Abîme de Bramabiau

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Abîme de Bramabiau
Image illustrative de l'article Abîme de Bramabiau
L'abîme de Bramabiau, vue du panorama
Coordonnées 44° 07′ 15″ N 3° 28′ 30″ E / 44.1207, 3.4749444° 07′ 15″ Nord 3° 28′ 30″ Est / 44.1207, 3.47494
Pays Drapeau de la France France
Région française Languedoc-Roussillon
Gard
Vallée vallée du Bonheur
Localité voisine Saint-Sauveur-Camprieu
Voie d'accès D986
entre Meyrueis et l'Aigoual
Altitude de l'entrée 1029
Longueur connue 10 210 m
Type de roche calcaire
Température 10 °C

L'abîme de Bramabiau (en occitan, graphie classique : avenc de Bramabuòu) est une cavité d'où surgit une rivière souterraine par une diaclase de 70 m de hauteur.

C'est un site naturel classé[1], situé en France, sur la commune de Saint-Sauveur-Camprieu dans le département du Gard, en région Languedoc-Roussillon.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Bramabiau provient de l'occitan languedocien bramabuòu qui signifie le « bœuf qui brame », ce qui est justifié par le fracas d'une chute de 10 m de hauteur en fortes eaux.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'abîme en période de fortes eaux (mai 2008)

Entre le mont Aigoual et les gorges du Tarn se situe l'abîme de Bramabiau. Au fond du canyon Hypogée, la rivière du Bonheur y continue son intense travail d'érosion.

Le ruisseau du Bonheur prend sa source près du col de la Serreyrède. Il coule au fond d'une petite vallée longue de quelque cinq kilomètres avant de s'enfoncer dans le causse de Camprieu en de multiples pertes.

Le ruisseau se scinde alors en plusieurs rivières souterraines qui creusent un véritable labyrinthe de plusieurs kilomètres avant de resurgir à l'air libre en prenant le nom de Bramabiau.

Historique[modifier | modifier le code]

Découverte et explorations[modifier | modifier le code]

Édouard-Alfred Martel découvrit l'abîme de Bramabiau en septembre 1884, année où il explora la grotte de Dargilan, l'aven Armand et le gouffre de Padirac. La description qu'il fit des galeries souterraines, « un caprice de la nature tel qu'on n'en connait pas de semblable », rendit rapidement Bramabiau célèbre. Martel en réussit la traversée le 28 juin 1888 accompagné de Marcel et Gabriel Gaupillat, Philippe Cheilley, Émile Foulquier, Hippolyte Causse, Louis Armand, Claude Blanc et Émile Michel. 1 300 m de traversée avaient été franchis. Le procès-verbal rédigé à la mairie de Camprieu à l'occasion de cette traversée fait figure d'acte de naissance de la spéléologie[2].

Le 15 septembre 1890, ce fut au tour du jeune Félix Mazauric, tout juste avant sa prise de fonction sur son nouveau poste d'instituteur à Camprieu, d'effectuer la 4e traversée en compagnie de son ami Randon. S'ensuivit en une année une série de 11 sorties qui permirent à Mazauric de porter le développement de l'abîme à 6 350 m et d'en établir la topographie.

Henri de Lapierre, à l'origine de la découverte d'un labyrinthe qui porte aujourd'hui son nom, a continué l'exploration en 1924, suivi par Pierre Maréchal qui, à partir de 1951, a complété les recherches précédentes.

Exploitation touristique[modifier | modifier le code]

Les premiers aménagements pour accueillir les visiteurs sont réalisés en 1925. Aimé Cazal fut l'un des administrateurs de la grotte et œuvra pour sa promotion touristique.

L'abîme de Bramabiau est ouvert au public pour une visite guidée payante sur un circuit aménagé de 1 km, d'avril jusqu'au dernier jour des vacances de la Toussaint.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Chamson, L'auberge de l'abîme, Grasset, 1933
  • Édouard-Alfred Martel, Les causses majeurs, Artières et Maury, 1936
  • Yves Maurin, Bramabiau, l'aventure souterraine en Cévennes au 19e siècle, recueil de textes inédits ou parus dans les années 1888-1898, Lacour, 1988
  • André Daniel, La rivière souterraine De Bramabiau, Abime De Bramabiau, 1993
  • Victor Ferrer, Daniel André, La rivière souterraine de Bramabiau : massif de l'Aigoual (Gard et Lozère, France), Éditorial Victor Ferrer Rico, 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]