Castel Merle

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45° 00′ 00″ N, 1° 06′ 04″ E

Castel Merle ou Castermerle est un site préhistorique constitué de plusieurs abris sous roches situés sur le territoire de la commune française de Sergeac en Dordogne. Ce site a fait l'objet de fouilles archéologiques depuis 1878.

Site préhistorique[modifier | modifier le code]

Les abris Blanchard I (à gauche) et Castanet (à droite).

Le site de Castel-Merle est aussi connu sous le nom de Vallon des Roches, d’après le nom du ruisseau qui le traverse et qui se jette dans la Vézère. Ce lieu, authentique et classé, se situe sur la commune de Sergeac, en plein cœur du Périgord noir, entre la grotte de Lascaux à Montignac en Dordogne et l’abri du Moustier, tout près des Eyzies-de-Tayac. Ce site préhistorique a la particularité de posséder son propre musée dans lequel sont exposés de nombreux objets provenant des diverses fouilles des abris sous roches dont les six colliers datés de l’Aurignacien et du Magdalénien (parmi les plus anciens d’Europe). C’est incontestablement un ensemble très didactique où l’on peut voir le contexte archéologique de la découverte des objets puis leur exposition dans le musée.

Ce Vallon des Roches, en plus de sa situation géographique, a bénéficié d’une formation géologique exceptionnelle. En effet, il est constitué de grandes falaises parallèles distantes de moins de 100 mètres et comportant chacune six abris répartis sur 400 mètres donnant ainsi l’une des plus fortes concentrations d’habitats préhistoriques d’Aquitaine. Les avants des voûtes de ces différents abris se sont effondrés, principalement vers la fin de la dernière glaciation et ont ainsi permis d’assurer une très bonne protection des couches archéologiques comme l’attestent notamment les deux coupes stratigraphiques du site.

Ces abris ont été occupés successivement par les Néandertaliens pour les Merveilles et Blanchard II puis par Cro-Magnon qui occupera principalement les abris situés dans la falaise opposée, mieux exposés, comme Reverdit, le Roc d’Acier, Labattut et la Souquette. Ces derniers sont ouverts à la visite car ils ont été partiellement dégagés et fouillés. De ces recherches, de nombreux vestiges ont été découverts et attribués aux différentes périodes de Cro-Magnon : par ancienneté l’Aurignacien, le Gravettien, le Solutréen et le Magdalénien. Des milliers de silex ont été attribués aux différentes industries de Cro-Magnon ; on a aussi découvert des blocs peints, sculptés, gravés, des aiguilles à chas, …

Historique des recherches en quelques dates[modifier | modifier le code]

Abris Blanchard et Castanet[modifier | modifier le code]

Les abris Blanchard et Castanet sont connus pour avoir fourni les premières peintures aurignaciennes et une grande quantité d'éléments de parure (perles en ivoire de mammouth, coquillages marins percés, dents percées…) lors des fouilles de Marcel Castanet entre 1911 et 1913 pour le musée des Eyzies. Les blocs ornés de gravures et peintures ont été étudiés par Brigitte et Gilles Delluc et publiés en 1978 au CNRS[1] et l'historique des fouilles a été alors reconstitué grâce aux notes, plans et coupes de Marcel Castanet. À l'abri Castanet, depuis 1995 un chantier de fouilles programmées continue dirigé aujourd'hui par Randall White[2]. L'abri Castanet fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [3]. Il a fourni une plaque rocheuse d’une tonne et demie, détachée de la paroi, sur laquelle ont été découvertes des gravures d’animaux et de symboles datés de −37 000 ans ce qui en fait les plus anciennes au monde[4]. Cependant, compte tenu de la fiabilité des mesures établies à partir du carbone 14, la préhistorienne Brigitte Delluc ne confirme pas une datation aussi précise, rappelant que le mobilier déjà trouvé à Castel Merle daterait de -30 000 à -35 000 ans[5].

L'abri Blanchard fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [6].

Abri Reverdit[modifier | modifier le code]

L'abri Reverdit fut découvert par A. Reverdit en 1878 puis fouillé par Marcel Castanet et F. Delage de 1911 à 1912. C’est Marcel Castanet qui, en 1923, découvre la frise sculptée en bas-relief comportant un cheval, deux bisons et une tête d’ours. Cet abri fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [7].

Abri Roc d’Acier[modifier | modifier le code]

Il tient son nom de la qualité de sa roche ; il fut fouillé entre 1911 et 1912 par Marcel Castanet et F. Delage. Durant cette période, plusieurs sondages ont été menés entre cet abri et le suivant (Labattut) et ont révélé la présence de couches d’habitat de mêmes périodes (Solutréen, Gravettien, Aurignacien) sur plus de 100 mètres de long.

Abri Labattut[modifier | modifier le code]

Il tient son nom de son ancien propriétaire. En 1911, L. Didon l’achète et entreprend des fouilles avec Marcel Castanet jusqu’en 1914. Il y fut découvert une industrie lithique ainsi que des blocs d’effondrement gravés (chevaux gravés sur blocs et sur galets) et peints (cerf, mammouth, bison et une main en négatif). Un squelette d’enfant paré de perles et de coquillages fut aussi découvert. L'abri Labattut fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [8]. Les blocs ornés de gravures et peintures ont été étudiés par Brigitte et Gilles Delluc et publiés en 1991 au CNRS et l'historique des fouilles a été alors reconstitué grâce aux notes, plans et coupes de Marcel Castanet.

Abri de la Souquette[modifier | modifier le code]

Il fut fouillé par l’abbé Landesque en 1902 puis par Marcel. Castanet en 1903. Il fut très endommagé par les fouilles d’O. Hauser entre 1911 et 1912. Marcel Castanet l’achète en 1918 et effectue des recherches avec F. Delage en 1938. C’est ici que fut découvert un atelier de fabrication de parures avec une quantité exceptionnelle d’éléments tels que des perles paniers (on a retrouvé les éléments représentant les différents stades de préparation de ces perles) en ivoire de mammouth et en stéatite, des dents d’animaux et des coquillages marins perforés.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brigitte Delluc et Gilles Delluc, « Les manifestations graphiques aurignaciennes sur support rocheux des environs des Eyzies (Dordogne) », Gallia Préhistoire, vol. 21, no 1,‎ , p. 213-332 (DOI 10.3406/galip.1978.1593)
  2. Anthropologists uncover art by (really) old masters—38,000 year-old engravings, January 27, 2017
  3. Notice no PA00082998, base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. (fr)« Le plus ancien art pariétal, découvert en Dordogne », sur maxisciences.com, (consulté le 15 mai 2012) : « Or ce bloc de calcaire de 1, 5 t est gravé de dessins paléolithiques – animaux et symboles – que les hommes de cette époque, l’Aurignacien, ont réalisés (la voûte étant à portée de main). Et cela au moins 1.000 ans avant les peintures de la grotte Chauvet située en Ardèche : les œuvres de l'abri Castanet sont donc les plus anciennes représentations murales connues à ce jour. »
  5. Hervé Chassain, Castel Merle en vedette, Sud Ouest édition Dordogne du 16 mai 2012.
  6. Notice no PA00082997, base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. Notice no PA00082996, base Mérimée, ministère français de la Culture
  8. Notice no PA00082999, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]