Grotte de Gabillou

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Grotte de Gabillou
(Grotte de las Agnelas)
Gabillou Sorcier.png
« Le sorcier » (à rapprocher du « chamane dansant » de la grotte des Trois-Frères).
Localisation
Coordonnées
Pays
Région
Département
Commune
Vallée
de l'Isle
Voie d'accès
Caractéristiques
Type
calcaire sableux maastrichtien
Longueur connue
27 m
Occupation humaine
Patrimonialité
Localisation sur la carte de France
voir sur la carte de France
Red pog.svg
Localisation sur la carte de Nouvelle-Aquitaine
voir sur la carte de Nouvelle-Aquitaine
Red pog.svg
Localisation sur la carte d’Aquitaine
voir sur la carte d’Aquitaine
Red pog.svg
Localisation sur la carte de la Dordogne
voir sur la carte de la Dordogne
Red pog.svg

La grotte de Gabillou, ou de las Agnelas[1], est une grotte ornée située sur la commune de Sourzac en Dordogne, région Nouvelle-Aquitaine, France.

Situation[modifier | modifier le code]

La grotte de Gabillou se situe dans la moitié ouest du département de la Dordogne, dans la vallée de l'Isle, sur la commune de Sourzac, à 2 km au sud-ouest du bourg au lieu-dit Gabillou, proche de Mussidan[2]. Hormis l'homonymie de nom, elle n'a aucun lien avec la commune de Gabillou située dans le même département mais à 55 kilomètres à l'est-nord-est.

Un autre gisement magdalénien, l'« abri Jumeau », a été trouvé sur la commune dans un ancien abri sous roche à environ 450 mètres au nord de la grotte, près du hameau les Pierres, à moins de dix mètres de la RD 6089[3].

Les Eyzies, haut site entre autres du Magdalénien, est à 65 km à l'est[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

La grotte est découverte en 1941 par MM. Charmarty et Truffier dans le sous-sol d'une habitation[5]. La Société historique et archéologique du Périgord (SHAP) en est informée l'année même[6] et, le , la grotte est classée au titre des monuments historiques[1]. Propriété privée[1], la grotte ne se visite pas afin d'en préserver les fragiles gravures[5].

Le docteur Jean Gaussen[n 1], passionné de préhistoire, achète la propriété en . Il fait éditer en 1964, en seulement 500 exemplaires, un document, La grotte ornée de Gabillou, dans lequel sont reportés les calques (relevés dans la grotte) de plus de cent gravures, ainsi qu'une trentaine de planches photographiques[7],[5].

Description[modifier | modifier le code]

Creusée dans un calcaire sableux maastrichtien et longue de 27 mètres, elle est difficile d'accès avec certains passages larges d'à peine 50 à 60 cm. À environ 6 m de l'entrée, un effondrement du sol indique probablement une communication vers une galerie inférieure[8]. Le fond de la grotte s'élargit quelque peu, formant la petite « salle du Cheval Rouge »[9]

Art pariétal[modifier | modifier le code]

Elle est ornée de plus de 200 gravures. La voûte à certains endroits et les parois sont gravées principalement de multiples représentations animales : « chevaux de divers types, bovidés, bisons, rennes, bouquetins, mammouths et lièvres »[8], ainsi que « deux représentations humaines : le « sorcier de Gabillou » et une femme vêtue d'une sorte d'anorak à capuchon »[10].

D. et E. Peyrony (1941) attribuent les gravures au Périgordien et à l'Aurignacien. David et al. (1952) penchent plutôt pour le Magdalénien ancien[11].

Lampe à graisse de Gabillou
en grès

David et al. (1952) indiquent que ces gravures « sont remarquables et d'une classe au moins égale à celles des Combarelles, de la Mouthe et de Font-de-Gaume »[11], toutes trois situées en vallée de la Vézère, sur la commune des Eyzies.

Lampes[modifier | modifier le code]

Beaune et al. (1986) citent trois lampes magdaléniennes[12]. David et al. (1952) en mentionnent neuf, dont huit trouvées par M. Chamarty en 1941 ; et une trouvée en 1952 ou peu avant cette date, dans le diverticule Est[8],[9].

L'une de ces lampes se trouvait tout au fond de la grotte ; d'autres ont été recueillies dans le passage à même le sol[13].

