Grotte de Pair-non-Pair

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Grotte de Pair-non-Pair
Image illustrative de l'article Grotte de Pair-non-Pair
Entrée de Pair-non-Pair
Coordonnées 45° 02′ 20″ nord, 0° 30′ 06″ ouest
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Gironde
Vallée Moron
Localité voisine Prignac-et-Marcamps
Voie d'accès D 669
Longueur connue totalité (environ 20m de longueur)
Type de roche calcaire à astéries
Signe particulier représentation de Megaloceros
Occupation humaine de l'Aurignacien au Gravettien
Protection Logo monument historique Classé MH (1900)

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La grotte de Pair-non-Pair est située à Prignac-et-Marcamps en Gironde (France). Cette grotte découverte en 1881 renferme des représentations préhistoriques datant de 30 000 ans BP (Aurignacien).

Elle est la seule grotte ornée de Gironde et fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1]. Après Altamira en Espagne et la grotte Chabot en Ardèche, elle fut la troisième grotte ornée découverte[2].

Découverte de la grotte[modifier | modifier le code]

La découverte de la grotte de Pair-non-Pair est totalement fortuite puisque rien en surface ne laissait penser à l'existence d'une cavité souterraine.

En effet, la partie dite du corridor s'est effondrée dès le Châtelperronien, masquant l'entrée initiale de la grotte. Cette entrée principale a été remplacée par plusieurs entrées secondaires qui ont disparu suite aux apports sédimentaires. La grotte s'est ainsi trouvée peu à peu totalement recouverte par les éboulis et les dépôts sédimentaires.

En 1881, une vache qui paissait dans un pré situé sur la terre de Laborde s'est coincé la patte dans une ornière. Le domestique de Monsieur Barberin, propriétaire de la terre, découvre la grotte en dégageant la vache : celle-ci avait mis au jour un oculus situé dans la salle des gravures de Pair-non-Pair.

Historique des recherches[modifier | modifier le code]

La grotte est creusée dans le massif calcaire à astéries qui borde la rive gauche du Moron, affluent de la Dordogne.

Dès le 8 mars 1881, François Daleau y entreprend des fouilles avec l'aide du domestique du propriétaire de la terre de Laborde. Lors des recherches, il découvre de nombreux outils et traces d'occupations humaines à l'Aurignacien et au Gravettien. Il répertorie jusqu'à 15 000 outils en silex, des os, de l'ivoire ainsi que 6 000 ossements animaux[3]. Les produits de ses fouilles sont exposés au musée d'Aquitaine et au Muséum d'histoire naturelle de Bordeaux.

En juillet 1892, la terre de Laborde fut rachetée par M. Baptiste Milpied qui exigea une location pour l'exploitation de la grotte. Daleau refusa et cessa ses fouilles pendant trois ans. Le 21 mai 1896, les deux hommes se mirent d'accord sur le montant de la location : elle fut établie à 80 francs par an.

La plus grande partie de la fouille de la grotte fut effectuée sous la direction de F. Daleau par Pierre Macouillard, gendre de Baptiste Milpied. Plus tard, il devint propriétaire et gardien de la grotte qu'il fit visiter pendant de nombreuses années à l'aide d'une bougie.

Occupation préhistorique[modifier | modifier le code]

Plan de Pair-non-Pair au Moustérien, le corridor est encore présent
Plan de Pair-non-Pair au Châtelperronien, après effondrement du corridor, l'entrée se fait par des galeries annexes

La première occupation de la grotte semble dater du Moustérien, il y a environ 40 000 ans avant le présent. Si l'ensemble de la cavité était intacte, l'habitat se limitait à l'entrée (corridor effondré) exposée au sud, comme l'attestent les vestiges (grattoirs, racloirs) trouvés dans cette zone de la grotte.

Au Châtelperronien, l'entrée de la grotte est effondrée et l'accès se fait par des cavités axiales qui débouchent à gauche de la salle des gravures. l'occupation est de plus courte durée et l'habitat concentré au fond de la grotte, dans la galerie nord.

Au Gravettien, le fond de la grotte (galerie nord) est réservé à l'habitat tandis que les parois de la salle des gravures sont décorées de représentations animalières gravées (chevaux, bouquetins, cervidés Megaloceros et mammouths). La grotte est abandonnée au Protomagdalénien car les dépôts sédimentaires accumulés ne laissent que peu de hauteur sous roche.

