Grotte Chauvet

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Grotte Chauvet-Pont d'Arc
Image illustrative de l'article Grotte Chauvet
Chevaux.
Coordonnées 44° 23′ 15″ N 4° 24′ 51″ E / 44.3876, 4.414144° 23′ 15″ Nord 4° 24′ 51″ Est / 44.3876, 4.4141
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Ardèche
Vallée Gorges de l'Ardèche
Localité voisine Vallon-Pont-d'Arc
Voie d'accès D 290
Longueur connue environ 500 m
Signe particulier Grotte ornée
Occupation humaine Vers 33 000 ans à 29 000 ans avant le présent - Période de l'Aurignacien
Vers 27 000 ans à 24 500 ans avant le présent - Période du Gravettien
Protection Logo monument historique Classé MH (1995)[1]
Patrimoine mondial Patrimoine mondial (2014)

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Grotte Chauvet-Pont d'Arc
Grotte ornée du Pont d’Arc, dite Grotte Chauvet-Pont d’Arc, Ardèche *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Pays Drapeau de la France France
Subdivision Rhône-Alpes
Type Culturel
Critères (i)(iii)
Superficie 9 ha
Zone tampon 1 353 ha
Numéro
d’identification
1426
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 2014 (38e session)
Autre protection Logo monument historique Classé MH (1995)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Initialement nommée grotte ornée de la Combe d'Arc[1], du nom du lieu-dit, la grotte ornée du Pont d'Arc ou grotte Chauvet-Pont d'Arc, dite plus simplement grotte Chauvet[2], du nom de son découvreur, est une grotte ornée paléolithique découverte en 1994 située en France dans la commune de Vallon-Pont-d'Arc, dans le département de l'Ardèche, en région Rhône-Alpes.

Le site comporte un millier de peintures et de gravures, dont 447 représentations d'animaux (peintures, gravures) montrant 14 espèces différentes[3]. De nombreuses datations directes par la méthode du carbone 14 ont donné des résultats cohérents qui indiquent que la grotte a connu deux phases d'occupation, l'une à l'Aurignacien (33 à 29 000 ans BP en âge non calibré), l'autre au Gravettien (27 à 24 500 ans BP en âge non calibré)[4]. La communauté scientifique presque unanime admet que les œuvres de la grotte datent de l'Aurignacien et qu'elles comptent de ce fait parmi les plus anciennes au monde. La diversité et la maîtrise des techniques (gravure, préparation des parois par raclage, dessin digité ou au fusain souvent suivi d'une estompe en écrasant la couleur avec les doigts pour obtenir des nuances diverses, détourage des contours, utilisation de techniques mixtes[5],[6]) dont elles témoignent ont profondément remis en cause l'idée d'un art préhistorique évoluant très lentement et de manière linéaire et ascendante.

La grotte est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis juin 2014[7],[8].

Site[modifier | modifier le code]

Vue aval du pont d'Arc.

La grotte est située en France dans le département de l'Ardèche, région Rhône-Alpes, sur la commune de Vallon-Pont-d'Arc. Elle se trouve au lieu-dit de la Combe d'Arc. Elle a une altitude de 185 et 198 m d'altitude par rapport au niveau de la mer et est située 25 mètres sous terre sur le plateau calcaire. La paléo-Ardèche qui s'écoulait sur les plateaux calcaires aplanis (surface d'aplanissement post-oligocène) dessinait des méandres en raison de la faible pente générale. Au cours de l'encaissement de la rivière, ces méandres se sont inscrits dans le massif calcaire. L'action de l'érosion, favorisée par la matériel abrasif de la rivière, accentue la sinuosité des méandres et entraîne l'amincissement de certains pédoncules. La combe constitue l'ancien méandre de la rivière Ardèche abandonné après le recoupement souterrain dans le tunnel du pédoncule calcaire par la rivière, qui a donné naissance à l’arche naturelle du pont d'Arc[9].

L'entrée de la grotte a subi plusieurs effondrements depuis 29 000 ans avant d'être définitivement obstruée il y a au moins 21 500 ans, formant une masse rocheuse de 4 500 m3[10]. Cet éboulis a permis la préservation de l’écosystème de la grotte.

Historique[modifier | modifier le code]

Découverte[modifier | modifier le code]

La grotte est découverte, de manière inopinée mais non fortuite[11], le 18 décembre 1994 par Jean-Marie Chauvet (contractuel du ministère de la Culture, chargé de la surveillance des grottes ornées de l'Ardèche depuis juillet 1994[12]), Éliette Brunel (viticultrice), et Christian Hillaire (employé à EDF)[13] dans le cadre de leurs activités spéléologiques privées. Vers 3 heures de l’après-midi, après avoir emprunté un ancien chemin muletier qui, à mi-hauteur, débouche sur une vire à orbitolines[14], les spéléologues repèrent en hauteur d'une falaise au nord du cirque d'Estre[15] une mince ouverture derrière une végétation dense[16], ils s’y faufilent, puis progressent dans un vestibule de plusieurs mètres de longueur et débouchent vers 15 h 45 sur un « trou souffleur » (filet d’air s’échappant de la paroi) qui leur suggère que la cavité communique avec une autre galerie ou un puits[17]. Ils effectuent deux tirs d'explosifs à la chatière pour dégager l'entrée vers 18 h 30[18] qui ouvre sur un puits de 10 m. Brunel entrevoit alors un sol. Ils retournent à leur fourgonnette pour s'équiper d'une échelle qui leur permet de descendre le puits et découvrir vers 20 h dans la première galerie deux tracés digitaux. L'exploration des premières salles ornées les émerveille. Ils sortent de la grotte vers 23 h et en obstruent l'accès[19].

