Grotte de la Marche

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Grotte de la Marche
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Le Château et La GarenneVoir et modifier les données sur Wikidata
Lussac-les-Châteaux
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La grotte de la Marche est une grotte préhistorique située à Lussac-les-Châteaux, dans la Vienne (86), en Nouvelle-Aquitaine.

Historique et description[modifier | modifier le code]

La grotte de La Marche (commune de Lussac-les-Châteaux) peut être considérée comme l'un des sites archéologiques les plus importants pour les gravures sur pierre de l'époque magdalénienne. Il présente la particularité de contenir des dalles de calcaire sculptées, mobiles, reposant sur ou dans la couche archéologique du Magdalénien III (classification  Breuil).

Historique de la découverte[modifier | modifier le code]

Le faible nombre de sites magdaléniens connus du département de la Vienne avait incité un groupe de fouilleurs de Lussac-les-Châteaux à explorer méthodiquement cette région.

Parmi eux se trouvaient Raveau, déjà connu pour ses fouilles en Dordogne, le Dr Soueix, J. Leclerc, Stéphane Lwoff et Léon Péricard et quelques autres érudits établis à Lussac.

La région se révéla être riche en sites magdaléniens. Après deux années de recherches (campagne 1937-1938), quatre nouveaux gisements furent détectés à moins de 4 kilomètres de la petite commune. Sur l'indication de plusieurs résidents, des sondages furent effectués dans le secteur de la Tannerie/Barboterie puis de la Marche quelques mètres plus loin. Léon Péricard et Stéphane Lwoff, ancien élève de l'Ecole du Louvre (et frère du prix Nobel André Lwoff), explorèrent ainsi, en novembre 1937, la grotte/abri de La Marche.

Leurs travaux allaient faire apparaître un site lithique exceptionnel. Le célèbre préhistorien, l'abbé Breuil, fut aussitôt contacté qui accompagna les deux chercheurs. Les fouilleurs prirent date de leurs découvertes devant la SPF et Lwoff effectuait ses premières publications. L'abbé séjourna ensuite de nombreuses fois à Lussac où il fit des fouilles et trouva, lui-même, de nombreuses plaques gravées. Il confirma la découverte auprès de la Société de Préhistoire Française (SPF) et l'affirma auprès du comte Henri Begouën qui douta, un temps de l'authenticité des gravures. La SPF l'attesta en même temps.

Les inventeurs continuèrent à explorer le sol jusqu'en 1945, époque à laquelle ils interrompirent leurs recherches, la loi sur les fouilles venant de paraître et leur demande d'autorisation de poursuivre n'ayant pas été suivie d'effet. Lwoff avait pris la précaution de maintenir, en arrière du pilier rocheux, un important témoin de la couche archéologique contenant des pierres gravées et s'en était entretenu avec Breuil qui donna des directives aux autorités spécialisées de l'époque.

Malheureusement et sans doute par manque d'intérêt aussi localement, la grotte resta ouverte à tous les vents et ne fut pas classée. Huit années passèrent lorsque le Dr Pradel eut l'intention d'examiner les déblais en 1953. Le professeur Patte lui accorda une autorisation verbale ! Malheureusement il apparut ensuite que Pradel entama la couche archéologique laissée intacte par Stéphane Lwoff. Le résultat de ses fouilles fut toutefois consigné dans une monographie. Il y revint en 1957 et 1958.

La Marche retrouvait ensuite le silence pour longtemps et les fouilles reprises par J. Airvaux dans les années 1980, cependant que Lwoff poursuivait ses publications sur l'industrie en pierre ou en os à partir du matériel qu'il avait recueillie avec son ami, Léon Péricard.

En 1970, Le préfet de la Vienne voulu voir la cavité en passant à Lussac. Il fut choqué de l'inexistence de protections. Des grilles furent posées et son classement s'en suivi en avril de la même année. Les deux inventeurs du site reposent au cimetière de Lussac sans aucune marque d'hommage.

Importance des gravures[modifier | modifier le code]

La Marche est devenu un site de référence et « le plus riche en oeuvres d'art mobilier » (Leroy Gourhan).

Le docteur Léon Pales et Marie Tassin de Saint-Péreuse ont consacré 4 ouvrages à l’étude des pierres gravées de la Marche. Une abondante collection de 1 512 plaques en calcaire gravées, unique dans l'histoire de l'archéologie préhistorique a ainsi put être regroupées au Musée de l'Homme par ces savants. En mettant en œuvre des techniques d'analyses novatrices (empreintes, relevés, calques, photographies), ils ont pu décrire de nombreuses formes et figures de lecture difficile à partir des enchevêtrements de lignes superposées[1],[2].

L'intérêt de ce gisement tient au fait qu'on n'a trouvé nulle part ailleurs une telle quantité de pierres gravées (plaques, plaquettes, blocs de calcaire) et que les sujets figurés (humains, ours, félins, équidés et bovidés) sont les thèmes les plus rarement traités dans l'art paléolithique.[1]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Marie-Thérèse Boinais, « Marche, grotte de la », sur Encyclopædia Universalis [en ligne] (consulté le 12 août 2019).
  2. Léon Pales et Marie Tassin de Saint-Péreuse, Les gravures de la Marche : 1, Félins et ours. 2, Les Humains. 3, Équidés et bovins. 4, Cervidés, mammouth et divers, t. 1 à 4, Gap, Editions Ophrys, 1976-1989.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]