Julius Evola

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Julius Evola

Philosophe occidental

Époque contemporaine

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Julius Evola en 1940.

Naissance 19 mai 1898 à Rome.
Décès 11 juin 1974 (à 76 ans) à Rome.
École/tradition École traditionaliste
Principaux intérêts Métaphysique, Politique
Œuvres principales Révolte contre le monde moderne, Chevaucher le tigre
Influencé par Friedrich Nietzsche, René Guénon, Otto Weininger, Carlo Michelstädter, Joseph de Maistre, Juan Donoso Cortés, Dante Alighieri, Johann Jakob Bachofen
A influencé Mircea Eliade

Julius Evola, né à Rome le 19 mai 1898 et mort dans la même ville le 11 juin 1974, est un philosophe réactionnaire italien. Il affirma la nécessité d'une « restauration héroïque » de la civilisation traditionnelle, dans des ouvrages comme Révolte contre le monde moderne (1934) et Chevaucher le tigre (1961). Aristocrate individualiste, marqué par l'ésotérisme, il chercha à concilier l'action politique contre-révolutionnaire avec les doctrines traditionnelles. Après la Seconde Guerre mondiale, son œuvre exerça notamment une influence dans les milieux néofascistes[1]. « Érudit de génie » (Marguerite Yourcenar)[2], il demeure un penseur de référence pour les nouvelles droites italienne et française[3],[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Le baron[5] Giulio Cesare Andrea Evola, nait à Rome d'une famille de la petite noblesse sicilienne. Il adoptera plus tard le prénom de Julius par admiration pour la Rome antique[6]. Comme il le relate dans Le Chemin du cinabre, son enfance et son adolescence sont remplies par la lecture. Il est particulièrement marqué par les œuvres de Oscar Wilde, Gabriele D'Annunzio et de Dimitri Merejkovski. Il s'intéresse aussi très tôt à la philosophie et tout particulièrement à Carlo Michelstädter, Otto Weininger, et surtout à Friedrich Nietzsche. Il reçoit également l'influence de Giovanni Papini, « champion de la primauté des forces spirituelles et de la mission civilisatrice de l'Italie[7] ». Il entame des études d'ingénieur, auxquelles il met fin pour s'intéresser à l'art et à la philosophie[8].

La période artistique[modifier | modifier le code]

Influencé par l'avant-garde italienne, il se lie au futurisme et au dadaïsme. Il peint, écrit, et devient l'ami de Giacomo Balla, ainsi que de Tristan Tzara, avec qui il entretient une correspondance soutenue. Il engage une polémique avec Filippo Tommaso Marinetti, à qui il s'oppose lors de la bataille pour l'entrée en guerre de l'Italie, en 1915[8].

En 1917, alors âgé de 19 ans, il participe comme sous-lieutenant d'artillerie à la Première Guerre mondiale, mais ne participe à aucune action d'envergure. S'il n'est pas alors nationaliste, il connaît une fascination pour les grands empires, y compris ceux qu'il doit combattre. Il fait l'expérience de drogues hallucinogènes pour éprouver des états de conscience altérés, mais il critiquera par la suite l'usage de ces substances comme moyens de transcendance. Cette époque marque le début pour lui d'une crise existentielle, qui va bouleverser ses habitudes intellectuelles. Il ne supporte plus la « vie ordinaire » qu'il mène alors à Rome. À vingt-trois ans, il tente de mettre fin à ses jours[9].

Avant d'exécuter la sentence qu'il s'était lui-même rendue, il lit un texte bouddhiste. Il assimile ce qu'il ressent alors à une illumination. « Qui prend l'extinction comme extinction, et une fois ceci fait pense à l'extinction, réfléchit sur l'extinction, et se dit : “mienne est l'extinction” et se réjouit de l'extinction, celui-là ne connaît pas l'extinction », disait le texte[9]. Ce suicide avorté sera une vraie mort pour Evola, mort à l'art et à la poésie qu'il a abandonnés en 1921 et 1922, et une naissance à la philosophie à laquelle il va désormais se consacrer. L'intérêt de cet auteur italien pour les traditions orientales se révèle alors pleinement.

La période philosophique[modifier | modifier le code]

Evola se lie à un groupe d'ésotéristes romains, le « groupe d'Ur », groupe de recherche dont l'objectif est d'étudier « les doctrines ésotériques et initiatiques avec sérieux et rigueur[10]. » En 1925, il publie son premier essai, Essai sur l'idéalisme magique, qui est suivi en 1926 de l'Homme comme puissance. Dans ce livre, rebaptisé en 1949 Le Yoga tantrique, Julius Evola, expose le cœur de la métaphysique indienne[8].

En 1928, il écrit un ouvrage qui va le rendre célèbre en Italie : Impérialisme païen. Il y attaque très violemment le christianisme et se tourne vers le fascisme, dans une volonté de retrouver la grandeur romaine antique. Par cet ouvrage, publié à la veille des accords de Latran, il se met à dos les dirigeants fascistes favorables au concordat avec l'Église, et notamment Giovanni Gentile[7]. Il regrettera cependant le caractère violemment polémique de ce livre, et souhaitera qu'il ne soit plus réédité de son vivant[8]. Il reviendra également quelques années plus tard sur ce qu'il appellera le « malentendu du nouveau paganisme[11] ».

