Grotte de Massabielle

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Grotte de Massabielle
Image illustrative de l'article Grotte de Massabielle
La grotte de Massabielle
Coordonnées 43° 05′ 51″ Nord 0° 03′ 30″ Ouest / 43.0975, -0.058472
Pays Drapeau de la France France
Région française Midi-Pyrénées
Département Hautes-Pyrénées
Massif Pyrénées
Vallée Gave de Pau
Localité voisine Lourdes
Voie d'accès D 13
Longueur connue 20 mètres environ
Type de roche calcaire
Signe particulier grotte des apparitions de la Vierge à Lourdes
Cours d'eau résurgence karstique du synclinal de Batsurguère-Prat d'Aureilh

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La grotte de Massabielle est un lieu de pèlerinage catholique situé à Lourdes en France (Hautes-Pyrénées). C'est à cet endroit que Bernadette Soubirous dit avoir aperçu 18 apparitions de la Vierge Marie en 1858 et où, sur les indications de la Vierge, elle aurait découvert une source d’eau aujourd'hui réputée miraculeuse.

Géographie[modifier | modifier le code]

La grotte se situe dans l’espace des Sanctuaires en face du gave de Pau. Le toponyme Massabielle vient du dialecte pyrénéen massevieille qui signifie « vieille masse » ou « vieille roche »[1].

Topographie[modifier | modifier le code]

La grotte de Massabielle mesure 3,80 mètres de hauteur, 9,50 mètres de profondeur et 9,85 mètres de largeur. Elle correspond à une anfractuosité dans la paroi rocheuse de 27 mètres de haut. La paroi y est lisse et humide par endroits, et on peut y voir la résurgence karstique passer en direction du gave de Pau par un trou dans la roche. La grotte est ainsi une simple cavité calcaire avec un bloc morainique coincé dans un boyau et quelques stalagmites.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Une source d'eau coule près de la grotte : il s'agit d'une des 7 ou 8 résurgences karstiques (delta souterrain) des eaux provenant du synclinal de Batsurguère-Prat d'Aureilh[2] et qui alimentent le gave de Pau.

Cette source, qui coule près de la grotte depuis la neuvième apparition le 25 février 1858, aurait des pouvoirs miraculeux. Bernadette Soubirous a déclaré que la Dame lui aurait dit : « Venez boire à la fontaine et vous y laver ». La source est captée en 1949 et mise en valeur en 1974 (recouverte d'une plaque de verre, elle est éclairée), l'eau étant canalisée dans un réservoir sous les basiliques. Depuis, les pèlerins boivent cette eau à 10°C[3]. Ils pouvaient la collecter à partir de robinets mis en place à gauche de la grotte (les travaux entrepris à la suite des crues du Gave en 2012 et 2013 ont déplacé cette collecte, jugée bruyante et peu propice au recueillement, plus loin). Ils peuvent également se baigner dans les piscines (construites dès 1882) situées plus loin à droite de la source, le parvis des piscines étant surmonté par un grand auvent d'inspiration naturaliste[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant les apparitions, l'endroit considéré comme impur s'appelle « La Tute aux cochons » car on y mène les cochons. De nombreuses croyances ou superstitions ont toutefois toujours été rattachées aux grottes, surtout en régions montagneuses[5].

En 1858, Bernadette Soubirous y relate dix-huit apparitions d'une jeune fille qu'elle appelle Aquéro (« cela » en patois)[6].

La grotte avant le recul du gave sur une longueur de 350 m., en 1877.
La grotte et ses ex-votos.

L'évêque de Tarbes Mgr Bertrand-Sévère Laurence achète la grotte à la commune en 1861[7].

Une statue de la vierge en marbre de Carrare, sculptée par Joseph-Hugues Fabisch (son nom est bien visible sur le piédestal), est placée en haut à droite de la grotte à 2 mètres de hauteur, dans une cavité secondaire de la roche, appelée niche des apparitions. Elle est inaugurée le 4 avril 1864, lors de la première procession officiellement organisée par l'Église qui réunit plus de 10 000 personnes. Au pied de la statue est inscrit en arc de cercle la phrase en patois « Que soy era Immaculada Counceptiou » (Je suis l'Immaculée Conception) qu'aurait prononcée la Vierge à Bernadette, cette mention ne datant que de 1913. Vêtue d'un voile blanc, d'une robe blanche retenue par une ceinture bleue retombant en deux larges rubans, elle a une rose à la couleur d'or qui s'épanouit sur chaque pied. Un chapelet à chaîne d'or et à grains blancs comme tombe de ses mains jointes. la statue est restaurée en 1996. Bernadette n'a jamais été pleinement satisfaite d'aucune des représentations de la Vierge qui lui était apparue, notamment de cette statue[8].

