Aube dorée (Grèce)
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| Aube dorée Χρυσή Αυγή |
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Logo officiel |
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| Présentation | |
|---|---|
| Chef | Nikólaos Michaloliákos |
| Fondation | Décembre 1980, reconnu le 1er novembre 1993[1] |
| Siège | Athènes, |
| Députés |
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| Députés européens |
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| Périphéries de la Grèce |
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| Idéologie | Nationalisme, metaxisme, irrédentisme ; néonazisme (contestée)[2] |
| Site web | www.xryshaygh.com |
Aube dorée (XA), ou, par son nom complet Association populaire – Aube dorée (en grec moderne : Λαϊκός Σύνδεσμος – Χρυσή Αυγή) est un parti politique grec d'extrême droite, souvent classé comme néo-nazi[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9] par la presse. Le parti en revanche ne s'est jamais défini ainsi et réfute explicitement cette appellation[10],[11].
Initialement nom d'une revue, le parti est dirigé par Nikólaos Michaloliákos qui le fonda en 1992. Réactivé en 2007, il fait son entrée au Parlement hellénique lors des législatives de mai 2012[12], et conserve sa délégation lors de celles de juin 2012.
Son discours s'articule notamment autour de thèmes irrédentistes (Épire du Nord, Chypre, conflit de la mer Égée), toujours xénophobes, souverainistes, natalistes, partisans du « droit du sang », avec entre autres pour slogan « la Grèce aux Grecs »[13] (Για μια Ελλάδα που θα ανήκει στους Έλληνες). Le parti fut membre du Front national européen[9].
Sommaire |
Idéologie et thèses soutenues [modifier]
Dans son programme[13], Aube dorée veut rejeter les plans de sauvetage économique de la Grèce, effacer la dette du pays et expulser les immigrés. Le parti propose d'ailleurs de miner la frontière avec la Turquie pour empêcher l'arrivée de ceux-ci[14].
Les différentes publications du parti, ses membres et les structures affiliées, font fréquemment usage d'une symbolique plus ou moins ouvertement néonazie[1],[15] (saluts fascistes[16], croix gammées stylisées[17], utilisation du méandre noir sur un drapeau rouge, le tout rappelant le drapeau nazi). Les publications sur papier et les sites en ligne comportent de nombreux articles et photographies concernant des organisations ou des personnalités liées au Troisième Reich, comme la SS ou Magda Goebbels[18] par exemple.
Nikólaos Michaloliákos, fondateur du parti, s'est fait remarquer en faisant un salut nazi au conseil municipal d'Athènes, où il a été élu en novembre 2010[14]. Néanmoins, le caractère fasciste est remis en cause par certains de ses militants ou électeurs qui affirment que le salut par le bras droit a été repris de la culture grecque par les Italiens et les Allemands, et que par conséquent, il serait un « signe d'identité culturelle »[19].
En 2009, aux élections européennes, le parti obtient 23 566 voix (0,45 %) et aux élections législatives de la même année, il est crédité de 0,29 %.
Ilías Kasidiáris, député et porte parole du mouvement, le classe politiquement comme l'équivalent du Front national en Grèce[20].
En mars 2013, la police transmet au Parquet un enregistrement vidéo raciste et antisémite qui a fait le tour de la Grèce, montrant le candidat d'Aube Dorée Alexandros Plomaritis faisant campagne à Athènes en déclarant à ses amis le sort réservés aux militants de gauche et aux immigrés : « Nous sommes prêts à ouvrir les fours (...), nous en ferons des savons pour laver les voitures et les trottoirs (...), on fabriquera des abat-jour avec leur peau », lance-t-il notamment[21].
Stratégie sur le terrain [modifier]
D'après des témoignages recueillis par Le Monde[22], Aube dorée est très active sur le terrain auprès de son électorat cible :
- rondes dans les quartiers à forte criminalité ressentie ;
- accompagnement des personnes âgées ;
- distribution de nourritures aux plus pauvres, mais seulement aux Grecs « de souche »[23].
Ses militants se font également remarquer pour :
- des agressions, armés de barres de fer, contre les immigrés, avec une complicité supposée de la police[22],[24] ;
- la formation d'escadrons visant à attaquer des militants de gauche ;
- des perturbations des bureaux de vote lors des élections de mai 2012[25] ;
- des menaces et intimidations des employés de Médecins du monde-Grèce dans les locaux même de l'ONG[26].
À l'occasion de Noël 2012, le parti a distribué de la nourriture et des habits aux Grecs dans le besoin. Cette distribution a été perturbée par des opposants. Des députés de l’Aube dorée utilisent une partie de l’argent de leur salaire afin de venir en aide à leurs compatriotes[réf. souhaitée].