Bien qu'ils n'aient pas l'accord des propriétaires pour prospecter, les spéléologues revisitent la grotte le 24 décembre avec trois amis spéléologues, Daniel André, Michel Chabaud et Jean-Louis Payan. Ils y réalisent relevés topographiques, 300 clichés photographiques ainsi qu'un film vidéo. Ce n'est que le 28 décembre que la Direction régionale de l'action culturelle à Lyon est informée alors que Jean-Marie Chauvet, conformément à la loi du 27 septembre 1941, se devait d'informer immédiatement le maire de la commune de Vallon- Pont-d'Arc[20]. Le conservateur régional commande un rapport d'expertise sur une grotte ornée exceptionnelle de Vallon-Pont-d'Arc. Elle a lieu le 29 décembre 1994 sous la conduite des découvreurs, avec Jean Clottes, spécialiste de l'art paléolithique, Jean-Pierre Daugas, conservateur régional de l'Archéologie, et son collaborateur Bernard Gély qui travaille depuis des années dans les grottes de la région. Le 2 janvier, Jean Clottes remet son rapport d'expertise et préconise plusieurs mesures, notamment de ne pas ouvrir la grotte au public afin d'éviter les erreurs qui ont détérioré les peintures de Lascaux. Une première porte protégeant l'accès de la grotte est posée dès le 12 janvier. La découverte de la grotte est rendue publique le 18 janvier 1995[21].

Saga juridique[modifier | modifier le code]

Une longue procédure judiciaire s'est engagée après la découverte.

Trois hauts fonctionnaires antidatent un document d'autorisation temporaire de prospection aux découvreurs dans le but de leur contester tous droits photographiques sur les peintures. Le tribunal correctionnel de Lyon prononce le 18 juillet 1999 une condamnation pour faux en écriture[22],[23]. Un protocole d’accord, signé le 15 février 2000[24], attribue aux trois découvreurs trois millions de francs (soit 457 347 €), nomme à cette occasion Grotte Chauvet la grotte découverte par les trois inventeurs, et l’État s’engage aussi à veiller « à ce que les inventeurs soient convenablement[25] associés à la valorisation du site et en particulier au futur espace de restitution »[26].
Les trois inventeurs déposent deux marques (« grotte Chauvet » et « grotte Chauvet-Pont d’Arc ») le 8 juin 1998 mais oublient de les renouveler, ce qui entraîne une nouvelle bataille judiciaire lorsque le syndicat mixte chargé de construire la réplique de la grotte dépose ces deux noms le 9 février 2009 et le 22 juillet 2012. Ce même syndicat, en juillet 2013, dépose le nom « espace de restitution de la grotte Chauvet » pour la réplique, mais le tribunal de grande instance de Paris juge le 5 juillet 2013 que le syndicat a déposé frauduleusement les marques, lui reprochant notamment de n’avoir pas averti les découvreurs de leur oubli par rapport au renouvellement du dépôt des marques[27].
Ce dépôt de marques et la bataille juridique entre les inventeurs et l'État explique que la grotte ardéchoise a hérité, lors de son classement sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, du nom de « grotte ornée du Pont d’Arc, dite grotte Chauvet-Pont-d’Arc »[28].

De même, de très nombreuses juridictions ont été sollicitées suite à la procédure d’expropriation engagée par l'État pour devenir propriétaire de la grotte. Le , la grotte et les terrains alentour sont classés « Monument historique »[1]. Par un arrêté ministériel du 30 janvier 1995, déclarant l'utilité publique des fouilles et l'occupation temporaire des lieux, l'État devient donc propriétaire de la grotte aux dépens des résidents expropriés, mais il n'en a pas l'usage[23]. Pour l'acquérir, il doit en effet, dans un délai de cinq ans non renouvelable, s'acquitter d'une « juste et équitable indemnisation » mais l'évaluation financière de la grotte est très délicate. L'État leur accorde initialement une indemnité correspondant à la valeur d'un terrain non constructible, soit environ 25 centimes de franc le mètre carré et devient définitivement propriétaire le 14 février 1997. Les propriétaires contestent cette indemnité et en 2001, le Conseil d'État décide de les indemniser à la hauteur des richesses inestimables de la grotte. Un procès en appel, à Toulouse, débouche sur une décision plus favorable aux propriétaires mais cette décision est cassée en cassation. La cour d'appel de Lyon, en mai 2007, condamne l'État à indemniser les familles à hauteur de 780 000 €. La saga juridique se termine le 24 octobre 2011 devant la Cour européenne des droits de l’homme qui estime que les expropriés ont obtenu une somme « en rapport avec la valeur des biens dont ils ont été dépossédés », à savoir 780 000 euros à répartir entre les 14 propriétaires, usufruitiers ou héritiers de parcelles des terrains de surface[29],[30].

Inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO[modifier | modifier le code]

Parallèlement, les collectivités ont souhaité faire inscrire la cavité sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Un comité de soutien à cette candidature a été créé en juin 2010 à Vallon-Pont-d'Arc. Il réunissait 27 000 membres début janvier 2014[31]. L'objectif était de réussir le défi « 36 000 ans - 36 000 signatures » avant l'été 2014. Le , le gouvernement décide de présenter officiellement la caverne ornée de Vallon-Pont-d'Arc, pour une inscription à la liste du patrimoine mondial en juin 2014 lors du comité organisé au Qatar, après une phase d'expertise de 18 mois[32].

La démarche a finalement été couronnée de succès avec la décision prise à l'unanimité par la 38e session du Comité du patrimoine mondial qui s'est tenue à Doha (Qatar) le 22 juin 2014 : la grotte ornée du Pont-d’Arc, dite « grotte Chauvet », figure désormais sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco[7],[33]. Il s'agit du 39e site du patrimoine mondial en France.

Un site préservé et dédié à la recherche[modifier | modifier le code]

Réplique d'une gravure du hibou moyen-duc (avec sa tête vue de face et son corps vu de dos)[34] au musée anthropologique de Brno.