Cette époque est marquée pour lui par la lecture intensive de la Bhagavad-Gītā, « le livre de la sagesse guerrière aryenne[12] », qu'il emmène avec lui lors de ses ascensions en montagne[13], ainsi que de l'œuvre de René Guénon. C'est sous l'influence de ce dernier qu'il quitte les thèses extrémistes d'Impérialisme païen pour revenir à la considération de la Tradition, et fonde la revue La Torre. On peut lire dans un éditorial de cette revue qu'elle est destinée à « défendre les principes qui pour nous seraient absolument les mêmes, que l'on se trouve dans un régime fasciste, communiste, anarchique ou démocratique. En eux-mêmes, ces principes sont supérieurs au plan politique ». La revue n'est guère appréciée par le régime fasciste qui l'interdit le 15 juin 1930 après à peine dix numéros[8].

Evola publie plusieurs essais, traduisant son intérêt pour la philosophie (Théorie de l'individu absolu, 1927 ; Phénoménologie de l'individu absolu, 1930), l'ésotérisme (La Tradition hermétique, 1931), le mouvement des idées (Masque et visage du spiritualisme contemporain, 1932). À la même période, il effectue de dangereuses courses en montagne, et devient rapidement un alpiniste de haut niveau[8]. Il collabore à la revue La Vita italiana de Giovanni Preziosi et au quotidien Il Regime fascista de Roberto Farinacci[7] et édite une page intitulée « Diorama filosofico » à laquelle il fait participer de grands auteurs, comme René Guénon, Paul Valéry et Gottfried Benn[10].

La période politique[modifier | modifier le code]

En 1934, Evola publie son œuvre la plus célèbre, Révolte contre le monde moderne, où il décrit la déchéance du monde moderne, annoncée par les traditions antiques. Sa parution lui vaut des réactions de la part du monde intellectuel, notamment de Giovanni Gentile, Gottfried Benn et Mircea Eliade[8]. Il prononce plusieurs conférences : à Vienne en 1936, Berlin en 1937, Rome en 1940, puis Brunswick, Hambourg, et Stuttgart en 1942[14]. En Allemagne, son œuvre est appréciée parmi les cercles d'intellectuels de droite, comme le Herrenklub de Berlin[10]. À l'aube de la guerre italo-éthiopienne, Evola invite Mussolini à faire de l'Italie une « nation de guerriers, » capable d'apprécier et d'admirer la « valeur sacrée du combat[10]. » En 1937, Evola rencontre et se lie d'amitié avec le grand historien des religions Mircea Eliade[15]. En 1938, Evola visite la Roumanie, où il fait connaissance avec Corneliu Zelea Codreanu, qu’il décrit comme « une des figures les plus dignes et les mieux orientées spirituellement » qu’il lui ait été donné de rencontrer[16].

En 1937, Evola publie le Le Mystère du Graal, dans lequel il étudie les fondements de la « tradition gibeline de l'Empire. » La même année, il publie Le Mythe du Sang (1937), puis Synthèse de doctrine de la race (1941), où il expose la conception traditionnelle de la race[17]. En 1943, il publie La Doctrine de l'Éveil, une étude sur l'ascèse bouddhique, à laquelle il continue à s'intéresser en parallèle à ses préoccupations politiques. En quelque sorte, l'éveil bouddhique et le réveil de la civilisation déclinante par la faute de la modernité, sont associés dans son esprit. Il retourne à Rome en septembre 1943 et commence à organiser un groupe nommé Movimento per la Rinascita dell'Italia, un précurseur des groupes d'extrême droite qui vont proliférer en Italie après la Seconde Guerre Mondiale[10].

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

En 1945, il est touché par un bombardement lors d'un passage à Vienne qui le laissera paralysé des membres inférieurs[8]. Pendant les bombardements, il avait l'habitude de ne pas se réfugier dans les abris, mais plutôt de travailler dans son bureau ou de marcher dans les rues de Vienne, pour disait-il « questionner calmement son destin[18]. » Après plusieurs années passées à l'hôpital en Autriche, puis en Italie, il retourne à Rome dans sa ville natale. Il a la surprise de rencontrer des groupes de jeunes de droite parmi lesquels son nom et ses livres sont bien connus[19]. C'est à eux que s'adressent Orientations (1950) et Les Hommes au milieu des ruines (1953).

Il est arrêté par la police italienne en 1951 pour « glorification du fascisme » et « incitation intellectuelle à l'insurrection ». Il est acquitté après plusieurs mois de jugement. Lors de sa défense, il affirme qu'un tel jugement implique aussi bien Dante, Platon et Aristote, et qu'ils devraient être mis au banc des accusés[18]. Il publie successivement Métaphysique du sexe (1958), une étude sur les aspects métaphysiques de la sexualité, et Chevaucher le tigre (1961), où il indique la voie d'un « anarchisme de droite. » Dans Le chemin du cinabre (1963), une autobiographie, Evola consacre un chapitre à l'œuvre d'Ernst Jünger, qu'il aurait souhaité traduire en italien[2]. Il publie ensuite Le fascisme vu de droite (1964), L'arc et la massue (1968), et Méditations du haut des cimes (1974), une collection d'essais rassemblés par Renato del Ponte. Dans ce livre, Evola montre le moyen d'une réalisation intérieure grâce à l'alpinisme. Un appendice est dédié à l'œuvre du peintre Nicolas Roerich, à laquelle Evola accorde une signification spirituelle.

