Grottes de Gargas

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Grotte(s) de Gargas
(ou grotte des mains mutilées)
Grotte de Gargas.jpg
vue intérieure de la grotte (avant 1910)
par Félix Régnault
Localisation
Coordonnées
Adresse
Massif
Vallée
Vallée de la Neste
Localité voisine
Voie d'accès
RD 26
Caractéristiques
Type
calcaire
Longueur connue
700 m
Température
11°C
Occupation humaine
gravettien ancien
Statut patrimonial
Site web

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Les grottes de Gargas (ou « grotte », au singulier de façon générique, bien qu'il existe deux entrées), appelées parfois grotte des mains mutilées, sont situées sur la commune d'Aventignan, dans le département français des Hautes-Pyrénées.

C'est l'une des plus célèbres grottes ornées du Paléolithique supérieur en Europe.

Situation[modifier | modifier le code]

La grotte de Gargas est située dans le sud-est de la commune d'Aventignan, dans le département français des Hautes-Pyrénées en Midi-Pyrénées, région Occitanie, à 6 km au nord-ouest de Saint-Bertrand-de-Comminges (Haute-Garonne)[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Après l'occupation préhistorique développée plus bas, il semble que la galerie inférieure ou/et le porche de la grotte se soit comblé après le départ des Gravettiens. Subséquemment, la grotte est restée inaccessible pendant une très longue période.

Les traces de nouvelles incursions humaines datent du XVe siècle : des graffitis datant de cette période attestent de visites humaines dans la grotte. Les parois de Gargas conservent de nombreuses traces dont la date précise n'est pas connue : graffitis, dessins de croix et d'arbalètes, formule chrétienne d'imploration accompagnée d'un nom…

Connue par la tradition populaire locale probablement depuis la fin du Moyen Âge, la grotte est mentionnée pour la première fois en 1575 par François de Belleforest, puis décrite de manière explicite et détaillée en 1758 par Marc-François de Lassus.

Fouilles[modifier | modifier le code]

La grotte a fait l'objet de recherches scientifiques dès la fin du XIXe siècle, notamment de fouilles par É. Cartailhac et H. Breuil. De 1884 à 1887, Félix Régnault y découvre les « oubliettes », cheminées naturelles remplies d’ossements du début du Quaternaire, et trouvre les empreintes de mains en 1906.[réf. nécessaire]

Félix Régnault devant l'entrée de la grotte de Gargas.

Occupation préhistorique[modifier | modifier le code]

Pendant la préhistoire, l'homme n'est pas le seul à utiliser la grotte : bauges creusées dans le sol, griffades sur les parois ou encore polissages de certains passages étroits témoignent de la présence d'ours des cavernes à Gargas.[réf. nécessaire]

La grotte de Gargas a livré des indices d'occupations (ossements, industrie lithique, art mobilier) allant du Moustérien au Moyen-Âge mais elle est surtout célèbre pour ses peintures et gravures du Paléolithique supérieur.

Art pariétal[modifier | modifier le code]

Mains négatives réalisées au pochoir, dont certaines avec doigts tronqués

Les peintures comportent de très nombreuses mains négatives réalisées par la technique du pochoir. Ces mains sont rouges (ocre) ou noires (oxyde de manganèse), des deux sexes, allant du nourrisson à l'adulte. Dans près de la moitié des cas, tous les doigts sont réduits à une phalange (à l'exception du pouce, toujours complet), ce qui a donné lieu à de nombreuses hypothèses : mutilations volontaires selon l'abbé Henri Breuil (amputations rituelles en signe de deuil ou pratiques profanes pour punir un délit ou marquer l'appartenance)[2], pathologies (lèpre, maladie de Raynaud)[3], gelures (hypothèse invalidée par la présence systématiques de pouces complets), etc. Une signification symbolique est aujourd'hui privilégiée par la plupart des chercheurs (hypothèse d'André Leroi-Gourhan (1967) d'un code de chasseurs[4], reprise par Marc Groenen (1988)[5], hypothèse de la signature du clan ou de l'artiste selon Michel Lorblanchet[6]), les différentes images étant obtenues en repliant un ou plusieurs doigts. Ces empreintes étaient faites au moyen d'un mélange d'oxyde de fer et de manganèse broyés et de graisse animale, ce mélange étant projeté autour de la main appliquée contre la paroi[7].

