Huey Pierce Long

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Huey Pierce Long
Image illustrative de l'article Huey Pierce Long
Fonctions
35e gouverneur de Louisiane
1928 – 1932
Membre du Sénat des États-Unis
1932 – 1935
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Louisiane
Date de décès
Lieu de décès Bâton-Rouge
Parti politique Parti démocrate
Gouverneur de Louisiane

Huey Pierce Long (1893-1935), surnommé « The Kingfish », est un homme politique américain populiste et sudiste, présenté par ses adversaires comme figure principale du fascisme américain dans l'entre-deux-guerres. Membre du Parti démocrate, il fut gouverneur de Louisiane de 1928 à 1932 et sénateur de cet État au Congrès des États-Unis de 1932 à 1935.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le sénateur Long

Né à Winnfield en Louisiane le , ce fils de fermiers devint avocat puis fut élu en 1918 dans sa Louisiane natale à la State Railroad Commission, un organisme qui sous sa férule devint la Public Service Commission, où il ne manqua pas une occasion d'attaquer Standard Oil et son patron, Rockefeller.

Gouverneur[modifier | modifier le code]

Après un échec en 1924, il est élu gouverneur de Louisiane en 1928, dès le premier tour, par 43,9 % des suffrages exprimés (126 842 voix) avec un programme progressiste (développement du réseau autoroutier, construction de ponts, augmentation des crédits pour l'éducation, gratuité des livres scolaires, plus grande aide médicale, taxation des revenus pétroliers et imposition des grosses compagnies). La division de ses adversaires, représentés par le démocrate Riley J. Wilson (en) et le gouvernant sortant, Oramel H. Simpson (en), également démocrate, explique sa victoire dès le premier tour. Son élection a marqué un transfert des forces politiques de Louisiane, auparavant dominées par les grands propriétaires terriens, les hommes d'affaires et les représentants de l'industrie pétrolière, vers les petits propriétaires et les fermiers[1].

Les progressistes avaient précédemment obtenu un score flatteur à la présidentielle de 1924, leur candidat, Robert La Follette, obtenant même 16,5 % des voix et gagnant dans l'État du Wisconsin.

Une fois au pouvoir, Long épure l'administration en y plaçant ses hommes selon le spoils system. Il instaure alors un système de clientélisme et de « racket », ponctionnant les revenus de tous les fonctionnaires lui devant leur emploi. Il mit en place un grand programme de travaux publics pour faire face à la crise (routes, hôpitaux, écoles, construction d'un nouveau Capitole de Louisiane, de la Old Louisiana Governor's Mansion (en), digue du lac Pontchartrain, etc.). Comme Roosevelt plus tard, Long fait un large usage de la radio et du téléphone, demandant à ses auditeurs d'« appeler cinq de [leurs] amis en leur disant que Huey est sur les ondes » [2].

Il s'associe également à la Mafia, en particulier avec Meyer Lansky, l'organisation criminelle voulant exploiter des hôtels-casinos en Louisiane. Après la fuite de Frank Costello de New York, chassé par le maire Fiorello La Guardia élu en 1933, il invita ce dernier à La Nouvelle-Orléans partager les revenus des salles de jeux clandestins[3].

Impeachment[modifier | modifier le code]

Son programme économique et social lui valait l'opposition de l'élite de Louisiane. En 1929, après avoir proposé une taxe sur la production de pétrole raffiné (un nickel par baril), fortement critiquée par la Standard Oil, le député démocrate Cecil Morgan (en), dont le père avait été licencié par Long en raison de son opposition, tenta de mener une procédure d'impeachment contre le gouverneur, l'accusant entre autres de blasphème, corruption des députés régionaux, détournement de fonds, etc. Au total, son groupe d'adversaires, le Dynamite Squad, formé de représentants de l'élite locale proche de la faction dite des Old Regulars (en), l'accusait de 19 chefs d'accusation, dont la tentative d'assassinat du démocrate Jared Y. Sanders, Jr. (en), fils de l'ancien gouverneur de Louisiane avant la guerre, Jared Y. Sanders, Sr. (en). Grâce au speaker de la Chambre John B. Fournet (en), futur chief justice de la Cour suprême de Louisiane, Long tenta d'ajourner la discussion. La séance, connue sous le nom de Bloody Monday, finit en pugilat, certains députés ayant été accusés d'avoir porté des poings américains. Finalement, Long réussit à convaincre, à une voix près, un groupe de députés de s'opposer à la tentative d'impeachment.

À la suite de cette tentative, Long devint impitoyable envers ses adversaires, usant de tous ses pouvoirs en tant que chef de l'exécutif local. Il fonda un journal, le Louisiana Progress (en), afin de porter sa voix, contraignant les entreprises souhaitant obtenir des marchés publics à y acheter des pages de publicité. Menacé de mort, il s'entoura également en permanence de gardes du corps[4].

