Grotte Sainte-Reine

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Grotte Sainte-Reine
Image illustrative de l'article Grotte Sainte-Reine
Grand porche (ou portique) de la grotte Sainte Reine
Coordonnées 48° 38′ 43″ nord, 5° 56′ 30″ est
Pays Drapeau de la France France
Région française Grand Est
Vallée vallée de la Moselle
Localité voisine Pierre-la-Treiche
Altitude de l'entrée 220 m
Longueur connue 1 260 m
Période de formation plus de 300 000 ans
Type de roche calcaire
Occupation humaine XVIIIe siècle
Protection Logo monument historique Classé MH (1910)

Géolocalisation sur la carte : Meurthe-et-Moselle

(Voir situation sur carte : Meurthe-et-Moselle)
Grotte Sainte-Reine

La grotte Sainte-Reine ou trou de Sainte-Reine est une grotte classée pour son gisement archéologique, située sur la commune de Pierre-la-Treiche, en rive droite de la Moselle. C'est la deuxième plus grande cavité naturelle du département de Meurthe-et-Moselle pour ce qui est du développement connu[1].

Cette grotte, composée de plusieurs entrées classées sous le nom générique de « grottes dites Trou de Sainte-Reine », faisait partie initialement d'un endokarst situé sous le fond de la vallée de la Moselle ; cet endokarst a été recoupé lorsque la rivière s'est encaissée. Avant sa capture par la Meurthe, la Moselle a participé à la création et à l'élargissement de l'ensemble des grottes puis à leur comblement avec ses alluvions.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette cavité devrait son nom à une femme de chef (une « sainte reine ») de l'époque celte, gallo-romaine ou franque qui, étant morte, y aurait été cachée pour la soustraire à l'ennemi [2].

Cette cavité est connue au moins depuis le XVIIIe siècle, puisque le grand porche (ou portique) était occupé par un ermitage puis un fabricant de patins vers la fin du siècle [3]. Cette partie de la grotte est classée aux monuments historiques depuis un arrêté daté du [4].

C'est néanmoins à partir de la seconde moitié du XIXe siècle que son exploration commence, notamment avec les prélèvements d'ossements par Moreau, comme, par exemple, une portion de mâchoire d'ours des cavernes[5]. Nicolas Husson (°1814 - †1890), pharmacien de Toul, aidé de son fils Camille (°1843 - †1886), entreprennent son exploration systématique. Ils ébauchent un premier plan en 1863 puis un nouveau, plus complet, en 1864. Dans le sol de la salle du Chapeau de Napoléon et les débuts de la galeries de l'Ouest et de la galerie Transversale, Nicolas Husson trouve des ossements d'animaux dont mâchoires, fémurs, humérus, cubitus, côtes... d'ours des cavernes, dents et débris d'ossements de hyène des cavernesetc.[6] examinés par Dominique Alexandre Godron, doyen de la faculté des sciences de Nancy, et Paul Gervais, doyen de la faculté des sciences de Montpellier,[7] puis des ossements humains et des pièces manufacturées (silex taillés, amulette en bois de cerf ou de renne, vase en verre bleu émaillé d'époque romaine, etc. au niveau du labyrinthe et du portique[8]). Dans le même temps, M. Gaiffe et son fils Benoît s'intéressent à la grotte, s'aventurent dans la galerie de l'Est et y prélèvent divers ossements[9].

À la fin du XIXe siècle les travaux sont repris par de nouveaux explorateurs (Ernest Brésillon et Charles Deschamps publient un nouveau plan en 1891, plan repris par Édouard-Alfred Martel dans Les abîmes en page 413) suivis dans la première moitié du XXe siècle par Restiaux, Jean Bourgogne, Christian Chambosse puis Robert Chevallereau et Jean Colin[10].

Dans les années 1960, les travaux conjoints de l'Association spéléologique de la Haute-Marne basée à Saint-Dizier et de l'Union spéléologique de l'agglomération nancéienne permettent d'aboutir au plan actuel.

David Parrot et l'USAN y ouvrent en octobre 2008 une nouvelle galerie qu'ils baptisent la Salle 33[11].

Dans le cadre des recherches de sa thèse, Benoît Losson est amené, à la fin des années 1990, à y prélever des matériaux pour établir des datations en lien avec la capture de la Moselle et l'influence de l'endokarst de Pierre-la-Treiche dans cette capture. Ses travaux conduisent à une datation des grottes de Pierre-la-Treiche antérieure à 300 000 ans[12].

Biologie[modifier | modifier le code]