En 1991 Jean Clottes remarque de nombreuses insérées dans les fissures dans et autour du « panneau des mains », de façon similaire à celles trouvées dans la grotte magdalénienne d'Enlève à Montesquieu-Avantès. Une datation au carbone 14 réalisée sur une de ces esquilles donne une date date proche de 27 000 ans BP, ce qui indique une fréquentation de la grotte à l'Aurignacien tardif ou au Gravettien ancien (Gravettien à burins de Noailles). Cette date est pratiquement la même que celle obtenue pour une main négative de la grotte Cosquer, où l'on trouve aussi des mains négatives à doigts incomplets ; noter qu'elle ne donne pas pour autant l'âge des peintures elles-mêmes, qui doit être corroboré par d'autres datations[8]. Si les peintures sont bien de cette période, elles ont sensiblement le même âge que celles de la Grande grotte du site d'Arcy-sur-Cure.

De nombreuses gravures figuratives sont également présentes dans d'autres parties de la cavité, accompagnées de signes. Les animaux figurés les plus fréquents sont le cheval, le bison, l'aurochs, le bouquetin et le mammouth.[réf. nécessaire]

Protection[modifier | modifier le code]

Grottes de Gargas, lithographie de Gorse (XIXe siècle).

La grotte est classée Monument historique en 1910[9],[10].

Tourisme[modifier | modifier le code]

À partir des premières années du XIXe siècle, Gargas est un point de visite des excursionnistes parcourant les Pyrénées, dans un mouvement précoce d'exploitation touristique du site.

De nos jours, les grottes de Gargas sont ouvertes au public[11]. Dans un souci de conservation, le nombre de places est limité et la réservation obligatoire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pascal Foucher, Cristina San Juan-Foucher et Yoan Rumeau, La grotte de Gargas. Un siècle de découvertes, éd. Communautés de Communes du Canton de Saint-Laurent-de-Neste, , 128 p. (présentation en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Géoportail, « Grotte(s) de Gargas, carte interactive » .
  2. Henri Breuil et Émile Cartailhac ont initialement pensé à des doigts repliés mais ont abandonné cette hypothèse face aux échecs répétés dans leurs expériences pour reproduire fidèlement ces mains.
  3. Ali Sahly, Les mains mutilées dans l'art préhistorique, M.T.E, , 319 p..
  4. André Leroi-Gourhan, « Les mains de Gargas : essai pour une étude d'ensemble », Bulletin de la Société préhistorique française,‎ , p. 114 (lire en ligne).
  5. Marc Groenen, « Les représentations de mains négatives dans les grottes de Gargas et de Tibiran », Bulletin de la Société Royale Belge d’Anthropologie et de Préhistoire, vol. 99,‎ , p. 81–113 (lire en ligne).
  6. Michel Lorblanchet, Les grottes ornées de la préhistoire. Nouveaux regards, Errance, , 287 p. (ISBN 2877721124, présentation en ligne).
  7. Claudine Cohen, « La préhistoire en images, l’art pariétal et le thème de la main », séance publique de l’Académie des beaux-arts, 7 mars 2012.
  8. Jean Clottes, Hélène Valladas, Hélène Cachier et Maurice Arnold, « Des dates pour Niaux et Gargas », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 89, no 9,‎ , p. 270-274 (lire en ligne [Persée]).
  9. Le Muséum de Toulouse et l'invention de la Préhistoire, 2010 (ISBN 978-2-906702-18-9)
  10. « Grotte de Gargas », notice no PA00095329, base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. « Les grottes de Gargas », sur grottesdegargas.fr (consulté le 28 septembre 2018).