Robert Francis Kennedy

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Robert Kennedy
Robert Kennedy, 1964.
Robert Kennedy, 1964.
Fonctions
Sénateur des États-Unis
représentant l'État de New York
Prédécesseur Kenneth Keating
Successeur Charles Goodell
64e procureur général des États-Unis
Président John F. Kennedy
Lyndon Johnson
Gouvernement Administration Kennedy
Administration Johnson
Prédécesseur William P. Rogers
Successeur Nicholas Katzenbach
Biographie
Nom de naissance Robert Francis Kennedy
Date de naissance
Lieu de naissance Boston, Massachusetts (États-Unis)
Date de décès (à 42 ans)
Lieu de décès Los Angeles, Californie (États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti démocrate
Conjoint Ethel Skakel
Diplômé de Université Harvard
Université de Virginie
Religion Catholique romaine

Robert Francis Kennedy
Liste des procureurs généraux des États-Unis

Robert Francis Kennedy, Sr., né le à Boston et mort assassiné le à Los Angeles, est un homme politique américain, ministre, candidat à la présidence. Surnommé Bob ou Bobby, il est le frère du président des États-Unis John Fitzgerald Kennedy.

Bob Kennedy est notamment ministre de la Justice de 1961 à 1964, puis sénateur de l'État de New York de 1964 à sa mort.

En 1968, il se lance dans la course à la Maison-Blanche. Alors favori pour être investi par le Parti démocrate, il est assassiné le soir de sa victoire à la primaire de Californie le . Son meurtrier est considéré comme étant Sirhan Sirhan bien que de très nombreuses incohérences dans l'enquête[1] rendent la version officielle de sa mort, comme celle de son frère John F. Kennedy, sujet à de très vives controverses.

Biographie[modifier | modifier le code]

Robert F. Kennedy, fils de Joseph Patrick Kennedy, est issu d’une famille catholique irlandaise installée à Brookline dans le Massachusetts. Les Kennedy sont une famille influente dans les affaires et qui sera très présente en politique ; parmi ses huit frères et sœurs, il y a eu un président, John F. Kennedy, et trois sénateurs, John F., Robert F. et Edward Moore Kennedy.

À 17 ans, Bobby s’enrôle dans l’United States Navy, où il sert plusieurs années. Il intègre les universités de Bates College et de Harvard entre 1946 et 1948, d'où il sort diplômé en sciences-politiques puis de 1948 à 1951 la faculté de droit de l'Université de Virginie où il passe un diplôme d'avocat.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Au début des années 50, Robert Kennedy travaille comme conseiller juridique pour différentes commissions d'enquête du Sénat de Washington, notamment pour le Sénateur Joseph McCarthy et pour la commission anti-mafia, où il affronte celui qui deviendra son plus implacable ennemi, Jimmy Hoffa, président du syndicat des camionneurs. Robert Kennedy est alors très marqué à droite.

Avec son frère[modifier | modifier le code]

Lorsque son frère John F. Kennedy mène campagne pour devenir sénateur, Robert Kennedy l’épaule. Alors que John Fitzgerald ne vit que pour la politique et est réaliste, Bob se montre plus idéaliste, faisant sienne la phrase de George Bernard Shaw « Vous voyez le monde tel qu'il est et vous vous dites "Pourquoi ?", moi je rêve d'un autre monde et je me dis "Pourquoi pas ?" »[2].

À 35 ans, Bob Kennedy passe au premier plan lorsque John, élu président des États-Unis, prend ses fonctions en 1961 et le nomme Attorney General (ministre de la Justice). Il mène alors une grande lutte contre le crime organisé et la pègre, notamment contre Jimmy Hoffa, Sam Giancana, Santo Trafficante Junior et Carlos Marcello.

Bobby (c'est son surnom) est le plus proche conseiller de son frère. Il joue ainsi un rôle fondamental dans la résolution pacifique de la crise des missiles de Cuba. Il est chargé par son frère de piloter la crise, au premier rang, et établit un contact avec l'ambassadeur soviétique Anatoli Dobrynine par l'intermédiaire d'un journaliste et du « résident » local du KGB ; il élabore avec l'ambassadeur le compromis permettant à l'URSS de retirer ses missiles de Cuba sans perdre la face. C’est également lui qui presse son frère de s’engager activement en faveur des droits civiques durant l’été 1963, peu avant que ce dernier ne soit assassiné.