Il meurt à Rome[20] le 11 juin 1974 et ses cendres sont dispersées dans une crevasse du Mont Rose[21].

Philosophie[modifier | modifier le code]

Métaphysique de l'histoire[modifier | modifier le code]

Julius Evola s'oppose radicalement à l'évolutionnisme. Pour lui, l'homme ne s'élève pas de l'animal au surhomme, mais au contraire descend du divin et chute dans le règne du matériel. En cela, il est un « penseur de la décadence » et se réfère à la doctrine des quatre âges, issue d'une tradition à la fois occidentale et orientale, qui à la suite d'une dernière phase, admet le retour d'un âge d'or avec lequel débute un nouveau cycle. D'autre part, Evola s'appuie sur un arrière-plan métaphysique qui se traduit par la lutte incessante entre « les forces du cosmos » et « les forces du chaos. » La cause de la subversion et de la régression des castes est attribuée à une « main occulte[1]. » Dans Le Mystère du Graal (1937), il partage la théorie du complot faisant de la franc-maçonnerie une force subversive s'opposant au traditionalisme et qui serait le moteur des principaux bouleversements politiques depuis la Révolution française[22].

Critique du monde moderne[modifier | modifier le code]

Evola voit dans l'histoire une vaste décadence continue, la perte de traditions[23], l'effondrement des valeurs viriles et le triomphe de la féminité[24]. L'individualisme moderne coupe l'individu des cercles protecteurs de la famille, des ordres, des castes ou corporations. La conséquence politique est le rejet de toute hiérarchie, et la régression des castes. Celle-ci disparaît alors au profit d'une démocratie égalitariste, antithèse de l'organicisme traditionnel[1] : « l'homme régresse du plan personnel dans l'anonymat, le troupeau, la quantité pure, chaotique, inorganique[12]. » Se voulant un gibelin contre les guelfes, Evola reproche au christianisme d'avoir apporté les germes de cet égalitarisme[1].

« Le principe selon lequel les hommes sont tous libres par nature et possèdent tous des droits égaux est une véritable absurdité puisque par nature les hommes ne sont pas égaux. Quand on a dépassé le stade simplement naturaliste, être une personne n'est pas une qualité uniformément distribuée, elle ne peut constituer une dignité égale pour tous et dérivant de la simple appartenance d'un individu à l'espèce biologique “homme”. »

— Julius Evola, Les Hommes au milieu des ruines, 1953.

Pour l'auteur italien, l'importance croissante de l'économie dans le monde moderne apparaît comme une « démonie de l'économie », une sorte d'hallucination exerçant une emprise hypnotique. « Véritable pathologie de la civilisation », elle se présente comme le passage d'un organisme du type humain au type infra-humain. Elle établit une hiérarchie illusoire, fondée sur les différences de revenus, de rang politique ou professionnel[25]. Tandis que le monde antique dédaignait le travail, parce qu'il connaissait l'action, l'avènement du monde moderne élève le travail au rang de religion. Cette sublimation du travail annonce la mort de l'action au sens traditionnel. De même, le sport comme travail est une contrefaçon de l'action au sens noble. Il est une forme dégradée de l'ascèse, sans aucune référence supérieure[12].

Critique du christianisme[modifier | modifier le code]

Evola rejette le christianisme, et dans une large mesure, le catholicisme, comme contraire à l'esprit aryen romain originel. Il le considère comme une « forme désespérée du dyonisisme », agissant sur un plan affectif et non plus initiatique. Il lui reproche son caractère féminin, dévirilisé, et sa prédominance du pathos sur l’ethos. Son idéal de la collectivité est l'antithèse de l'idéal héroïque de la personnalité, et sa vision de la nature annonce la fin des sciences sacerdotales[12]. D'autre part, Evola s'oppose à toute attitude mystique, qu'il place sous le signe du pôle féminin de l'âme, et trace une frontière entre mystique et initiation[25].

Pensée politique[modifier | modifier le code]

« La légitimation la plus haute et la plus réelle d'un véritable ordre politique, donc de l’État, réside [...] dans le fait qu'il suscite et entretient la disposition de l'individu à agir et penser, à vivre, lutter et éventuellement, mourir, en fonction d'un but qui dépasse sa simple individualité. »

— Julius Evola, Les hommes au milieu des ruines, Guy-Trédaniel-Pardès, 1984, p. 58.

Dans Révolte contre le monde moderne (1934), l'auteur italien oppose au monde moderne le monde traditionnel. Tandis que le premier est par nature temporel et historique, le second est au-delà du temps. Ainsi, il accorde plus d'importance au contenu mythique de l'histoire qu'à son contenu temporel. Il oppose d'abord le caractère métaphysique de l'autorité traditionnelle, à la conception moderne fondée sur l'intelligence et la force. Dans les temps anciens, l'autorité est apportée par en haut, par la divinité, et non par la communauté des gens qu'elle gouverne. Le souverain s'impose par sa nature supérieure, comme un dieu parmi les hommes, puis à titre accessoire par sa force matérielle. D'après la tradition, la loi et l’État ont un caractère sacré. Contrairement à la conception moderne, l’État ne trouve pas sa légitimité auprès du peuple, mais est à son égard un principe masculin, lumineux, vis-à-vis d'une substance féminine, nocturne. Ils interagissent selon le principe de polarité et non d'un quelconque droit naturel. Ainsi le fondement de la hiérarchie des castes n'est pas politique ou économique, mais avant tout spirituel[12].

