Grotte de l'Addaura

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Grotte de l'Addaura
Palermo-Museo-Archeologico-bjs-11.jpg
Gravures sur la grotte d'Addaura
Localisation
Coordonnées
Pays
Région
Province
Massif
Monts de Palerme
Localité voisine
Caractéristiques
Altitude de l'entrée
70

Géolocalisation sur la carte : Sicile

(Voir situation sur carte : Sicile)
Point carte.svg

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Point carte.svg

La grotte de l'Addaura  (italien : Grotta dell'Addaura) est un complexe composé de trois grottes naturelles situé sur le versant nord-est du Monte Pellegrino à Palerme en Sicile, dans le Sud de l'Italie. La particularité du complexe est la présence de gravures pariétales datant du Gravettien (contemporain avec le Magdalénien) durant le Mésolithique.

Sur le côté du Monte Pellegrino, surplombant Palerme, au sud-ouest de plage de Mondello à 70 mètres au-dessus du niveau de la mer se trouve des grottes et cavités où des ossements et des outils de chasse ont été abandonnés, attestant d'une présence humaine au début du Paleolithique et durant le Mésolithique. Ces restes sont maintenant exposés au musée archéologique régional de Palerme. Leur importance est principalement liée à l'extraordinaire ensemble de gravure pariétale qui orne la caverne, constituant un exemple unique dans le panorama de l'art pariétal préhistorique. Le  nom Addaura provient de l'arabe : الدورة al-dawrah, « le circuit »[1].

Vue du village d'Addaura sur la cote nord de la Sicile ; Monte Pellegrino se trouve sur la droite et les cavernes surplombent le village depuis la montagne.

Histoire[modifier | modifier le code]

La découverte de gravures dans la grotte d'Addaura est récente et s'est faite de manière quasi accidentelle. Les trois grottes qui composent le complexe ont depuis été étudiées par les paléoanthropologues, de la même manière que le squelette d'éléphant nain découvert sur le site.

À la suite de l'opération Husky en 1943 et l'arrivée à Palerme des troupes alliées, les grottes de la région ont été utilisées pour le stockage de munitions et d'explosifs. L'explosion accidentelle de l'arsenal à la fin de la guerre a conduit à l'effondrement des parois principales de la grotte, révélant des gravures très anciennes. Les gravures ont été étudiées très attentivement par l'archéologue Jole Bovio Marconi, dont les études ont été publiées en 1953[2].

Depuis 1997 les grottes de l'Addaura ne sont plus accessibles aux visiteurs, le site ayant été fermé pour cause de risque d'effondrement liés à l'instabilité de la structure. En 2012, les mesures nécessaires au renforcement de la structure n'ont toujours pas été mise en œuvre et le site est abandonné et victime de vandalisme[3],[4].

Les gravures sur rocher[modifier | modifier le code]

Sur l'une des grottes se trouve un vaste et riche complexe de gravures datant du Gravettien et du Mésolithique, représentant des humains et des animaux. Parmi un large groupe de bovidés, chevaux sauvages et cervidés est représentée une scène dominée par la présence de figures humaines: un groupe de personnages, arrangés en cercle, entourent deux figures centrales dont les têtes sont couvertes et les corps sont fortement cabrés. Des hypothèses des plus variées ont été avancées concernant les identités de ces deux personnes et la signification de leur position au sein du groupe. Selon certains chercheurs ces personnes pourraient être des acrobates en cours de représentation. Selon d'autres, la scène représente un rituel nécessitant le sacrifice de deux individus sous la supervision d'un shaman. La crédibilité de cette hypothèse est renforcée par la présence de liens autour des cous et des côtés des deux corps aux postures non-naturelles et vraisemblablement douloureuses. Cela pourrait aussi correspondre à un rite de strangulation, tel qu'il est pratiqué dans d'autres cultures. Cette hypothèse impliquerait que les deux personnages masqués autour des personnages à sacrifier seraient des shamans présidant à la cérémonie d'initiation. D'autres chercheurs dont Jole Bovio Marconi considèrent que les deux personnages centraux sont des hommes s'adonnant à des activités homosexuelles[5],[6].

Les gravures d'Addaura sont particulièrement intéressantes de part l'attention inhabituelle accordée à l'environnement entourant la scène principale, un cas unique dans l'art paléolithique. La représentation des personnages humains, dans le style typique du basin Méditerranéen, comme à Levanzo (Grotta del Genovese), est quelque chose de nouveau en termes de style et de forme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) J.M. Brincat, Al-Himyari's Account and Its Linguistic Implications, Valletta, Said International, (lire en ligne), p. 28
  2. Vincenzo Tusa, « Biography of Jole Bovio Marconi », Breaking Ground, Brown University (consulté le 2 novembre 2012)
  3. (it) Pippo Battaglia, « Reopen the Addaura caves », La repubblica,‎ (lire en ligne)
  4. (it) Valeria Ferrante, « In the abandonment of the Addaura graffiti, spray paint and refuse in the prehistoric site », La repubblica,‎ (lire en ligne)
  5. (en) Christopher Penczak, Gay Witchcraft: Empowering the Tribe, York Beach, Red Wheel/Weiser, (ISBN 1-57863-281-1, lire en ligne), p. 11 :

    « They encircle two other bird-masked men, both with erect penises. Parallel lines connect the neck to the buttocks and ankles and the penis of one man to the buttocks of another. Thought by most scholars to be a sacrificial rite in which the parallel lines represent bindings, other interpreters see this as a homoerotic initiatory rite, with the lines possibly representing male energy, or even ejaculation. »

  6. « Queer heritage: a timeline » (consulté le 2 novembre 2012)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Luigi Bernabò Brea, Sicily Before the Greeks, New York, Praeger,
  • Marcello A. Mannino et al., « Upper Palaeolithic hunter-gatherer subsistence in Mediterranean coastal environments: an isotopic study of the diets of the earliest directly-dated humans from Sicily », Journal of Archaeological Science, vol. 38, no 11,‎ , p. 3094–3100 (DOI 10.1016/j.jas.2011.07.009)
  • (it) Salvatore Spoto, Sicilia antica: usi, costumi e personaggi dalla preistoria alla società greca, nell'isola culla della civiltà europea, Rome, Newton & Compton, (ISBN 88-8289-750-8)

Liens externes[modifier | modifier le code]