L'analyse des niveaux archéologiques qui enfouissaient les figures permet de penser que les gravures appartiennent à la fin de l'Aurignacien, ou plus probablement au Gravettien[4],[3].

Gravures[modifier | modifier le code]

Gravure de mammouth à Pair-non-Pair

Une visite actuelle de la grotte permet de distinguer parfaitement une dizaine de gravures rupestres d'animaux alors que les relevés effectués dans les années trente avaient permis d'en compter une soixantaine. Le choix des animaux représentés à Pair-non-Pair obéit à des codes qui nous échappent ; on remarque que les petits animaux et les oiseaux sont absents, tandis que les carnivores ne sont représentés que par quelques ours et un félin. D'autre part, si des bouquetins sont représentés, on ne les retrouve pas parmi les vestiges d'animaux chassés et consommés dans la grotte.

La plupart des animaux gravés sur les parois de la grotte sont représentés par paire. Ainsi, on remarque deux mammouths, deux aurochs face à face semblant se défier, un cerf face à une biche, deux chevaux côte à côte. Un de ces chevaux, surnommé l'Agnus Dei par les premiers explorateurs de la grotte, est représenté de trois-quarts avant avec la tête retournée vers sa croupe, donnant ainsi une impression de mouvement.

Enfin, figure dans la salle des gravures la représentation d'un megaloceros qui a été le plus grand cervidé de tous les temps ressemblant à un daim de grande taille dont les bois mesuraient jusqu'à 3,50 m d'une extrémité à l'autre. Il n'existe dans le monde que douze représentations pariétales de megaloceros.

Visites[modifier | modifier le code]

La grotte se visite toute l'année (8 visites par jour de mi-juin à mi-septembre et 4 visites par jour le reste de l'année).

La grotte étant petite, le nombre de visiteurs est limité à 18 personnes par groupe, et la réservation est obligatoire[5].

Un nouveau bâtiment d'accueil modernisé a été conçu en 2008 en chêne brut, béton, verre, métal noir et cuivre pour le toit par l'architecte Patrick Hernandez[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00083683, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Site du centre des monuments nationaux Grotte de Pair-non-pair
  3. a, b et c Marc Martinez, ministère de la culture, responsable de la grotte de Pair-non-Pair, « Pair-non-Pair : une grotte ornée exceptionnelle », L'Estuarien, no 19,‎ , p. 15-16
  4. André Coffyn et alii, Aux origines de l'archéologie en Gironde François Daleau, Société Archéologique de Bordeaux, Bordeaux 1990, p.49., se référant à A.Roussot
  5. Grotte de Pair-non-Pair sur le site du Centre des monuments nationaux, consulté le 15 avril 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • B. et G. Delluc, 1991 : Pair-non-Pair in : L'Art pariétal archaïque en Aquitaine, XXVIIIe suppl. à Gallia-Préhistoire, C.N.R.S., Paris, p. 55-108, ill.
  • B. et G. Delluc, 1997 : Dix observations graphiques sur la grotte ornée de Pair-non-Pair (Prignac-et-Marcamps, Gironde), Bull. de la Soc. Préhist.. française, 94, p. 41-50, 6 fig.
  • Cheynier, A., 1963, La caverne de Pair-non-Pair, fouille de François Daleau, Documents d'Aquitaine, Société archéologique de Bordeaux, Prix Edmond Bastide 1963.
  • Pair-non-Pair, 2006, Société Archéologique de Bordeaux / Conseil Général de la Gironde.
    Cet ouvrage, sous la direction du préhistorien Michel Lenoir et préfacé par le professeur Denis Vialou, réunit un ensemble de textes qui font le point sur la recherche actuelle. Il comprend les chapitres suivants :
    • « François Daleau et la saga de Pair-non-Pair » et « Les avatars d'une collection », par A. Roussot ;
    • « Une grotte ornée », par B. et G. Delluc ;
    • « Estampages, moulages et photographies », « Industries osseuses et inédits », « Datations des gravures », par M. Martinez et S. Loizeau ;
    • « Les industries lithiques », par M. Lenoir ;
    • « La faune préhistorique », par N. Mémoire.

Liens externes[modifier | modifier le code]