The Slave Power

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Reproduction d'une coupure de presse du journal Wooster Republican, Massachusetts

The Slave Power (la puissance esclave en français, parfois désignée sous le nom de Slaveocracie) fut un terme employé aux États du Nord des États-Unis (principalement entre 1840-1875) pour caractériser la puissance politique de la classe esclavagiste dans le Sud des États-Unis.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le problème posé par l'esclavage, d'après plusieurs hommes politiques du nord, n'était pas tant les mauvais traitements infligés aux esclaves (un thème que les abolitionnistes arboraient), que le danger politique au républicanisme des États-Unis, spécialement celui des « États libres » nordistes. Le Parti du sol libre fut le premier à se saisir de la question en 1848, arguant que l'annexion du Texas comme État esclavagiste était une erreur terrible. La rhétorique de ce parti fut reprise par le parti républicain lorsqu'elle émergera en 1854. Les républicains ont aussi avancé que l'esclavage était économiquement inefficient comparé au travail libre et contre-productif pour la modernisation à long terme du pays. Pire, diront-ils, le slave power, profondément établi dans le « solid south » ( États du sud), confisquait systématiquement le contrôle de la Maison-Blanche, du congrès, et de la cour suprême. Le sénateur et gouverneur de l'Ohio Salmon Portland Chase était un opposant revendiqué du slave power, tout comme Charles Sumner sénateur du Massachusetts.

La maison divisée[modifier | modifier le code]

Dans son célèbre Discours de la Maison divisée (House Divided speech) en juin 1858, Abraham Lincoln dira que le sénateur Stephen A. Douglas, le Président James Buchanan, son prédécesseur Franklin Pierce, et le Chief Justice Roger Brooke Taney prirent part à un complot pour nationaliser l'esclavage, comme la décision de la cour suprême le prouva en 1857 avec le jugement Dred Scott. D'autres républicains indiquèrent que les violences au Kansas (Bleeding Kansas), l’assaut envers le sénateur Sumner, les attaques contre la presse abolitionniste et les efforts pour annexer Cuba (Manifeste d'Ostende), étaient des preuves que le Slave Power était violent, agressif, et conquérant.

Ils considéraient que la seule solution était un réengagement pour le travail libre, et un effort pour arrêter l'expansion territoriale de l'esclavage. Les démocrates nordistes répondirent que ce n'était qu'exagération et que les républicains étaient paranoïaques. Leurs collègues sudistes parlèrent de sécession, le raid de John Brown en 1859 prouvant que les républicains étaient prêts à attaquer leur région et leur style de vie. En félicitant le président Lincoln nouvellement élu en 1860, Salmon P. Chase s'exclama : « L'objet de mes vœux et travaux depuis dix-neuf ans est accompli par le renversement du Slave Power », ajoutant que la voie était désormais claire « pour l'établissement de la politique de la liberté » - ce qui n'arrivera qu'après quatre ans de guerre civile.

Points de vue[modifier | modifier le code]

D'après l'historien Henry Brooks Adams, le Slave Power était une force centralisatrice[1] :

« Entre le slave power et les droits des États il n'y avait pas nécessairement de connexion. Le Slave Power, lorsqu'au pouvoir, était d'une influence centralisatrice, et tous les empiètements considérables sur les droits des États étaient de son fait. L'acquisition et admission de la Louisiane, l'embargo, la guerre de 1812, l'annexion du Texas par résolution (joint resolution) plutôt que par traité, la guerre avec le Mexique, déclarée par simple annonce du président Polk, la loi sur les esclaves fugitifs, le jugement Dred Scott – tous triomphes du Slave Power – ont fait bien plus que les tarifs ou améliorations internes qui, dans leurs origines, étaient aussi sudistes, dans le but de détruire la mémoire du droit des États tels qu'existant en 1789. Dès lors qu'une question émergeait sur l'extension ou la protection de l'esclavage, les détenteurs d'esclaves devenaient amis du pouvoir central, et usèrent de cette arme dangereuse dans une sorte de frénésie. En fait, l'esclavage requérait la centralisation afin de se maintenir et de se protéger, mais aussi le contrôle de la machine centralisée ; il avait nécessité de principe de gouvernement despotique, mais exclusivement pour son usage propre. Ainsi, en vérité, les droits des États étaient la protection des états libres (free states) de façon factuelle, durant la domination du Slave Power, le Massachusetts en appela à ce principe protecteur aussi souvent et quasi aussi bruyamment que la Caroline du sud. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Henry Adams, John Randolph (1882) pp 178–79
  • (en) John Ashworth , "Free Labor, Wage Labor, and Slave Power: Republicanism and the Republican Party in the 1850s," in The Market Revolution in America: Social, Political and Religious Expressions, 1800–1880, edited by S. M. Stokes and S. Conway (1996), 128–46.
  • (en) Frederick J. Blue, No Taint Of Compromise: Crusaders in Antislavery Politics (2004)
  • (en) David Brion Davis. Slave Power Conspiracy and the Paranoid Style (1986)
  • (en) Jonathan Earle, Jacksonian Antislavery and the Politics of Free Soil, 1824–1854 (2004)
  • (en) Eric Foner, Free Soil, Free Labor, Free Men: The Ideology of the Republican Party Before the Civil War (1970), esp pp. 73–102
  • (en) Larry Gara,. "Slavery and the Slave Power: A Crucial Distinction" Civil War History v15 (1969), pp 5–18
  • (en) Leonard L. Richards, Slave Power: The Free North and Southern Domination, 1780–1860 (2000)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) John Elliott Cairnes, The Slave Power: Its Character, Career, and Probable Designs (1862; reprinted 2003) online text of the second edition
  • (en) Mason I. Lowance Jr., ed. House Divided: The Antebellum Slavery Debates in America, 1776–1865 (2003)
  • (en) C. Bradley Thompson, ed. Anti-Slavery Political Writings, 1833–1860: A Reader (2003)
  • (en) Henry Wilson, The History of the Rise and Fall of the Slave Power in America (in 3 volumes, 1872 & 1877)
  • (en) The Slave Power discours de l’abolitionniste Theodore Parker, 1841–52