Grotte du Mas-d'Azil

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Grotte du Mas-d'Azil
France - Ariège - Grotte du Mas d'azil3.JPG
Intérieur de la grotte.
Localisation
Coordonnées
Adresse
Massif
Vallée
Localité voisine
Voie d'accès
Caractéristiques
Type
Altitude de l'entrée
370 m
Longueur connue
2 100 m
Période de formation
Cours d'eau
Occupation humaine
Statut patrimonial

Géolocalisation sur la carte : Ariège

(Voir situation sur carte : Ariège)
Point carte.svg

Géolocalisation sur la carte : Occitanie

(Voir situation sur carte : Occitanie)
Point carte.svg

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Point carte.svg

La grotte du Mas-d'Azil est une cavité traversée par une route et par la rivière Arize qui l'a creusée. Cette cavité aux dimensions imposantes s'ouvre dans le massif du Plantaurel , commune du Mas-d'Azil, département de l'Ariège. Elle fut occupée à différentes époques préhistoriques et historiques et laissa son nom à une culture préhistorique, l'Azilien.

La porte de l'Arize, qui marque l'entrée de la rivière par le versant sud, est constituée d'un porche de 51 mètres de haut pour 48 mètres de large.

Spéléométrie[modifier | modifier le code]

La développement de la grotte du Mas-d'Azil est de 2 100 m[1].

Une partie de la grotte est un tunnel naturel, long de 420 m et d'une largeur moyenne de 50 m, qui permet la traversée par une route (la départementale D 119) qui longe l'Arize sur 410 m. C'est l'unique grotte en Europe qui peut être traversée en voiture. La construction de cette route est à l'origine des découvertes archéologiques.

Géographie[modifier | modifier le code]

Cette grotte est située en France, région Occitanie, département de l'Ariège, sur la commune du Mas-d'Azil, au centre des Pyrénées françaises (massif du Plantaurel ou massif de l'Arize sur le cours de l'Arize). Avant de percer la montagne, l'Arize la contournait : le tracé de cette ancienne vallée se distingue encore fort bien.

Vues de la grotte[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

La grotte s'ouvre dans les calcaires du Thanétien supérieur.

La limite Crétacé-Tertiaire (limite KT) est visible dans cette grotte, formée il y a deux millions d'années par l'érosion provoquée par l'Arize. La rivière coulait autrefois en surface dans la vallée, à 60 m par rapport au niveau actuel. Elle s'est enfoncée dans le réseau karstique, agrandissant les failles, déblayant les marnes crétacées. 500 à 600 mètres de longueur auraient ainsi été creusés.

À la suite de la surrection des Pyrénées, l'Arize a plus ou moins d'alluvions à transporter selon les variations climatiques du quaternaire. Lors des phases glaciaires, les éboulis la surchargent en alluvions si bien que la rivière se surélève sur ses propres sédiments au point de boucher sa percée hydrogéologique (la grande galerie). L'Arize creuse alors d'autres galeries. Lors des phases interglaciaires, elle redébouche la grotte, ce qui permet aux Aurignaciens et aux Magdaléniens (à l'holocène) de s'y installer[2].

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La grotte est d’abord fréquentée par des animaux et les galeries intérieures sont riches en ossements de mammouths laineux[3], ours des cavernes et rhinocéros laineux.

Puis des groupes préhistoriques s'y installèrent. La grotte est connue pour ses nombreux vestiges préhistoriques, dont le Faon aux oiseaux, un très beau propulseur magdalénien (17 000 à 12 000 ans avant le présent) découvert par Saint-Just Péquart. On y a également découvert un bouton gravé d'un aurochs femelle ainsi que de son veau sur l'autre face, et un crâne de jeune fille, Magda, (14 000 ans) avec deux plaques d’os taillées simulant les yeux dans les orbites[4].

Outre la richesse et la diversité de son matériel mobilier, la grotte renferme également plusieurs galeries ornées :

  • salle de Breuil : bisons, chevaux, cervidés, poissons, un possible félin et des signes géométriques ;
  • galerie du Renne : nombreuses gravures d’animaux se superposant ;
  • salle du Four : arrière train de cheval, tête de bouquetin, fameux (visage humain sur un contour rocheux naturel).

Le site donna son nom à l'Azilien, une culture préhistorique de l'Épipaléolithique (environ 12 000 à 9 500 avant le présent) comprise entre le Magdalénien et le Mésolithique définie par Édouard Piette. On y retrouve une industrie microlithique, des harpons plats, de nombreux galets peints aziliens (galets colorés d'ocre rouge datant de 10 000 ans)[5].

Au Néolithique, de nombreux dolmens, datant d'il y a 4 000 ans, ont été dressés tout autour de la grotte (Bidot (classé), Cap-del-Pouech et Seignas (classé)). Des poteries ont été retrouvées à l'entrée de la grotte.

Mobilier préhistorique[modifier | modifier le code]

Galets peints[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Au IIIe siècle, les premiers chrétiens, alors persécutés, y établirent un lieu de prières.

La grotte servit également de refuge, probablement aux cathares (XIIIe siècle ; pas d'indice formel) puis aux protestants au XVIIe siècle, qui s'y réfugièrent à l'occasion du siège infructueux conduit en 1625 par le maréchal de Thémines contre la cité. En représailles, Richelieu fit sauter à l’explosif le plafond de la salle du Temple à l'intérieur de la grotte.

En 1942, la grotte est classée au titre des monuments historiques[6].

Fouilles et visites[modifier | modifier le code]

On pense que la plupart des vestiges de la présence humaine sont enfouis dans le remblai, à l'entrée de la grotte.

Un vestige d'habitat préhistorique peut être visité dans les parties supérieures des galeries, hors de portée des crues.

Un musée relatant l'histoire préhistorique de la région est présent dans le village du Mas-d'Azil.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bigot Jean-Yves, « Spéléométrie de la France. Cavités classées par département, par dénivellation et développement. », Spelunca Mémoires n° 27,‎ , p. 160 (ISSN 0249-0544)
  2. Formation de la Grotte, sur grotte-masdazil.com
  3. Estimation de l'âge à 60 000 ans environ
  4. Marc Azéma, Laurent Brasier, Le beau livre de la préhistoire: De Toumaï à Lascaux 4, Dunod, (ISBN 9782100757893, présentation en ligne)
  5. Plusieurs hypothèses sur la fonction de ces galets coexistent: Pour les uns il s'agirait d'éléments d'un jeu sacré divinatoire, pour d'autres il s'agirait d'une première tentative d'écriture ou d'un système numérique archaïque in Daniel Bernet Guide de la France avant la France Pierre Horay éditeur 1984 p.174 (ISBN 2-7058-0139-1)
  6. « Grotte du Mas-d'Azil », notice no PA00093817, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]