Grotte de Lombrives

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Grotte de Lombrives
LombrivesEntree.jpg
Localisation
Coordonnées
Adresse
Vallée
Haute vallée de l'Ariège (rivière)
Localité voisine
Voie d'accès
Caractéristiques
Type
Longueur connue
7 km
Période de formation
Température
13°C
Occupation humaine

Géolocalisation sur la carte : Ariège

(Voir situation sur carte : Ariège)
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Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
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La grotte de Lombrives est une grotte dont l'entrée principale est située sur la commune d'Ussat, à trois kilomètres au sud de Tarascon-sur-Ariège dans le département de l'Ariège (France). Une partie de la grotte accueille des visiteurs touristiques.Le site, non aménagé, est classé.

Situation et contexte[modifier | modifier le code]

La grotte de Lombrives s'ouvre à une centaine de mètres au-dessus du niveau du fond de la vallée de l'Ariège, dans le massif du Cap de la Lesse (1189 m). Ce massif renferme aussi les grottes de Niaux et de Sabart, qui s’ouvrent sur la vallée du Vicdessos. L’ensemble des trois grottes constitue un réseau de galeries qui se développent sur 14 kilomètres[1].

Aussi appelée, dans le passé, grande caverne d'Ussat ou grotte des Échelles, son exposition au nord-est lui a probablement valu le nom d’Ombreuse (Oumbriouo) puis Ombrive (Jean-Baptiste Noulet, 1882).

La grotte est caractérisée par des galeries et des salles de grandes dimensions, des paysages souterrains variés et un riche passé : prehistorique, protohistorique et historique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Brèche à ossements (dont Homo sapiens) datant de l'âge du Bronze ; fouilles Noulet, 1882, MHNT

La grotte a servi de refuge pendant des siècles : les groupes humains préhistoriques du Néolithique, des brigands, des ermites, des lépreux, de simples bergers ainsi que des faux-monnayeurs s'y sont abrités. La grotte aurait servi de refuge à l'évêque cathare Amiel Aicard après la chute du château de Montségur en 1244. Elle abrita des prêtres et des nobles pendant la Révolution française puis des Républicains pendant le Premier Empire.

La cavité est ornée de milliers de signatures et signes isotérique[Quoi ?]. Certaines datent du XIIe siècle. Une inscription, (la date de 1578) fait mention du roi Henry IV alors roi de Navarre. Cette signature, recoupé avec un texte extrait d'un manuscrit détenu par les archives départementales de l'Ariège atteste d'une visite monarchale.( http://tarasconportedesmontagnes.over-blog.com/article-henri-de-navarre-de-tarascon-a-lombrives-44682936.html).Le premier à révéler le graffiti de 1578 attribué au roi de Navarre, situé à quelques mètre avant l'étroit boyau du Pas du Crime, est certainement Jean François Rambaud (ancien conservateur de la bibliothèque de la ville de Foix et inspecteur des monuments historiques de l’Ariège) qui écrit (voir ses notes manuscrites) dans les années 1821-1822 : «... Lombrives a été visitée à différentes époques par des personnages célèbres . Henri IV est de ce nombre. Ce grand prince dédaigna tracer son nom sur une roche unie...».

M.C.Bergès (directeur de l’école normale de l’Ariège), dans le souffle de J-F. Rambaud signale cette inscription en 1839 dans son ouvrage imprimé intitulé, lectures morales suivies de la description du Département de l’Ariège : « … le temps a respecté le nom d’Henri IV gravé dit-on, sur une roche unie, de la main même de ce bon Roi...». En 1954, Jean-Baptiste Fauré-Lacaussade publiait un petit ouvrage, intitulé «  Tarascon-sur-Ariège, le pays des cavernes », dans lequel il relate un épisode historique, longtemps resté une énigme : « En 1578, trois notables de Tarascon, Teynié, Jean de Séré et Jean de Sérou, chefs du mouvement protestant de cette ville, ont écrit leur nom au-dessous de celui du Roi Henri III de Navarre, comte de Foix qui visita la grotte de Lombrives et y inscrivit : Deo Rex, Roi de Navarre, Comte de Foix 1578 ». Pour Claudine Pailhès, Les terres d’Ariège au temps des guerre de religion 155-1630, le passage du prince s’inscrit dans l’utilisation des mythes dynastiques.

En effet, la légende de Pyrène faisait des rois de Navarre les descendants du neveu d’Hercule. Ce même Hercule qui avait jadis conquis l’Espagne. Henri IV sauvera la France en repoussant l’invasion espagnole, mais à une date postérieure à son passage dans la grotte.

Holhagaray (préface p.4) rapporte ainsi ces vers à la gloire du roi :

(…) Hercule ayant vaincu le triple orgueil d’Hespagne

Se fist père du roy de ce coin de montagne

Qui des fils de ses fils a tousjours prins la loy.