Après des travaux d'aménagement (élargissement de l'entrée, aménagement d'une base logistique[35], mise en place d'un réseau de passerelles en inox totalement amovibles remplaçant les lais de plastique déposés par les inventeurs), une étude d'incidence est réalisée pendant trois ans par le laboratoire souterrain de Moulis et le laboratoire de recherche des monuments historiques du ministère de la culture. Ces laboratoires instrumentent la grotte en 1997 et étudient son état sanitaire et climatologique pour déterminent les limites de fréquentation de la grotte au-delà desquelles la stabilité du milieu est menacé[36].

La grotte ornée du Pont-d’Arc ne sera jamais ouverte au grand public. Le nombre des visiteurs (découvreurs, proches, scientifiques, officiels, particuliers faisant une demande motivée) n'excède pas une centaine par an. L'accès se fait par une porte blindée hermétique anti-intrusion entourée d'ouïes qui permettent les échanges d'air, doublée d'un code d'accès et d'une reconnaissance biométrique, le tout sous surveillance permanente (détecteur de présence, une dizaine de caméras dont une infra-rouge reliée à la gendarmerie). Après avoir signé un protocole de comportement, les visiteurs s'équipent dans le sas de sécurité d'un baudrier, d'une lampe frontale basse intensité et revêtent des combinaisons et des chaussures qui n'ont pas été au contact de l'extérieur, pour éviter les contaminations. Ils circulent sur les passerelles par groupes de cinq au maximum, encadrés par deux agents du service de la conservation du ministère de la Culture[37].

Depuis mai 1998, des missions de terrain multidisciplinaires ont lieu deux fois par an[38], avec une trentaine de chercheurs (paléontologues, archéozoologues, pariétalistes, géomorphologues sous la direction de Jean Clottes jusqu’en 2006, puis Jean-Michel Geneste) qui circulent également par groupes de cinq au maximum, leurs visites étant limitées à deux heures par jour[39].

La grotte constitue une référence pour la conservation et la gestion des grottes ornées[40],[41].

Œuvres pariétales et pièces paléontologiques[modifier | modifier le code]

Rhinocéros à grande corne.
Hyène (ou ours tacheté ?) et panthère dans la galerie des mains.

Avec Lascaux (découverte en 1940), Cosquer (découverte en 1991) et Cussac (découverte en 2000), la grotte Chauvet-Pont-d'Arc est l'une des grottes françaises majeures par les qualités esthétiques et le nombre de ses œuvres.

Elle présente également un très grand intérêt scientifique, tant du point de vue paléontologique que de celui de l'art pariétal. Elle est l'une des plus anciennes grottes ornées au monde et date de l'Aurignacien (environ - 35 000 ans BP). Les inventeurs et l'équipe qui, depuis la découverte, y mènent les recherches sous la direction des préhistoriens Jean-Michel Geneste et Jean Clottes, ont pris toutes les précautions nécessaires pour préserver non seulement les parois mais aussi toutes les pièces paléontologiques (amas d'ossements, foyers, empreintes).

La paléo-entrée de la grotte a été reconstituée[42]. La grotte a été délimitée en secteurs paléontologiques (environ 150 loci). « Ces secteurs renferment quelques ou, le plus souvent, plusieurs dizaines d’ossements (amas). Cette répartition résulte de l’action combinée et diachronique des ours (modifications de leur habitats, de l’homme (manipulations d’ossements) et de l’eau (charriage) »[43].

Sur les neuf salles[44], quatre grandes salles ornées s'y succèdent, avec une hauteur des plafonds qui varie entre quinze et trente mètres : les deux premières salles (Salle Brunel, Salle des Bauges) comportent des dessins tracés à l'ocre rouge et un concrétionnement à dominante blanche ; dans la troisième apparaissent d'abord les gravures, puis les figures noires, qui couvrent le fond de la grotte ; les salles du fond plus humides (Salle Hillaire[45] et au-delà) ont des concrétions plus cuivrées (rouge et orange). Des galeries latérales et des vestibules sont également décorés[46].

Les peintures de l'entrée de la cavité sont dessinées avec des pigments minéraux d'ocre rouge, tandis que les peintures du fond de la grotte, plus humide, sont réalisées à l'aide de pigments charbonneux[47].

Les œuvres de l'époque aurignacienne témoignent de la maîtrise de techniques très diversifiées (préparation des parois, gravures, tracés digitaux et palmaires (mains positives et négatives), peintures, estompes, recherche de la perspective, etc.). Les thèmes abordés sont essentiellement animaliers, comme c'est généralement le cas dans l'art paléolithique. Sur les 447 représentations d'animaux, dont 355 identifiables avec certitude, les plus fréquentes sont celles des félins (21 % des représentations certaines, appartenant tous à la sous-famille des panthérinés[48]), des mammouths (19 %) et des rhinocéros laineux (19 %). Viennent ensuite les dessins zoomorphes des chevaux (14 %), des bisons (9 %), des bouquetins (5 %), des ours (5 %), des rennes (4 %), des aurochs (3 %) et des mégacéros (1 %)[49]. Toutefois, les animaux dits dangereux (espèces redoutables non chassées) sont ici exceptionnellement fréquents (les félins, rhinocéros, mammouths dépassent 66 % du répertoire des animaux déterminés) au détriment des animaux plus ordinaires tels que cheval et bison, davantage représentés dans les grottes aux dessins et peintures solutréens et magdaléniens[49].

