Massif du Plantaurel

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Massif du Plantaurel
Localisation sur la carte des Pyrénées
Géographie
Altitude 1 014 m, Pic de l'Aspre[1]
Massif Pyrénées
Superficie 590,44 km2
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Ariège
Géologie
Roches Roche sédimentaire

Le massif du Plantaurel, ou Petites Pyrénées, est un massif des Pyrénées et une région naturelle du département de l'Ariège et de la région Occitanie. Il s'étend tout en longueur du département de l'Ariège, parallèlement à la ligne de crête des Pyrénées. Il culmine à son plus haut niveau à 1 014 m, au pic de l’Aspre, sur la commune de Soula.

S'étendant sur plus de 25 km et 59 044 ha, le massif donne lieu à différentes conditions bioclimatiques variant du climat subcontinental à tendance méditerranéenne, au climat subocéanique ou montagnard. Il donne naissance à deux cours d'eau qui sont le Crieu, et la Lèze, et est traversé par l'Ariège, le Douctouyre, le Touyre, l’Hers, l’Arize qui prennent naissance dans la chaîne des Pyrénées.

Depuis 2009, la partie occidentale du massif du Plantaurel fait partie du parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le Plantaurel, ou Petites Pyrénées[2], est un ensemble de chaînons parallèles à la chaîne des Pyrénées. Plantaurel vient de la contraction plà, nom masculin désignant une plaine ou un plateau, et de taurel, nom féminin qui désigne une colline. Il s’agit d’un toponyme pléonastique[3].

Géographique[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Le massif est situé au nord-ouest de la commune de Bélesta et forme une barrière naturelle par sa ligne de faîte au sein du département de l'Ariège. Il est délimité :

Topographie[modifier | modifier le code]

Vue du massif du Plantaurel depuis Laroque d'Olmes.

Le massif du Plantaurel fait partie du Piémont pyrénéen. Ses sommets ne dépassent quasiment pas les 1 000 m d'altitude. Il s'étend tout en longueur, parallèlement à la ligne de crête des Pyrénées, séparant ainsi naturellement le nord du département à la zone de moyenne montagne. Il culmine à son plus haut niveau à 1 014 m d’altitude, au pic de l’Aspre.

Le massif est coupé en deux endroits par la gorge de l’Aiguillon et la vallée du Touyre Pyrénées[4]. Versant sud, il se présente sous la forme d’une falaise escarpée, ce qui en fait un terrain de jeu propice aux grimpeurs. L’inclinaison du versant nord est plus douce. Un découpage du massif peut-être réalisé en cinq parties selon les zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique : « Plantaurel oriental », « Plantaurel entre Foix et Lavelanet », « Plantaurel entre le Le Mas-d'Azil et l’Ariège », « Plantaurel Vallon du Nascouil et monts de la Bouiche », et « Plantaurel occidental »[5].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Les cours d’eau naissant dans les Pyrénées et traversant le massif du Plantaurel sont l'Ariège, le Douctouyre, l'Arize, le Touyre, l’Hers, l’Arize.

Les cours d’eau issus du massif du Plantaurel sont le Crieu, et la Lèze[6].

Géologie[modifier | modifier le code]

Le massif du Plantaurel est une région calcaire plissée, où alternent vallons et lignes de crête. Il sépare, d'est en ouest, les bassins versants de l'Arize (au sud ouest) et de l'Hers-Vif (à l'est). Il est coupé par la vallée de l'Ariège en son centre. La longue chaîne calcaire du massif formée de deux ou trois plis parallèles, coupés par des cluses, constitue, sur le versant français, l'équivalent atténué des sierras du versant espagnol.

Climat[modifier | modifier le code]

Selon l'exposition et le lieu, le massif du Plantaurel est soumis à différentes conditions bioclimatiques, climat subcontinental à tendance méditerranéenne, mais aussi subocéanique ou montagnard.

Faune[modifier | modifier le code]

Desman des Pyrénées

Le paysage du massif du Plantaurel est très riche, du fait de son étendu et de son orientation géographique. Selon le positionnement sur le massif, on retrouve des milieux extrêmement rocheux et abrupts de types falaise ; la commune de Dreuilhe mais aussi Roquefort-les-Cascades en sont de beaux exemples.

Des espèces protégées, menacées et rares sont présentes en nombre sur le massif. On peut y apercevoir des percnoptères, des faucons pèlerins, des hiboux grands-ducs, des martinets à ventre blanc. Quinze espèces de chauves-souris y ont été recensées.