1930-1931[modifier | modifier le code]

En 1930, la Chambre s'oppose à son programme de construction de routes et à d'autres initiatives. En réponse, il se présente aux primaires du Parti démocrate du pour les sénatoriales fédérales, transformant l'élection en plébiscite sur sa personne. Battant de loin son rival sortant Joseph E. Ransdell (en) (57,3 % contre 42,7 %), il décide cependant d'ajourner la prise de son siège au Sénat fédéral en restant gouverneur jusqu'en janvier 1932, quelques mois à peine après la fin de son mandat de gouverneur. Il avait alors coutume de dire: « avec Ransdell comme sénateur, le siège était de toute façon vacant ».

Plébiscité par l'électorat, il est en position de force pour négocier avec son adversaire principal, le Regular Democratic Organization (en), passant un accord avec son leader, le maire de La Nouvelle-Orléans T. Semmes Walmsley (en). En échange de son soutien économique à la ville (construction du pont Huey Long (en) au-dessus du Mississippi (fleuve)Mississippi, d'un aéroport - le New Orleans Lakefront Airport (en), etc.), il obtint le soutien de cette tendance démocrate jusqu'à l'automne 1933. Ceci lui permit de faire voter une loi taxant l'essence, d'augmenter le budget consacré à l'éducation, de soutenir la construction du Capitole et de consacrer 75 millions de dollars à l'infrastructure routière, permettant notamment la construction de la Airline Highway (en) entre La Nouvelle-Orléans et Baton Rouge. Son architecte préféré, Leon C. Weiss (en), conçut non seulement le Capitole, mais aussi le Charity Hospital (en) qui fut largement financé par l'État fédéral dans le cadre du programme Federal Emergency Administration of Public Works (future Public Works Administration), ainsi que de nombreux bâtiments du système éducatif.

Ces grands travaux firent du réseau routier et autoroutier de Louisiane l'un des plus modernes du pays. Il augmenta également le nombre d'étudiants inscrits à l'Université d'État de Louisiane (LSU) de 1 600 à 4 000, faisant de celle-ci la 11e université nationale. Il promeut ainsi une politique d'accession à l'éducation supérieure des classes populaires.

1931-1934[modifier | modifier le code]

En octobre 1931, son adjoint et rival, Paul N. Cyr (en), l'accuse de rester illégalement à son poste de gouverneur et se proclame gouverneur. Long fait appel à la Garde nationale pour empêcher le coup d'État et porte plainte devant la Cour suprême de Louisiane contre Cyr, l'accusant d'avoir de facto abandonné son poste de gouverneur-adjoint en s'auto-proclamant gouverneur. La Cour lui donne raison, et son dauphin Alvin Olin King (en) devient son adjoint. Aux élections locales de janvier 1932, c'est son dauphin, Oscar K. Allen (en), qui est triomphalement élu gouverneur avec l'appui des soutiens politiques de Long et de la base électorale de la tendance Old Regular du Parti démocrate, Long ayant accepté de siéger au Sénat fédéral. Censé être écarté de la scène de Louisiane, Long y reste de fait une figure décisive, maintenant le gouverneur Allen sous son contrôle étroit et n'hésitant pas à le moquer en public ou à occuper ses bureaux lors de ses séjours fréquents à Baton Rouge. Il parvient ainsi à réformer la structure administrative de Louisiane à partir de 1934, afin d'augmenter les pouvoirs du gouverneur au détriment des circonscriptions locales, en particulier de La Nouvelle-Orléans, d'Alexandria et de Baton Rouge, et octroyant un pouvoir de nomination général du gouverneur sur les fonctionnaires locaux.

Huey Long soutint Roosevelt à la présidentielle de 1932, mais se brouilla avec lui, le jugeant trop lié à la haute finance. Il s'attira alors les foudres du monde de la haute finance qui le qualifia même de « fasciste », tandis que Roosevelt le qualifia, avec le général Douglas MacArthur, d'un des deux hommes les plus dangereux des États-Unis [5]. Roosevelt, qui le compare à Hitler et Mussolini, tente de l'écarter, en commanditant une enquête de l'IRS (le fisc), qui affecte plusieurs de ses subordonnés mais manque Long lui-même.

Il fonde alors, en 1932[réf. nécessaire] , le mouvement Share Our Wealth Long (en), proposant une concession rurale pour chaque famille américaine, un revenu annuel de 2 500 $, et un impôt sur la fortune sur les revenus de plus de 5 millions de $ et les revenus annuels de plus de 1 million de $ (soit respectivement 64,5 millions et 84,7 millions d'euros actuels [réf. nécessaire]). Il fonde aussi un journal national, l'American Progress (en), pour soutenir sa personne. Dirigé par le révérend Gerald L. K. Smith (en), membre du groupe antisémite Christian Nationalist Crusade (en), le mouvement Share our Wealth connaît cependant un succès foudroyant : un an à peine après sa fondation, il compte 27 000 clubs et plus de 7 millions d'adhérents [réf. nécessaire].