Evola se réclame d'une Tradition primordiale et universelle, d'origine hyperboréenne, et s'inspire pour cela des travaux de René Guénon, Hermann Wirth et Johann Jakob Bachofen. D'après cette Tradition, les fonctions sont réparties par un système hiérarchisé de castes, en quatre parties, selon la terminologie hindoue : chefs sacrés, noblesse guerrière, bourgeoisie marchande et serfs. Pour l'auteur italien, l'appartenance à une caste prime sur celle à une nation, c'est pourquoi il est favorable à un pouvoir impérial et fédératif, plutôt qu'à un nationalisme intégral de type maurrassien. L’État est bâti autour d'un centre, incarné dans la personne d'un chef spirituel et temporel, le monarque sacré. Contrairement à René Guénon, pour qui l'autorité spirituelle a le pas sur le pouvoir temporel, Evola estime que la figure du monarque dépasse les deux fonctions[1]. Il se positionne contre la démocratie et surtout le communisme qu'il considère aussi comme l'échelon le plus bas à atteindre sur l'échelle du politique[26].

Evola apprécie dans le fascisme italien son caractère « réactionnaire, » c'est-à-dire proche de la pensée politique traditionnelle. Il estime que le choix du modèle romain antique par le régime fasciste est un choix plein d'audace, et l'occasion de « faire agir un héritage oublié : sur le plan du caractère, de la formation intérieure et extérieure, du style, et de l'éthique. » Il loue le régime mussolinien d'avoir relevé l'idée d'État en tant que pur principe d'autorité, conformément à la tradition européenne, et repousse une conception fausse de l'État consistant à suivre passivement les forces de la réalité économique et sociale. Il reproche cependant au fascisme italien son totalitarisme, qu'il considère comme une déviation[27]. Evola estime que le fascisme est encore loin d'incarner un régime traditionnel légitime, ce qui lui vaut de l'inimitié à l'intérieur du régime[28]. D'ailleurs, Evola refusera toujours de voter et n'adhérera jamais au parti fasciste italien[25].

Evola prône un retour à une spiritualité « active », « guerrière », qu'il estime plus fidèle à la tradition occidentale. C'est pourquoi il cherche à établir un lien direct entre la Tradition et la politique de son temps. Mais la chute dans le règne des masses impose de passer par des voies indignes de l'aristocratie traditionnelle, comme le recours au vote des masses, ou l'exécution d'un coup d’État, comme n'importe quel usurpateur. Pour assurer la restauration de l’État traditionnel, Evola propose une action tout d'abord occulte, puis la création d'une force militaire capable d'effectuer un coup de force. C'est dans ce sens que l'auteur est favorable au fascisme italien et au national-socialisme[1]. Il accorde une grande importance à la notion d'Ordre, s'opposant à la notion naturaliste de Patrie. Dans Le Fascisme vu de droite (1964), Evola montre son admiration pour les récentes incarnations de ces Ordres dans des formations comme la Garde de fer roumaine, la Phalange espagnole, ou les SS. Il voit en ces derniers les bases d'une nouvelle élite spirituelle européenne, dont il estime à la fois l'esprit spartiate, la discipline rigoureuse, le sens de la fidélité et de l'honneur, l'intrépidité physique, et l'éthique de l'action dépersonnalisée[29].

Chevaucher le tigre[modifier | modifier le code]

Dans Chevaucher le tigre (1961), Evola prône un détachement de l'action extérieure, ou « apoliteia. » En opposition avec la thèse contenue dans Les Hommes au milieu des ruines qui prêchait un « réalisme de l'idée », l'auteur préconise un détachement à l'égard du politique. Convaincu de « l'impossibilité d'agir de manière positive dans le sens d'un retour réel au système normal et traditionnel », l'auteur italien vise à « abandonner tout but positif extérieur, rendu irréalisable par une époque de dissolution comme la nôtre. » Cette attitude ne s'oppose pas à une action dans le domaine politique, mais l'essentiel est de ne pas s'illusionner sur les effets positifs d'une telle action[25]. Il veut ainsi donner à ceux qui se sentent dans le monde sans être de ce monde des moyens de se confronter à la modernité et de se dépasser en « chevauchant le tigre[1]. » Ce livre est décrit par Adriano Romualdi comme le « bréviaire » d'une génération déracinée d'intellectuels de droite, un livre à placer auprès des œuvres de Sénèque, Marc-Aurèle et Epictète[10].

« S'il devait être question d'une réaction de fond contre le système, ce qui revient à dire contre les structures de la société et du monde moderne en général, selon moi, il y a peu de perspectives [...] Il ne s'agirait pas de contester ou de polémiquer mais de tout faire sauter : ce qui, à ce jour, est évidemment de l'ordre de la fantaisie ou de l'utopie, en laissant une bonne place à l'anarchisme sporadique. La chose possible et importante est l'action de défense intérieure individuelle, pour laquelle la formule adaptée est : “Fais en sorte que ce sur quoi tu n'as pas prise, ne puisse avoir de prise sur toi”. »

— Julius Evola, Interview à Gianfranco de Turris, « Il Conciliatore », 15 janvier 1970.

