Nat King Cole

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Nat King Cole

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New York, 1946

Informations générales
Nom de naissance Nathaniel Adams Coles
Naissance 17 mars 1919
Montgomery, Alabama
Décès 15 février 1965 (à 45 ans)
Santa Monica, Californie
Activité principale Musicien, chanteur, pianiste
Genre musical Jazz, rhythm and blues
Labels Capitol Records

Nathaniel Adams Coles dit Nat King Cole est un chanteur et pianiste américain de jazz et de rhythm and blues, né le 17 mars 1919 à Montgomery (Alabama), et mort le 15 février 1965 à Santa Monica (Californie). Il est l'un des plus grands crooners des années 1950.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses jeunes années[modifier | modifier le code]

Il nait le jour de la Saint-Patrick, le 17 mars 1919. On discute son année de naissance (on la donne parfois comme étant 1917) mais sa fille Natalie Cole affirme dans son autobiographie que son père est né en 1919. Le père de Cole, le révérend Edward James Cole Sr, et la mère de Cole, Perlina Adams, ont 13 enfants dont seulement cinq survivent jusqu'à l'âge adulte. Son père est le pasteur à la Première Église baptiste où sa mère dirige le chœur. Sa mère qui encourage Nathaniel à apprendre le piano dès son plus jeune âge.

La famille Cole déménage dans le quartier de Bronzeville à Chicago. Ce quartier est au centre de la scène jazz et rhythm and blues de la ville. Nat et son frère Eddie écoutent la musique de Louis Armstrong et Jimmie Noon depuis une ruelle près de leur maison.

Il étudie le piano et l'orgue avec sa mère jusqu'à l'âge de 12 ans, et commence ses études scolaires qui comprennent beaucoup de musique classique. Il acquiert de l'expérience en jouant de l'orgue chaque dimanche dans la nouvelle église de son père, l'église baptiste True Light. Il entre à l'École secondaire Wendell Phillips et il crée un ensemble jazz, Nat Coles and His Rogues of Rhythm . L'ensemble bat Earl « Fatha » Hines dans un Battle of the Bands à la salle de danse Savoy. Cole reçoit le titre de Prince of the Ivories.

Le début de sa carrière[modifier | modifier le code]

Après avoir rencontré en 1936 sa première femme, Nadine Robinson, Cole se joint à son ensemble et à sa femme dans la revue musicale Shuffle Along, le premier spectacle à débuter dans Broadway avec une distribution uniquement noire en 1920. Quand le spectacle se termine à Los Angeles, Cole et Robinson décident de rester dans le sud de la Californie pour commencer leurs carrières.

Cole rencontre le guitariste Oscar Moore et le bassiste Wesley Prince en 1937 et ces trois hommes forment un nouvel ensemble à la demande de Bob Lewis, le directeur de l'Auberge Swanee. Lewis crée un coup publicitaire en demandant que Cole porte une couronne et s'appelle Nat « King » Cole. La couronne ne survit pas mais son nouveau nom subsiste avec la décision de Cole d'éliminer la lettre «  s  » à la fin de son nom.

Cole essaie avec réticence de chanter avec son trio, sans savoir que c'est sa voix qui lui vaudra son plus grand succès. Il décide de poursuivre le chant pour ajouter de la variété à son ensemble qui est alors uniquement instrumental. C'est la meilleure décision de sa carrière.

L'ensemble est maintenant connu comme le King Cole Trio et il reçoit un contrat d'enregistrement à court terme avec le label Decca, avec qui le trio enregistre Sweet Lorraine et Honeysuckle Rose. Ils signent par la suite avec le label Capitol Records et produisent Straighten Up and Fly Right. La chanson se vend à plus d'un million de copies dans la première année et donne la preuve de l'importance de la voix de Cole. Toujours hésitant de son rôle comme chanteur, il continue de pratiquer le piano.

En 1942, Johnny Miller remplace Wesley Prince comme bassiste dans le King Cole Trio.

