Grotte du Loup (Arcy-sur-Cure)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Article principal : Grottes d'Arcy-sur-Cure.
Grotte du Loup
Localisation
Coordonnées
Pays
région
département
commune
Massif
Caractéristiques
Altitude de l'entrée
~128 m
Longueur connue
14 m
Type de roche
Cours d'eau
Occupation humaine
Statut patrimonial

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Point carte.svg

Géolocalisation sur la carte : Bourgogne

(Voir situation sur carte : Bourgogne)
Point carte.svg

Géolocalisation sur la carte : Yonne

(Voir situation sur carte : Yonne)
Point carte.svg

La grotte du Loup est l'une des cavités du site des grottes d'Arcy-sur-Cure, entre Auxerre et Avallon dans l'Yonne, en Bourgogne, région administrative Bourgogne-Franche-Comté, France.

Elle présente la transition du Paléolithique moyen au Paléolithique supérieur.

Situation[modifier | modifier le code]

Les grottes d'Arcy-sur-Cure sont à environ 180 km au sud-est de Paris à vol d'oiseau, dans le sud du département de l'Yonne entre Auxerre et Avallon, à 1,3 km au sud d'Arcy-sur-Cure (2 km par la route) et à moins de 10 km au nord du parc naturel régional du Morvan.

Elles se trouvent dans le dernier grand méandre que fait la Cure juste après que cette rivière sorte du massif du Morvan. À cet endroit, la Cure est à environ 122 m d'altitude[2].

La grotte du Loup se trouve à environ 280 m en amont de la Grande grotte et immédiatement en amont de la grotte du Bison.


Huit cavités groupées sur environ 70 m, d'amont en aval (O-E) : Lion, Loup, Bison, Renne, Ours, Trilobite, Hyène, Cheval.

Description[modifier | modifier le code]

C'est une très petite cavité dont l'entrée s'ouvrant plein sud est en-dessous de 130 m d'altitude[N 1] et donc à moins de 10 m au-dessus du niveau actuel de la Cure[2]. Son développement[N 2] est de 14 m, pratiquement sans dénivelé[3]. À l'origine elle ne mesurait qu'environ 3 m par 4 m[LG1 1].

Côté ouest (à gauche), une paroi verticale mesurait 2 m de hauteur ; côté est, trois gradins rejoignaient la voûte. Dans le coin nord-ouest s'ouvre un tunnel.

L'auvent de cet abri s'est progressivement éboulé au cours des âges. Lors du Moustérien final elle n'avait plus que 3 m de profondeur. Au Paléolithique supérieur cette même profondeur s'est encore réduite jusqu'à 1 m à 1,50 m, si bien que les occupants d'alors ne pouvaient s'y abriter qu'en construisant une cabane adossée au fond[LG1 1].

Découverte[modifier | modifier le code]

Elle est découverte fin 1946 ou peu après par Gérard Bailloud[N 3], collaborateur d'André Leroi-Gourhan[4]. La comtesse du Sablon, propriétaire des lieux, lui refuse l'autorisation de la fouiller mais Leroi-Gourhan, universitaire reconnu, obtient l'aval de cette dernière et se met à l'étude de cette nouvelle grotte (c'est à peu près vers cette période qu'il crée à Arcy le « chantier-école du Centre de recherches préhistoriques »)[4].

Archéologie[modifier | modifier le code]

Selon A. Leroi-Gourhan, son intérêt principal réside dans ce que son remplissage[N 4] présente la transition entre le Paléolithique moyen et le Paléolithique supérieur[N 5].

Industrie lithique[modifier | modifier le code]

Son industrie lithique allie de la chaille du Moustérien à des raclettes du Magdalénien ancien[LG1 2]. La couche principale (numérotée III), du Moustérien final, a livré du silex rare et de la chaille pseudo-tayacienne, d'assez nombreuses pièces de tendance aurignacienne (nuclei travaillés en rabots et burins très grossiers)[LG1 3].

Restes humains[modifier | modifier le code]

Le niveau inférieur de la couche IV[LG1 4] a livré les premiers restes humains trouvés quelque 100 ans après la fameuse découverte par de Vibraye en 1859 de la mandibule de la grotte des Fées[LG1 3].