La Doctrine de l'éveil[modifier | modifier le code]

Dans La Doctrine de l’éveil (1943), Evola propose de mettre en lumière la vraie nature du bouddhisme des origines. Son interprétation, basée sur le canon Pali, rejette les interprétations occidentales faisant du bouddhisme une religion quiétiste et humanitaire[9]. Dans un premier temps, il donne une définition de l'ascèse. Dans son aspect élémentaire, l'ascèse est un exercice, une discipline à caractère impersonnel, visant à soumettre toutes les forces de l'être humain à un principe central, éloigné du courant éternel du devenir. La morale prend une valeur purement instrumentale, et tout précepte éthique est jugé à l'aune de ses effets « ascétiques. » Destinée à détruire un oubli, une ignorance survenus dans l'être, le bouddhisme permet une réalisation spirituelle libre de toute mythologie religieuse ou morale[30].

Le problème de la race[modifier | modifier le code]

Julius Evola s'est beaucoup intéressé au problème de la race, au travers de sa vision traditionnelle du monde, notamment dans ses livres, Synthèse de doctrine de la race (1941), Le mythe du sang (1937), Éléments pour une éducation raciale (1941), ainsi que dans son introduction à la réédition italienne des Protocoles des sages de Sion (1938)[31].

Dans le langage d'Evola, le mot « race » est d'abord synonyme de « qualité », dans le sens de qualité individuelle et non dans le sens d'une entité collective personnifiée. Du point aristocratique, elle est une valeur en ce sens qu'elle s'écarte d'une égalité informelle. Elle est qualifiante, individuante. L'anthropologie, dite « aristocratique », d'Evola est essentiellement organique : l'homme est doté d'une structure en trois niveaux : biologique, psychique et spirituel. De même, l'homme ne doit pas être pris en soi, comme un atome ou un nombre, mais en tant que « membre d'une communauté », porteur de rapports organiques avec celle-ci. Evola reconnaît dans l'homme des dons comportementaux innés, comme le courage, la fidélité ou le sens de l'honneur, mais il ne croit ni « à l'action mécanique du milieu (...) [ni au] fatalisme de l'hérédité[32] ». Il compare l'hérédité à un patrimoine qu'il est loisible de parfaire, ou de dissiper, d'où l'importance du rôle de la personnalité, donc de la nécessité d'« éveiller un sens de la responsabilité bien précis chez l'individu. » Dans ce sens, l'État doit guider l'individu dans ses choix, sans pour autant le contraindre par des mesures violentes[31].

L'auteur admet l'existence d'une « race pure », au sein de laquelle sont assemblés de façon harmonieuse le corps, l'âme et l'esprit, et lorsque ce dernier domine tout l'être humain. À l'opposé sont situées les « races de nature » dont, à la suite d'une dégénérescence, le centre spirituel s'est déplacé vers l'instinct collectif, et dont la forme religieuse est le totémisme. Evola reprend les théories de Ludwig Ferdinand Clauss, pour lequel il existe dans chaque race, au-delà de dons spécifiques, différents traits de comportement qui s'expriment avec une force plus ou moins vive. Il reprend chez un autre théoricien allemand, Johann Jakob Bachofen, une typologie des différentes « races de l'esprit », hiérarchisées d'après leur pureté spirituelle[31].

Concernant les Juifs, Evola estime qu'ils ne forment pas une race biologique, mais une « race spirituelle, » participant, en paraphrasant Otto Weininger, à l'idée platonicienne de judaïté. Il reconnait au judaïsme des origines son caractère orthodoxe, donc impeccable au point de vue spirituel ; d'après lui, une crise spirituelle a affecté cette tradition, qui a donné naissance au judaïsme « moderne », dominé par une spiritualité décomposée et suspecte. Cependant, Evola nie formellement l'existence d'une conspiration juive, et insiste sur la nécessité de ne pas « s'abandonner à des manifestations de haine ». Il admet l'existence d'un « plan de subversion mondiale » au caractère occulte et non humain[31]. En 1942, il a aussi contribué à une brochure "Gli hanno voluto la guerra" (Les juifs ont voulu la guerre) pour l'article : La civilisation occidentale et l'esprit juif[33]

Métaphysique du sexe[modifier | modifier le code]

Dans Métaphysique du sexe (1958), Evola se réclame d'une anthropologie qui reconnaît à l'homme la dignité d'un être. Il se défend d'un darwinisme ou d'un biologisme, d'après lequel l'homme descendrait du singe par évolution. Son point de départ est la doctrine traditionnelle, faisant descendre le singe de l'homme par involution. Il est d'accord avec Joseph de Maistre que « les peuples sauvages ne sont pas des peuples primitifs au sens de peuples originels, mais, pour la plupart d’entre eux, des vestiges dégénérescents, crépusculaires, nocturnes, de races plus anciennes qui ont entièrement disparu. » De la même manière, il considère la sexualité animale telle qu'elle peut apparaître chez l'homme moderne, comme un relâchement et une régression. Il envisage l'amour non comme un soi-disant « instinct de reproduction », mais plutôt comme un phénomène magnétique, fondé sur la polarité des sexes[24].