Mis en scène, un crâne d'ours trône sur un bloc rocheux, entouré par d'autres à terre. Sur un pendant rocheux de la salle du Fond, est représenté un couple mi-humain mi-animal (c'est la seule représentation anthropomorphe de la grotte) : l'homme à droite a la jambe et un bras humains mais une tête de bison qui évoque les sorciers portant des masques ou des déguisements, à la manière des chamanes sibériens[50] ; la femme, à gauche, est représentée dans sa moitié inférieure essentiellement par un sexe[51]. Cette composition complexe femme/homme-bison est surnommée le Sorcier et la Vénus depuis sa découverte et révèle peut-être l'évocation d'une sorte de mythe[52]. Très souvent, d'ailleurs, on trouve la représentation de couples d'animaux. Sur le panneau des lions, tout près du couple cité, on découvre un couple de lions en caresses, un autre cheminant ensemble, et la joute amoureuse de deux rhinocéros. Les artistes ont gravé une scène de chasse figurant deux lions et un bison. L'un des félins, la tête posée sur celle du bison, y semble en pleine prédation. Une autre technique graphique utilisée est la superposition d'images similaires, générant l'illusion du mouvement de l'animal.

Les parois sont ornées de signes et symboles : ponctuations, croix, hachures, tracés digitaux (que les archéologues ont appelé des « spaghetti »), nombreuses mains en positif et négatif. Les cinq triangles pubiens occupent une position privilégiée, peut-être structurante, dans la construction des dispositifs pariétaux. Ils apportent des indices forts de véritables constructions thématiques, étroitement associées à la topographie de la grotte[53].

Le site « archeologie.culture.fr » permet par une visite virtuelle de parcourir salles et galeries pour découvrir les spéléothèmes et les principales œuvres pariétales[54] : l’accès à la grotte se fait par la voûte de la salle Brunel où débouche la chatière de la découverte. Une partie du sol est couvert de chaos d’énormes blocs issus d’effondrements du plafond et de basculements de massifs stalagmitiques Les peintures de ce secteur rarement figuratives sont essentiellement exécutées à l’ocre rouge (points-paumes, signes complexes). La loge du Cervidé rouge (daim ou mégacéros ?) est le passage obligé pour accéder au diverticule des Ours[55] et des Bouquetins. L'exploration se poursuit par la salle Brunel (panneau de félin noir, de la main positive, panneau des dominos, des chevaux jaunes[56], grand panneau de points-paumes), la salle des Bauges (panneau de la Panthère[57] et du Rhinocéros abrégé[58]), la galerie du Cactus (panneau de l'ours rouge, panneau du mammouth et des félins noirs), la salle du Crâne (pendant aux Rennes, crâne du bloc[59]) et la salle du Fond (panneau du renne dansant, des rhinocéros, des trois lions, alcôve du cheval, grand panneau des lions, panneau du rhinocéros crachant, pendant de la Vénus, sacristie et galerie du belvédère).

Les squelettes montrent une grande diversité faunique du point de vue taxonomique qui semble correspondre à des fréquentations diachroniques (Pléistocène supérieur et Holocène) et différenciées (volontaires comme les carnivores ou involontaires comme les oiseaux et les ongulés qui pourraient être des proie). Les paléontologues ont identifié « au moins neuf espèces de carnivores (Ursus spelaeus, Ursus arctos, Panthera pardus, Felis silvestris, Canis lupus, Vulpes vulpes, Martes martes, Martes foina, Crocuta crocuta spelaea), cinq d’ongulés (Bos ou Bison, Capra ibex, Capreolus capreolus, Cervus elaphus, Equus caballus), trois de rongeurs (Apodemus silvaticus, Eliomys quercinus, Microtus nivalis), un chiroptère (Myotis myotis et quelques os d’un Chiroptère indéterminé), cinq espèces d’oiseaux (Aquila chrysaetos, Pyrrhocorax graculus, Cinclus cinclus, turdidae sp. et un passériforme indéterminé) et un reptile (couleuvre ?) ». Aucun ossement fossile d'espèces relativement abondantes dans le bestiaire pariétal (Panthera spelaea, Megaloceros giganteus) n'a été découvert[43].

La grotte comporte également des empreintes animales (ours, canidé, bouquetins) dont l'étude paléoichnologique permet notamment d'établir des relations prédateurs-proies[60]. Fait rare, une piste d’empreintes de pieds humains correspondent à celles d'un enfant d'environ huit ans, mesurant 1,30 m. Le faible rapport longueur (21,4 cm) sur largeur (9,2 cm) du pied évoque plutôt un individu du sexe masculin[61].

De nombreux vestiges archéologiques ont été mis à jour : ossements, silex débités, traces de foyers, meules, charbons de bois[62].

Datations[modifier | modifier le code]

La grotte est d'autant plus remarquable qu'elle a été occupée par les hommes à deux périodes très anciennes, l’Aurignacien et le Gravettien. Selon les scientifiques chargés de l'étude sous la direction du préhistorien Jean Clottes, les œuvres pariétales auraient été réalisées au cours de la première seulement. Pour d'autres auteurs, seuls les dessins réalisés avec des charbons de bois (provenant de pin sylvestre[63]) dateraient de la période la plus ancienne, les dessins faits avec de l'ocre datant du Gravettien.

Les premières datations par le carbone 14 ont créé la surprise par leur ancienneté (31 000 ans). La grotte a depuis bénéficié d'un nombre exceptionnel de datations directes, dont certaines à partir d'échantillons prélevés directement sur les peintures[4]. Des échantillons furent confiés à plusieurs laboratoires. Les dates obtenues sont difficilement contestables et acceptées aujourd'hui par la majorité des préhistoriens. La grotte a connu deux phases d'occupation, l'une à l'Aurignacien (33 à 29 000 ans BP en âge non calibré), l'autre au Gravettien (27 à 24 500 ans BP en âge non calibré). Les variations de la teneur atmosphérique en carbone 14 rendent nécessaire une correction des datations anciennes pour avoir une idée plus juste de l'âge en années calendaires. Cette correction, appelée « calibration », est rendue possible par la reconstitution de l'évolution au cours du temps de la teneur atmosphérique en carbone 14 à partir de différentes sources d'informations (sédiments lacustres ou marins, coraux, spéléothèmes). Au moment de la publication du bilan de l'ensemble des datations par le carbone 14 obtenues pour la grotte, les auteurs indiquaient qu'ils ne disposaient pas d'informations suffisamment fiables pour les calibrer mais que les âges calendaires correspondant à la première phase d'occupation devaient être compris 33 et 38 000 ans avant le présent[4]. Des parallèles stylistiques ont également été établis depuis la découverte avec certaines statuettes découvertes en contexte aurignacien indubitable, telles que l'homme lion de Hohlenstein-Stadel[64].

