Grotte de Bernifal

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Grotte de Bernifal
Image dans Infobox.
Un des tectiformes présents dans la grotte.
Localisation
Coordonnées
Pays
Région
Département
Commune
Vallée
Vallée de la Petite Beune
Caractéristiques
Type
Occupation humaine
Patrimonialité
Localisation sur la carte de la Dordogne
voir sur la carte de la Dordogne
Red pog.svg
Localisation sur la carte de Nouvelle-Aquitaine
voir sur la carte de Nouvelle-Aquitaine
Red pog.svg
Localisation sur la carte de France
voir sur la carte de France
Red pog.svg

La grotte de Bernifal est une grotte ornée paléolithique qui se trouve sur la commune française de Meyrals, en Dordogne, en région Nouvelle-Aquitaine.

Histoire[modifier | modifier le code]

La grotte de Bernifal est occupée par les humains à l'époque magdalénienne[1], comprise entre environ −15 000 et −10 000 ans. Ils y laissent des signes et animaux peints et gravés.

Elle est redécouverte en 1902 par Denis Peyrony[2]. Louis Capitan et l'abbé Breuil l'étudient par la suite, suivis par Brigitte et Gilles Delluc en 1994[3] et 1995[4]. Depuis le , elle est classée au titre des monuments historiques[5].

Le site fait partie de l'ensemble des quinze sites classés au patrimoine mondial de l'Unesco en 1979 sous l'intitulé « sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère »[6].

C'est une grotte privée. La grotte et son guide-propriétaire ont fait l'objet d'un documentaire, « Le dernier paysan préhistorien », sorti en 2011[7] après cinq années de tournage[8].

Description[modifier | modifier le code]

Cette grotte profonde a conservé un aspect général assez proche de celui qu'ont connu les hommes de la Préhistoire.

Elle mesure environ 90 mètres de longueur[9].

Art[modifier | modifier le code]

A l'époque de la découverte de la grotte de Bernifal, seulement sept grottes ornées du Paléolithique sont connues : Altamira, la grotte Chabot (gorges de l'Ardèche), Marsoulas (Haute-Garonne), Pair-non-Pair (près de Bordeaux), et trois près des Eyzies : la Mouthe, Font-de-Gaume et les Combarelles[10].

Bernifal rassemble, réparties sur toute sa longueur, 110 gravures et peintures, noires ou rouges, globalement attribuables au Magdalénien. Les mammouths sont les figurations dominantes, avec une vingtaine de spécimens, aux côtés de bovinés, équidés (dont un possible asinien) et cervidés. S'y ajoutent des images plus rares d'humains, de mains négatives, et une cinquantaine de signes, en particulier les tectiformes classiques de la région de la vallée de la Vézère, et des signes triangulaires ovalisés[11].

Tectiformes

La grotte de Bernifal montre plusieurs tectiformes[12], dont H. Breuil (1903) dit : « Quelle peut être la signification de ces figures qui n’ont jamais été signalées en aussi grand nombre qu’à Bernifal ? »[13]. L'un de ces tectiformes de Bernifal est très particulier : il est formé par des centaines de points rouges de moins de un centimètre de diamètre. C'est le seul tectiforme connu avec cette caractéristique[12].

Seules 4 grottes en France portent des signes tectiformes indiscutables, et elles sont toutes dans un rayon de 8 kilomètres autour des Eyzies-de-Tayac : les Combarelles, Font-de-Gaume, Bernifal, et Rouffignac. D'autres grottes, comme le Portel, la Pasiega (es), Enlène, Bara-Bahau, La Mouthe, El Castillo, Kapova… portent des signes similaires à propos desquels André Leroi-Gourhan dit[14] : « ...Ils ont souvent été qualifiés de "tectiformes, terme hautement qualificatif qu'il vaudrait mieux réserver aux vrais tectiformes du groupe des Eyzies… ». La structure de ce signe dans ces grottes est trop différente des tectiformes originaux des quatre grottes de la région des Eyzies[12].
Par ailleurs ce motif se retrouve uniquement dans l'art pariétal et jamais sur des supports mobiles[12].