Henry, l’unique effroy de la terre Hesperide,

Tu ne pourras avoir plus grand ayeul qu’Alcyde,

Il ne pourroit avoir plus grand neveu que toi.

Henri de Navarre, connaissait évidemment ces légendes qui venaient donner à sa famille une origine épique et divine.

On se plaît donc à imaginer que c’est sur les pas de ses ancêtres mythiques qu’il se rendit lui-même dans la grotte de Lombrives, ce « roc de Tarascon » dont on disait sans doute déjà, comme on le dit toujours aujourd’hui au visiteur , qu’il abrite le tombeau de Pyrène.

Les découvertes de deux crânes humains intacts, ainsi qu'une grande variété d'ossements humains et animaux et de poteries par Félix Garrigou, Jean-Baptiste Rames et Henri Filhol sont officialisées en 1864[2] bien que des découvertes antérieures aient eu lieu, notamment dans le lieu-dit du « cimetière ». En effet, Adolphe Garrigou, historien et père de Félix Garrigou, et l'archiviste départemental Rambaud commencèrent les fouilles de la grotte de Lombrives dès 1822.

Jean-Baptiste Noulet poursuit les fouilles de cette grotte en 1882[3]. Ensuite la grotte a été fouillée par Félix Régnault à la fin du XIXe siècle[4].

Légendes[modifier | modifier le code]

Légende mythologique La cavité renferme le tombeau de la princesse Pyrène.(https://fr.wikipedia.org/wiki/Pyr%C3%A8ne_(Pyr%C3%A9n%C3%A9es)) (https://www.cathares.org/pyrene.html) Selon la légende, Hercule,ou héraclès,demi-dieu et héros célèbre par sa force, son courage et ses nombreux exploits légendaires serait à l'origine de la création des Pyrénées. Il aurait édifié au fond de la grotte de LOMBRIVES le tombeau de la princesse Pyrène et aurait commencer son oeuvre à partir du tombeau. La légende de Pyrène: Après la création de la terre, à l'aube des temps, vivait dans une contrée de hautes montagnes et de profondes vallées une peuplade appelée Bekrydes. Leur souverain, Bebryx, avait établi sa cour dans la plus vaste grotte connue des hommes : Lombrives. Sa fille, belle, jeune et douce, prénommée Pyrène, était courtisée par tous les rois et seigneurs des environs. Mais en vain !

Un jour, venant des bords de la mer Egée, un jeune et bel homme, un héros, dénommé Hercule, arriva au pays des Bebrydes. Il fit la connaissance de Pyrène et fréquemment, se retrouvèrent. Par une chaude nuit d'été dans la pénombre étoilée, au milieu de senteurs de mille fleurs, leur deux corps d'adolescents vécurent frénétiquement le même instant.

Quelques temps après, Hercule fut demandé pour d'autres travaux, un creusement de portes dit-on l'appelait au-delà de ces montagnes. Pyrène restait bien seule tandis que sa taille portait la trace de ces fols amours ... Aussi eut-elle peur, de se montrer face à tous, face à son père le roi Bebryx, d'affronter la colère du souverain offensé. C'est pourquoi elle décida de fuir loin du royaume des Bebrydes.

Au cours de son chemin, un ours, un terrible ours brun s'approcha d'elle, la griffa, la terrassa, déchira son visage et son corps. Pyrène, de douleur hurla. Hercule qui entendit l'écho d'une vois agonisante, laissa tomber ses outils et ses travaux et, d'un bond, par-dessus cimes et torrents, accourut pour recueillir dans ses bras, sa bien-aimée, morte.

Au cœur de l'endroit le plus grandiose de l'immense grotte de Lombrives, dans une salle ornée de roches dorées, eut lieu une grande cérémonie en présence de tous les hauts dignitaires du royaume des Bekrydes. Hercule lentement prononça ces quelques mots d'adieu : «Afin que ton nom, ma chère Pyrène, soit conservé à jamais par les hommes qui peupleront cette terre, ces montagnes dans lesquelles tu dors pour l'éternité, s'appelleront dorénavant : Les Pyrénées.»


le tombeau de Pyrène - (grotte de Lombrives)

la légende des emmurés de LOMBRIVES[modifier | modifier le code]

La légende raconte que le trésor des Cathares aurait été caché dans la grotte en 1244, et que les derniers Cathares qui s’y seraient réfugiés puis y auraient été emmurés en 1328.Gibert Garrigues dans son article les Emmurés de Lombrives (les Cahiers d’études Cathares 1972-1973) relate : «... A la grotte de Lombrives…c’est donc avec plaisir et émotion que je trouvais trace du passage de « Nouste Henric ». En effet, c’est le futur Henri IV, héritier de Béarn et Comte de Foix qui, accompagné de ses aides de camp, organisa une cérémonie afin que soient inhumés solennellement et décemment dans les cimetières d’Ussat et de Tarascon les restes de ces malheureux...». Et il poursuit :« ... Pourtant nulle date, nul monument dans les nécropoles - d’ailleurs déplacées – de ces cités, n’évoque la décision du futur Roi de France. Heureusement que, prévoyant l’inconscience des générations futures, il avait tenu à marquer lui-même son intervention par le graffite suivant, peint à même le rocher : l’historien local qui guidait notre visite, en donne la traduction suivante : Par la Grâce de Dieu, Roi de Navarre et Comte de Foix – 1578 – et de ses aides de camp...»