Les datations ont été mises en doute en 2003 puis 2010 par certains archéologues, Christian Züchner, Paul Pettitt et Paul Bahn notamment, qui estimaient ces peintures plus récentes sur la base de critères stylistiques[65],[66],[67],[68]. Des recherches menées sur le style évoquent le cas de quelques gravures peut-être gravettiennes recouvrant certaines peintures noires aurignaciennes et attestant ainsi de leur plus grande ancienneté[69].

Des recherches géomorphologiques publiées en 2012 ont montré que l'entrée naturelle de la cavité par laquelle pénétraient les hommes de la Préhistoire et les différents animaux a progressivement été obstruée à partir de 29 500 ans jusqu'à sa fermeture définitive aux alentours de 22 000 ans[70]. Ces travaux de datations apportent des éléments de preuves permettant d'évacuer toute les hypothèses plaçant l'art de la Grotte ornée du Pont-d’Arc durant la période magdalénienne et solutréenne, comme le suggèrent certains auteurs sur la base d'analyses stylistiques de l'art pariétal.

Jean-Marc Elalouf et les membres de son équipe ont montré que les restes d'ursidés présents dans la grotte étaient bien ceux de l'ours des cavernes, représenté dans la galerie du cactus. Or cette espèce d'ours végétarien a disparu vers 28 000 ans BP, confirmant ainsi l'ancienneté de cette œuvre pariétale[71],[72].

Implications de la découverte de la grotte[modifier | modifier le code]

Les œuvres de la grotte démontrent qu'il existait déjà, au début du Paléolithique supérieur, des artistes capables d'abstraction intellectuelle pour préparer la paroi calcaire et penser le dessin. La grotte est un site majeur dans l'histoire de l'humanité, où l'on voit que les hommes maîtrisaient parfaitement des techniques très complexes comme l'estompe et la perspective capables de donner du volume aux représentations pariétales mais également d'y figurer un véritable dynamisme. Grâce à la grotte, les historiens et les scientifiques admettent dorénavant que l'art ne doit plus être lu comme un mouvement historique linéaire durant lequel les hommes auraient acquis des connaissances et des techniques de représentations pariétales leur permettant de dessiner des formes de plus en plus complexes. L'art peut être vu comme une suite d'apogées et de déclins dont la grotte serait déjà un sommet de réussite esthétique et technique.

Réplique du site[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Caverne du Pont-d'Arc.

La région Rhône-Alpes et le conseil général de l'Ardèche avec l'appui de l'État et de l'Europe construisent depuis 2012 sur le site du Razal à Vallon-Pont-d'Arc une réplique de la cavité. Baptisé en janvier 2014 « La Caverne du Pont-d'Arc », ce site culturel et touristique ouvre ses portes le 25 avril 2015.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Filmographie[modifier | modifier le code]

Chevaux, aurochs et rhinocéros
Réplique d'une peinture du lion des cavernes européen au musée anthropologique de Brno.

Quatre documentaires ont été réalisés en 2000 et 2003 sur la grotte par Pierre-Oscar Lévy :

  • 2003 : La Grotte Chauvet : dialogue d'équipe
  • 2003 : La Grotte Chauvet : la première fois. Ce film montre les premières visites de scientifiques découvrant la grotte. Il donne l'ensemble des clés pour comprendre la géologie, pour décrypter les traces et empreintes, et pour aller à la rencontre des premières images du monde dessinées ou gravées par ces artistes d'il y a 32 000 ans. Le film est commenté par Jean Clottes.
  • 2002 : Dans le silence de la Grotte Chauvet, première visite du poète, écrivain, peintre et critique John Berger.
  • 2000 : La Grotte Chauvet, devant la porte, fait découvrir le travail et quelques étapes marquantes de l’investigation scientifique autour de la grotte.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éliette Brunel, Jean-Marie Chauvet, Christian Hillaire, en collaboration avec Carole Deschamps-Etienne, 2014, La Découverte de la Grotte Chauvet-Pont d'Arc, Éd. Equinoxe (ISBN 2-84-135864-X)
  • Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel Deschamps, Christian Hillaire, 1995, La grotte Chauvet à Vallon-Pont-d'Arc, Éd. du Seuil, (ISBN 2-02-025530-8)
  • Archéologia. 1995, dossier: La grotte Chauvet, un nouveau Lascaux, numéro spécial, n°310
  • Jean Clottes (sous la dir. de), 2001, La grotte Chauvet : l'art des origines, Éd. du Seuil, (ISBN 2-02-102208-0)
  • Jean Clottes et Marc Azéma, 2005, Les félins de la grotte Chauvet, Éd. du Seuil, (ISBN 2-02-069272-4)
  • Bernard Gély et Marc Azéma, 2005, Les mammouths de la grotte Chauvet, Éd. du Seuil, 2-02-069271-6 (ISBN 2-02-069271-6)
  • Jean-Michel Geneste (sous la dir. de), 2005, Recherches pluridisciplinaires dans la grotte Chauvet, Société préhistorique française / Association française de Karstologie, (ISBN 2-913745-21-0)
  • John Berger, Jean-Marc Ellalouf, John Robinson, Jean-Jacques Salgon, 2007, Grotte Chauvet, Pont d'Arc : impressions, Éd. du Chassel, (ISBN 978-2-9509918-9-8)
  • Vallon-Pont-d'Arc, Grotte Chauvet : Bilan des recherches pluridisciplinaires, pp. 27 à 29
  • S. Petrognani, 2013, De Chauvet à Lascaux, l'art des cavernes, reflet de sociétés préhistoriques en mutation, Arles, Errance, collection "Les Hespérides".
  • Dossiers d'Archéologie, M. Azéma, 2013, La Grotte Chauvet-Pont d'Arc et La Baume-Latrone. Les plus anciens récits graphiques, n°358, p.6-13.
  • Dominique Baffier, 2014, La grotte Chauvet, Éd. Ouest-France, (ISBN 978-2-7373-5903-3)
  • Dominique Baffier, 2004, Les grottes peintes, Éd. Le Pérégrinateur éditeur, collection l'Esprit curieux, (ISBN 2-910352-27-7)
  • P. Lima, 2014, Chauvet-Pont d'Arc, le premier chef d'œuvre de l'Humanité révélé par la 3D, Synops Editions.
  • Archéologia. J. Daniel, 2014, Chauvet, patrimoine de l'Humanité, n°253, interview de Jean Clottes, p.6-7.
  • Dossiers d'Archéologie. R. Pigeaud, 2014, Chauvet II copie d'un chef d'œuvre, N°361, p.60-61
  • Archéologia. Jacques Daniel, 2014, Grotte Chauvet, reconstituer le panneau des Lions, N°526, p.64-73.
  • Jean-Jacques Delannoy, Jean-Michel Geneste, Bruno David, Margaret Katherine, R.g. Gunn et Ray l. Whear, « Apports de la géomorphologie dans l’aménagement et la construction sociale de sites préhistoriques. Exemples de la grotte Chauvet-Pont-d’Arc (France) et de Nawarla Gabarnmang (Australie) », PALEO, no 23,‎ 2012, p. 85-104 (lire en ligne)