Dans la partie centrale du massif, là où les cours d’eaux sont plus intenses, on retrouve des desmans des Pyrénées, des loutres d'Europe et des chabots communs. Les ruisseaux hébergent aussi des écrevisses à pattes blanches[5].

Flore[modifier | modifier le code]

Sur les paysages de plaine et de forêt, comme sur la commune de Bélesta, on peut apercevoir Aethionema saxatile, plante protégée régionalement, Campanula speciosa, des œillets du Roussillon et des orchis odorants, autre espèce protégée nationalement. Différentes espèces de conifères sont présentes sur tout le massif du Plantaurel.

Le pastoralisme est encore très présent sur la zone malgré une baisse considérable des exploitations agricoles.

Liste des communes[modifier | modifier le code]

Ne faisant pas partie du parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises :

  • Communes à l'ouest de l'Ariège situé sur le Massif du Plantaurel :

Artigat - La Bastide-de-Besplas - Carla-Bayle - Castéras - Castex - Crampagna - Daumazan-sur-Arize- Fornex - Lanoux - Loubaut - - Méras - Monesple - Sieuras - Thouars-sur-Arize

  • Communes à l'est de l'Ariège :

Arabaux - Arvigna - Calzan - Carla-de-Roquefort - Coussa - Dalou - Dun - Esclagne - Gudas - L'Herm - Ilhat - Les Issards - Lieurac - Limbrassac - Leychert - Malléon - Péreille - Pradettes - Pradières - Raissac - Roquefixade - Roquefort-les-Cascades - Saint-Félix-de-Rieutord - Saint-Julien-de-Gras-Capou - Sautel - Ségura - Soula - Tabre - Troye-d'Ariège - Ventenac - Vira - Viviès

  • Communes de la vallée de l'Ariège (du nord au sud, soit de l'aval vers l'amont) :

Varilhes - Saint-Jean-de-Verges - Foix

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans le numéro des Mémoires de la Société d'ethnographie, paru en 1880, le massif du Plantaurel est cité comme une chaîne « jadis couverte de chênes magnifiques, dont l’incurie des anciennes administrations amena la dévastation ». On peut donc supposer que durant le XIXe siècle une vaste campagne de déforestation a eu lieu sur le massif, pour faire place aux pâturages[7].

Dans le Bulletin de la Société d'études scientifiques de l'Aude, paru en 1934, apparaît l’hypothèse de la présence de pétrole sur le massif du Plantaurel. Des forages ont été réalisés sur le massif et plus précisément sur la commune de Lavelanet[8].

Sur la commune de Péreille situé sur le massif, les gorges ont fait l’objet d’exploitation intense du bauxite jusqu’en 1914. La mine n’est plus exploitée depuis 1969.

Activités[modifier | modifier le code]

Protection environnementale[modifier | modifier le code]

Depuis 2009, la partie occidentale du massif du Plantaurel fait partie du parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises. C'est le quatrième parc naturel régional de la région Occitanie, en Ariège.

Il couvre les communes de Aigues-Juntes, Allières, La Bastide-de-Sérou, Les Bordes-sur-Arize, Baulou, Cadarcet, Camarade, Campagne-sur-Arize, Castelnau-Durban, Cazaux, Clermont, Cos, Durban-sur-Arize, Loubens, Le Mas-d'Azil, Montégut-Plantaurel, Montels, Montfa, Montseron, Pailhès, Sabarat, Saint-Martin-de-Caralp, Suzan, Vernajoul, Loubières.

Randonnées[modifier | modifier le code]

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Château de Roquefixade vu depuis le Massif

Au vu de l'étendue du massif du Plantaurel, les randonnées sont extrêmement nombreuses, avec des niveaux de difficulté variant de facile à très difficile. L'escalade est aussi pratiquée sur le massif, surtout du côté est.

