronter l'hiver, ni les vêtements adaptés, ni la nourriture suffisante[12].

L'administration du président Lincoln s'inquiéta brusquement de la situation de Burnside et, après lui avoir demandé pendant plusieurs semaines de quitter Knoxville pour se diriger vers le sud, elle lui ordonna de tenir la ville. Grant tenta d'organiser une expédition de soutien à partir de Chattanooga, mais Burnisde lui expliqua calmement qu'avec 5 000 de ses hommes, il allait avancer vers le sud-ouest à la rencontre de Longstreet, établir le contact, puis progressivement reculer vers Knoxville, ce qui mobiliserait les rebelles et les empêcherait de retourner à Chattanooga pour porter assistance à Bragg. Grant accepta immédiatement. Le 14 novembre, Longstreet fit jeter un pont sur le cours duTennessee à l'ouest de Loudon et se lança à la poursuite de Burnside[13].

Les cavaliers confédérés de Wheeler arrivèrent dans les parages de Knoxville le 15 novembre. Ils tentèrent d'occuper les hauteurs surplombant la ville sur la rive sud de la rivière Holston, mais ils abandonnèrent devant la résistance de la cavalerie fédérale (commandée par William Sanders) et la menace de l'artillerie également positionnée dans les forts de la rive sud[14].

Batailles de la campagne de Knoxville de Longstreet[modifier | modifier le code]

Trois batailles d'importance se déroulèrent pendant la campagne de Knoxville de Longstreet :

Campbell's Station (16 novembre)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Campbell's Station.
Le brigadier-général nordiste William P. Sanders, tué à Knoxville, donna son nom à un des fortins qui protégeaient la ville.
Le brigadier-général sudiste E. P. Alexander, commandait l'artillerie de Longstreet à Campbell's Station.

Suivant des itinéraires parallèles, Longstreet et Burnside se ruèrent vers Campbell's Station, un hameau au niveau duquel la route de Concord, arrivant du sud coupait la route de Kingston allant à Knoxville. Burnside voulait arriver le premier à l'intersection et s'en emparer, ce qui empêcherait Burnisde de rejoindre Knoxville et l'obligerait à se battre à l'extérieur des fortifications édifiées autour de la ville. Le 16 novembre, à l'issue d'une marche forcée effectuée sous la pluie, Burnside arriva le premier au croisement des deux routes et y déploya ses hommes. Sa principale colonne arriva à midi, suivi de près par le train d'équipage. À peine un quart plus tard, les Confédérés de Longstreet étaient sur place. Longstreet tenta un mouvement en tenaille. Les Sudistes de la division commandée par McLaws's frappa les lignes de l'Union avec une telle violence que l'aile droite dut se réorganiser, mais elle ne céda pas. De son côté, la division confédérée de Jenkins, qui devait attaquer l'aile gauche de l'Union, ne parvint pas à compléter sa manœuvre. Burnside ordonna aux deux divisions nordistes qui se tenaient de part et d'autre de la route de Kingston de se retirer vers une crête qui se trouvait sur leurs arrières, à un kilomètre environ. Les hommes s'exécutèrent en bon ordre. Les Confédérés suspendirent leur attaque tandis que Burnside continuaient à reculer lentement vers Knoxville[15]. Le repli fut exécuté sans incident et, le 17 novembre, le gros de l'armée de Burnside se trouvait à l'intérieur du périmètre défensif de la ville. Le siège de Knoxville (connu sous ce nom, bien que les Confédérées n'aient pas possédé les équipements nécessaires à un siège en règle et qu'ils aient été eux-mêmes à courts de ravitaillement). Le 18 novembre, William Sanders fut mortellement blessé alors qu'il couvrait la retraite de Burnside avec une unité de cavalerie. Longstreet voulait attaquer dès le 20 novembre, mais il finit par retarder l'assaut dans l'attente de l'arrivée des 3 500 hommes que devait lui apporter en renforts le brigadier-général Bushrod Johnson, ainsi que la brigade de cavalerie de Grumble Jones. Le colonel Edward Porter Alexander, qui commandait l'artillerie de Longstreet, écrivit que « chaque jour de retard voyait se renforcer la solidité des fortifications ennemies »[16].

Fort Sanders (29 novembre)[modifier | modifier le code]

Orville E. Babcock, (à gauche, appuyé à une souche d'arbre) et Orlando Poe, deux officiers nordistes appartenant au Génie, sur le saillant dévasté par les combats de Fort Sanders, Knoxville, Tennessee.
Article détaillé : Bataille de Fort Sanders.

