Grottes de Calès

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Grottes de Calès
Habitats troglodytiques de Calès.
Habitats troglodytiques de Calès.
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Arms of the French Region of Provence-Alpes-Côte d'Azur.svg Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Blason département fr Bouches-du-Rhône.svg Bouches-du-Rhône
Commune Blason de la ville de Lamanon (13).svg Lamanon
Protection Logo des sites naturels français Site classé (1994)[1]
Coordonnées 43° 42′ 14″ nord, 5° 04′ 56″ est

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Grottes de Calès
Grottes de Calès

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Grottes de Calès
Grottes de Calès
Histoire
Époque Préhistoire - XVe siècle

Les grottes de Calès, près de Lamanon (Bouches-du-Rhône), à l'extrémité orientale du massif des Alpilles, sont un site d'habitat qui fut occupé de l'époque préhistorique jusqu'au XVe siècle.

Elles se composent, sur plusieurs étages de la falaise, d'habitats troglodytiques creusés par l'homme. Ils servirent soit de refuge, soit de résidence pérenne au cours des millénaires.

Historique[modifier | modifier le code]

Ce site composé d'une série d’anfractuosités creusées par l'homme jusqu'au sommet de la falaise a tout d'abord servi d'habitat ligure[2]. On a identifié 58 cavités d'habitation dans le cirque et autant à l'extérieur du cirque[3]. Ce fut d'ailleurs l'un des plus importants de la région[4]. Les traces d'occupation s'étalent d'ailleurs de la Préhistoire à la Protohistoire[5]. Une légende ou une tradition veut que ces grottes aient servi d'abris, lors des invasions sarrasines à un dénommé Kalès et ses hommes[6]. Ce qui est plus assuré est que ce site appartient à la première génération des grands castra du Moyen Âge[5].

On y accède par d'étroits escaliers taillés dans le roc. Mais la présence de trous de boulins dans la falaise montrent que certaines excavations n'étaient accessibles que par des échelles de branchages[6]. Les grottes furent habitées du XIIe siècle jusqu'au XVIe siècle par une population qui a varié entre 120 et 220 habitants[5],[3]. Des rigoles creusées dirigeaient les eaux de ruissellement vers des citernes et des aiguiers[6]. C'est de la dernière période d'occupation que date les aménagements les plus sophistiqués avec cheminées, placards, tasseaux et feuillures de portes[7]

Le site de Calès, dont on est assuré qu'il servit maintes fois de refuge à la population de Lamanon est à mettre en rapport avec le castrum de Alamanone, daté du XIe siècle. L'histoire montre qu'au cours des années 1390, les habitants eurent à subir la vindicte des troupes de Raymond de Turenne. Non seulement elles saccagèrent le château mais provoquèrent la fuite de la population dans les grottes. Deux siècles plus tard, elles servirent encore une fois de refuge, lors des guerres de religion, à Carrier d'Alleins et à ses bandes qui n'abandonnèrent le fort qu'après l'avoir mis en l'état de ruines[8]. Les grottes furent définitivement abandonnées en 1586, au cours de ces mêmes guerres de religion[5].

Si les différentes périodes d'occupation restent difficile à dater avec précision, il n'en est pas moins indéniable que cet ensemble avec ses escaliers et ses gradins pour l'ancrage des maçonneries constituent un « vocabulaire » spécifique à ce site[9]

Ce site est aujourd'hui couronné par une statue de la Vierge qui domine le village troglodyte[2].

Protection[modifier | modifier le code]

Le parc du site des grottes de Calès est classé depuis 1994 à l'inventaire général du patrimoine culturel[1].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Parc du site des grottes de Calès », notice no IA13001040, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a et b Hervé Aliquot, op. cit., p.97.
  3. a et b « L'architecture troglodytique », in Les Alpilles, encyclopédie d'une montagne provençale, André-Yves Datier, éd. Les Alpes de Lumière, Forcalquier, 2009, p. 247, 248.
  4. Maurice Pezet, op. cit., p. 107.
  5. a, b, c et d André-Yves Datier, op. cit., p.10.
  6. a, b et c Jean-Paul Clébert, op. cit., p.237.
  7. André-Yves Datier, op. cit., p.30.
  8. Maurice Pezet, op. cit., p. 112.
  9. André-Yves Datier, op. cit., p.58.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Pezet, Les Alpilles au cœur de la Provence, Éd. Horizons de France, Paris, 1955.
  • Jean-Paul Clébert, Guide de la Provence mystérieuse, Éd. Tchou, Paris, 1965.
  • Hervé Aliquot, Les Alpilles, Éd. Aubanel, Avignon, 1989 (ISBN 270060136X).
  • André-Yves Dautier, Trous de Mémoires, Éd. Alpes de Lumière, n° 113, 1999 (ISBN 2906162493).
  • Divers auteurs, Les Alpilles. Encyclopédie d'une montagne provençale, éd. Les Alpes de Lumière, Forcalquier, 2009 (ISBN 978-2906162976).