Il rencontre le succès[modifier | modifier le code]

Le 15 mars 1945, l'album du trio, The King Cole Trio (Vol. 1) devient le premier album numéro 1 sur le Premier Album Chart de Billboard. L'album suivant, The King Cole Trio (Vol. 2) sort en 1946 avec le succès de la chanson no1 (I Love You) For Sentimental Reason. Cet album comprend deux enregistrements très célèbres de Cole, The Christmas Song et (Get Your Kicks On) Route 66. Dans la première, Cole chante avec un orchestre à cordes pour la première fois. Des enregistrements orchestraux modifient ensuite le rôle du trio dans la carrière de Cole. Cole devient l'animateur pour l'été (en remplacement de Bing Crosby) du spectacle radio de la chaîne Kraft Music Hall. Il joue à Las Vegas pour la première fois en 1946. Il refuse d'y retourner après avoir découvert que le directeur du casino ne permet pas aux noirs d'y entrer. Ce n'est que le début d'une carrière au cours de laquelle il est confronté à de nombreux enjeux raciaux.

Nature Boy [1] sort en 1948 sur l'album The King Cole Trio (Vol. 3). Ce single commence à l'établir comme l'un des premiers artistes noirs à trouver autant de succès auprès du public blanc de l'époque. Son succès de 1950, Mona Lisa, est une chanson qu'il n'aimait pas à l'origine. Cependant, la chanson se vend à plus de trois millions d'exemplaires et devient une de ses chansons les plus connues. 1950 est une année importante avec la première tournée pour le trio en Europe et avec leur première visite à l'émission d'Ed Sullivan.

En 1951, le mot « Trio » disparait du titre, albums et spectacles créditent «  Nat King Cole  ». La même année, Cole sort l'album Unforgettable et le single du même nom devient un autre exemple classique de sa musique et de son succès. L'album est consacré disque de platine en 1953. Cole fait sa première grande tournée en Europe comme soliste en 1954. À partir de 1958, il enregistre plusieurs albums en espagnol incluant Quizás, quizás, quizás d'Osvaldo Farrés, qui deviendra un classique.

Il est invité à chanter pour la Reine Élizabeth II au palais Victoria en 1960 avec Liberace et Sammy Davis, Jr..

La télévision et le cinéma[modifier | modifier le code]

Cole est connu comme le quatrième afro-américain (avec Bob Howard, Hazel Scott et Billy Daniels) à avoir sa propre émission de télévision, The Nat King Cole Show, qui débute sur NBC le 5 novembre 1956. Elle commence par avoir une durée de 15 minutes puis passe à 30 minutes par la suite, même si elle ne parvient pas à s'assurer une plage horaire constante sur NBC. The Nat King Cole Show survit à peu près un an, avant d'être arrêtée le 17 décembre 1957. Cet arrêt est dû au manque de sponsors, en liaison avec la réticence des grandes entreprises à soutenir un homme noir à la télévision. Cependant, Love Is The Thing est un album classé numéro 1 la même année.

Cole fait partie de la distribution d'un grand nombre de films, parmi lesquels Killer Diller (1948), La Femme au gardénia (1953), Le Joyeux Prisonnier (1953), The Scarlet Hour (1956), Istanbul (1957), China Gate (1957), St. Louis Blues (1958), et Cat Ballou (1965). Ce dernier film sort après la mort de Cole. Il joue du piano et chante souvent dans ses films.

L'activisme politique[modifier | modifier le code]

Cole s'associe avec John F. Kennedy après avoir chanté à la convention nationale démocrate en 1960 lorsque Kennedy est désigné comme candidat à la présidence. Cole chante ensuite pour l'investiture de Kennedy en 1961, avec Frank Sinatra et d'autres artistes célèbres. Kennedy et Cole deviennent de bons amis et Kennedy demande l'avis de Cole pour ce qui concerne le Mouvement des droits civiques aux États-Unis. Cole est très affecté par le décès de J.F.K.

Ses dernières années[modifier | modifier le code]

Cole est atteint du cancer de la gorge. Il est capable d'enregistrer son dernier album, L-O-V-E, en décembre 1964 mais il ne voit pas l'album sortir au printemps 1965. Il succombe le 15 février 1965 à l'âge de 45 ans. Il est enterré au cimetière Forest Lawn à Glendale en Californie.

