Cuves de Sassenage

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Cuves de Sassenage
Image illustrative de l'article Cuves de Sassenage
Entrée des Cuves de Sassenage
Coordonnées 45° 13′ nord, 5° 38′ est
Pays Drapeau de la France France
Régions Auvergne-Rhône-Alpes
Départements Isère
Massif Vercors
Localité voisine Sassenage
Altitude de l'entrée 307,50 m
Longueur connue 12 295 m
Type de roche Calcaire
Signe particulier Concrétions
Température 12 °C

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Les Cuves de Sassenage ou grottes de Sassenage se situent dans le département de l'Isère, au pied du Massif du Vercors, sur la commune de Sassenage.

Le site, desservi par les transports en commun de l'agglomération grenobloise (SEMITAG), est partiellement ouvert au public (sauf les mois d'hiver), son entrée est payante et soumise aux aléas climatiques en raison des risques de crues.

Localisation et description[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Les cuves de Sassenage se positionnent au pied d'une grande falaise, à quelques dizaines de mètres au-dessus du bourg ancien de Sassenage et de son église. Le site est situé sur le territoire de la métropole de Grenoble et dans le canton de Fontaine-Vercors.

Description[modifier | modifier le code]

Présentant une faune et une flore préservées, les Cuves de Sassenage sont classées patrimoine naturel et permettent de contempler les eaux limpides du Furon en profitant de la proximité d'une grande agglomération. Ce lieu apparaît comme une grotte de développement moyen mesurant environ une douzaine de kilomètres de profondeur.

La partie ouverte aux touristes permet de découvrir le « grand vestibule » marquant la jonction entre les deux entrées. Un torrent (le germe) traverse cette partie et se jette à un niveau inférieur grâce à une belle cascade qui bénéficie d'un bel éclairage vers le bas par la partie dénommée « grotte Carrée ». L’intérieur se compose de galeries modestes, parcourues durant certaines périodes par un torrent et se terminant un bel espace souterrain dénommé « salle Saint-Bruno »[1].

La température de la grotte est de 12 °C toute l’année et celle-ci se développe sur l'exsurgence d'un affluent du Furon, le Germe.

Une coloration a révélé que les Cuves de Sassenage sont en réalité une exsurgence en liaison avec le célèbre gouffre Berger, situé sur le proche plateau du Vercors. Une rivière souterraine, le Germe traverse les Cuves de Sassenage et a une origine triple : les eaux du plateau de Sornin[2] , celles du plateau de Saint-Nizier et des pertes du Furon. Le sentier des Cuves reste très pittoresque, car tout le long de la montée, le calcaire sénonien affleurant présente des fossiles d’organismes marins datant, selon les estimations, d'environ 115 millions d’années. Les Cuves présentent une diversité remarquable de paysages souterrains : méandres, réseaux aquatiques, grosses galeries ébouleuses, marmites de géant, réseaux labyrinthiques.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Ces grottes ont reçu le nom de Cuves, du fait d'une particularité géologique. Elles doivent, en effet, leur nom à une légende attachée à la présence de deux marmites creusées dans la pierre calcaire à l’entrée même des grottes et encore visible de nos jours. Selon la croyance des habitants du village, le fait que l’une ou l’autre de ces marmites était pleine d’eau, le jour des rois, permettait d'augurer que la saison aller être bonne pour la culture de la vigne ou pour la culture du blé[3].

Accès[modifier | modifier le code]

Bien que se positionnant en bordure immédiate de la falaise, ces grottes sont situées en pleine zone urbaine et sont desservies par des lignes de bus du réseau de transports en commun de l'agglomération de Grenoble (réseau SEMITAG), telles que

Ce site s'ouvre sur un petit parking (dit des prés), d'un accès étroit pour les véhicules et au nombre de places très limitées, mais aménagé pour les visiteurs (panneaux, bancs, tables). L'accès piétonnier au site (chemin en dévers avec de nombreuses marches) demande une condition physique incompatible avec un handicap moteur. L'accès par la rivière est interdit.

Historique[modifier | modifier le code]

C'est au XVIIIe siècle, que commencent les premières explorations officielles des cuves, un des rares sites souterrains à se situer aussi près du centre d'un village. Cependant, il faudra attendre la seconde moitié du XIXe siècle pour que soient organisées des visites guidées[4]. En 1947, la suite après la salle du Styx est explorée par des jeunes spéléologues débutants que l'on retrouvera plus tard au gouffre Berger[5]. Les galeries est et ouest ainsi que l'affluent de Saint-Nizier sont découvertes en 1949. Fin mai 1955, le siphon de la salle à manger est exploré par les spéléologues. En 1959, les spéléologues Grenoblois du CAF trouvent la suite et explorent l'affluent de Saint-Nizier jusqu'à un siphon à + 60 mètres[N 1]. En 1963 et 1964, ils s'arrêtent sur un siphon à + 379 mètres. En novembre 1965, un groupe d’adolescents accompagné de 4 adultes se font surprendre par une crue soudaine qui les bloque durant 17 heures dans les cuves. En 1967, le point haut des Cuves est atteint à +432 m. Le 6 juillet 1996, les installations permettant les visites sont en grande partie détruites, à l'occasion d'une crue dévastatrice du Furon. La grille d'entrée est arrachée par les eaux en furie et deux spéléologues trouveront la mort dans le réseau du gouffre Berger[6]. Le site d'accueil du public sera ensuite reconstruit à l'identique. En mai 2002, 25 personnes, dont 22 collégiens et leurs 3 accompagnants adultes, sont restés bloqués plusieurs heures par la montée des eaux dans les cuves[7],[8]. Ils réussirent à ressortir les uns après les autres la nuit suivante, en traversant un boyau envahi par les eaux avec l'aide des sauveteurs du Spéléo secours Isère notamment[9]. Le , huit spéléologues, engagés dans les nombreuses galeries des Cuves de Sassenage, sont bloqués par la montée des eaux et ne réussissent à ressortir que le lendemain[10]. En 2016, les plongées des siphons de la galerie ouest et du siphon Bonneval pour jonctionner avec le gouffre Berger se poursuivent[11].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Cette cavité est sommairement aménagée pour des visites touristiques guidées mais aussi des animations et d'autre parcours ludiques en hauteur dénommés « accrogrotte »[12]. L'office de tourisme est situé, non loin des grottes, au château de Sassenage.