Représentation d'une tête humaine sur paroi

Hors les "vénus" (vénus de Laussel et similaires), les représentations d'humains sont rares en art pariétal préhistorique[15] (elles sont un peu plus fréquentes en art mobilier[16]). La figure de Bernifal est coiffée d'une ramure ou de cornes[17].

Un mammouth perché

Une représentation de mammouth, tracé à l’argile et utilisant en partie le relief naturel, se trouve à plusieurs mètres de hauteur dans une cheminée presque verticale d’accès difficile. Il est probable que « le relief a appelé la figure », contenue en germe par le relief de la paroi à cet endroit[18].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Depuis l'an 2000[8], la grotte fait l'objet d'une exploitation commerciale limitée, organisée par son propriétaire. Les aménagements y sont succincts et le nombre de visiteurs est réduit, sur réservation[19].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Brunet 1987] Véronique Brunet, Les mammouths de la grotte de Bernifal (thèse de doctorat), .
  • [Capitan, Breuil & Peyrony 1903] Louis Capitan, Henri Breuil et Denis Peyrony, « Les figures gravées à l'époque paléolithique sur les parois de la grotte de Bernifal (Dordogne) », Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 47, no 3,‎ , p. 219-230 (lire en ligne [sur persee]).
  • [Starck 2016] Julien Starck, Le symbolisme en préhistoire (Mémoire de Master 1 mention Histoire, Arts et Archéologie (François Bon dir.)), Université Toulouse 2, , 51 p. (lire en ligne [PDF] sur dante.univ-tlse2.fr). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicole Rolin, « Grotte de Bernifal (Meyrals) »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur nicole.rolin.pagesperso-orange.fr (consulté le ).
  2. « La grotte de Bernifal », sur pole-prehistoire.com, Pôle international de la Préhistoire (consulté le ).
  3. [Delluc & Delluc 1994] Brigitte Delluc et Gilles Delluc, « Un masque caché dans la grotte de Bernifal », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 121,‎ , p. 469-474.
  4. [Delluc, Delluc & Vialou 1995] Brigitte Delluc, Gilles Delluc et D. Vialou, « Une étude de l'abbé Henri Breuil sur la grotte de Bernifal (Meyrals) », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 122,‎ , p. 21-37.
  5. « Grotte de Bernifal », notice no PA00082644, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 23 août 2016.
  6. « Sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère », sur whc.unesco.org, Unesco (consulté le ).
  7. Sophie Cattoire, « Le dernier paysan préhistorien », (consulté le ).
  8. a et b Titia Carrizey, « Le dernier paysan préhistorien », Le Mag no 162, supplément à Sud Ouest, 9 mai 2015, p. 29-31.
  9. Denis Vialou, cité dans « Les tectiformes : Signes indéchiffrés de l'art pariétal préhistorique », Les tectiformes dans l'art pariétal, sur hominides.com (consulté le ).
  10. Capitan, Breuil & Peyrony 1903, p. 228.
  11. « Bernifal - grotte - visite - images - Hominidés », sur hominides.com (consulté le ).
  12. a b c et d « Les tectiformes : Signes indéchiffrés de l'art pariétal préhistorique », Les tectiformes dans l'art pariétal, sur hominides.com (consulté le ).
  13. Capitan, Breuil & Peyrony 1903, p. 228, cité dans Starck 2016, p. 7, note 1.
  14. André Leroi-Gourhan, L'art pariétal : le langage de la préhistoire. Cité dans Les tectiformes dans l'art pariétal, hominides.com.
  15. [Raux 2012] Pascal Raux, « Les Sorciers de la préhistoire dans l’art paléolithique », Bulletin de la Société d'études et de recherches préhistoriques des Eyzies (SERPE), no 62,‎ , p. 121-132 (lire en ligne [PDF] sur academia.edu, consulté le ), p. 1.
  16. Raux 2012, p. 2.
  17. Raux 2012, p. 4 ; p. 6 fig. 20.
  18. [Berrouet 2015] Florian Berrouet, « La part du corps : chamanisme et écriture », Communication & langages, no 186,‎ , p. 5-25 (lire en ligne [sur cairn.info], consulté le ), paragr. 35.
  19. « Grotte de Bernifal »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur dordogne-perigord-tourisme.fr (consulté le ).