Un premier autel est posé en 1866. Il est remplacé successivement en 1874, 1907, puis en 1958. Dans les années 1950, l'évêque de Tarbes et Lourdes Pierre-Marie Théas fait réaménager le site dans le cadre de la célébration du centenaire des apparitions. La sacristie construite en 1874 et qui cachait la grotte à une partie de l'assistance, est démolie pour être remplacée à droite par une autre, plus petite qui s'enfouit dans le rocher[9]. Dans un même souci de dépouillement, les grilles très hautes, la chaire monumentale et les ex-voto (béquilles, corsets, cannes, appareils orthopédiques évoquant les guérisons) suspendus sur un câble d'acier sont retirés[10].

Au-dessus de la grotte est bâtie de 1866 à 1871 une double basilique, sur deux niveaux, la basilique de l'Immaculée-Conception de Lourdes. L'ancien lit du Gave est comblé en 1877 dans le but d'aménager une esplanade suffisante pour accueillir plusieurs milliers de pèlerins. En 1878 est percé le boulevard de la Grotte, la rue de la Grotte ne suffisant plus à canaliser les pèlerins[11].

La popularité des « événements » et du lieu est particulièrement utilisée par une certaine forme de militantisme[12],[13],[14], voire d'activisme[15], des milieux catholiques, qui voient, sous le Second Empire et jusqu'à la Première Guerre mondiale, une belle occasion de revanche ou de reconquête de la foi (« rechristianisation »), après les épisodes révolutionnaires et anticléricaux depuis 1789.

Alors que de nombreuses paroisses restaurent ou rebâtissent leur église ayant subi des dégradations (parfois simplement dues à la négligence et au manque de finances) et que de nombreux calvaires de « mission » sont érigés dans tout le pays, un nombre non négligeable de communes voient l'installation d'une réplique de la Grotte de Lourdes. C'est bien là le signe d'une ferveur particulière.

La pierre de la grotte est devenue lisse à la hauteur des mains, après plus d'un siècle de pèlerinage. De même, l'excavation est devenue noire et grise, carbonisée au fil des ans par la fumée des cierges[10].

À la suite des crues dévastatrices d'octobre 2012 et juin 2013 ayant entraîné l'inondation de la grotte, le site est réaménagé. Le financement est assuré à hauteur de 75 % par les indemnités d'assurance et par 25 % des dons inondations[16]. Le chemin, un espace arboré bordé de 32 frênes, conduit jusqu'au site sacré. Le dallage du sol est un mélange de ciment à de la pierre d'Arudy. Une seconde sacristie est mise en place et un nouveau mobilier installé[17].

Pèlerinages[modifier | modifier le code]

Touristes et pèlerins devant la grotte et le candélabre muni de cierges.

La grotte de Massabielle est un passage obligé pour tout visiteur se rendant aux sanctuaires de Lourdes, qu'on soit simple visiteur ou croyant. La visite de la grotte se fait en silence, la plupart des gens touchent des doigts la paroi de la grotte par respect ou pour y faire un vœu ou une prière. Des processions y sont aussi organisées pour les pèlerins infirmes.

Il est de tradition de venir à la grotte avec un cierge béni puis de l'allumer devant celle-ci en mémoire de ce geste effectué par Bernadette lors des premières apparitions de la Vierge. Les pèlerinages peuvent être suivis en direct sur youtube.com[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Cuzacq, « Que veut dire le nom de Massabielle à Lourdes ? », Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie du Gers, no 4,‎ , p. 370-372
  2. Le parcours de l'eau est connu grâce à des colorations de l'eau faites dans la 1re moitié du XXe siècle.
  3. Stéphane Baumont, Histoire de Lourdes, Éditions Privat, , p. 201
  4. Michel Pech, « Lourdes : les travaux de réaménagement de la Grotte de Massabielle débutent mercredi », sur francetvinfo.fr,‎
  5. Jean-François Soulet, Les Pyrénées au XIXe siècle. L’éveil d’une société civile, Éditions Sud Ouest, , p. 54
  6. Chronologie des apparitions sur le site de la ville de Lourdes.
  7. Stéphane Baumont, Histoire de Lourdes, Éditions Privat, , p. 201
  8. Pierre Vidal, Lourdes : cité des miracles, Créations du Pélican, , p. 38
  9. Sébastien Barrère, Petite histoire de Lourdes, Éditions Cairn, , p. 127
  10. a et b Pierre Assouline, Lourdes : histoires d'eau, Éditions Alain Marou, , p. 70
  11. Pierre Assouline, Lourdes : histoires d'eau, Éditions Alain Marou, , p. 86
  12. Le donjon et le clocher. Nobles et curés de campagne de 1850 à nos jours.
  13. Monde moderne et croyances
  14. Mariophanies sculpturales et modèle provençal sous le Second Empire
  15. Missions paroissiales et rechristianisation en Dordogne au XIXe siècle
  16. « Au Sanctuaire, la Grotte fait peau neuve », sur ladepeche.fr,‎
  17. Projet Grotte cœur de Lourdes
  18. La Grotte de Lourdes en direct (live), sur youtube.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]