Après l’assassinat de son frère[modifier | modifier le code]

Après l’assassinat de John F. Kennedy, le , Bob remet rapidement sa démission au nouveau président Lyndon B. Johnson, avec lequel il ne s’entend pas. Il passe alors par une longue période de doute et de remise en question.

Profondément changé par la mort de son frère, il glisse sur la gauche du spectre politique et s’engage fermement du côté des pauvres, des laissés-pour-compte et contre la peine de mort. Son action le conduit aux quatre coins des États-Unis, mais aussi dans les pays du tiers monde.

En 1964, il décide de briguer le poste de sénateur de l’État de New York, auquel il est élu.

Sénateur de New York[modifier | modifier le code]

Neuf mois après l'assassinat du Président John F. Kennedy, Robert Kennedy quitte le Cabinet présidentiel pour poser sa candidature à un siège au Sénat américain, représentant New York. Son adversaire dans la course des élections sénatoriales de 1964 était le titulaire républicain Kenneth Keating. Kennedy est apparu victorieux dans l'élection de novembre, en partie grâce à l'aide du président Johnson. En 1965, Robert Kennedy est devenu la première personne à atteindre le sommet du Mont Kennedy. À l'époque, c'était la montagne la plus haute au Canada qui n'avait pas encore été escaladée ; elle a été nommée en l'honneur de son frère John Kennedy après son assassinat. En juin 1966, Kennedy visite l'Afrique du Sud sous le régime de l'apartheid, accompagné par sa femme, Ethel Kennedy. À l'Université du Cap, il prononce un discours dont une partie apparaît sur son mémorial au Cimetière national Arlington. ("Chaque fois qu'un homme se lève pour un idéal, ou agit pour améliorer le lot d'entre d'autres, ou invente contre l'injustice, il envoie en avant une ondulation minuscule d'espoir ....").

La course présidentielle[modifier | modifier le code]

Le président Lyndon B. Johnson, affaibli par la guerre du Viêt Nam, annonce en mars 1968 qu’il ne se représentera pas. Robert F. Kennedy décide de se présenter aux primaires du Parti démocrate afin de devenir le candidat à la présidence des États-Unis. Bob Kennedy est donc en course face au vice-président Hubert Humphrey, mais aussi face à Eugene McCarthy et George McGovern. Il fait partie des candidats qui dénoncent publiquement la guerre du Viêt Nam et soutiennent la lutte en faveur des droits civiques, la justice sociale et l’égalité. Le jour de l’assassinat de Martin Luther King, le , il est ainsi dans un ghetto noir, où il fait un discours qui apaise les ardeurs et n’est probablement pas étranger à l’absence d’émeutes.

L’assassinat[modifier | modifier le code]

Il remporte les élections primaires de Californie, ce qui le ramène en position de grand favori dans la course à la nomination par son parti.

Le soir même de sa victoire aux primaires démocrates de Californie, le , il est la cible de plusieurs coups de revolver de la part d'un Palestinien, Sirhan Sirhan aux motivations incertaines. Il meurt le lendemain à l’hôpital. Bobby venait de terminer son discours et quittait la salle de réception par les cuisines de l'hôtel Ambassador lorsque Sirhan est arrivé et a tiré plusieurs balles en direction du sénateur Kennedy : l’une l’a blessé à l’épaule, une autre à la tête et toutes les autres ont soit blessé des gens dans la foule, soit se sont logées dans les murs et les encadrements de portes.

Son assassinat, tout comme celui de son frère, reste sujet de controverses. La principale hypothèse est que selon la plupart des témoins, Sirhan Sirhan aurait tiré sur Robert Kennedy de face et à une distance estimée à 1 à 1,5 mètre, alors que le médecin légiste estimait que la balle mortelle aurait été tirée dans la nuque de Kennedy, de derrière et à quelques centimètres, ce qui semble indiquer la présence d’au moins un second tireur, et donc complot. Il est notamment question d'un policier qui se trouvait juste derrière Robert Kennedy au moment du meurtre et était donc idéalement placé pour porter le coup fatal. Tout ceci est basé sur le témoignage de plusieurs personnes présentes à ce moment-là. Les seules photos de l'événement, prises par un photographe de presse, ont en effet été confisquées par la police et officiellement détruites. Il est aussi connu que Robert Kennedy enquêtait sur les circonstances de l'assassinat de son frère dans les mois qui précédèrent son propre assassinat.