Traditions et légendes[modifier | modifier le code]

Les Cuves, bouche de l'enfer de Dante[modifier | modifier le code]

L'Enfer, illustré par Gustave Doré (1861)

Depuis le fin du fond du Moyen Âge, les cuves sont classées quatrième merveille du Dauphiné dans le rang des Sept merveilles du Dauphiné. Selon une croyance de cette même époque, cette grotte qui rejetait les eux bouillonnantes d'un torrent dénommé le Germe ne pouvait qu'être une des portes de l'Enfer.

Certaines galeries portent des noms très évocateurs telle que la galerie des enfers ou l'allée des tombeaux. Pour ces raisons, de nombreux sites touristiques[13],[14] considèrent que le célèbre poète italien Dante Allighieri, plus connu sous son prénom abrégé de Dante se serait inspiré des Cuves de Sassenage pour décrire dans son récit écrit en italien, dénommé la Divine Comédie, et notamment sa première partie sur L'Enfer, écrite en 1307 et 1321[15][16]

La fée Mélusine[modifier | modifier le code]

La fée Mélusine, par Julius Hübner.

Mélusine, dont le personnage est représenté sur la façade du château de Sassenage, est une femme légendaire originaire du Poitou, souvent vue comme fée. C'est une image célèbre des contes populaires et chevaleresques du Moyen Âge qui, étymologiquement, signifie « merveille » ou « brouillard de la mer ». Pour les Lusignan, on l’appelle « Mère Lusigne » (la mère des Lusignans), fondatrice de leur lignée. Dans le dictionnaire Littré, elle est appelée « Merlusigne », ce qui pourrait faire penser à une connotation aquatique.

À Sassenage, et selon un récit relaté par l'écrivain et historien grenoblois Nicolas Chorier[17], ce personnage est une sirène qui vit dans les « Cuves de Sassenage », depuis que son mari l'a surprise au bain, un samedi alors qu'elle subissait sa malédiction, c'est-à-dire, d'être mi-femme mi-poisson un jour par semaine. Celle-ci ne pouvant, dés lors, reprendre sa forme initiale de femme, reste prisonnière de la grotte, se faisant de temps en temps entendre dans les « cuves » et annonçant, dit-on, trois jours avant, la mort de ses descendants, membres de la famille de la Maison de Sassenage, les Béranger. Ses larmes se sont transformées en petits galets réputés « magiques » dénommés également "pierres d'hirondelle" et qui soignaient les troubles ophtalmiques.

Patrimoine faunistique[modifier | modifier le code]

Chauve-souris type Vespertilion

Les chiroptères[modifier | modifier le code]

Un espace interne à la grotte se dénomme : « salle des Rataplanades ». Celle-ci doit son nom à la présence de nombreuses chauves-souris dénommées rataplanades en patois dauphinois, car elle abritait autrefois de nombreuses espèces différentes de chiroptères, toujours présentes aux abords des cuves et dans les cavités du massif du Vercors[18].

La grotte, dans sa partie la moins fréquentée, héberge donc différentes espèces de chiroptera locales dont

Il faut savoir qu'il extrêmement rares de rencontrer des chauve-souris car leur reproduction est limitée (un petit par an), qu'elles ne sont ni nocives, ni nuisibles, ni dangereuses et que l'idée qu'elles puissent s'accrocher ou se prendre dans les cheveux est totalement farfelue.

Article connexe : Chiroptera.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En spéléologie, les mesures négatives ou positives se définissent par rapport à un point de référence qui est l'entrée du réseau, connue, la plus élevée en altitude.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Bourgin, « Circulations souterraines: Les Cuves de Sassenage », revue de géographie alpine, vol. 42,‎ , p. 457-464 (lire en ligne).
  • Jean-Jacques Delannoy et Richard Maire, « Les grandes cavités alpines. Répartition et contexte hydrogéologique », revue Karstologia, vol. 3,‎ , p. 65 (lire en ligne).
  • Jean-Jacques Delannoy, Association française de karstologie, « Le Vercors : un massif de la moyenne montagne alpine », Karstologia : revue de karstologie et de spéléologie physique de la Fédération française de spéléologie et de l'Association française de karstologie, Paris, Fédération française de spéléologie, no 1,‎ 1er semestre 1984, p. 44 (ISSN 0751-7688, lire en ligne).
  • Serge Caillault, Dominique Haffner et Thierry Krattinger, Spéléo sportive dans le Vercors-Tome 1, Aix-en-Provence, Edisud, , 160 p. (ISBN 2-85744-897-X).
  • Beaudouin Lismonde et Comité départemental de spéléologie de l'Isère., Les Cuves de Sassenage, Grenoble, Comité départemental de spéléologie de l'Isère, , 192 p., A4 (ISSN 0336-0326, présentation en ligne).
  • Serge Caillault, « Les Cuves de Sassenage-Source du gouffre Berger », Spéléo, Corenc, Spéléo magazine, no 94,‎ , p. 20-27 (ISSN 1629-1573).

Vidéos[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]