Long s'oppose à la Réserve fédérale, au National Recovery Act qu'il considère comme un cadeau fait aux grandes entreprises et au projet de loi de Glass sur les banques, accusant celui-ci de favoriser les banques fédérales au détriment des banques locales; il soutiendra en 1933, après amendements, le Glass-Steagall Banking Act. Il se déclare par ailleurs anti-communiste, fondant son programme sur la Bible et la Déclaration d'indépendance. Il débat en 1934 avec le représentant du Parti socialiste d'Amérique, Norman Thomas, défendant son programme contre le projet socialiste.

1935[modifier | modifier le code]

L'opposition de Louisiane à Long s'organise en 1935 autour du Square Deal Association, qui dénonçait sa soudaine fortune personnelle et commença à parler d'insurrection contre son pouvoir jugé dictatorial. La coalition rassemblait les ex-gouverneurs John M. Parker (en) et Ruffin G. Pleasant (en) et le maire de La Nouvelle-Orléans T. Semmes Walmsley (en). Le , deux cents hommes armés dirigés par cette coalition prennent de force le East Baton Rouge Parish (en), Long appelant de nouveau la Garde nationale à la rescousse et faisant décréter la loi martiale, interdisant les rassemblements publics de plus de 2 personnes et toute critique du gouvernement de Louisiane. La troupe tira sur les insurgés, faisant seulement un blessé.

À l'été 1935, il fit passer de nouvelles lois centralisant à nouveau les pouvoirs au profit du gouverneur de Louisiane et retirant la quasi-totalité de ses pouvoirs au maire de La Nouvelle-Orléans. Il créa ainsi un comité chargé de la publication, ayant pouvoir d'interdire l'édition de journaux jugés non-coopératifs, centralisa les prêts autour d'un comité étatique, et créa un nouveau comité chargé de nommer tous les observateurs dans les bureaux de vote. Il abroge également, en 1935, la poll tax qui établissait, de fait, un suffrage censitaire, augmentant de 90 % le nombre d'inscrits sur les listes électorales.

Assassinat[modifier | modifier le code]

La tombe originale de Huey P. Long au Louisiana State Museum

Après une tournée nationale faite au printemps 1935, il annonça son intention de devenir candidat à la primaire démocrate pour la présidentielle de 1936, mais il fut assassiné le au Capitole de Louisiane, à Bâton-Rouge — les marques des balles y sont toujours visibles sur le mur. Blessé grièvement par Carl Weiss (gendre de l’un des ennemis de Long, belliciste notoire), il succomba deux jours plus tard, le 10 septembre. Ses derniers mots furent « Seigneur, ne me laissez pas mourir, j'ai tant de choses à accomplir ». Le révérend d'extrême-droite Gerald L. K. Smith (en) fut chargé de prononcer son oraison funèbre, à laquelle ont assisté des dizaines de milliers de personnes.

Postérité[modifier | modifier le code]

Après sa mort, des proches de Huey Long tentèrent de reprendre son mouvement sous le nom d'Union Party, lui rendant une apparence plus populiste, et présentèrent comme candidat le républicain William Lemke, mais celui-ci ne connut jamais la popularité de son prédécesseur et ne récolta que 2 % des voix. Son livre, My First Days in the White House (en), écrit peu avant sa mort, fut publié de façon posthume.

Selon ses biographes T. Harry Williams (en) et William Ivy Hair, en se présentant à l'élection de 1936, Long avait en fait comme objectif, plutôt que de se faire élire président — ce qu'il pensait irréalisable — de gêner Roosevelt et de créer un troisième parti à partir d'une scission du Parti démocrate, en s'appuyant sur des figures de l'extrême-droite comme le prédicateur Charles Coughlin ou l'agrarien d'Iowa Milo Reno. Cette scission aurait empêché l'élection de Roosevelt au profit du candidat républicain, mais Long pensait ainsi pouvoir être élu en 1940.

Son frère, Earl Kemp Long, fut également gouverneur de Louisiane. Sa femme, Rose McConnell Long, fut sénatrice de Louisiane de 1936 à 1937. Son fils, Russell B. Long a été sénateur de Louisiane de 1948 à 1987.

Hommages[modifier | modifier le code]

Statue de Huey Long devant le capitole de Louisiane à Bâton-Rouge

En 1937, le dessinateur Al Taliaferro nomma un des neveux de Donald Duck (Riri, Fifi et Loulou en français), « Huey » (les deux autres s'appelant « Dewey » en référence au gouverneur républicain de New York Thomas Edmund Dewey, et « Louie » en référence à un animateur de Disney, Louis Schmitt)[6].