Sirhan Sirhan a déclaré qu’il avait tué Robert Kennedy parce qu’il avait apporté son soutien à Israël dans la guerre des Six Jours en juin 1967.

Un million d'Américains s'est rassemblé sur le passage de la dépouille de Robert Kennedy, transportée de New York à Washington D.C. en train.

Son frère Ted Kennedy, devenu par la force des choses patriarche de la famille après la mort successive de ses trois frères aînés et l'invalidité de son père, prononça un éloge funèbre considéré comme très émouvant : « Mon frère n'a pas besoin d'être idéalisé, ou grandi dans la mort au-delà de ce qu'il était dans la vie, il doit être reconnu simplement comme un homme aussi bon et honnête, qui a vu le mal et essayait de l'enrayer, a vu la souffrance et a essayé de la guérir, a vu la guerre et a essayé de l'arrêter. »

Vie privée[modifier | modifier le code]

Vie privée officielle[modifier | modifier le code]

Marié le 17 juin 1950 avec Ethel Skakel, née le 11 avril 1928, il a onze enfants :

  1. Kathleen Hartington Kennedy, née le 4 juillet 1951, aînée des petits-enfants de Joe et Rose Kennedy, mariée depuis le 17 novembre 1973 à David Lee Townsend (né le 17 novembre 1947), avec qui elle a quatre filles : Meaghan Anne (née le 7 novembre 1977 à Santa Fe, Nouveau-Mexique), Maeve Fahey (née le 1er novembre 1979) à New Haven, Connecticut), Rose Katherine (née le 17 décembre 1983 à Weston, Massachusetts) et Kerry Sophia (née le 30 novembre 1991 à Bethesda, Maryland).
  2. Joseph Patrick Kennedy II, né le 24 septembre 1952, marié en premières noces à Sheila Brewster Rauch (née le 22 mars 1949) avec qui il a deux fils, les jumeaux Matthew et Joseph Patrick III, nés le 4 octobre 1980 à Boston (Massachusetts). Ils divorcent en 1991. Joseph Patrick Kennedy II est marié en secondes noces à Anne Elizabeth "Beth" Kelly (née le 3 avril 1957) depuis le 23 octobre 1993. À la mort de son cousin, John Fitzgerald Kennedy, Jr., le 16 juillet 1999, Joseph Patrick II devient l'aîné des descendants Kennedy, en ligne agnatique, dite branche de Bobby ;
  3. Robert Francis Kennedy, Jr, né le 17 janvier 1954, marié le 3 avril 1982 en premières noces à Emily Ruth Black (née le 15 octobre 1957), avec qui il a deux enfants, Robert Francis Kennedy III (né le 2 septembre 1984 à Mt Kisco, New York) et Kathleen Alexandra (née le 13 avril 1988 à Mt Kisco, New York). Ils divorcèrent le 25 mars 1994. Robert Kennedy, Jr épouse le 15 avril 1994 Mary Richardson (1960-2012) avec qui il a quatre autres enfants : Conor Richardson (né le 24 juillet 1994 à Mt Kisco, New York), Kyra LeMoyne (née le 27 août 1995 à Mt Kisco, New York), William Finbar (né le 8 novembre 1997 à Mt Kisco, New York) et Aidan Caohman Vieques (né en 2001).
  4. David Anthony Kennedy, né le 15 juin 1955 et décédé le 25 avril 1984 des suites d'une overdose.
  5. Mary Courtney Kennedy, née le 9 septembre 1956, mariée le 14 juin 1980 à Jeffrey Robert Ruhe, divorcés en 1990. Elle épouse en secondes noces Paul Michael Hill (né le 13 août 1954), l'un des « Quatre de Guildford » emprisonnés à tort pendant 15 ans pour un attentat de l'IRA qu'ils n'avaient pas commis. Ils ont une fille, Saoirse Roisin (née le 22 mai 1997 à Washington DC). Le couple est légalement séparé.
  6. Michael LeMoyne Kennedy, né le 27 février 1958 et décédé le 31 décembre 1997 suite à un accident de ski. Il épouse le 14 mars 1981 Victoria Denise Gifford (née le 20 février 1957) avec qui il a trois enfants : Michael LeMoyne Kennedy Jr (né le 9 janvier 1983 à Charlottesville, Virginie), Kyle Frances (née le 6 juillet 1984 à Washington DC) et Rory Gifford (née le 14 novembre 1987 à Dorchester, Massachusetts).
  7. Mary Kerry Kennedy, née le 8 septembre 1959, mariée à Andrew Cuomo avec qui elle a trois filles, les jumelles Cara Ethel et Mariah Matilda (nées le 11 janvier 1995), et Michaela Andrea (née le 26 août 1997).
  8. Christopher George Kennedy, né le 4 juillet 1963, marié le 15 août 1987 à Sheila Sinclair Berner (née le 4 décembre 1962) avec qui il a quatre enfants : Katherine Berner (née le 4 octobre 1990), Christopher George Jr (né le 15 juin 1992), Sarah Louise (née le 26 septembre 1994) et Clare Rose née le (3 novembre 1998).
  9. Matthew Maxwell Taylor Kennedy dit Max, né le 11 janvier 1965, marié le 13 juillet 1991 à Victoria Anne Stauss (née le 10 février 1964) avec qui il a trois enfants : Matthew Maxwell Taylor Jr (né le 18 septembre 1993), Caroline Summer Rose (née le 29 décembre 1994) et Noah Isabella Rose (née le 9 juillet 1998).
  10. Douglas Harriman Kennedy, né le 24 mars 1967, marié le 22 août 1998 à Nantucket (Massachusetts) à Molly Elizabeth Stark avec qui il a trois filles : Riley Elizabeth (née le 26 août 1999), Mary McCauley (née le 22 août 2001) et Rowen Francis (née en juin 2004).
  11. Rory Elizabeth Katherine Kennedy, née posthume le 12 décembre 1968, mariée le 2 août 1999[3] à Mark Bailey dont elle a trois enfants : Georgia Elizabeth (née le 30 septembre 2002), Bridget Katherine (née en juillet 2004), et Zachary Corkland (né le 16 juillet 2007).