Après une semaine de siège, Longstreet décida que Fort Sanders, qui dominait une éminence au nord-ouest de la Knoxville constituait le seul point faible où ses hommes pourraient franchir les fortifications qui entouraient la ville. Au nord-ouest du fort, le terrain chutait de manière abrupte. Longstreet pensait qu'il pouvait organiser un groupe d'assaut, qui prendrait Fort Sanders sous le couvert de la nuit. Après un bref pilonnage d'artillerie sur l'intérieur du fort, trois brigades rebelles chargèrent. L'attaque confédérée buta contre les fils télégraphiques tirés entre les souches d'arbres par les troupes de l'Union et sur le fossé profond, large et abrupt qui entourait le fort. Le franchir, sous une grêle de plomb, s'avéra impossible. Les officiers confédérés entraînèrent bien leurs hommes dans le fossé mais, sans échelles, presque aucun ne réussit à en sortir et ceux qui y parvinrent furent blessés, tués ou capturés. L'assaut dura une vingtaine de minutes et se termina sur un bilan particulièrement déséquilibré : 813 victimes Confédérés contre 13 du côté de l'Union[17].

Pendant que Longstreet réfléchissait à la suite des événements, il apprit que Bragg venait d'être battu à plate couture, le 25 novembre, à la bataille de Chattanooga. Il refusa d'obtempérer aux ordres lui indiquant de rejoindre Bragg, estimant qu'ils n'étaient pas réalistes. Il informa Bragg qu'il allait regagner la Virginie, mais qu'il maintiendrait le siège de Knoxville aussi longtemps que possible, dans le but d'empêcher Burnside et Grant de joindre leurs forces pour écraser l'armée rebelle du Tennessee. Cette option s'avéra payante car Grant dût envoyer Sherman, avec 25 000 hommes, pour dégager Knoxville. Le 4 décembre, Longstreet levait le siège de la ville et son armée se retira sur Rogersville (Tennessee), à une centaine de kilomètres au nord-est, pour prendre ses quartiers d'hiver. Sherman laissa le major-général Gordon Granger à Knoxville et retourna à Chattanooga avec le gros de son armée. Le major-général John G. Parke, un adjoint de Burnside, se lança à la poursuite des Confédérés avec un contingent de 8 000 fantassins et 4 000 cavaliers. Longstreet arriva à Rutledge le 6 décembre et à Rogersville le 9 décembre. Parke envoya le brigadier-général James M. Shackelford, accompagné de 4 000 hommes, cavaliers et fantassins à la recherche de Longstreet[18].

Bean's Station (14 décembre)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Bean's Station.

Le 13 décembre, Shackelford se trouvait à proximité de Bean's Station, sur la rivière Holston. Longstreet décida de revenir sur ses pas et pour s'emparer de Bean's Station. Trois colonnes confédérées accompagnées par l'artillerie approchèrent pour prendre les Fédéraux en étau. À deux heures du matin, le 14 décembre, une colonne accrocha les sentinelles de l'Union. Celles-ci tinrent leur position et avertirent Shackelford de la présence des rebelles. Ce dernier déploya ses hommes pour livrer un assaut. Le combat s'engagea bientôt et dura toute la journée, les troupes de l'Union tenant leur rang jusqu'à ce que leurs ennemis reçoivent du renfort. À la nuit tombante, les Fédéraux se retiraient de Bean's Station en passant le col de Bean's Gap pour arriver à Blain's Cross Roads. Longstreet tenta de renouveler ses attaques le lendemain matin, mais, s'approchant de Blain's Cross Roads, il trouva les Nordistes si bien retranchés qu'il préféra se retirer. Les Fédéraux quittèrent la zone peu de temps après[19].

Conséquences[modifier | modifier le code]

La campagne de Knoxville se termina après la bataille de Bean's Station et les belligérants prirent leurs quartiers d'hiver. Le seul effet de cette campagne mineure fut de priver Bragg de troupes dont il avait terriblement besoin à Chattanooga. Les initiatives de Longstreet en tant que commandant autonome, conduisirent à un échec et sa confiance en lui-même en fut affectée. Il réagit en incriminant ses subordonnés, comme il l'avait déjà fait pendant la campagne péninsulaire, après la bataille de Seven Pines. Il releva Lafayette McLaws de son commandement et demanda la cour martiale pour le brigadier-général Jerome B. Robertson et pour Evander M. Law. Le 30 décembre 1863, il présenta sa démission à l'adjudant-général Samuel Cooper, qui la refusa. Son Corps d'armée, mal approvisionnée et mal abritée, dut endurer un hiver terrible dans le Tennessee oriental avant de rejoindre la Virginie au printemps suivant[20].