Evola part d'un contenu mythique, celui des dieux et des déesses, pour définir la masculinité et la féminité. Il s'inspire des thèses de Otto Weininger, auxquelles ce livre devait constituer une introduction. Le sexe intérieur d'un individu serait le résultat d'un dosage de masculinité et de féminité, auquel le sexe physique ne correspondrait pas toujours. La normalité ne se situerait pas à égale distance de la masculinité et de la féminité, mais de la conformité maximale au Type. Aussi ce qui est « typique » serait non pas le plus fréquent, mais au contraire très rare. Il condamne l'homosexualité en tant que contraire au caractère magique de l'amour sexuel. Cependant l'usage que fait Evola du mot « virilité » ne doit pas s'entendre comme un « machisme » typiquement méditerranéen. Il méprise l'image occidentale de l'homme à la virilité exacerbée. Il le compare, dans La Doctrine de l’éveil (1943), à un « crustacé », c'est-à-dire à un type humain dur à l'extérieur, et mou à l'intérieur[34]. À cette « sexualisation tronquée et vide », il oppose la virilité spirituelle, dotée d'une supériorité innée[24].

Postérité[modifier | modifier le code]

Après la guerre, il reste un penseur de référence pour l'extrême droite néo-fasciste italienne et pour les nouvelles droites italienne et française. Il est traduit pour la première fois en France en 1956, et fait l'objet depuis de nombreux livres et articles[1]. Il sera arrêté dans le cadre de l'affaire du Front d'action révolutionnaire et accusé de reconstitution du Parti fasciste. Lors de son procès en 1951 il ne dissimulera ses idées politiques en faveur du fascisme et reconnaîtra fréquenter le Front d'Action Révolutionnaire qu'il influence :

« J’ai défendu, et je défends, des “idées fascistes”, non en tant qu’elles étaient “fascistes”, mais dans la mesure où elles reprenaient une tradition supérieure et antérieure au fascisme, où elles appartenaient à l’héritage de la conception hiérarchique, aristocratique et traditionnelle de l’État — conception ayant un caractère universel et qui s’est maintenue en Europe jusqu’à la Révolution française. En réalité, les positions que j’ai défendues et que je défends en tant qu’homme [...] ne doivent pas être dites “fascistes”, mais traditionnelles et contre-révolutionnaires »

— Julius Evola, « Autodéfense », in Totalité, octobre 1985, p. 87.

Dans l'optique de la dite politique contre-révolutionnaire, il est incontestable qu’Evola a considéré que le fascisme et le national-socialisme se situaient globalement « du bon côté », comme l'écrit un de ses défenseurs et commentateurs, Alain de Benoist[35]. Il est considéré par la droite radicale, comme elle se nomme elle-même, et les divers courants du néofascisme, de même que par les commentateurs critiques opposés, comme le penseur privilégié du néo-fascisme italien jusqu'à sa mort, en 1974. Il donnera également des armes idéologiques au groupe italien Ordre nouveau, au groupe français Troisième Voie[36], et à des fractions du Mouvement social italien[29].

Il déplore cependant l'absence d'une vraie droite, vraiment radicale et l'absence de forces susceptibles d'aller dans le sens qu'il préconise pour la réalisation de ses idées politiques. Dans Le Fascisme vu de droite (1964), il écrit : « Il faut dire qu’aujourd’hui il n’y a pas en Italie une Droite digne de ce nom[37] ». Et, dans Le Chemin du Cinabre (1963) il écrit encore : « En dehors de l’adhésion de représentants des jeunes générations, attirés surtout par les fondements que les doctrines traditionnelles offrent à une orientation de Droite, les personnes qualifiées arrivées à maturité qui, dans le domaine des études et en partant des positions que j’ai défendues ou fait connaître, sont allées plus loin par des développements personnels sérieux, méthodiques et médités (...) ces personnes sont pratiquement inexistantes[9] ».

À la fin des années 1960, une lecture radicale de l'apoliteia évolienne, montre la voie d'un engagement politique exaspéré, la « voie héroïque », pour en finir avec le système politique actuel. Cette ligne, suggérée par Franco Freda dans La désintégration du système (1970), prône l'alliance avec l'extrême gauche dans la lutte armée anti-bourgeoise. Un écrit de Julius Evola, La doctrine aryenne du soldat et de la victoire (1940), réimprimé par Freda en 1970 et 1977, constitue une sorte de nouveau bréviaire mystico-ascétique du soldat politique. Il inspire un « spontanéisme armé », dont le but est de réagir toutes les fois que l'honneur et la dignité du militant l'exigent, dans le cadre de la « guerre sainte. » Les disciples d'Evola, nouveaux « Légionnaires », se réclament d'une éthique guerrière et prônent « l'action en soi, le combat quotidien pour l'affirmation de sa propre nature[29]. » Il est également une source idéologique des Noyaux armés révolutionnaires dont le terrorisme « noir » culminera avec l'attentat de la gare de Bologne en 1980[38].

Œuvres de Julius Evola[modifier | modifier le code]