Sa vie personnelle[modifier | modifier le code]

La vie personnelle de Cole est très publique. Une grande part de sa carrière tourne autour de sa place d'artiste noir dans une société où la ségrégation raciale est importante. Il est confronté à la discrimination raciale tout au long de sa vie.

La famille[modifier | modifier le code]

Il épouse d'abord Nadine Robinson en 1937 et en divorce en 1948. Il épouse ensuite Maria Hawkins Ellington en 1948 et restera marié avec elle jusqu'à sa mort en 1965. Maria donne naissance à Natalie, le 6 février 1950 à Los Angeles, Californie et les jumelles Casey et Timolin en 1961. Ils adoptent aussi Carol en 1951 (née en 1944) et Nathaniel Kelly en 1959. Le magazine Ebony publie l'article « Why We Adopted Kelly », écrit par Cole.

L'épreuve sociale[modifier | modifier le code]

Cole et sa famille emménagent dans le quartier prestigieux de Hancock Park à Los Angeles. À cette époque, ce quartier est uniquement occupé par des blancs et les résidents ne veulent pas de la famille Cole. Aucune action légale n'étant possible, la famille Cole emménage dans sa nouvelle maison le 28 août 1948. Les résidents lui envoient alors une lettre dans laquelle ils indiquent qu'ils ne veulent pas avoir de personnes « indésirables » dans leur voisinage. La réaction de Cole est restée célèbre : il répond à ses voisins que s'il y en a dans la région, il le leur fera savoir.

Le 10 avril 1956, un groupe d'hommes blancs attaquent Cole pendant un concert à Birmingham en Alabama. Ils sont membres du White Citizens' Council de Birmingham. Cole affirme qu'il ne jouera plus jamais en Alabama à l'avenir. C'est également la dernière fois qu'il monte un concert dans le sud des États-Unis.

Postérité[modifier | modifier le code]

Il reçoit le prix pour l'ensemble de son œuvre lors des Grammy Awards en 1990. L'année suivante, sa fille, Natalie Cole, sort un album qui comprend un duo virtuel de la chanson de son père Unforgettable et l'album gagne le prix de l'album de l'année aux Grammy Awards. Le service postal des États-Unis crée un timbre pour honorer Cole en 1994.

Il est présenté au Rock and Roll Hall of Fame en 2000 comme influence du genre rock durant le XXe siècle.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