Depuis le 23 février 2013, le parti organise des cours d'« éveil national » aux enfants de 6-10 ans, accompagnés de leurs parents[27] ; le 31 janvier 2013, le site Internet d’une section locale d’Aube dorée avait publié un texte de l’auteur George Georgalas, initialement publié en 1967, sur la valeur et l’importance d’endoctriner les enfants[27].
Rapport avec les médias [modifier]
Le 8 mai 2012, à la suite de son entrée au Parlement hellénique, Aube dorée a organisé une conférence de presse dans un « style musclé qui rappelle un peu la période de la montée du nazisme » ; les journalistes présents ont été contraints de se lever « en marque de respect pour le dirigeant de ce parti »[28],[29]. Le 12 avril 2012, la journaliste Xenia Kounalaki avait fait l’objet de menaces sur le site Internet du parti[30].
Négationnisme [modifier]
Le 14 mai 2012, Nikólaos Michaloliákos, le chef du parti, a remis en cause la mort des six millions de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale au cours d'une interview accordée à une chaîne de télévision, niant l'existence des chambres à gaz et des fours crématoires dans les camps d'extermination nazis[31].
Problèmes judiciaires [modifier]
Le porte-parole du mouvement et député, Ilias Kasidiaris, est jugé à partir du lundi 11 juin pour son implication dans un vol avec violence en 2007. Il est soupçonné d'avoir été au volant de la voiture qui transportait les cinq hommes qui ont attaqué, poignardé et dévalisé un étudiant. Il nie tout lien avec l'affaire. Il est aussi recherché pour avoir frappé au cours d'un débat télévisé en direct deux femmes politiques : Rena Dourou de la SYRIZA (Gauche radicale) et Liana Kanelli du Parti communiste de Grèce (KKE). Puisque le Parlement hellénique a été dissous, Kasidiaris n'est plus protégé par son immunité parlementaire[32],[33].
Entrée au Parlement grec [modifier]
La crise de la dette publique grecque débute fin 2009. Le gouvernement Papandréou révèle les véritables comptes de l'État. Sous la pression des règles européennes, le gouvernement enchaîne les plans d'austérité et doit s'adresser au FMI, qui n'intervient qu'en échange de privatisations nombreuses.
La scène politique grecque est complètement bouleversée : les deux grands partis de gouvernement, PASOK et ND, recueillant autrefois plus des trois quarts des voix, s'effondrent et ne représentent plus qu'à peine le tiers à eux deux (une prime à la pluralité permettant une coalition).
Surtout, en novembre 2011, le gouvernement Papadímos prend ses fonctions, soutenu par le parti d'extrême droite LAOS, qui fait son entrée au gouvernement. Pour Flora Genoux du Monde[22], cela change la donne à l'extrême droite : Aube dorée, plus radical encore, peut alors s'opposer au gouvernement.
Les néo-nazis, crédités de 1,5 % des voix en avril 2011[34], passent à 2,5 fin janvier 2012[35], et dépassent le seuil de représentativité (3 %) durant la campagne, montant même à 6,5 %.
À la fin du scrutin, Aube dorée devient le sixième parti en termes de voix : derrière ND, la gauche radicale « anti-austérité » (SYRIZA), le PASOK, les Grecs indépendants (AN.EL.) et le Parti communiste de Grèce (KKE), mais devant la Gauche démocrate. Selon les résultats officiels, il obtient 440 894 voix, soit 6,97 % de l'électorat, et 21 députés sur les 300 que compte le Parlement hellénique. Le dirigeant du parti, Nikólaos Michaloliákos, déclare à la suite de ces élections : « L'heure de la peur a sonné pour les traîtres à la patrie[36] ».
De nouvelles élections ayant été prévues pour juin en raison de l'incapacité à constituer un gouvernement, Aube dorée confirme sa percée en réalisant 6,92 % des suffrages exprimés (425 981 voix, -0,05 %) et obtient 18 sièges (-3)[37],[38], devenant ainsi le cinquième parti de Grèce.
Notes et références [modifier]
- (el) « ΕΛΛΗΝΙΚΗ ΑΚΡΟΔΕΞΙΑ. Το κλούβιο “αβγό του φιδιού” », Το Βήμα, 11 septembre 2005.
- (en) « Golden Dawn 'not Nazi' party, leader says », ekathimerini.com, 25 octobre 2012.
- (el) « ΧΡΥΣΗ ΑΥΓΗ. Παρόντες στα ραντεβού των νεοναζί », ΕΘΝΟΣ.gr, 31 mars 2007.
