Surrection (géologie)

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La surrection est le terme scientifique désignant l'élévation en altitude de roches qui constituent alors des montagnes. La surrection conduisant à la formation de relief, elle est à l'origine des orogenèses.

Notion de surrection[modifier | modifier le code]

La surrection correspond à un déplacement des roches par rapport à l'altitude zéro. Ce mouvement conduit à la formation d'un relief positif (altitude croissante).

Il convient de bien distinguer la surrection de l'exhumation qui traduit un déplacement des roches par rapport à la surface de la Terre. L'exhumation peut avoir lieu alors que le relief est négatif (sous le niveau de la mer).

Éléments historiques[modifier | modifier le code]

La notion de surrection est née au milieu du XIXe siècle avec les théories mobilistes.

Avant l'avènement de ces dernières, la majorité des géologues du XIXe siècle sont adeptes de la théorie générale de la Terre en refroidissement : les masses internes de la planète perdant leur chaleur, elles se contractent, ce qui doit provoquer l'affaissement des couches superficielles de ce qui est déjà décrit comme le manteau terrestre. Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, diverses théories mobilistes, suggérant l'existence de mouvements verticaux au sein des massifs rocheux émergent. Léopold de Buch décrit les orogenèses comme des soulèvements successifs et multiples. Sir Charles Lyell (1867) défend l'idée que l'activité souterraine persistante et la gravité sont les forces responsables des mouvements verticaux. Lyell évoque des pressions latérales importantes pour expliquer la formation des failles, plis, séries sédimentaires inversées et parle de chevauchements. Mais Lyell attribue ces surpressions latérales à l'expansion précoce par la chaleur, de grandes quantités de roches solides. Eduard Suess en 1875 marque réellement l'avènement des théories mobilistes en soutenant l'hypothèse de mouvements horizontaux à l'échelle du globe, et abandonne la théorie de René Descartes d'unicité du mouvement d'affaissement ou de soulèvement à une époque donnée. Les travaux à travers les Alpes de Hans Schardt (1898), Maurice Lugeon (1902) et Pierre Termier (1904) contribuent, à la fin du XIXe siècle - début du XXe siècle, à l'acceptation générale des théories mobilistes.

Dans tous les cas, le terme surrection est utilisé pour décrire la formation d'un relief, c'est-à-dire l'élévation de roches au-dessus du niveau de la mer.

Causes de la surrection[modifier | modifier le code]

La surrection peut être provoquée par les mouvements tectoniques :

  • en domaine de convergence, le raccourcissement horizontal peut conduire à la formation d'une chaîne de montagne. C'est le cas des reliefs alpins et himalayens par exemple ;
  • en domaine d'extension, l'amincissement de la lithosphère peut conduire à la formation de reliefs. C'est le cas du rift est-africain.

La surrection peut aussi être provoquée par ajustement isostasique, dans le cas des rebonds post-glaciaires entre autres. C'est le cas des reliefs du Massif Armoricain et de la Scandinavie.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dal Piaz, G. (2001). History of tectonic interpretations of the Alps. Journal of Geodynamics, 32:99-114.
  • Deparis, V. and Legros, H. (2000). Voyage à l'intérieur de la terre. de la géographie antique à la géophysique actuelle. une histoire des idées. Paris, CNRS Éditions.
  • Bonnet, S. (1997). Tectonique et dynamique du relief : le socle armoricain au Pléistocène.Thèse de l'Université de Rennes 1.