Faune[modifier | modifier le code]

Les vestiges de loup sont particulièrement abondants au sommet de la couche III[LG1 5]. Les autres animaux notés sont le bœuf et le cheval (couches I[LG1 6] et III[LG1 7], abondants) ; le renne (couche I[LG1 6] et III[LG1 7], rares) ; la hyène (Hyena crocuta spelaea, couche I[LG1 6] et III) ; l'ours des cavernes (Ursus spelaeus, couches I et III)[LG1 5] ; une incisive de marmotte en bas de la couche I[LG1 6] ; le cerf (Cervus elaphus de la taille d'un wapiti, couche III) ; un rhinocéros laineux (Rhinoceros tichorbinus, couche III)[LG1 7] ; un mammouth laineux (Elephas primigenius, couche III)[LG1 7] ; et le renard (couche III)[LG1 5].

Protection[modifier | modifier le code]

Elle est l'une des seize[N 6] cavités, grottes et galerie du site d'Arcy conjointement inscrites comme Monument historique en 1992[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour les schémas et cartes succinctes montrant les emplacements respectifs des différentes grottes, voir :
    • Meignen 1959 (carte établie par Liliane Meignen en 1959, montrant les emplacements des 14 principales cavités au sud du massif corallien depuis les Goulettes (amont) jusqu'à la grande Grotte (aval) - manquent celles au nord du massif, soit les Nomades, l'Égouttoir, le Moulinot et Barbe Bleue. Cité dans David et al. 2005, p. 2) ;
    • Liger 2003, p. 33 (montre un plan général du massif, y compris les emplacements de l'Égouttoir, de Moulinot et de Barbe-Bleue au nord du massif corallien, et quatre grottes au sud du massif) ;
    • Arl. et A. Leroi-Gourhan 1964, p. 2 (montre le développement des grottes entre la grotte du Lion et l'abri du Lagopède).
  2. En spéléologie, le développement correspond à la longueur cumulée des galeries interconnectées qui composent un réseau souterrain.
  3. Gérard Bailloud est directeur — puis co-directeur avec Pierre Poulain — du chantier de fouilles d'Arcy-sur-Cure pour André Leroi-Gourhan. Il s'occupe aussi de l'encadrement des stagiaires du chantier-école de fouilles (voir Soulier et al. 2011, p. 423). Bailloud travaille avec André Leroi-Gourhan au musée de l'Homme (voir Soulier et al. 2011, p. 429).
  4. Les remplissages, du point de vue archéologique, sont l'accumulation de dépôts formant le sol qui recouvre la roche sous-jacente ; ils sont composés de couches de terre, graviers et autres matériaux naturels. Ils peuvent contenir ou non des objets issus de l'industrie humaine. Leur analyse paléopalynologique, discipline initiée par Arlette Leroi-Gourhan dans les années 1950, est précieuse pour la détermination des variations climatiques de l'ensemble de la préhistoire.
  5. Seize des cavités, grottes et galerie du site d'Arcy sont conjointement inscrites comme Monument historique depuis 1992 : Grande grotte, abri du Lagopède, grotte du Cheval, grotte de l'Hyène, grotte du Trilobite, grotte des Ours, grotte du Renne et la galerie Schoepflin, grotte du Bison, grotte du Loup, grotte du Lion, grotte des Fées, grotte des Deux Cours, Petit et Grand Abri, grotte des Goulettes. Voir « Grottes préhistoriques », notice no PA00113981, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Références[modifier | modifier le code]

  • (1950) André Leroi-Gourhan, « La grotte du Loup, Arcy-sur-Cure », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 47, no 5,‎ 1950, p. 268-280 (lire en ligne).
  1. a et b A. Leroi-Gourhan 1950, p. 268.
  2. A. Leroi-Gourhan 1950, p. 279, note 13.
  3. a et b A. Leroi-Gourhan 1950, p. 278.
  4. A. Leroi-Gourhan 1950, p. 269.
  5. a b et c A. Leroi-Gourhan 1950, p. 273.
  6. a b c et d A. Leroi-Gourhan 1950, p. 270.
  7. a b c et d A. Leroi-Gourhan 1950, p. 272.
Autres références
  1. a et b « Grottes préhistoriques », notice no PA00113981, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. a et b Géoportail, « Grottes d'Arcy-sur-Cure, carte interactive » . Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet "Accéder aux outils cartographiques" (petite clé à molette) sous l'onglet "sélection de couches".
  3. Spéléométrie Icaunaise, « Liste de grottes explorées, développements et dénivellations », sur scchablis.com (consulté le 29 juin 2018).
  4. a et b Philippe Soulier et Gwenaëlle Wilhelm-Bailloud, « Gérard Bailloud (4 décembre 1919/30 août 2010) », Bulletin de la Société préhistorique française, t. 108, no 3,‎ 2011, p. 415-469 (lire en ligne), p. 418.