- (el) « Τα μέσα ενημέρωσης και η Χρυσή Αυγή », tvxs.fr, 9 avril 2012.
- (en) « Hard Times Lift Greece’s Anti-Immigrant Fringe », The New York Times, 13 avril 2012 : « But the established parties are also warning of the dangers of extremism. Last week, Evangelos Venizelos, who is running in the national elections as Socialist Party leader, warned that “Parliament cannot become a place for those nostalgic for fascism and Nazism.” Golden Dawn is unabashedly nostalgic for both. Founded in the early 1980s by sympathizers of the military dictatorship that governed Greece from 1967 to 1974, Golden Dawn has always espoused a neo-Nazi ideology. Its symbol clearly resembles the swastika, and copies of “Mein Kampf” and books on the racial superiority of the Greeks are on prominent display in its Athens headquarters. »
- (en) « Fascism rises from the depths of Greece's despair », The Independent, 4 mai 2012.
- « Le parti néo-nazi Aube dorée va entrer au Parlement », lci.tf1.fr, 6 mai 2012.
- (en) « Greek Voters Punish 2 Main Parties for Collapse », The New York Times, 6 mai 2012.
- « GRECE. Qui sont les néonazis qui entrent au Parlement ? », Le Nouvel Observateur, 7 mai 2012 ; modifié le 9 mai 2012.
- (en) « Greek far-right leader savors electoral success », reuters.com, 6 mai 2012.
- « L’Aube dorée : au coeur du parti néonazi grec », lesinrocks.com, 27 mai 2012.
- « Grèce : le parti néonazi ira au Parlement », Le Figaro, 6 mai 2012.
- (el) Positions du parti, sur son site officiel
- « Grèce : le “vote de la colère” fait les affaires de l'extrême droite », lemonde.fr, 4 mai 2012.
- (el) « Το φαινόμενο “Χρυσή Αυγή” », Αθήνα 9.84, 2 avril 2012 (2e partie, 5 mai 2012 et 3e partie, 6 mai 2012).
- Trois militants en Épire du Nord
- Couverture du premier numéro
- Eva Braun et Madgda Goebbels entre autres « femmes illustres » sur le site d'une organisation affiliée.
- Alexia Kefalas, « L'Aube dorée, un parti xénophobe au Parlement grec », lefigaro.fr, 7 mai 2012.
- « Interview de l'intéressé dans le Petit Journal », 20 février 2013.
- « Aube dorée veut faire des abats-jour de la peau des étrangers », Romandie.com, 6 mars 2013.
- « Grèce : pourquoi un parti néonazi pourrait entrer au Parlement », Le Monde, 5 mai 2012.
- « Grèce : l'Aube dorée mise sur la pauvreté », Europe 1, 8 mai 2012.
- « Quand Aube dorée veut faire le ménage », lalibre.be, 13 février 2013.
- « Grèce/vote : intimidations néo-nazies », Le Figaro, 6 mai 2012.
- « Grèce : les étrangers au rythme de la peur après le succès électoral néonazi », La Voix du Nord, 24 mai 2012.
- « Grèce : Aube Dorée lance des cours d’endoctrinement pour les enfants », Euronews, 27 février 2013.
- « Le parti néo-nazi grec Aube dorée cherche à intimider les journalistes », rtbf.be, 9 mai 2012.
- « L'Aube dorée, un parti xénophobe au Parlement grec », Le Figaro, 7 mai 2012.
- (de) « Journalistin Kounalaki. Bedroht von Griechenlands Faschisten », Der Spiegel, 1er mai 2012.
- « Polémique en Grèce après des propos négationnistes de l'Aube », Le Nouvel Observateur, 14 mai 2012.
- (en) « Golden Dawn spokesman to appear in court on Monday », e-Kathimerini, 6 juin 2012.
- (en) « Arrest warrant for Golden Dawn spokesman after attack during TV talk show », e-Kathimerini, 7 juin 2012.
- « Πολιτική Συγκυρία & Διακυβέρνηση – Απρίλιος 2011 », vprc.gr (avril 2011). Consulté le 10 décembre 2011.
- « “Πολιτική Συγκυρία & Διακυβέρνηση” — Ιανουάριος 2012 », VPRC, vprc.gr (26 janvier 2012). Consulté le 26 janvier 2012.
- « Grèce : “l'heure de la part (sic) a sonné”, menace le groupe néo nazi Chryssi Avghi », lci.tf1.fr, 6 mai 2012.
- (en) βουλευτικές εκλογές 2012
- « L'extrême droite se maintient en Grèce et savoure sa revanche », Le Nouvel Observateur, 18 juin 2012.