Abri de Cap Blanc

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Abri de Cap Blanc
Coordonnées 44° 56′ 44″ N 1° 05′ 49″ E / 44.9456, 1.0969444° 56′ 44″ Nord 1° 05′ 49″ Est / 44.9456, 1.09694
Pays Drapeau de la France France
Région française Aquitaine
Département Dordogne
Vallée La Beune
Localité voisine Marquay
Voie d'accès D48
Longueur connue 16,5 mètres[1]
Période de formation -15000
Type de roche calcaire coniacien[2]
Signe particulier grotte ornée
Occupation humaine Magdalénien ancien ou moyen
Protection Logo monument historique Classé MH
 Patrimoine mondial (1979, au titre des sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère)

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Abri de Cap Blanc

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Abri de Cap Blanc

L'abri de Cap Blanc est un abri-sous-roche préhistorique comportant des sculptures d'animaux datées du Magdalénien. Cet abri se trouve sur la commune de Marquay sur la rive droite de la Beune, à quelques kilomètres à l'est des Eyzies-de-Tayac, en Dordogne.

Historique[modifier | modifier le code]

Les fouilles en 1911



Raymond Peyrille, sous la direction de Jean-Gaston Lalanne, découvrit le site en 1908. Il y mena de premières fouilles rudimentaires en 1909, J.-G. Lalanne étant alors occupé sur le site proche de Laussel. Les frises de sculptures représentant principalement des chevaux furent découvertes lors de ces fouilles. Ces sculptures furent alors décrites par J.-G. Lalanne et Henri Breuil[3].

Sous la frise de chevaux, le squelette presque complet d'une femme fut inventé en 1911 lors de la construction d'un mur pour protéger l'abri. Le dégagement fut mené par Denis Peyrony et Louis Capitan[4]. Le squelette fut vendu au Field Museum de Chicago en 1926 et est exposé au public. Il est connu sous le nom de « Magdalenian Girl ». Des études estiment que cette femme était âgée de 25 à 35 ans au moment de sa mort[5]. Le squelette visible sur le site de l'abri de Cap Blanc en est une copie, réalisée en 2001.

Description[modifier | modifier le code]

L'art rupestre de cet abri-sous-roche se caractérise par des sculptures profondes, dont certaines en haut relief, datant de 15 000 ans BP, disposées en frise. Elles représentent une dizaine de chevaux (dont un mesurant 2,20 m de long), au moins trois bisons, un bouquetin et des figures imprécises.

La frise sculptée occupe 13 des 16 mètres de l'abri. Les figures animales étaient probablement, à l’origine, rehaussées de couleurs ; des traces d'ocre rouge sont effectivement visibles sur la paroi. Par la vigueur et la profondeur de ses reliefs, certainement exécutés à l'aide des pics en silex retrouvés lors des fouilles, l'abri du Cap Blanc est présenté comme l'un des chefs-d'œuvre de la sculpture pariétale monumentale du Paléolithique supérieur[6].

Peu d'abris sculptés sont connus : à l'heure actuelle, pour la période du Magdalénien moyen, on peut citer le Roc-aux-Sorciers (Angles-sur-l'Anglin, Vienne), la Chaire-à-Calvin (Mouthiers-sur-Boëme, Charente) et l'abri Reverdit à Castel Merle (Sergeac, Dordogne). Ces abris ont tous la particularité d'associer art rupestre et occupations humaines, fait rare pour les sites ornés. Cela démontre que l'art paléolithique ne se limite pas aux grottes profondes, dans lesquelles les hommes n'ont pas vécu, et que les hommes préhistoriques ornaient aussi leurs lieux de vie.

Protection et visite[modifier | modifier le code]

Classé monument historique depuis 1910[7], l'abri-sous-roche de Cap Blanc est inscrit au Patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1979 au sein des sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère. L'abri a été acquis par l'État le 14 avril 2006.

Tout en assurant la protection (restriction du nombre de visiteurs), le Centre des monuments nationaux, gestionnaire du site, valorise ce site par des visites guidées organisées tout au long de l'année. De plus, un musée sur le site présente le mode de vie des hommes de Cro-Magnon qui occupèrent et décorèrent cet abri.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bourdier et al., 2009-2010, p. 19-20
  2. Bourdier et al., 2009-2010, p. 19
  3. G. Lalanne et H. Breuil, « L'abri sculpté de Cap-Blanc (Marquay, Dordogne) », L'Anthropologie, no 22,‎ , p. 385-402 (lire en ligne)
  4. Louis Capitan et Denis Peyrony, « Trois nouveaux squelettes fossiles », Revue anthropologique, no 22,‎ , p. 439-442 (lire en ligne)
  5. (en)« Scientists discover that "Magdalenian Girl" is not a girl; had first known case of impacted wisdom teeth »,‎ (consulté le 6 août 2012)
  6. Bourdier et al., 2009-2010, p. 19
  7. « Notice no PA00082632 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Camille Bourdier, Aurélie Abgrall, Olivier Huard, Eric Le Brun, Magali Peyroux et Geneviève Pinçon, « Histoires de bisons et de chevaux : regard sur l’évolution de la frise pariétale de Cap-Blanc (Marquay, Dordogne) à travers l’analyse du panneau de l’alcôve », PALEO, no 21,‎ 2009-2010, p. 17-38 (lire en ligne)
  • Jean-Christophe Castel et Jean-Pierre Chadelle, « Cap Blanc (Marquay, Dordogne), L'apport de la fouille de 1992 à la connaissance des activités humaines et à l'attribution culturelle des sculptures / Cap Blanc (Marquay, Dordogne), results of the 1992 excavation regarding human activities and sculpture cultural attribution », PALEO, no 12,‎ , p. 61-75 (DOI 10.3406/pal.2000.1596, lire en ligne)
  • Alain Roussot, « Contribution à l'étude de la frise sculptée de Cap Blanc », dans Santander Symposium, Symposium internacional de arte rupestre, Santander,‎
  • Leroi-Gourhan, A., Taborin, Y. et Thiébault, S. (1988) - « Cap Blanc (Le), Marquay, Dordogne », in: Dictionnaire de la Préhistoire, Leroi-Gourhan, A., (Éd.), PUF, p. 195.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]