Peștera Muierilor

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Stalactites et stalagmites dans la grotte des femmes.

Peștera Muierilor, ou Peștera Muierii (« Grotte des femmes » en (roumain), est une grotte avec un système élaboré situé dans la commune de Baia de Fier, dans le județ de Gorj en Roumanie. Elle contient d'abondants restes d'ours des cavernes ainsi qu'un crâne humain.

Archéologie[modifier | modifier le code]

Crâne de Cro-Magnon masculin.

Le crâne trouvé dans Peștera Muierilor est daté au radiocarbone de 30 150 ±800, indiquant un âge absolu entre 40 000 et 30 000 avant le présent. Il a été mise au jour en 1952. De semblables vestiges ont été retrouvés dans la grotte voisine de Cioclovina (environ 29 000 BP) ; ils sont parmi les plus anciens humains anatomiquement moderne de la préhistoire de la Roumanie.

Le crâne humain est celui d'une femme avec d'évident traits d'humain anatomiquement moderne, incluant un front haut, une petite mâchoire et de petites arcades sourcilières. Malgré la grande voûte crânienne, l'os occipital forme un dôme distinct, un trait normalement associé aux Néandertaliens. Les os du visage en grande partie intacts indiquent une femme avec des « traits robustes ». Cette mosaïque de caractéristiques reflète celle des découvertes de Peștera cu Oase, indiquant de possibles mélanges avec le Néandertal ou des traits robustes généralement archaïques (ou les deux). Les dates anciennes réfèrent les trouvailles aux découvertes du Cro-magnon ancien.

Sur la base de la datation au radiocarbone et aussi d'une analyse du contexte archéologique, certains chercheurs avancent l'hypothèse d'une association de ces os avec les Cro-magnons et la culture aurignacienne. D'autres mentionnent la possibilité que ces trouvailles puissent appartenir à une certaine culture régionale du sud des Carpates du Paléolithique moyen final et du Paléolithique supérieur ancien, dont le candidat le plus probant serait le Kozarnikien.

Généalogie génétique[modifier | modifier le code]

Migrations humaines et haplogroupes mitochondriaux

La femme de Pestera Muierii faisait partie de la première population de notre espèce qui peuplait l'Europe, après l'expansion eurasienne d'Homo sapiens venu d'Afrique. La lignée à laquelle elle appartient renforce l'hypothèse d'une migration-retour vers l'Afrique au cours du Paléolithique supérieur.

En 2016, une étude paléogénomique dirigée par le professeur Concepción de la Rúa Vaca de l'université du Pays basque, en collaboration avec des chercheurs suédois, néerlandais et roumains, a permis de récupérer la séquence complète du mitogénome de la femme de Pestera Muierii (PM1) à partir de deux de ses dents. Ce génome mitochondrial correspond à la lignée basale U6 aujourd'hui disparue, et c'est de cette lignée que descendent les haplogroupes U6, qui existent aujourd'hui principalement dans les populations d'Afrique du Nord. Par ailleurs, si ce mitogénome correspond pleinement à Homo sapiens, l'étude confirme qu'il présente également une mosaïque de caractéristiques morphologiques liées à la fois à l'homme moderne et à l'homme de Néandertal.

Ainsi, l'étude n'a pas seulement permis de confirmer l'origine eurasienne de la lignée U6, mais aussi de soutenir l'hypothèse que certaines populations ont entrepris un retour de l'Eurasie vers l'Afrique au début du Paléolithique supérieur, il y a environ 40 000 ou 45 000 ans. Jusqu'à présent, en raison de l'absence de fossiles paléolithiques dans le nord de l'Afrique, il n'existait aucune preuve de ce retour vers l'Afrique[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « On a trouvé des preuves d'une migration de retour vers l'Afrique au Paléolithique supérieur », sur Pôle International de la Préhistoire, (consulté le 10 septembre 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]