Grottes d'Arcy-sur-Cure

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Grottes d'Arcy-sur-Cure
Image illustrative de l'article Grottes d'Arcy-sur-Cure
Carte postale ancienne de la grotte
Coordonnées 47° 35′ 29″ nord, 3° 46′ 00″ est
Pays Drapeau de la France France
Région française Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Massif Morvan
Vallée Vallée de la Cure
Localité voisine Arcy-sur-Cure
Voie d'accès D606 (ancienne RN 6)
Type de roche calcaire
Signe particulier Grotte ornée
Protection  Inscrit MH (1992)[1]

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Grottes d'Arcy-sur-Cure

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Grottes d'Arcy-sur-Cure

Les grottes d'Arcy-sur-Cure sont situées sur la commune d'Arcy-sur-Cure dans le département de l'Yonne en France. Certaines abritent des sites archéologiques ou sont des grottes ornées préhistoriques. Entre 1947 et 1963, elles ont été fouillées par le préhistorien français André Leroi-Gourhan. Elles sont partiellement ouvertes au public.

Les peintures pariétales, les plus anciennes actuellement connues après celles de la grotte Chauvet, ont été découvertes en 1990.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pendeloque en os du Châtelperronien d'Arcy-sur-Cure (largeur 32 mm)

Les grottes, creusées par la Cure au sein d'un massif calcaire datant du Mésozoïque (ère secondaire), ont servi de refuge à l'homme depuis au moins 200 000 ans. La présence humaine s'y est longtemps cantonnée à leur entrée, utilisée comme abri sous roche, notamment l'homme de Neandertal au Moustérien[2].

Les peintures, réalisées sur les parois de salles éloignées de 300 à 500 mètres de l'entrée, datent pour les plus anciennes d'environ 28 000 ans, selon des datations par le carbone 14 effectuées sur des restes charbonneux découverts dans ces salles. Elles se placent ainsi au deuxième rang par leur ancienneté, après la grotte Chauvet (31 000 ans), et bien avant celle de Lascaux (15 000 à 18 000 ans), avec lesquelles elles ne peuvent cependant pas rivaliser par le nombre, puisqu'on n'en a trouvé jusqu'à présent que 160, contre plus de 400 dans la grotte Chauvet et environ 1 900 dans celle de Lascaux.

Malheureusement, on estime qu'au moins 80 % des peintures ont été détruites lors d'un nettoyage malencontreux des parois par un jet à haute pression d'une solution d'acide chlorhydrique de 1976 à 1990[3]. À l'époque, personne n'imaginait que, sous la pellicule de noir de fumée produite par les torches lors des visites des siècles passés[Note 1], pouvaient être cachées des peintures préhistoriques qu'un fin dépôt calcaire rendait invisibles à l'œil nu.

Liste des grottes et abris[modifier | modifier le code]

  • Grande Grotte,
  • Abri du Lagopède[4],
  • Grotte du Cheval,
  • Grotte de l'Hyène,
  • Grotte du Trilobite,
  • Grotte des Ours,
  • Grotte du Renne,
  • Galerie Schoepflin,
  • Grotte du Bison,
  • Grotte du Loup,
  • Grotte du Lion,
  • Grotte des Fées,
  • Grotte des Deux Cours,
  • Petit Abri, Grand Abri,
  • Grotte des Goulettes.

Les peintures[modifier | modifier le code]

Les peintures ont été réalisées à l'ocre et au charbon de bois. On y trouve à la fois des mains d'hommes, de femmes et d'enfants, et des représentations d'animaux.

Les mains sont des « mains négatives », c'est-à-dire représentées par leurs contours, et non par leur surface. On sait précisément aujourd'hui qu'au moins une main a été dessinée avec de l'ocre à l'aide d'une pipette.

Pour représenter les animaux, les premiers Homo sapiens européens choisissaient souvent les parties de paroi dont le relief, sous l'éclairage vacillant des torches, faisait apparaître des formes qui en rappelaient l'anatomie, comme les yeux ou les bois des grands cerfs. Ils utilisaient alors la peinture avec parcimonie, dessinant seulement les éléments que le relief ne faisait pas apparaître. Seuls les contours des animaux étaient généralement représentés, l'intérieur étant laissé entièrement vierge.

Les pieds des animaux sont ici souvent ouverts, ce qui constitue une particularité de ces grottes. En général sont représentées une patte à l'avant et une patte à l'arrière.

Parmi les peintures les plus intéressantes, on trouve un mammouth dessiné en totalité et un cerf préhistorique dont les bois pouvaient mesurer 4 mètres (Megaloceros giganteus), représenté partiellement en utilisant les reliefs de la paroi. D'autres animaux apparaissent également sur des peintures comme un ours et un rhinocéros laineux[5].

Faune[modifier | modifier le code]

On trouve dans les grottes au moins cinq espèces de chauve-souris.

Chassées par les visites de la grotte principale, on leur a trouvé un nouveau repaire dont l'accès a été fermé.

Spéléothèmes[modifier | modifier le code]

La grotte creusée par la Cure est régulièrement envahie par l'eau. On y trouve des stalagmites, des stalactites, des colonnes, des draperies, une salle de la Vierge. À l'origine ouverte aux deux extrémités, un éboulement en a fermé l'une d'entre elles lorsque le débit du cours d'eau souterrain a fortement diminué. Elle se termine par des vasques formées de dépôts calcaires laissés par l'eau au niveau du sol. Il y a plusieurs lacs. L'un d'eux présente un étrange phénomène de dépôt calcaire qui couvre la surface de l'eau, tombe au fond puis remonte à la surface périodiquement. Ce phénomène est encore mal compris, mais ne semble pas dû directement à des bactéries.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les grottes sont en effet connues de longue date, contrairement à la grotte Chauvet et à celle de Lascaux.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Grottes prehistoriques », notice no PA00113981, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Jean Guilaine, La préhistoire française. Les civilisations paléolithiques et mésolithiques de la France, Éditions du CNRS, , p. 654
  3. Liger Jean-Claude. Concrétionnement et archéologie aux grottes d'Arcy-sur-Cure (Yonne). In: Bulletin de la Société préhistorique française, tome 92, n°4, 1995. pp. 445-450.
  4. Yvette Taborin, Annie Roblin-Jouve, Thérèse Poulain, Cécile Mourer-Chauviré, Ariette Leroi-Gourhan, Michèle Julien, Francine David, Dominique Baffier, Boris Valentin, Béatrice Schmider, L'abri du Lagopède (fouilles Leroi-Gourhan) et le Magdalénien des grottes de la Cure (Yonne), vol. 37, Gallia Préhistoire, (lire en ligne), chap. 37, p. 55-114
  5. Bernard Pujo, Histoire de Vézelay, Des origines à l'an 2000, Perrin, 2000, p. 9.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]