Autres légendes[modifier | modifier le code]

Grottes et cavernes n’ont jamais cessé d’exercer sur les esprits , depuis l’aube des âges , une fascination que de nombreux contes et légendes pyrénéens illustrent. Comme l’écrit Christian Bernadac, pendant plusieurs siècles «…les paysans et même les hommes d’armes refusent de s’aventurer dans les grottes, le domaine du diable et des sorciers...». D’après Elisabeth et René Bodin, Lombrives est certainement au monde la grotte où l’on trouve la plus grande concentration de mythes littéraires : (contes, légendes et épopées…). Ce qui est certain, c’est que la grotte de Lombrives, du moins une grande caverne du pays de Tarascon, cachant, d’après les on dit de l’époque, des faits mystérieux, apparaît dans la littérature dès le XVIe siècle.

La caverne est citée par l’historien des Comtes de Foix, Bertrand Hélie, en 1540, in Historia fuxentium comitatum : « …je crois que c’était cet antre qu’on appelle, l’antre de Tarascon, prés de cette ville remarquable dans le pays de Foix ; l’entrée en est très étroite et on y entre avec des échelles, mais lorsqu’on y est parvenu, on y trouve des salles très étendues dont les voûtes sont magnifiques tout ce qu’on voit est merveilleux et inspire l’effroi au premier aspect, et l’on ne s’avance dans ce lieu qu’avec quelques difficulté et non sans crainte, pendant cinq ou six stades , mais ceux qui veulent aller au-delà sont si effrayés qu’ils rétrogradent de suite…(…).on y a trouvé dedans des corps d’hommes qui d’abord semblaient vivants et qui des qu’on les touchaient se réduisaient en poussière. Beaucoup de personnes vont dans ce lieu pour le visiter, c’est d’après leur rapport que nous réjouissons d’avancer ce que nous (…) elle cache des faits mystérieux...». bartas2-copie.jpgLe grand poète gascon attaché à la maison du roi de Navarre, Guillaume de Saluste sieur du Bartas, cite Lombrives – roc de Tarascon - dans les Neuf Muses des Pyrénées 1610 (première édition en 1579).

 VIII

« Ce roc cambré par art, par nature, ou par l’age,

Ce roc de Tarascon hébergea quelquefois

Les Geans qui voloyent les montagnes de Foix,

Dont tant d’os excessifs rendent seur tesmoignage.(…)

Iadis les fiers brigands du pays-plat bannis,

Des bourgades chassez, dans les villes punis,

Auoient tant seulement des grottes pour aziles…»


Ces quatre premiers vers prouvent l’ancienneté de la découverte « d’os excessifs » dans les cavernes de la région de Tarascon et principalement à Lombrives.


Holhagaray-2-.jpgPierre Olhagaray : historiographe du roi de Navarre, parlant des montagnes de Foix, empruntera (en les altérants) ces quatre vers à du Bartas dans son Histoire des comtes de Foix, Béarn, et Navarre – 1609. C’est donc encore sur le roc de Tarascon qu’Olhagaray, d’après du Bartas, appelle l’attention de ses lecteurs pour dire qu’on y trouve des os de géants.


Visites[modifier | modifier le code]

Une randonnées contemplative et culturelle de 2 h 30 est proposée au public dans une grotte naturelle et exceptionnelle de par son gigantisme et les paysages qu'elle renferme. Les milliers de signatures et signes isotériques attestent de la richesse protohistorique et historique.Certains visieurs peuvent avoir la possibilité de visiter une partie non accessible au grand public (randonnée d'une demi journée).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Niaux,Lombrives,Sabart », sur spéléo club du Haut Sabarthez (consulté le 3 mai 2017).
  2. « Sur les crânes de la caverne de Lombrives - Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris », (consulté le 26 janvier 2015)
  3. Jean-Baptiste Noulet, Étude de l'Ombrive ou grande caverne d'Ussat (Ariège) et ses accessoires, 1882, Privat Editeur.
  4. Le Muséum de Toulouse et l'invention de la préhistoire, 2010 (ISBN 978-2-906702-18-9)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Renault, Association française de karstologie, « Études récentes sur le karst de Niaux-Lombrive-Sabart (Ariège) », Karstologia : revue de karstologie et de spéléologie physique de la Fédération française de spéléologie et de l'Association française de karstologie, Paris, Fédération française de spéléologie, no 2,‎ 2e semestre 1983, p. 17-22 (ISSN 0751-7688, lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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