Grotte des Fées (Châtelperron)

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Grotte des Fées
Châtelperron - grotte des fées - 1.jpg
Entrée de la grotte des Fées.
Localisation
Coordonnées
Adresse
La Grotte des FéesVoir et modifier les données sur Wikidata
Châtelperron
Flag of France.svg France
Vallée
Vallée du Graveron
Localité voisine
Caractéristiques
Type
Altitude de l'entrée
250 m
Longueur connue
Grotte Poirier 20 m et grotte Bailleau 26 m
Période de formation
Occupation humaine
Statut patrimonial
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La grotte des Fées est une cavité située à Châtelperron, dans le département français de l'Allier, en région Auvergne-Rhône-Alpes[1]. Elle abrite un site archéologique qui est le site éponyme du Châtelperronien (environ - 38 à - 32 000 ans avant le présent).

Localisation[modifier | modifier le code]

La grotte est située à environ 1 km au nord du bourg, sur la rive gauche du Graveron, à 5 ou 6 m au-dessus du niveau du ruisseau.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La grotte des Fées de Châtelperron est aussi appelée « boîte » ou « caves aux fées ». La grotte ou plutôt les grottes sont constituées de deux ouvertures distinctes. À l'origine, il existait trois cavités : la grotte Poirier, la grotte Bailleau et la grotte Effondrée dont la superstructure a disparu[2].

Spéléométrie[modifier | modifier le code]

Topographie des grottes des Fées de Châtelperron (Allier).

Le développement[N 1] de la grotte Bailleau est de 26 m et celui de la grotte Poirier de 20 m[3]. Les deux cavités sont topographiées le 19 janvier 1991 par Nicole Boullier, Claude Chabert et Jean-Yves Bigot[4].

Géologie[modifier | modifier le code]

Les grottes s'ouvrent dans les calcaires lacustres de l'Aquitanien.

Occupation des grottes[modifier | modifier le code]

Une première fréquentation des grottes a lieu au Moustérien, puis une seconde au Châtelperronien et à l'Aurignacien[5]. La période historique est attestée par la découverte de quelques objets gallo-romains. Au XIXe siècle, un cantonnier s'installe dans la grotte dite alors « Boîte aux Fées »[6].

La découverte du site préhistorique[modifier | modifier le code]

Vers 1840, peut-être en 1848, un projet de voie ferrée[N 2] dans la vallée du Graveron, reliant les mines de Bert à Dompierre-sur-Besbre[7], est à l'origine de la découverte du site de la grotte des Fées. Le tracé ferroviaire accusant un léger coude au niveau de l'éperon rocheux, des travaux d'amélioration du rayon de courbure conduisent à la mise au jour d'objets préhistoriques devant l'entrée des grottes[8].

Albert Poirier, ingénieur de la Compagnie des Mines de Bert et chargé de la construction de la voie ferrée, est également un paléontologue et fouille la grotte qui porte aujourd'hui son nom.

De 1867 à 1872, le docteur Guillaume Bailleau fouille la grotte éponyme. Il y trouve plusieurs milliers de silex taillés et des défenses de mammouth de plus de 2 mètres de longueur.

La grotte Effondrée est découverte en 1867 par le docteur Bailleau, qui reconnaîtra plus tard qu'il s'agit d'une grotte dont le toit a disparu. Dans les années 1950, Henri Delporte, spécialiste de l'Aurignacien, entreprend la fouille de la grotte Effondrée où il met en évidence deux niveaux d'occupation, Moustérien et Châtelperronien[2]. Les dernières fouilles y sont menées de 1951 à 1954 et en 1962 par Henri Delporte qui met au jour des lames à dos en silex, dites « couteaux de Châtelperron », des burins, des grattoirs et des perçoirs.

La plus grande partie de l'outillage se trouve aujourd'hui au British Museum et au musée de Philadelphie. Quelques pièces sont exposées au musée Anne-de-Beaujeu de Moulins ainsi qu'au Musée d'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye. La salle d'exposition de Châtelperron (Préhistorama, installé dans l'ancienne gare) ne présente pour le moment que des reproductions.

La commune de Châtelperron, où se trouve le site de la grotte des Fées (35 000 - 30 000 ans av. J.-C.), a donné son nom à une culture du début du Paléolithique supérieur, le Châtelperronien ou Castelperronien. Les résultats des fouilles ont notamment alimenté la controverse sur la cohabitation entre les Hommes anatomiquement modernes et les Néandertaliens[7].

L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1949[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En spéléologie, le développement correspond à la longueur cumulée des galeries interconnectées qui composent un réseau souterrain.
  2. La voie de chemin de fer, qui empruntait le vallon du Graveron, a disparu, remplacée par un chemin.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Grottes préhistoriques (deux) », notice no PA00093055, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a et b Henri Delporte, « La grotte des Fées de Châtelperron (Allier) », Congr. Préhist. Fr. Angoulême, 1956, p. 452-477.
  3. Jean-Yves Bigot, « Spéléométrie de la France. Cavités classées par département, par dénivellation et développement », Spelunca, Mémoires n° 27,‎ , p. 160 (ISSN 0249-0544).
  4. Jean-Yves Bigot, « La grotte des Fées de Châtelperron (Allier) », Grottes & Gouffres, bull. S. C. Paris, n° 123, 1992, p. 6-18.
  5. (en) João Zilhão, Francesco d’Errico, Jean-Guillaume Bordes, Arnaud Lenoble, Jean-Pierre Texier et Jean-Philippe Rigaud, « Analysis of Aurignacian interstratification at the Châtelperronian-type site and implications for the behavioral modernity of Neandertals », Proceedings of the National Academy of Sciences U.S.A., vol. 103, no 33,‎ , p. 12643–12648 (résumé).
  6. Adrien Blanchet, Les souterrains refuges de la France. Contribution à l'histoire de l'habitation humaine, Paris, Aug. Picard, , 342 p. (présentation en ligne).
  7. a et b Sur l'historique des fouilles et leurs résultats, voir João Zilhão, Francesco d’Errico, Jean-Guillaume Bordes, Arnaud Lenoble, Jean-Pierre Texier et Jean-Philippe Rigaud, « La Grotte des Fées (Châtelperron, Allier) ou une interstratification « Châtelperronien-Aurignacien » illusoire. Histoire des fouilles, stratigraphie et datations », Paléo, 19, 2007, p. 391-432 (consultable en ligne).
  8. E. M. Buisson, « La Grotte des fées à Châtelperron », in Compte rendu de la XIe session du Congrès préhistorique de France, Périgueux, 1934, Paris, Société préhistorique française, 1935, p. 184-185.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bigot Jean-Yves & Chabert Claude (1992), « Les grandes cavités françaises dix ans après. Évolution des connaissances spéléologiques dans les départements français pauvres en cavités (1981-1991) », Spelunca, no 47, p. 25–37. Lire en ligne.
  • Bigot Jean-Yves (1992), « La grotte des Fées de Châtelperron (Allier) », Grottes & Gouffres, bull. S. C. Paris, no 123, p. 16-18. Lire en ligne.
  • Buisson E. M. (1935), « La Grotte des fées à Châtelperron », in Compte rendu de la XIe session du Congrès préhistorique de France, Périgueux, 1934, Paris, Société préhistorique française, 1935, p. 184-185.
  • Delporte Henri (1956), « La grotte des Fées de Châtelperron (Allier) », Congr. Préhist. Fr. Angoulême, 1956, p. 452-477.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]