Une des lampes est en cours de façonnage, seulement partiellement dégagée de son bloc calcaire. Deux lampes ne sont pas façonnées et l'une de celles-ci présente deux rigoles d'écoulement (pour la graisse chaude)[14] ,[15],[16]. Ces rigoles ne servent d'ailleurs peut-être pas à l'écoulement mais auraient pu servir à stabiliser la mèche — auquel cas cette lampe de Gabillou en serait le seul exemple connu en 1979. En tous les cas, selon Beaune (1979) elles serviraient au moins à diminuer la quantité de graisse fondue et donc à faciliter l'ignition[17]. (Cependant au moment de l'ignition, la graisse n'est pas encore fondue et donc ne s'écoule pas encore. ?)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [David et al. 1952] Pierre David, Martine Hervé, J. Gauthier et Georges Malvesin-Fabre, « La grotte à gravures de Gabillou » (Séance du 14 mars), Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions & Belles-Lettres, vol. 96,‎ , p. 116-118 (lire en ligne [sur persee]). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Duhard 1990] Jean-Pierre Duhard, « Les humains gravés de Gabillou », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 118, no 2,‎ , p. 99-111 (lire en ligne [PDF] sur docs.shap.fr, consulté le ).
  • [Gaussen 1960] Jean Gaussen, « Nouvelles fouilles dans la grotte de Gabillou », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 87, no 2,‎ , p. 58-65 (lire en ligne).
  • [Gaussen 1964] Jean Gaussen (préf. Léon Pales), La grotte ornée de Gabillou, Bordeaux, Institut de Préhistoire de l'université de Bordeaux, (présentation en ligne).
  • [Gaussen 1991] Jean Gaussen, « Gabillou et la signification de l'Art pariétal 1 », Paléo, no 3,‎ , p. 113-117 (lire en ligne [sur persee]).
  • [Petrognani & Sauvet 2012] Stéphane Petrognani et Georges Sauvet, « La parenté formelle des grottes de Lascaux et de Gabillou est-elle formellement établie ? », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 109, no 3,‎ , p. 441-455 (lire en ligne [sur persee]).
  • [Peyrony & Peyrony 1942] Denis Peyrony et Élie Peyrony, « Une nouvelle grotte gravée en Périgord », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 39, nos 7-9,‎ , p. 234-235 (lire en ligne [sur persee]).
  • [Tauxe 2009] Denis Tauxe, « Analyse comparative des thèmes abstraits des deux grottes majeures du début de la culture magdalénienne, il y a 17 à 18 000 ans : Lascaux et Gabillou », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 136,‎ , p. 169-184 (lire en ligne [PDF] sur docs.shap.fr, consulté le ).
  • [Truffier 1941] Pierre Truffier, « La grotte du Gabillou », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 68, no 2,‎ , p. 107-112 (lire en ligne [PDF] sur docs.shap.fr, consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sur Jean Gaussen, voir [Texier 2000] Jean-Pierre Texier, « Jean Gaussen (1919-2000) », Paléo, no 12,‎ , p. 9-14 (lire en ligne [sur persee]).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Grotte de Las Agnelas ou de Gabillou », notice no PA00083008, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. « Lieu-dit Gabillou, carte IGN interactive » sur Géoportail.
  3. [Gaussen 1959] Jean Gaussen, « Un gisement magdalénien dans la vallée de l'Isle : l'Abri Jumeau, à Soursac (Dordogne) », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 56, nos 7-8 « Travaux en retard »,‎ , p. 486-492 (lire en ligne [sur persee]).
  4. « Sourzac, carte interactive », sur google.fr/maps (consulté le ). Les distances par route entre deux points donnés sont calculées dans le panneau latéral (voir l'onglet en haut à gauche de l'écran) - cliquer sur "itinéraires".
  5. a b et c Bruno Boucharel, « La grotte de Gabillou, un trésor à découvrir », Sud Ouest édition Périgueux,‎ , p. 21 (lire en ligne [sur sudouest.fr], consulté le ).
  6. David et al. 1952, p. 116.
  7. J. Gaussen, « La grotte ornée de Gabillou », Notice bibliographique, catalogue de la BNF (consulté le ).
  8. a b et c David et al. 1952, p. 117.
  9. a et b Hitchcock, sur donsmaps. Voir notamment les photos de plusieurs lampes.
  10. Jean-Luc Aubarbier, Michel Binet, Guy Mandon, Nouveau guide du Périgord-Quercy, Ouest-France, 1987, (ISBN 2-85882-842-3), p. 283.
  11. a et b David et al. 1952, p. 118.
  12. [Beaune et al. 1986] Sophie A. de Beaune, Alain Roussot et James Sackett, « Les lampes de Solvieux (Dordogne) », L’anthropologie, vol. 90, no 1,‎ , p. 107-119 (lire en ligne [sur halshs.archives-ouvertes.fr], consulté le ), p. 115, 116, 118.
  13. [Beaune 2000] Sophie A. de Beaune, « Les techniques d'éclairage paléolithiques : un bilan », Paléo, no 12,‎ , p. 19-27 (lire en ligne [sur persee]), p. 21.
  14. Gaussen 1960 ; Gaussen 1964.
    Cités dans Delluc & Delluc 1979, p. 123.
  15. [David et Glory 1965] Pierre David et André Glory, « Brûloirs paléolithiques inédits de la collection P. David provenant de la grotte de Gabillou près de Mussidan (Dordogne) », Bulletin de la Société d'études et de recherches préhistoriques, no 14,‎ , p. 65-70. Cité dans Delluc & Delluc 1979, p. 123.
  16. [Delluc & Delluc 1979] Brigitte Delluc et Gilles Delluc, « L’éclairage », Gallia Préhistoire, no 12 (Suppl.) « Lascaux inconnu »,‎ , p. 121-142 (lire en ligne [sur persee]), p. 123.
  17. Delluc & Delluc 1979, p. 136.