Grotte des Perrats

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Grottes des Perrats
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Localisation
Coordonnées
Adresse
Vallée
Vallée de la Bellonne
Localité voisine
Caractéristiques
Type
Altitude de l'entrée
83 m
Longueur connue
250 m
Période de formation
Occupation humaine
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La grotte des Perrats est une cavité d'intérêt archéologique située sur la commune française d'Agris, dans le département de la Charente, en région Nouvelle-Aquitaine.

Spéléométrie[modifier | modifier le code]

La développement[N 1] de la cavité est de 250 mètres[1], pour un dénivelé de 3 mètres.

Géologie[modifier | modifier le code]

La cavité s'ouvre dans les calcaires récifaux de l'Oxfordien (Jurassique supérieur).

Localisation[modifier | modifier le code]

Elle est située sur la commune d’Agris en Charente, dans le nord du Bassin aquitain, à vingt-trois kilomètres au nord-est d'Angoulême, et s’ouvre au flanc d’un coteau bordant au nord la vallée de la Bellonne, ruisseau non pérenne affluent de la Tardoire. Elle est située au sud du lieu-dit les Cosses, en lisière de la forêt de Quatre Vaux.

Découvertes archéologiques[modifier | modifier le code]

La grotte des Perrats a été découverte le 1er mai 1981 par des spéléologues de l’Association de recherches spéléologiques de La Rochefoucauld[2]. Tout d'abord, la désobstruction d’un terrier de blaireau dans la salle principale de la grotte permettait d'envisager une suite. De plus, sur le rejet d’un autre terrier, un premier fragment d’un luxueux casque celtique du IVe siècle avant Jésus-Christ est découvert. Le lendemain, un autre fragment de casque est découvert dans les mêmes conditions.

L'archéologue José Gomez de Soto, directeur de recherches au CNRS, est appelé sur les lieux et mène une campagne de fouilles de sauvetage dès l'année 1981. Le but est double : récupérer d'autres fragments du casque et lever la stratigraphie du site[3]. L'intégralité du casque gaulois d'Agris est découvert dans la grotte dès 1981.

Parmi l'ensemble des ossements découverts dans la grotte, des restes osseux, datés du Mésolithique, correspondant à un minimum de huit personnes (cinq adultes, trois enfants) attestent de pratiques de cannibalisme : les os, brisés délibérément, comportent de nombreuses marques de décarnisation. L'étude minutieuse des os démontre que leur état ne peut résulter de causes secondaires (action des carnivores, écrasement par les sédiments ou la chute de blocs rocheux). Les os longs ont été fracturés en de nombreux points, les os courts ont eux aussi été travaillés et les crânes brisés pour en extraire le contenu. Selon Bruno Boulestin, il s'agit d'un travail délibéré de boucherie dont l'objectif était l'extraction de la moelle et de la masse cérébrale[4].

Cinq squelettes de la grotte ont pu être analysés génétiquement. Ils sont datés entre 7 177 et 7 057 av. J.C.. Ils appartiennent tous à l'haplogroupe mitochondrial U5b, haplogroupe caractéristique des populations de chasseurs-cueilleurs de l'Ouest européen. Un homme appartient à l'haplogroupe du chromosome Y I qui est le lignage paternel majeur le plus ancien d'Europe[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • B. Boulestin, S. Ducongé, J. Gomez de Soto, Le sanctuaire laténien de la grotte des Perrats à Agris (Charente). Nouvelles recherches 2002-2007. In : Bertrand I., Duval A., Gomez de Soto J., Maguer P. (dir.), Les Gaulois entre Loire et Dordogne. Actes du XXXIe colloque de l'AFEAF, Chauvigny, 17-20 mai 2007, t. I, Chauvigny, Association des Publications Chauvinoises (Mémoire XXXIV, supplément), 2009, p. 1-12.
  • Association de Recherches Spéléologiques de La Rochefoucauld (1982) Le casque d'or gaulois d'Agris. Un sanctuaire de l'Age du Fer en Charente. Spelunca, n° 5, p. 33-34.
  • Jean Guilaine et Jean Zammit, Le sentier de la guerre, visages de la violence préhistorique, Paris, Seuil, , 372 p. (ISBN 2-02-040911-9), p. 79-81.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En spéléologie, le développement correspond à la longueur cumulée des conduits (galeries, salles, puits) interconnectés qui composent un réseau souterrain.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bigot Jean-Yves, « Spéléométrie de la France. Cavités classées par département, par dénivellation et développement (Situation au 31 décembre 2000). », Spelunca Mémoires n° 27,‎ 2004, 160 pages, p. 31-32 (ISSN 0249-0544, lire en ligne).
  2. Association de recherches spéléologiques de La Rochefoucauld (1982), « Le casque d'or gaulois d'Agris. Un sanctuaire de l'Age du Fer en Charente », in Spelunca, n°5, pages 33-34.
  3. C.Eluère, J.Gomez de Soto, A-R.Duval, « Un chef-d'œuvre de l'orfèvrerie celtique, le casque d'Agris (Charente) », Persée, (consulté le 3 septembre 2010)
  4. Guilaine et Zammit 2000
  5. (en) Samantha Brunel et al., Ancient genomes from present-day France unveil 7,000 years of its demographic history, PNAS, 26 mai 2020, https://doi.org/10.1073/pnas.1918034117

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]