En 1932, Paul Remy1894 - †1962) y recense 41 formes terrestres de campodéidés dont une seule, le collembole Tomocerus unidentatus C. Börner, pouvait être considérée comme troglobie[13],[14]. Le Bruno Condé1920 - †2004) et B. Brutel découvrent des diploures campodéidés dans l'extrémité sud de la galerie des Merveilles[15]. L'eau stagnante de la salle de l'Écho est peuplée de crustacés isopodes du genre Cæcosphæroma burgundum, Dollfus, 1898[16]. De plus, ils y prélèvent des ostracodes Sphæromicola topsenti, Paris, 1916[17].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chambosse, Chr. :
    • (1932) - « Les grottes de Sainte Reine », 6 parties, L'avenir toulois 17e année no 781 (12 mars) p. 1, no 782 (19 mars) p. 1, no 783 (26 mars) p. 1, no 784 (2 avril) p. 1, no 786 (16 avril) p. 1, no 789 (7 mai) p. 1, journal hebdomadaire, Impr. moderne, Toul
    • (1935) - « Les grottes de Sainte Reine à Pierre-la-Treiche », Bulletin de tourisme et de publicité no 2, Toul
  • Godron, D.-A. (1878) - « Histoire des premières découvertes faîtes aux environs de Toul et de Nancy de produits de l'industrie primitive de l'Homme », Bulletin de la Société des sciences de Nancy, Série II Tome IV Fascicule VIII [PDF], Société des sciences de Nancy, Nancy, p. 47-55
  • Husson, N. :
    • (1848) - Esquisse géologique de l'arrondissement de Toul, Impr. A. Bastien, Toul, 104 p.
    • (1849) - Supplément à l'esquisse géologique de l'arrondissement de Toul, Impr. A. Bastien, Toul, 24 p.
    • (1850) - Esquisse géologique de l'arrondissement de Toul - Annotations et corrections, Impr. A. Bastien, Toul, 8 p.
    • (1863) - « Cavernes à ossements - Trous de Sainte-Reine », Notes pour servir aux recherches relatives à l'époque de l'apparition de l'Homme sur la Terre et importance d'un air abondant et pur, Impr. A. Bastien, Toul, p. 13-19
    • (1864) - Origine de l'espèce humaine dans les environs de Toul par rapport au diluvium alpin, Impr. P. Toussaint, Pont-à-Mousson, 68 p.
    • (1865) - « Trou de Sainte-Reine », Journal de la Société d'archéologie lorraine et du Comité du Musée lorrain 14e année no 1, Société d'archéologie lorraine, Nancy, p. 7-10, 19-21, 146-147
    • (1865) - Alluvions des environs de Toul par rapport à l'antiquité de l'espèce humaine, Impr. A. Bastien, Toul, 16 p.
    • (1865) - Ancienneté de l'Homme dans les environs de Toul, Impr. A. Bastien, Toul, 8 p.
    • (1866) - Origine de l'espèce humaine dans les environs de Toul et figurines des temps primitifs, Impr. A. Bastien, Toul, 16 p.
    • (1867) - Origine de l'espèce humaine dans les environs de Toul par rapport au diluvium alpin, Impr. J.-B. Baillière, Paris, 16 p.
    • (1867) - Origine de l'espèce humaine dans les environs de Toul - Analyse chimique et examen comparatif des épaves touloises avec celles du musée impérial de Saint-Germain et de l'Exposition universelle, Impr. A. Bastien, Toul, 30 p.
  • Labrude, P. & Nodet, R. (1997) - « Nicolas et Camille Husson, pharmaciens, archéologues, chercheurs... à Toul dans la seconde moitié du XIXe siècle », Revue d'histoire de la pharmacie, 85e année, no 315, p. 272, 278
  • Losson, B. (2003) - Karstification et capture de la Moselle (Lorraine, France) : vers une identification des interactions, Thèse de doctorat de géographie, Université de Metz, 510 pages + annexes (196 pages) et planches (94 pages)
  • Louis, M. & Lehmuller, D. (1966) - Travaux et recherches spéléologiques tome III - "Contribution à l'avancement du catalogue des cavités de Meurthe-et-Moselle", USAN et A.S.H.M., Nancy, vol. 1 p. 91-93 + planches 26E et 26F dans vol. 2
  • Prévot, Chr. & Perez, J.-B. (2009) - « Les grottes de Pierre-la-Treiche », Le P'tit Usania no 126 (ISSN 1292-5950), USAN, Nancy, p. 1-4

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Grottes-Gouffres : Genèse des cavernes et cavités du département », sur le site du Comité départemental de spéléologie de Meurthe-et-Moselle (C.D.S. 54) (consulté le 15 novembre 2013)
  2. Husson, 1864, p. 40
  3. Husson, 1864, p. 40-41
  4. « Fiche de classement aux monuments historiques », sur la base Mérimée, ministère de la Culture (consulté le 16 octobre 2012)
  5. Husson, 1848, p. 79
  6. Husson, 1863, p. 15-18, puis 1864, 1865, 1866, 1867
  7. Husson, 1864, p. 18
  8. Husson, 1864, p. 40-42, 1866, p. 6-10
  9. Husson, 1864, p. 43
  10. Prévot, D. (1998) - « Les anciens : Robert CHEVALLEREAU », Le P'tit Usania no 2 (ISSN 1292-5950), USAN, Nancy, p. 1
  11. Parrot, D. (2008) - « D'la première à la grotte de Sainte-Reine », Le P'tit Usania no 123, USAN, Nancy, p. 4
  12. Losson, B. (2003) - « Karstification et capture de la Moselle (Lorraine, France) : vers une identification des interactions », Thèse de doctorat de géographie, Université de Metz, 3 vol., p. 399, 408
  13. Rémy, P. (1932) - « Contribution à l'étude de la faune cavernicole de Lorraine. Les grottes de Sainte-Reine », Bulletin de la Société d'histoire naturelle de la Moselle tome XXXIII, Société d'histoire naturelle de la Moselle, p. 55-71
  14. Condé, B. (1949) - « Présence de campodéidés cavernicoles en Lorraine et en Champagne », Bulletin de la Société des sciences de Nancy, N. S. tome VIII no 2-3, Nancy, p. 33
  15. Condé, B. (1949) - « Présence de campodéidés cavernicoles en Lorraine et en Champagne », Bulletin de la Société des sciences de Nancy, N. S. tome VIII no 2-3, Nancy, p. 32
  16. Dumont, F. (1962) - « Activités dans l'Est - Calendrier U.S.A.N. », Travaux et recherches spéléologiques tome I, USAN, Nancy, 7 p.
  17. Hamon, B. (2017) - « Les Ostracodes cavernicoles (Crustacea) observés en Lorraine (1940-2017) », Spéléo L no 26 (ISSN 0758-3974), Ligue spéléologique lorraine, Tomblaine, p. 5-18

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]