Randonnées côté est du massif :

  • randonnée de l’oratoire de Sainte-Ruffine (massif de Tabe, 620 m d’altitude) : au départ de Lavelanet ; il commence par une forte montée jusqu’au petit piton rocheux avec en son extrémité un calvaire et une croix datant de 1924 ; la boucle parcourt une partie de la crête du massif du Cap de la Coume et du Coulassou (environ h de marche) ;
  • randonnée des gorges de Péreille : au départ de Lavelanet, en suivant la direction de Foix sur la D117, et du moulin de Pichobaco. Le départ peut se faire du centre équestre, où il suffit de continuer sur 100 mètres pour arriver aux gorges. Le sentier débute sur une montée direction Péreille d’en Haut (environ h 30 de marche) ;
  • randonnée du château de Teyrac à Roquefort-les-Cascades : au village, suivre les indications du château. Le sentier passe devant une église, il longe le cimetière puis commenceune montée. La vue plongeante sur le village et les falaises escarpées du massif depuis la crête font partie des atouts du lieu (visibilité des deux côtés du massif). Ce sentier permet aussi de voir les vestiges encore présents du château ;
  • randonnée du château de Roquefixade : la randonnée se fait au départ du village de Roquefixade. Le parcours est balisé. Il est possible de monter sur la crête du massif du Plantaurel pour avoir une vue s’étendant sur les deux faces en direction de Montségur, de la chaîne des Pyrénées et de Foix et de Pamiers (environ h de marche).

Randonnée côté ouest du massif :

  • Randonnée du cap del Pouech : au centre-ville du village Le Mas-d'Azil, suivre la direction de Sabarat, puis direction D 419. Passer le pont de l'Arize puis la route montant sur la gauche. Petite randonnée sans aucune difficulté qui vous amènera à proximité du dolmen du cap del Pouech.

Légendes[modifier | modifier le code]

Le massif du Plantaurel, du fait de son étendu et de la diversité de ses paysages, a inspiré l’imagination populaire et les légendes.

L'une d'entre elles évoque la guillotine de Lacanal. « Non loin de Lacanal, sur un col de la chaîne du Plantaurel et près d’une source se trouve un rocher calcaire qui s’est détaché de la crête voisine et qu’on a calé avec de grosses pierres. Ce rocher, haut de deux mètres, est de forme irrégulière ; on y observe deux sortes de marques qui ont attiré l’attention populaire […] Cette pierre ne porte aucun nom. D’après la légende, elle servait de guillotine du temps des Juifs. Le terme guillotine évoque des sacrifices humains ; peut-être cette tradition a-t-elle un rapport avec les deux trous ronds dans lesquels l’imagination populaire a pu voir l’empreinte laissée par les yeux des victimes humaines immolés sur cette pierre [9] ».

Une autre de ces légendes se rapporte aux rochers appelés « Le Couvent d'Aigues-juntes » : « À l’est du village on voit un amoncellement de rochers qui se sont détachés de la crête du Plantaurel. Cet endroit est appelé Le Couvent . L’on explique ce nom par la légende suivante. Il y avait là un couvent, mais les moines qui l’habitaient s’étant mis à mener une vie peu édifiante, Dieu, pour les punir, fit ébouler les rochers et le couvent fut détruit. » Une autre version de cette même légende donne le couvent habité par des religieuses qui moururent dans l’éboulement, sauf une qui travaillait dans le jardin même du couvent, endroit appelé « Pla de la mounjos » (terrain plat des religieuses). Sous ce tas d’éboulis la légende y mentionne un sarcophage[10].

On raconte aussi qu’avant l’installation des religieux sur le massif de Plantaurel, celui-ci était occupé par les Encantados, nom donné aux fées habitant les nombreuses grottes du lieu. Leur palais se trouvait dans une grotte du massif près de Bélesta, au lieu-dit « Rieufourcant »[11]. Cette légende assez riche donne naissance à un pont imaginaire filé par les fées et reliant la cime du Roc de l’homme mort (lieu de résidence des fées), au sommet du Plantaurel.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : cartes IGN à l'échelle 1:25000 sur Géoportail
  2. Larousse universel en 2 volumes, (lire en ligne)
  3. Glossaire dialectaux des noms de lieux en France, ([www.ign.fr lire en ligne]), p. 138-366
  4. Annuaire du club alpin français, de Belesta au Massif de Tabe, (lire en ligne)
  5. a et b « Le Plantaurel », sur https://.inpn.mnhn.fr,‎
  6. Le Chêne : revue trimestrielle / publiée par Le Chêne, société forestière méditerranéenne et coloniale, (lire en ligne)
  7. Mémoires de la Société d’etnographie (lire en ligne)
  8. Bulletin de la Société d'études scientifiques de l'Aude, (lire en ligne)
  9. Revue de folklore français, (lire en ligne)
  10. Revue de folklore français, (lire en ligne)
  11. Revue des langues romanes, (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]