Romans et bande dessinée[modifier | modifier le code]

Quelques œuvres de fiction préhistorique ont pour cadre la grotte :

  • Jean Courtin, Le chamane du bout du monde, Paris, Seuil,‎ , 390 p. (ISBN 978-2020306829)
  • Anne-Marie Desplat-Duc, La caverne de l'ours sacré, Paris, Grasset - Lampe de poche, 1998, 63 p. Roman jeunesse (9 ans et plus)
  • Gérard et Sylvie Aubriot, L'homme de la Combe d'Arc ou Le peintre de la grotte Chauvet : roman, Pont-Saint-Esprit; Éd. la Mirandole, 2000 (ISBN 2-909282-64-3)
  • Eric Le Brun, préface de Jean Clottes, L'art préhistorique en BD, première époque, Grenoble, Glénat,‎ , 38 p. (ISBN 978-2723486880)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Notice no PA00135635 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Le site du ministère de la Culture parle de la « Grotte Chauvet-Pont-d'Arc » et l'UNESCO de « Grotte ornée du Pont-d’Arc, dite Grotte Chauvet-Pont-d’Arc », tandis que la notice d'autorité du Sudoc préfère « Grotte Chauvet », qui est le nom le plus couramment rencontré dans les sources. L'explication de ces différentes dénominations est donnée dans la section « saga juridique »
  3. Jean Clottes, La grotte Chauvet: l'art des origines, Seuil,‎ 2001, p. 203
  4. a, b et c Valladas, H., Tisnérat-Laborde, N., Cacher, H., Kaltnecker, É., Arnold, M., Oberlin, Ch. et Évin, J. (2005) - « Bilan des datations carbone 14 effectuées sur des charbons de bois de la grotte Chauvet », Bulletin de la Société Préhistorique Française, t. 102, no 1, La grotte Chauvet à Vallon-Pont-d'Arc : un bilan des recherches pluridisciplinaires Actes de la séance de la Société préhistorique française, 11 et 12 octobre 2003, Lyon, p. 109-113.
  5. Jean Clottes, La grotte Chauvet: l'art des origines, Seuil,‎ 2001, p. 112
  6. Gilles Tosello et Carole Fritz, « Les dessins noirs de la grotte Chauvet-Pont-d'Arc : essai sur leur originalité dans le site et leur place dans l'art aurignacien », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 102, no 1,‎ 2005, p. 159-171 (lire en ligne)
  7. a et b Grotte ornée du Pont d’Arc, dite grotte Chauvet-Pont d’Arc, Ardèche
  8. « La grotte Chauvet entre aujourd'hui au patrimoine de l'Humanité », sur lefigaro.fr,‎ (consulté le 21 juin 2014).
  9. Préhistoire, art et sociétés, bulletin de la Société préhistorique Ariège-Pyrénées, volume 57, Société préhistorique Ariège-Pyrénées, 2002, p. 35
  10. Datation au 36Cl (isotope formé par l'exposition aux rayons cosmiques) des niches d’arrachement qui surplombent la paléo-entrée, mesure corrigée en retranchant la quantité de chlore 36 qui a pu s’infiltrer ultérieurement par percolation de l’eau dans les fissures de la roche. Source :(en) Benjamin Sadier, Jean Jacques Delannoy, Lucilla Benedetti, Didier L. Bourlès, Stéphane Jaillet, Jean Michel Geneste, Anne-Elisabeth Lebatard, Maurice Arnold, « Further constraints on the Chauvet cave artwork elaboration », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 109, no 21,‎ , p. 8002–8006 (DOI 10.1073/pnas.1118593109)
  11. Cette équipe de spéléologues chevronnés (Jean-Marie Chauvet, Christian Hillaire et Éliette Brunel) avait déjà découvert une dizaine de grottes ornées dans les gorges de l'Ardèche (notamment une vénus gravée dans la grotte du Planchard, puis début 1994 des tracés digitaux dans la bergerie de Charmasson, deux cavités qui ne sont éloignées tout au plus que de trente mètres de ce qui deviendra le vestibule d’entrée de la grotte Chauvet-Pont-d'Arc). Six mois avant la date du 18 décembre 1994, une autre équipe (Michel Rosa, Didier Lanthelme, Jean-Marie Chauvet et Éliette Brunel) avait entamé les travaux de désobstruction de ce vestibule. Source : Christophe Gauchon, « Les gorges de l’Ardèche et la grotte Chauvet : redéfinition d’une région touristique », Téoros, vol. 28, no 1,‎ 2009, p. 85.
  12. site Kronobase, « Chronologie : Jean-Marie Chauvet »,‎ (consulté le 29 août 2014)
  13. Selon différents proches du dossier, la présence de Christian Hillaire est contestée. « Jean-Marie Chauvet et Éliette Brunel-Deshamps ne voulaient pas, pour des raisons privées, dire qu'ils étaient allés dans la grotte tous les deux seuls. Aussi auraient-ils demandé à Christian Hillaire de leur servir d'alibi. Rien de plus. Ils ignoraient sans doute que leur arrangement allait engendrer une situation moralement intenable : dans le trio, un homme, absent au moment de l'exploration, allait être indemnisé par des fonds publics, pour l'invention d'un trésor qu'il n'aurait pas découvert ». Les trois inventeurs réfutent l'existence d'un tel pacte. Source : Clément Pétreault, « Grotte Chauvet, les vraies raisons du pacte secret », sur lepoint.fr,‎ .