Autres liaisons[modifier | modifier le code]

La presse a fait état d'une liaison qu'aurait eue Robert Kennedy avec Marilyn Monroe avant 1962 et entre 1964 et 1968 avec d'autres femmes, notamment Jayne Mansfield, Lee Remick et Kim Novak[4].

Le concierge qui a noté beaucoup d'allées et venues de Bob chez Jacqueline Kennedy a donné lieu à un débat historiographique sur une possible liaison entre eux deux[5].

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Certains regardent la réalité et disent : "Pourquoi ?" Moi, je rêve de l'impossible et je dis : "Pourquoi pas ?" » (Robert Kennedy citant l'écrivain irlandais George Bernard Shaw)
  • « Chaque fois qu’un homme se dresse pour défendre un idéal, améliorer le sort de ses semblables, redresser une injustice, naît une minuscule vaguelette d’espoir et, venues d’innombrables foyers d’énergie et d’audace, elles forment un courant qui peut balayer les plus puissantes murailles d’oppression et de résistance ».
  • « Seuls ceux qui prennent le risque d’échouer spectaculairement réussiront brillamment »
  • « Imaginez un seul instant que Dieu soit noir ; comment pourrions-nous répondre, une fois arrivés là-haut, en ayant traité toute notre vie les Noirs comme des êtres inférieurs ?  »
  • " Au lieu de chercher qui est responsable des erreurs du passé, tâchons d'assumer nos responsabilités pour l'avenir. "

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notamment le calibre de l'arme ayant tué, l'angle balistique, le nombre de détonations entendues par les témoins
  2. (en) Robert F. Kennedy, Norman MacAfee, The Gospel According to RFK. Why It Matters Now, Westview Press,‎ 2004, p. 105
  3. Le mariage, initialement prévu le 17 juillet, a été reporté à la suite de l'accident de John Fitzgerald Kennedy Jr.
  4. Voir ici.
  5. (en) C. David Heymann, Bobby and Jackie. A Love Story, Simon and Schuster,‎ 2009, 226 p. (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Ses œuvres[modifier | modifier le code]

  • (fr) Ma lutte contre la corruption de Robert. F Kennedy, Éditions Robert Laffont, 1964.
  • (fr) Vers un Monde nouveau (Discours de Robert. F Kennedy), parution 15 mars 1968, Éditions Stock - réf : 6725-578

Au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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