Préhistomuseum

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Préhistomuseum
Entréeprehisto.jpg
Entrée du Préhistomuseum
Informations générales
Surface
3 000 m2 (2 bâtiments)
30 ha (site naturel)
Visiteurs par an
42 000 (2013)
Site web
Collections
Collections
Localisation
Pays
Commune
Adresse
128 rue de la Grotte,
4400 Flémalle
Coordonnées
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Le Préhistomuseum est un muséoparc axé sur la Préhistoire en Belgique. Le musée et sa grotte sont nichés dans une réserve Natura 2000 au bord de la Meuse à Liège en région wallonne. Ce site d'archéologie est situé près de Liège-Flémalle dans une forêt de 30 hectares aux portes des Ardennes belges.

Sa grotte et ses activités réparties dans le parc accueillent à la fois les familles, les écoles et tous types de groupe.

En plus de ses expositions permanentes et de ses expériences, il accueille des expositions temporaires.

Histoire[modifier | modifier le code]

Découverte de la grotte de Ramioul et préhistosite[modifier | modifier le code]

La grotte de Ramioul est découverte en 1911 par Les Chercheurs de la Wallonie. Différentes fouilles y ont mis au jour plusieurs niveaux correspondant à des occupations successives entre -70 000 (Néandertaliens) et -2300 avec des vestiges aurignaciens et moustériens[1].

À la suite de ces découvertes, un petit musée est créé. Il cède ensuite sa place au préhistosite en 1994 grâce à un financement du FEDER.

Le préhistomuseum[modifier | modifier le code]

Le musée fondé au milieu des années 1990[2] sous le nom « préhistosite de Ramioul » ferme ses portes en 2013 en vue d'un réaménagement complet[3]. Il accueille alors environ 40 000 visiteurs par an et occupe une quarantaine de personnes[3].

Après trois années de travaux[3] et 9,6 millions d'euros d'investissement[2], le site, rebaptisé Prehistomuseum, rouvre ses portes au public le 7 février 2016.

Description[modifier | modifier le code]

Animations[modifier | modifier le code]

Outre le musée, on trouve sur le site, des ateliers permettant de s'initier aux techniques préhistoriques telles que la taille des pierres, l'allumage du feu, la chasse à l'arc ou au propulseur.

Un archéorestaurant permet de manger des repas compatibles avec les ressources disponibles durant la Préhistoire.

Grottes voisines[modifier | modifier le code]

La grotte de Ramioul n'est pas le seul habitat préhistorique de la région. À quelques centaines de mètres de là, sur le territoire d'Engis, se trouve la grotte Lyell, ainsi nommée parce que Sir Charles Lyell la visita en 1860 pour vérifier les assertions de Philippe-Charles Schmerling qui l'avait découverte en 1831.

La grotte de Rosée, également à Engis, doit son nom au patronyme d'un ancien propriétaire. Ces deux cavités hébergent une faune cavernicole unique en Belgique[4].

Comme la grotte aux Végétations toute proche, ces cavités sont aujourd'hui menacées par l'activité d'une carrière proche[5].

En 2003 fut découverte la grotte de Nicole (nommée en l'honneur de Nicole Hubart, épouse de Jean-Marie Hubart). Cette grotte est une galerie qui constitue un important prolongement de l’étage inférieur de la grotte de Ramioul.

En face, sur la rive gauche de la Meuse, se trouvent par ailleurs les grottes Schmerling et celles de Chokier, sur le territoire communal de Flémalle.

Raison d'être[modifier | modifier le code]

La raison d’être du Préhistomuseum est de permettre à chacun(e) de faire l’expérience de l’humanité par la rencontre avec la Préhistoire et l’archéologie.

Le Préhistomuseum est un MuséoParc qui existe pour, par et avec ses usagers. C’est un musée d’archéologie qui se positionne comme un musée de société, éthique et citoyen, qui met ses collections en perspective en s’alignant sur les questionnements de notre société. Il explicite sa démarche scientifique et sociétale et sa gestion du doute. En affirmant que l’humanité est universelle mais qu’elle s’exprime différemment dans le temps et dans l’espace, le Musée est un musée de l’homme qui cherche à comprendre et à faire comprendre la complexité du comportement humain. Pour ce faire, il repère dans la Préhistoire et l’archéologie des faits qui sont porteurs de sens pour nous aujourd’hui et qui peuvent stimuler une réflexion philosophique sur la destinée de notre humanité. Le Musée cherche à s’adresser au plus grand nombre en rendant accessible intellectuellement, socialement et physiquement le patrimoine dont il a la garde et la responsabilité. Il cherche à améliorer et développer ses savoirs, savoir-faire et savoir être pour enrichir l’expérience de ses usagers. L’équipe du Musée qualifie son approche de « Pop Archéologie », c’est-à-dire, « essayer de faire un musée pour ceux qui n’aiment pas les musées comme pour ceux qui les aiment ! »

La raison d’être du Préhistomuseum est constituée de 4 composantes indissociables et complémentaires qui forment le socle du projet culturel et scientifique et touristique de l’institution.

La première composante est de permettre à chacun(e) de découvrir notre patrimoine et ses ressources.

Le Musée conserve d’importantes collections de Préhistoire comme d’autres périodes de notre histoire, un site archéologique, des ressources documentaires et un vaste patrimoine naturel. Ces ressources sont utilisées pour permettre aux visiteurs d’apprendre, d’apprendre à apprendre, d’apprendre à agir et réagir.