Essais philosophiques
  • La Tradition hermétique (1931), Éditions Traditionnelles, 1983.
  • Masques et visages du spiritualisme contemporain (1932), Éditions Pardès, 1972.
  • Révolte contre le monde moderne (1934), L’Âge d’Homme, 1991 ; L'Âge d'Homme-Guy Trédaniel, 2009.
  • Trois aspects du judaïsme (1936), Éditions de l'Homme Libre, 2006.
  • Le Mystère du Graal (1937), Éditions Traditionnelles, 1974.
  • Le Mythe du sang (1937), Éditions de L’Homme libre, 1999.
  • Synthèse de doctrine de la race (1941), Éditions de L’Homme Libre, 2002.
  • Éléments pour une éducation raciale (1941), Éditions Pardès, 1984.
  • La Doctrine aryenne du combat et de la victoire (1941), Éditions Pardès, 1987.
  • La Doctrine de l’éveil (1943), Éditions Archè, 1976.
  • Le Yoga tantrique (1949), Fayard, 1971.
  • Métaphysique du sexe (1958), L'Âge d'Homme-Guy Trédaniel, 2006.
  • Le “Travailleur” dans la pensée de Ernst Jünger (1960).
  • L’Arc et la massue (1968), Éditions Trédaniel, 1983.
  • Le Taoisme (1972), Éditions Pardès, 1989.
Essais politiques
  • Impérialisme païen (1928), Éditions Pardès, 2004.
  • Orientations (1950), Éditions Pardès, 2011
  • Les Hommes au milieu des ruines (1953), Éditions Pardès, 2005.
  • Chevaucher le tigre (1961), Éditions La Colombe, 1964.
  • Le Fascisme vu de droite (1964), Éditions Pardès, 1981.
Autobiographie
  • Le Chemin du cinabre (1963), Éditions Archè, 1983.
Recueils et anthologies
  • Hiérarchie et démocratie, avec René Guénon (1970), Éditions de l'Homme libre, 1999.
  • Méditations du haut des cimes (1974), Éditions Pardès, 1986 ; Éditions du Lore, 2006.
  • Symboles et mythes de la tradition occidentale (1977), Éditions Archè, 1980.
  • Métaphysique de la guerre, Éditions Arché, 1980.
  • Orient et Occident, Éditions Archè, 1982.
  • Ur et Krur, Introduction à la magie, Ur 1927, Éditions Archè, 1983.
  • Ur et Krur, Introduction à la magie, Ur 1928, Éditions Archè, 1984.
  • Ur et Krur, Introduction à la magie, Krur 1929, Éditions Archè, 1985.
  • Écrits sur la Franc-maçonnerie, Éditions Pardès, 1987.
  • Essais politiques, Éditions Pardès, 1988.
  • Explorations, Éditions Pardès, 1989.
  • Le Petit livre noir, Rémi Perrin, 1999.
  • L’Europe ou le déclin de l’Occident, Rémi Perrin, 2000.
  • Phénoménologie de la subversion, Éditions de L’Homme libre, 2004.
  • Virilité spirituelle, Éditions Ars magna, 2006.

Études sur Julius Evola[modifier | modifier le code]