  14. Photo de la vire qui mène à l'entrée
  15. Vue satellitaire de la falaise
  16. Photo des deux entrées cerclées en rouge : à gauche la paléo-entrée, à droite l'entrée découverte en 1994
  17. Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel Deschamps, Christian Hillaire, La grotte Chauvet à Vallon-Pont-d'Arc, Seuil,‎ 1995, p. 27
  18. Source : « Grotte Chauvet, les vraies raisons du pacte secret », déjà cité.
  19. Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel Deschamps, Christian Hillaire, La grotte Chauvet à Vallon-Pont-d'Arc, Seuil,‎ 1995, p. 28
  20. Gaetner Gilles, « La grotte Chauvet au tribunal », sur lexpress.fr,‎
  21. Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel Deschamps, Christian Hillaire, La grotte Chauvet à Vallon-Pont-d'Arc, Seuil,‎ 1995, p. 82
  22. Louis Destrem, « Un faux qui vaut de l'or », sur ladepeche.fr,‎
  23. a et b Agnès Brunet, « La saga de la grotte Chauvet », sur lepoint.fr,‎
  24. Robin Charbonnier, « Grotte Chauvet : les découvreurs pensent qu’on veut « se débarrasser » d’eux », sur ledauphine.com,‎
  25. L’adverbe « convenablement » demeure tellement vague qu’il peut être interprété de manière très différente selon les protagonistes.
  26. « Derrière la grotte Chauvet, une affaire de nom et de gros sous », sur huffingtonpost.fr,‎
  27. « Grotte Chauvet: pourquoi cet imbroglio ? », sur ledauphine.com,‎
  28. « À qui appartient la grotte Chauvet ? », sur nationalgeographic.fr,‎
  29. « La grotte Chauvet, au cœur d’une saga juridique », sur lesechos.fr/,‎
  30. Jacky Bornet, « Grotte Chauvet : aucun droit aux inventeurs du site », sur francetvinfo.fr,‎
  31. Un comité de soutien à la candidature
  32. Unesco : La Grotte Chauvet Pont-d’Arc présentée par la France
  33. « La grotte Chauvet classée au patrimoine mondial de l’Unesco », sur ledauphine.com (consulté le 22 juin 2014)
  34. Cet animal dans la salle Hillaire est associé aux puissances surnaturelles dans de nombreuses cultures en raison de sa capacité tourner à la tête à 180°. Sa morphologie (les oreilles, en particulier) a permet de préciser qu'il s'agit d'un hibou moyen-duc.
  35. La porte blindée est reliée par une passerelle de bois imputrescible et acier inoxydable de 40 mètres à la grotte du Treuil, aménagée en « base de vie » à l’usage des agents de la Conservation. Source : La grotte Chauvet. Un site classé et protégé, site archeologie.culture.fr
  36. La grotte Chauvet: Analyse de l'environnement souterrain, fonctionnement naturel
  37. Pedro Lima, « Une grotte à l'origine de l'art », sur lefigaro.fr,‎
  38. En raison des températures qui augmentent l'été, le taux de CO2 et de radon rendent infréquentable pour les humains, si bien qu'est totalement fermée de juin à décembre. À noter que la galerie du fond, plus confinée, a un taux de CO2 entre 2 et 3,5 %, le reste de la grotte ayant un taux de 1 à 2 %.
  39. « Vite, il faut refermer la grotte Chauvet », sur nationalgeographic.fr,‎ 18 décembe 2014
  40. Bourges F., Genthon P., Genty D., Lorblanchet M., Mauduit E., D’Hulst D. (2014) - « Conservation of prehistoric caves and stability of their inner climate: lessons from Chauvet and other French caves », Science of the Total Environment, Vol. 493, 15 Sept. 2014, p. 79-91, DOI:10.1016/j.scitotenv.2014.05.137.
  41. Bourges, F., Mangin, A. Genthon, D. Genty, D., D’Hulst, D., Mauduit, E. (2014) - « Conservation et gestion des grottes ornées préhistoriques : les apports du suivi environnemental de la grotte Chauvet-Pont d’Arc (Ardèche, France) », Actes du colloque « microanalyses et datations de l’art préhistorique dans son contexte archéologique », Paléo numéro spécial 2014, pp.339-345.
  42. Reconstitution 3D de la paléo-entrée de la grotte Chauvet. Source : Delannoy J.-J., Sadier B., Jaillet S., Ployon E., Geneste J.-M., « Reconstitution de l’entrée préhistorique de la grotte Chauvet-Pont d’Arc (Ardèche, France) : les apports de l’analyse géomorphologique et de la modélisation 3D », Karstologia, no 56,‎ 2010, p. 17-34.
  43. a et b Michel Philippe et Philippe Fosse, « La faune de la grotte Chauvet (Vallon-Pont-d’Arc, Ardèche) : présentation préliminaire paléontologique et taphonomique », PALEO, no 15,‎ 2003, p. 123-140 (lire en ligne)
  44. Grotte Chauvet : sectorisation de la grotte avec les noms usuels des salles et galeries
  45. Panorama de la salle Hillaire
  46. Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel Deschamps, Christian Hillaire, La grotte Chauvet à Vallon-Pont-d'Arc, Seuil,‎ 1995, p. 58-59