  • 2010 Anthology [Not Now Music]
  • 2006 Unforgettable [Castle]
  • 2006 Best of Nat King Cole [Cherished Class]
  • 2005 Mona Lisa [Pulse]
  • 2005 Christmas Song [Bonus Tracks]
  • 2003 Stepping out of a Dream
  • 2003 Nat King Cole at the Sands [Bonus Tracks]
  • 2003 In the Beginning [Bonus Tracks]
  • 2002 Sharing the Holidays With Nat King Cole and Friends
  • 2002 Nat King Cole at the Sands [Reissue]
  • 2002 Got a Penny
  • 2002 Embraceable You [Prestige]
  • 2002 Destination Moon
  • 2001 Jazz at the Philharmonic
  • 2001 After Midnight [Bonus Tracks]
  • 1999 Live at the Circle Room
  • 1996 Christmas Song [CEMA]
  • 1995 Merry Christmas from Cole & Fitzgerald
  • 1995 Magic of Nat King Cole
  • 1995 Live
  • 1995 Favorite Ballads [Excelsior]
  • 1995 Christmas with Nat and Ella
  • 1995 Christmas Is for Kids
  • 1995 32 Live Original Songs
  • 1994 Sweet Georgia Brown
  • 1992 Christmas Song
  • 1991 Sweet Lorraine [Huub]
  • 1991 Canta Español
  • 1990 Spanish, Vol. 2
  • 1990 Spanish, Vol. 1
  • 1989 Nat King Cole: The Great Films and Shows
  • 1989 Let's Pretend
  • 1988 Christmas with Nat « King » Cole
  • 1987 Unreleased Nat King Cole
  • 1984 Trio Days
  • 1981 Walkin' My Baby Back Home
  • 1981 Nat King Cole: The Cool Cole
  • 1978 Nat King Cole Sings His Songs from « Cat Ballou »
  • 1974 Love Is Here to Stay
  • 1971 White Christmas
  • 1969 There, I've Said It Again
  • 1969 Smile
  • 1967 Thank You, Pretty Baby
  • 1967 Sincerely
  • 1967 Beautiful Ballads
  • 1966 Nat King Cole Sings Hymns and Spirituals
  • 1966 Nat Cole at J.A.T.P., Vol. 2
  • 1966 Nat Cole at J.A.T.P., Vol. 1
  • 1966 Great Ones!
  • 1965 Songs from Cat Ballou and Other Motion Pictures
  • 1965 L-O-V-E
  • 1964 Let's Face the Music!
  • 1964 I Don't Want to Be Hurt Anymore
  • 1963 Where Did Everyone Go?
  • 1963 Top Pops
  • 1963 Those Lazy-Hazy-Crazy Days of Summer
  • 1963 Sings My Fair Lady
  • 1963 Nat King Cole Sings the Blues, Vol. 2
  • 1962 Ramblin' Rose [Capitol]
  • 1962 Nat King Cole Sings the Blues, Vol. 1
  • 1962 More Cole Español
  • 1962 Dear Lonely Hearts
  • 1961 Touch of Your Lips
  • 1961 String Along with Nat « King » Cole
  • 1961 Nat King Cole Sings/George Shearing Plays
  • 1960 Wild Is Love
  • 1960 Tell Me All About Yourself
  • 1960 Nat King Cole at the Sands
  • 1960 Magic of Christmas
  • 1960 Every Time I Feel the Spirit
  • 1959 Welcome to the Club
  • 1959 Mis Amigos
  • 1958 Very Thought of You
  • 1958 To Whom It May Concern
  • 1958 Swingin' Side
  • 1958 St. Louis Blues
  • 1958 Cole Espanol & More, Vol. 1
  • 1957 This Is Nat « King » Cole
  • 1957 Love Is the Thing (And More)
  • 1957 Love Is the Thing
  • 1957 Live 1957 Broadcast
  • 1957 Lester Young-King Cole Trio
  • 1957 Just One of Those Things [LP]
  • 1957 Just One of Those Things
  • 1957 After Midnight
  • 1956 Piano Style of Nat King Cole [LP]
  • 1956 Piano Style of Nat King Cole
  • 1956 Ballads of the Day
  • 1955 Vocal Classics
  • 1955 Sings for Two in Love [12-Inch LP Version]
  • 1955 Penthouse Serenade [12-Inch LP Version]
  • 1955 Nat « King » Cole Sings
  • 1954 Sings for Two in Love (And More)
  • 1952 Penthouse Serenade [10-Inch LP Version]
  • 1952 Penthouse Serenade
  • 1950 Nat King Cole at the Piano
  • 1948 King Cole Trio, Vol. 3
  • 1946 King Cole Trio, Vol. 2
  • 1944 King Cole Trio [Capitol]

Titres no1 aux États-Unis[modifier | modifier le code]

  • (I Love You) For Sentimental Reason, février 1947[2]
  • Nature Boy, mai/juin 1948
  • Mona Lisa, juillet/août 1950
  • Too Young, juin/juillet 1951

Filmographie sélective[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La chanson Nature Boy écrite par Eden Ahbez est le thème principal de la partition pour le film Le Garçon aux cheveux verts de Joseph Losey
  2. (en)List of number-one hits (United States)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Natalie Cole, Angel on my Shoulder, Warner Books, New York, 2000.
  • Krin Gabbard, Jammin' at the margins: jazz and the American cinema, University of Chicago Press, Chicago, 1996.
  • Mark C. Gridley, Jazz Styles: History and Analysis, Prentice-Hill, New Jersey, 1985.
  • Suzanne Smith, Dancing in the Street, Harvard University Press, Cambridge (Massachusetts), 1999.
  • Barry Ulanov, A History of Jazz in America, Da Capo Press, New York, 1972.
  • Nick Tosches, Héros oubliés du rock'n'roll, Allia, 2000.
  • Scott Yanow, Jazz on Film, Backbeat Books, San Francisco, 2004.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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