Huey Pierce Long dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

La vie de Huey Pierce Long a inspiré le roman de Robert Penn Warren All the King’s Men (titre en français Les Fous du roi) qui remporta le prix Pulitzer en 1946, ouvrage qui sera adapté à la télévision par Sidney Lumet en 1958 et à deux reprises au cinéma : une première fois par Robert Rossen en 1949 avec Broderick Crawford dans le rôle de Willie Stark, alias Huey Long ; et la seconde en 2006 par Steven Zaillan avec Sean Penn dans ce même rôle, aux côtés de Jude Law et de Kate Winslet.

La vie de Earl Long (26 août 1895 – 5 Septembre 1960), frère cadet de Huey Long, à son tour devenu trois fois gouverneur de Louisiane (1939–1940, 1948–1952, et 1956–1960), a également inspiré le cinéma avec Blaze de Ron Shelton en 1989, film avec Paul Newman (dans le rôle de Earl Long) d'après le livre Blaze Starr: My Life as Told to Huey Perry, biographie de Blaze Starr, ancienne stripteaseuse et compagne de Earl Long, interprétée dans ce film par Lolita Davidovich.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Boulard, Garry. Huey Long Invades New Orleans: the Siege of a City, 1934-36. Gretna, LA: Pelican Publishing Co., 1998.
  • Brinkley, Alan. Voices of Protest: Huey Long, Father Coughlin, and the Great Depression. New York, NY : Knopf, 1982. ISBN 0-394-52241-9
  • Davis, Forrest. Huey Long: a Candid Biography. NY: Dodge Publishing Co., 1935.
  • Dodd, William J. « Bill. » Peapatch Politics: The Earl Long Era in Louisiana Politics. Baton Rouge : Claitor's Publishing Co., 1991.
  • Fineran, John Kingston. The Career of a Tinpot Napoleon, a Political Biography of Huey P. Long. La Nouvelle-Orléans, J. K. Fineran, 1932.
  • Hair, William Ivy. The Kingfish and His Realm: The Life and Times of Huey P. Long. LSU Press, 1991.
  • Harris, Thomas O. The Kingfish, Huey P. Long, Dictator. Gretna, LA: Pelican Publishing Co., 1938.
  • Huey Pierce Long, the Martyr of the Age. A publication of the Louisiana State Museum. New Orleans: T. J. Moran’s Sons, 1937.
  • Jeansonne, Glen (ed.). Huey at 100: Centennial Essays on Huey P. Long. Ruston, LA: McGinty Publications (for Dept. of History, Louisiana Tech University), 1995.
  • Kane, Thomas Harnett. Louisiana Hayride: the American Rehearsal for Dictatorship, 1928-1940. William Morrow, 1941.
  • Long, Huey P. Every Man a King: the Autobiography of Huey P. Long. LaNouvelle-Orléans, National Book Co., 1933.
  • Pavy, Donald A. Accident and Deception: the Huey Long Shooting. New Iberia: Cajun Publications, 1999.
  • White, Richard D., Jr. Kingfish: the Reign of Huey P. Long. Random House, 2006.
  • Williams, T. Harry. Huey Long. Knopf, 1969. (lauréat du prix Pulitzer 1970 et du National Book Award)

Liens et références externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. William C. Havard, Rudolf Heberle et Perry H. Howard, The Louisiana Elections of 1960, Baton Rouge, Louisiana State University Studies, 1963, p. 15
  2. Cité par Marc Nouschi in Le 20e siècle. Tournants, Temps, Tendances, éd. Armand Collin, 2000, p. 428-429
  3. John Dickie (2004), Cosa Nostra. La mafia sicilienne de 1860 à nos jours, éd. Perrin, 2007, p. 259 (chapitre V)
  4. Hamby, Alonzo L. (2004). For the Survival of Democracy: Franklin Roosevelt and the World Crisis of the 1930s, p. 263. Simon and Schuster. ISBN 0-684-84340-4.
  5. Brands, H.W. (en) (2008). Traitor to His Class: The Privileged Life and Radical Presidency of Franklin Delano Roosevelt. Doubleday. p. 260. ISBN 978-0-385-51958-8.
  6. « Dana Coty, a gag man who later sold ideas to Barks for the comics, came up with the euphonious names Huey, Dewey and Louie, with the names taken from Huey Long, governor and later senator of Louisiana; Thomas Dewey, governor of New-York, and subsequently a presidential candidate; and Louis Schmitt, an animator at the Disney Studio in the 1930s and 1940s. » Cité dans Thomas Andrae, Carl Barks And the Disney Comic Book: Unmasking the Myth of Modernity, Univ. Press of Mississippi, 2006 (ISBN 1578068584))
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