Malgré les appréhensions de Washington, Burnside s'était montré judicieux dans la conduite de sa campagne et il redora ainsi un blason gravement entaché à Fredericksburg. Son succès à Knoxville, conjugué à la victoire de Grant à Chattanooga, plaça le Tennessee oriental sous le contrôle de l'Union jusqu'à la fin du conflit[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le National Park Service, chargé de la préservations des sites de la guerre civile regroupe les cinq batailles listées dans cet article en deux campagnes : la campagne du Tennessee oriental (Blountsville et Blue Springs) et la campagne de Knoxville de Longstreet (Campbell's Station, Fort Sanders et Bean's Station).
  2. Eicher, p. 613-14 ; Hartley, p. 1131-32 ; Korn, p. 101 ; Hess, ch. 1.
  3. Eicher, p. 613-14.
  4. Korn, p. 101.
  5. Korn, p. 103.
  6. Korn, p. 104.
  7. Korn, p. 104-05.
  8. Site du National Park Service — Blountsville
  9. Site du National Park Service — Blue Springs
  10. Eicher, p. 614 ; Longstreet, p. 480-83 ; Alexander, p. 311 ; Hartley, p. 1132 ; Korn, p. 100.
  11. Eicher, p. 614.
  12. Korn, p. 100-01 ; Eicher, p. 614 ; Hartley, p. 1132.
  13. Hartley, p. 1132-33 ; Korn, p. 105-06 ; Eicher, p. 615.
  14. Eicher, p. 614 ; Hartley, p. 1132-33.
  15. Site du National Park Service — Campbell's Station
  16. Wert, p. 346 ; Eicher, p. 615 ; Korn, p. 109-11.
  17. Eicher, p. 616 ; Site du National Park Service — Fort Sanders
  18. Hartley, p. 1133 ; Eicher, p. 616-17.
  19. Site du National Park Service — Bean's Station
  20. Wert, p. 340-59, 360-75 ; Longstreet, p. 480-523.
  21. Hartley, p. 1133.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) David J. Eicher The Longest Night : A Military History of the Civil War. New York : Simon & Schuster, 2001. ISBN 0-684-84944-5.
  • (en) Hartley, William. "Knoxville Campaign." dans Encyclopedia of the American Civil War : A Political, Social, and Military History, édité par David S. Heidler et Jeanne T. Heidler. New York : W. W. Norton & Co, 2000. ISBN 0-393-04758-X.
  • (en) Hess, Earl J. The Knoxville Campaign : Burnside and Longstreet in East Tennessee. Knoxville : University of Tennessee Press, 2012. ISBN 978-1-57233-916-3.
  • (en) Korn, Jerry, et Time-Life Books. The Fight for Chattanooga : Chickamauga to Missionary Ridge. Alexandria, VA : Time-Life Books, 1985. ISBN 0-8094-4816-5.
  • (en) Wert, Jeffry D. General James Longstreet : The Confederacy's Most Controversial Soldier : A Biography. New York : Simon & Schuster, 1993. ISBN 0-671-70921-6.
  • (en) Description des batailles sur le site du National Park Service.

Sources primaires[modifier | modifier le code]

  • (en) Alexander, Edward P. Fighting for the Confederacy : The Personal Recollections of General Edward Porter Alexander. Edited by Gary W. Gallagher. Chapel Hill : University of North Carolina Press, 1989. ISBN 0-8078-4722-4.
  • (en) Longstreet, James. From Manassas to Appomattox : Memoirs of the Civil War in America. New York : Da Capo Press, 1992. ISBN 0-306-80464-6. Prmeière édition 1896 chez J. B. Lippincott & Co.
  • (en) U.S. War Department, The War of the Rebellion : a Compilation of the Official Records of the Union and Confederate Armies. Washington, DC : U.S. Government Printing Office, 1880–1901.

Pour en savoir plus[modifier | modifier le code]

  • (en) Woodworth, Steven E. Six Armies in Tennessee : The Chickamauga and Chattanooga Campaigns. Lincoln : University of Nebraska Press, 1998. ISBN 0-8032-9813-7.

Liens externes[modifier | modifier le code]