  • Philippe Baillet, Julius Evola ou la sexualité dans tous ses « états », Hérode, 1995.
  • Andrea Bedetti, Dadaïsme et tradition, Evola, le philosophe au pinceau, Éditions Ars magna, 2004.
  • Antoine Dectot de Christen, Evola : Guides des citations, Éditions Pardès, 2008.
  • David Bisson, La Pensée politique de Julius Evola (1898-1974), Mémoire de maîtrise, Rennes 1, 1996.
  • Christian Bouchet, Les Liaisons dangereuses de Julius Evola, Éditions Ars magna, 2003.
  • Christophe Boutin, Politique et tradition, Julius Evola dans le siècle, Kimé, 1992.
  • Jean-Luc Coronel, Julius Evola, penseur politique, doctrine et influence, Mémoire, IEP Aix, 1989.
  • Alexandre Douguine, Julius Evola et la Russie, Éditions Ars magna, 2005.
  • Arnaud Guyot-Jeannin, Enquête sur la tradition aujourd’hui, Guy Trédaniel, 1996.
  • Arnaud Guyot-Jeannin, Evola et la Tradition, Éditions Ars magna, 2000.
  • Arnaud Guyot-Jeannin, Julius Evola, « Dossier H », Éditions L'Âge d'Homme, 1997 [lire en ligne]
  • H. T. Hansen, Julius Evola et la « révolution conservatrice » allemande, Deux Etendards, 2002.
  • Collectif, Evola – Envers et contre tous !, collection Orientation dirigée par Thierry Jolif, Avatar Éditions, 2010.
  • Jean-Paul Lippi, Evola, collection "Qui suis-je?", Éditions Pardès, 1999.
  • Jean-Paul Lippi, Julius Evola, métaphysicien et penseur politique, Éditions L'Âge d'Homme, 1998.
  • Claudio Mutti, Julius Evola et l’islam, Éditions Ars magna, 2004
  • Claudio Mutti, La Grande influence de René Guénon en Roumanie, suivi de Julius Evola en Europe de l’Est, Akribeia, 2002.
  • Mark Sedgwick, Against the modern world, traditionalism and the secret intellectual history of the twentieth century, Oxford, 2004.
  • Paolo Taufer, Les Jeunes et les ruines de Julius Evola, Éditions du Sel, 2005.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Christophe Boutin, « Tradition et réaction : la figure de Julius Evola », Mil neuf cent no 9, 1991 [lire en ligne]
  2. a et b Ernst Jünger, Dossier H, L'Âge d'Homme, 2000, p. 585-586. [lire en ligne]
  3. Vingtième siècle no 37, 1993, p. 166-167 [lire en ligne]
  4. Stéphane François, Un Usage politique de l’ésotérisme : l’exemple de la Nouvelle Droite, Fragments sur les temps présents, 22 juillet 2009
  5. Mario Dolcetta a mis en doute le titre de baron de Julius Evola dans un article paru dans L'Italia settimanale, no 25, 1994, repris in Andrea Bedetti, Dadaïsme et tradition, Ars magna, 2004, p. 9.
  6. Selon Jean-Paul Lippi, Evola, Pardès, 1999, p. 7, il fit « le choix de latiniser son prénom pour témoigner de sa fidélité aux idéaux dont il distinguait l'influence formatrice dans la romanité impériale ».
  7. a, b et c Pierre Milza, L'Europe en chemise noire. Les extrêmes droites en Europe de 1945 à aujourd'hui, Fayard, 2002 [lire en ligne]
  8. a, b, c, d, e, f, g et h Arnaud Guyot-Jeannin, Julius Evola, « Dossier H », Éditions L'Âge d'Homme, 1997, p. 13-23 [lire en ligne]
  9. a, b, c et d Julius Evola, Le chemin du cinabre, Éditions Archè, 1983.
  10. a, b, c, d, e et f (en) Richard H. Drake, « Julius Evola and the Ideological Origins of the Radical Right in Italy », Political Violence and Terror, p. 61-90, University of California Press, 1986 [lire en ligne]
  11. Julius Evola, « Le malentendu du “nouveau paganisme” », Bibliografia fascista no 2, 1936 [lire en ligne].
  12. a, b, c, d et e Julius Evola, Révolte contre le monde moderne, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2009, 457 p.
  13. Julius Evola, Méditations du haut des cîmes, « La face nord du Lyskamm ».
  14. « Les rapports de Julius Evola avec le fascisme et le national-socialisme », Politica Hermetica, L'Âge d'Homme, 1987, p. 49-71. [lire en ligne]
  15. Daniel Dubuisson, « L'ésotérisme fascisant de Mircea Eliade », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 106-107, 1995, p. 42-51. [lire en ligne]
  16. Jean-Paul Lippi, Julius Evola, métaphysicien et penseur politique, Éditions L'Âge d'Homme, 1998, p. 227.
  17. Alain de Benoist, Vu de droite : anthologie critique des idées contemporaines, Éditions du Labyrinthe, 2001, p. 432-436. [lire en ligne]
  18. a et b Revolt against the modern world, introduction de H. T. Hansen [lire en ligne]
  19. Julius Evola, Le chemin du cinabre, p. 162
  20. La Fondation Julius Evola, chargée de la sauvegarde des ouvrages et des manuscrits de l'écrivain, est installée à son ancien domicile (Corso Vittorio Emanuele II 197) à Rome.
  21. Pour Jean Parvulesco, intime d'Evola au terme de sa vie, la fin qu'il s'est choisie revêt un sens bien précis : « Enfin, si Julius Evola a tenu à ce que ses cendres fussent confiées à une faille secrète du Mont Rosa, c'est parce qu'il comptait que celui-ci, avec son glissement en avant, les ramène – quand cela devra se faire – au jour, dans la vallée d'en-bas, et qu'à ce moment-là il l'emportera sur sa mort ; ou bien plus encore. » (« Un entretien politique inédit avec Jean Parvulesco », Rébellion, no 28, janvier-février 2008).
  22. Julius Evola, Le Mystère du Graal et l'idée impériale gibeline, Éditions traditionnelles, Paris, p. 259.
  23. Pierre-André Taguieff, « Julius Evola penseur de la décadence. Une “métaphysique de l’histoire” dans la perspective traditionnelle et l’hyper-critique de la modernité », in Politica Hermetica, vol. 1, Éditions L’Âge d'Homme, 1987.
  24. a, b et c Julius Evola, Métaphysique du sexe, L'Âge d'Homme-Guy Trédaniel, 2006.
  25. a, b, c et d Jean-Paul Lippi, Julius Evola, métaphysicien et penseur politique, Éditions L'Âge d'Homme, 1998.
  26. Julius Evola, Les hommes au milieu des ruines, chap. IV, Éditions Pardès, 2005.
  27. Jean-Paul Lippi, Julius Evola, métaphysicien et penseur politique, Éditions L'Âge d'Homme, 1998, p. 219-221.
  28. Mark J. Sedgwick, Contre le monde moderne, chap: 5, Dervy, Paris, 2008, 394 p.
  29. a, b et c Franco Ferraresi, « Les références théorico-doctrinales de la droite radicale en Italie », Mots no 12, mars 1986, p. 7-27 [lire en ligne]
  30. Julius Evola, La Doctrine de l’éveil, Éditions Archè, 1976, chap. I.
  31. a, b, c et d Giovanni Monastra, « Julius Evola, des théories de la race à la recherche d'une anthropologie aristocratique », Nouvelle École no 47, 1995, p. 43-53 [lire en ligne]
  32. Julius Evola, Synthèse de doctrine de la race, Les Éditions de L’Homme Libre, 2002, p. 21
  33. cité par Max Weinreich : ''Hitler et les professeurs, Éditeur : Belles Lettres, 2013, (ISBN 2251444696) p. 194
  34. Philippe Baillet, « Julius Evola ou la sexualité dans tous ses “états” », Dossier H, p. 115-140.
  35. Alain de Benoist, « Nouvel entretien sur Julius Evola », 2007 [lire en ligne]
  36. (en) Institute of Race relations, « The far Right in Europe: a guide », Race & Class, 1991, Vol. 32, No. 3:125-146, p. 132.
  37. Julius Evola, Le Fascisme vu de droite, Éditions Pardès, 1981
  38. (de) « Julius Evola : ein Architekt des Terrors », Searchlight Magazine, décembre 1998 [lire en ligne]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]