  47. Jean Clottes, La grotte Chauvet: l'art des origines, Seuil,‎ 2001, p. 202
  48. M. Azéma , J. Clottes, « Les images de félins de la grotte Chauvet », Bulletin de la Société préhistorique française, no 102,‎ 2005, p. 174
  49. a et b Jean Clottes, Bernard Gély, Yannik Le Guillou, « Dénombrements en 1998 des représentations animales de la Grotte. Chauvet (Vallon-Pont-d'Arc, Ardèche) », International Newsletter on Rock Art, no 23,‎ 1999, p. 18-25
  50. Cette interprétation d'un être composite est encore hypothétique. D'autres hypothèses restent possible : peinture d'une femme et non d'un homme (en rasions de la présence d'un triangle qui évoque les triangles pubiens ; peinture d'un bison seul au dessin mal schématisé, ou bison dont les composantes interprétées comme humaines ne sont que la conséquence involontaire d'un geste de frottement. Source : Yannik Le Guillou, « La Vénus du Pont-d'Arc », International Newsletter on Rock Art, no 29,‎ 2001, p. 1-5.
  51. Le bison se superpose à sa partie supérieure absente mais il n'en a pas été peut-être toujours ainsi. Une lionne est peinte à gauche de cette partie supérieure. Le triangle sombre, coloré de pigment noir, creusé en sa pointe inférieure d'une fente profonde, marque nettement le pubis et le sillon vulvaire. Le sexe est entouré d'une ébauche de hanches rondes prolongées par deux cuisses charnues et par une ébauche de jambes en fuseau. Les pieds sont absents. Photo du Sorcier et de la Vénus
  52. Pascal Depaepe, La France du Paléolithique, Découverte,‎ 2009, p. 101
  53. Jean Clottes, La grotte Chauvet: l'art des origines, Seuil,‎ 2001, p. 171
  54. Visite virtuelle de la grotte Chauvet
  55. Figurations souvent difficiles à interpréter, les ours se caractérisent par un mufle arrondi avec une forte rupture de pente sur le chanfrein.
  56. Couleur jaune réalisée par de la goethite.
  57. Unique représentant de son espèce dans la grotte et dans l'art européen.
  58. Synecdoque (représentation abrégée d’un contour animal permettant, par seulement quelques tracés, de le reconnaître) de sa tête.
  59. Il s’agit de celui d’un « animal sub-adulte, car les sutures des différents éléments crâniens (frontal, pariétaux…) ne sont pas encore soudées et vraisemblablement d’une jeune femelle si l’on en juge par la crête sagittale très courte et peu développé ».
  60. Michel-Alain Garcia, « Les empreintes et les traces humaines et animales », In Clottes J. (dir), La Grotte Chauvet : L’art des origines, Seuil éditions, 2001, p. 34-43
  61. Jean Clottes, La grotte Chauvet: l'art des origines, Seuil,‎ 2001, p. 38
  62. Jean Clottes, La grotte Chauvet: l'art des origines, Seuil,‎ 2001, p. 47
  63. Jean Clottes, La grotte Chauvet: l'art des origines, Seuil,‎ 2001, p. 46
  64. Jean Clottes et Marc Azéma, Les Félins de la grotte Chauvet, Seuil (2005).
  65. « Doutes concernant la datation de la grotte Chauvet », Le Nouvel Observateur, 2003.
  66. Christian Züchner, « Grotte Chauvet Archaeologically Dated ».
  67. Paul Pettitt, « L'ancienneté de la grotte Chauvet n'est pas démontrée », La Recherche, no 364, mai 2003, p. 21.
  68. Participation de Paul Bahn à une émission consacrée à la grotte, Europe 1, 17 juillet 2010, où les invités demandent à ce que des résultats plus complets de datation soient fournis afin qu'on puisse notamment distinguer, parmi les charbons utilisés pour les fresques, ceux provenant de bois de ceux provenant de charbon d'os, par exemple d'ours, présents dans la grotte depuis au moins 30 000 ans sans pour autant attester l'ancienneté des fresques qui auraient pu être créées à une période plus récente (intervention depuis la minute 55 à 59). Cette remarque traduit une méconnaissance de la méthode de datation par le carbone 14, qui ne peut s'appliquer aux ossements brûlés.
  69. Emmanuel Guy, « La grotte Chauvet : un art totalement homogène ? », paleoesthetique.com, février 2004.
  70. Sadier B., Delannoy J.-J., Benedetti L., Bourlès D.-L., Jaillet S., Geneste J.-M., Lebatard A.E., Arnold M., 2012, « Further constraints on the Chauvet Cave artwork elaboration », Proceedings of the National Academy of Sciences, no 109, 21. p. 8002-8006
  71. C. Bon, V. Berthonaud, P. Fosse, B. Gély, F. Maksud, R. Vitalis, M. Philippe, J. van der Plicht et J.-M. Elalouf, 2011, « Low regional diversity of late cave bears mitochondrial DNA at the time of Chauvet Aurignacian paintings », Journal of Archaeological Science
  72. « La grotte Chauvet datée par l'ours », Pour la Science, no 404, juin 2011, p. 6.
  73. Cave of Forgotten Dreams