Les visiteurs sont invités à questionner la notion du patrimoine par la diversité de ses expressions et la relativité de son importance en fonction des points de vue. Le Préhistomuseum postule que « le patrimoine n’existe pas » mais que c’est notre besoin (envie) de l’acquérir, de le conserver, de l’étudier et de le partager qui génère le patrimoine. Il cherche à comprendre et à faire comprendre le phénomène de patrimonialisation et son importance dans le développement et la compréhension de notre société.

Le(s) patrimoine(s) participe(nt) à la construction des identités patrimoniales liées aux spécificités des territoires et d’une époque. Mais au-delà du temps et de l’espaces, le Musée veille à souligner les universaux communs à toute l’humanité plutôt qu’à exacerber les particularismes. Il espère ainsi contribuer significativement à une éducation populaire où la diversité des expressions culturelles qu’il donne à voir et à comprendre développe un esprit critique qui nuance nos à priori et nos certitudes. Les mots progrès, évolution et civilisation sont ainsi mis en questionnements utiles face aux débats qui animent notre société sur le « vivre ensemble ».

La seconde composante du projet culturel et scientifique est de permettre à chacun(e) de comprendre l’écosystème de l’humanité.

Le Musée cherche à comprendre et à faire comprendre le comportement humain dans toutes ses dimensions : sociales, culturelles, économiques et environnementales. Les faits archéologiques choisis comme sujets de recherche, pour être exposés ou animés, sont approchés de manière systémique afin d’expliciter l’interaction complexe et simultanée des éléments constitutifs de l’écosystème au sein duquel les sociétés humaines sont en constante mutation.

L’explication de la transdisciplinarité et l’interdisciplinarité contribue au développement d’une culture scientifique où la compréhension de la démarche scientifique devrait permettre l’acceptation du « doute », fondement de toute recherche.

L’approche « écosystémique » convoque conjointement toutes les ressources patrimoniales du Musée et la diversité des préconceptions de ses différents usagers. Le Musée montre ce qu’il ne sait pas et pourquoi il est en recherche. Il coopère avec ses usagers pour enrichir, par l’expérience des patrimoines, leurs réflexions communes.

La troisième composante du projet culturel et scientifique est de permettre à chacun(e) de se déconnecter, de se ressourcer, de se reconstruire en tant qu’individu ou/et groupe d’individus.

Parce que la Préhistoire évoque dans l’imaginaire collectif le dénuement, la survie, la simplicité, le paradis perdu ou la primitivité et parce que l’infrastructure du Musée offre des espaces contrastés (en pleine nature, dans le noir, pieds nus, au cœur des réserves…), le Préhistomuseum est un lieu propice à la découverte, au plaisir, au bien-être et à la méditation.

« L’esprit du lieu » assure des conditions favorables et variées à l’exploration de nos questions existentielles « d’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? », facilitée par une approche sensorielle et émotionnelle qui stimule la réflexion. Par exemple, l’expérience de « l’humanité primitive » par la reproduction de gestes simples invite au constat de l’immanence de la pensée complexe ; l’immersion dans la nature convoque la culture humaine en interrogeant l’inné et l’acquis. Le Musée invite naturellement la question du bonheur : « tout compte fait, sommes-nous plus heureux que nos ancêtres ? ».

C’est pourquoi le Préhistomuseum se définit comme un Musée, comme un « Musée de l’Homme » et comme « le parc de d’aventures de la Préhistoire pour faire l’expérience de l’humanité ».

La quatrième composante du projet culturel et scientifique est de permettre à chacun(e) de solliciter des expertises professionnelles et des services professionnels et/ou professionnalisant.

Le Préhistomuseum cherche à développer ses savoirs, savoir-faire et savoir-être pour réaliser au mieux sa raison d’être au service de ses publics. Cette entreprise nécessite d’améliorer constamment l’organisation, de poursuivre le développement de méthodologies spécifiques et appropriées à la meilleure exécution des fonctions muséales chargées de sens. Se positionner comme une entreprise muséale implique des méthodes de gestion et de management adaptées au projet et à ses enjeux. L’approche économique via le prisme de l’économie de la fonctionnalité et de la coopération, l’amélioration de l’organisation par le management de la qualité et de l’intelligence collective, l’adoption d’un mode de gestion collaborative par l’usage de la technologie sociale de l’holacratie sont des expériences entrepreneuriales qui, si elles sont concluantes, pourraient peut-être inspirer d’autres entreprises culturelles et touristiques de demain.

Le Préhistomuseum est en quelque sorte un laboratoire de gestion muséale.

Le Laboratoire d’archéologie expérimentale, le Centre de conservation, d’étude et de documentation et le Laboratoire de médiation développent quant à eux des services et des méthodes de travail et de formations qui ne demandent qu’à être partagés avec des collègues d’autres institutions ou des étudiants dans les domaines de la Préhistoire, de la muséologie, de la médiation, du tourisme et du patrimoine, de l’économie.

Le Préhistomuseum cherche, entreprend, expérimente avec modestie et ambition, avec comme objectif principal d’être utile à ses usagers et au patrimoine.[6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Inventaire des sites de grand intérêt biologique - La grotte de Ramioul. », sur biodiversité.wallonie.be
  2. a et b En Belgique, le plus grand site voué à la préhistoire, lalibre.be, 5 février 2016
  3. a b et c Le Préhistomuseum de Ramioul rouvre ses portes après 3 ans de fermeture, rtbf.be, 2 février 2016
  4. Christian Juberthie, Les habitats souterrains et leur protection, 1995, p. 35
  5. (fr) Camille Bareth et Michel Dethier, « Les Diploures Campodéidés de Belgique », Bulletin des Chercheurs de la Wallonie, vol. XLVIII,‎ , p. 17–24 (lire en ligne)
  6. oanna.be, « Le musée », sur Prehistomuseum (consulté le 27 mai 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]